Un Si Grand Soleil : Emma Colberti se remémore les trois premières saisons à l'