Un Si Grand Soleil : Fabrice Deville fait le bilan de ses deux premières années à l'antenne !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Fabrice,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

On vous retrouve dans la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil » et ce doit sans doute être une joie à chaque fois pour vous de rejoindre toute l’équipe sur le tournage ?

Oui, c’est toujours un plaisir, c’est toujours un plaisir d’aller travailler, c’est toujours un plaisir d’avoir cette chance d’exercer son métier. C’est parfois cela qu’on oublie et que certains pourraient avoir tendance à oublier. Soyons déjà heureux de tout cela, plutôt que de passer déjà à d’autres revendications et d’autres demandes. Je trouve que l’on est très bien servis sur la série, je suis très satisfait de cela, d’aller travailler. Après, mais c’est je dirais la deuxième étape, de rencontrer, de retrouver des gens avec lesquels je m’entends bien. Alors, on ne peut pas s’entendre bien avec tout le monde, ça c’est normal parce que c’est une énorme équipe mais je vous assure que, quand on arrive là-bas, il y a largement de quoi faire avec les gens que l’on aime bien. Comme je ne cherche plus à plaire, je vais vers les gens qui me le rendent bien donc ce qui fait que je n’ai que du plaisir aujourd’hui. Depuis le début d’ailleurs, je l’ai redit au producteur hier qui m’appelait pour avoir des nouvelles, sans rien demander d’ailleurs, je trouve cette démarche, cette attention superbe. Cela me touche beaucoup et me porte de Paris à Montpellier avec beaucoup de grâce et de plaisir. Je le dis exprès avec ces mots-là, bien pesés et bien portés.

Vous évoquiez Montpellier, c’est vrai que le cadre de tournage et la ville sont très agréables…

C’est TRES agréable, sauf quand il y a de gros évènements de pluie mais il y en a quand même que très rarement. C’est très agréable, il y a une population qui vit à un rythme différent de celui de Paris, ce qui fait que les gens sont plus détendus, c’est plus relax, nous poussant, moi parisien, à descendre et être plus calme niveau rythme. C’est important de s’adapter aussi à leur rythme à eux, plutôt que d’arriver à Montpellier avec son rythme parisien. Il y a cette phrase qui dit « quand tu montes dans le chariot de ton voisin, tu te dois de chanter sa chanson ». Donc, quand on va à Montpellier, on se doit de respecter les règles et les codes de la région. C’est un vrai plaisir que j’ai à rencontrer les montpelliérains là-bas.

 

 

Votre personnage, Florent, a déjà vécu beaucoup de choses, professionnellement et personnellement. Justement, quel regard portez-vous sur son évolution ?

Son évolution est très normale. Je dirais que mon personnage grandit normalement avec, oui, certainement, une importance dans la série. Mais je ne dirais pas plus que d’autres, en tout cas je n’ai pas cette impression-là. Il va vivre une intrigue avec son frère donc c’est sûr qu’il est au cœur de tout cela mais, moi, c’est comme dans la vie, je trouve qu’il y a une évolution normale d’un personnage. Il se trouve qui lui est parfois plus filmé que les autres mais ça s’arrête à cela, il a son aventure avec son frère, il est avocat donc on le voit en train de gérer les histoires des uns et des autres. C’est une évolution normale, oui. Maintenant, on n’a pas fait le tour de plein de choses et les scénaristes ont beaucoup d’imagination donc heureusement qu’il a une vie qui est chargée. Je ne sais pas vers quoi ils vont m’emmener mais, franchement, je trouve ça très très chouette.

Son frère arrive alors qui lui n’a rien demandé, ensuite Quira est mêlée à un truc et là aussi, il va la défendre. Sa femme est mêlée à une histoire de testament, il va la défendre. Ensuite, pour sa vie à lui, il va s’associer, il va grandir, avec Johanna. Donc évolution normale…il ne crée pas de vagues en fait, il est là, il est plutôt rassurant, ce n’est pas un personnage qui est trop marqué. Il est porté et, après, quand il y a des choses à jouer, il est un peu plus poussé mais c’est tout. Non, je suis très content !

Quels principaux retours vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Ils en pensent du bien parce qu’il n’est pas casse pieds, il est sympa et il résout quelques problèmes. Avec l’aide des scénaristes et mon interprétation pour que les gens comprennent bien ce qui a été écrit, en articulant comme il faut et en rendant ça quotidien, les gens pourrait s’identifier au personnage, en se disant « tiens, j’ai cette problématique avec mon enfant, c’est amusant, ça a été réglé comme ça et si je tentais ça ». Donc c’est plutôt pas mal. Comme le disait un ami comédien réalisateur, « là où tu es vraiment intéressant Fabrice, c’est quand tu joues un homme qui a un passé ». Florent a encore un passé à chercher ou en tout cas à mettre en avant. Peut-être que ce passé fera écho chez les téléspectateurs et que cela leur permettra de résoudre certaines problématiques, en tout cas d’avoir des idées.

Une dame, un jour, m’a interpellé à la gare en me disant « bravo pour la façon d’avoir géré votre fils sur une histoire de vidéo balancée sur le net, j’ai trouvé cela très intelligent ». Cela permet de créer du lien. Pour les études de son fils, pareil, il a fini par être à 100% à ses côtés. Voilà… Donc c’est intelligent. On ne peut pas changer les autres, il n’y a que soi que l’on puisse changer. Donc Florent, c’est lui qui va changer pour permettre à son fils d’être à l’aise et d’aborder ses études avec beaucoup de sérénité, plutôt que de voir des parents vouloir pousser des enfants dans une voie qui n’est pas là leur. Ce n’est pas intelligent mais je comprends le réflexe des parents. Quand on le voit dans la série, il y a quinze scénaristes derrière, des dialoguistes, bon, à plusieurs on résout pas mal de problèmes. Disons qu’il y a un bon retour des téléspectateurs, pour cette raison-là d’essayer de résoudre ou, en tout cas, d’essayer de faire réfléchir sur des problématiques de la vie de tous les jours.

Dans votre méthodologie plus personnelle de travail, vous arrive-t-il de regarder la diffusion, pour vous rendre compte du rendu final à l’image ?

Oui, je reçois tous les extraits, ce qui fait que je regarde certaines scènes et je me dis « ah oui, c’est sympa ». Non pas pour se regarder en se disant « je suis bien ou je ne suis pas bien » mais c’est de se dire « tiens, est-ce que je ne m’endors pas dans mon personnage ? Est-ce que je suis bien toujours au taquet ? ». Je n’ai pas envie de m’endormir, j’ai juste envie de jouer à fond mais il y a certaines scènes où c’est juste « passe-moi le sel » donc je ne vais pas le gueuler. Je ne vais pas non plus pleurer en passant le sel. Je trouve parfois que certains acteurs, très souvent dans des téléfilms, quand ils ont des petits rôles de flics et qu’il y en a toujours un un peu stupide, vont en faire des caisses et des caisses. Ils n’ont pas beaucoup de temps à l’écran et on remarque qu’ils en font des caisses. Ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Donc je me regarde pour me demander si je suis toujours juste.

 

 

On le sait, votre expérience télévisuelle est significative. Au fur et à mesure de vos journées de tournage, avez-vous peaufiné et adapté votre méthodologie de préparation ?

Alors, oui et non. Moi, il me faut deux jours pour apprendre, le lundi pour le mercredi. Quand il y a de grosses grosses scènes d’avocat, c’est parfois un peu plus long. Je ne peux pas apprendre le matin pour le jour même mais, finalement, je me suis un peu laissé déborder, j’apprenais le soir pour le lendemain. Là, ça me faisait un peu peur parce que je cherchais mon texte, plus que de jouer la situation. Donc j’ai demandé au coach de vraiment m’aider. Personne n’a rien vu, c’est passé mais moi, je sais que je me suis un peu mis en danger. En tout cas, je n’ai pas été confortable.

J’ai le souvenir d’une scène avec Claire où elle me demande pourquoi j’ai dénoncé mon frère. Parce qu’il aurait pu ne pas aller en prison. Et là, je lui dis « mais non, écoute moi, ce n’est pas parce que l’on a un vice de forme que le procès est annulé, il est décalé, il n’allait pas éviter la prison simplement parce qu’il y a un vice de procédure, oui on annule la procédure mais on la reprend, tu comprends ? ». Après, je me suis tourné vers les techniciens et leur ai même demandé avec humour « mais vous comprenez, bordel, ce que je suis en train de vous expliquer ? ». Cela me tenait à cœur d’être précis. C’est ça que j’ai envie de continuer à défendre, je veux des scènes comme cela, quelles qu’elles soient. C’est pour cela que je me regarde, j’ai envie de travailler encore plus ces scènes-là et de ne pas m’endormir. Ça fait deux ans et deux mois…J’aime beaucoup mon métier d’avocat.

Hier, j’étais avec un avocat au téléphone, qui me demandait de témoigner dans une affaire, rien de bien méchant et j’ai commencé à lui parler un peu avec des mots d’avocat et il m’a dit « faites simple ». Lui avait très bien résumé ma pensée en deux/deux et moi que dalle. Il devrait faire équipe avec les scénaristesJ. C’était drôle et, comme quoi, chacun son métier.

Merci, Fabrice, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article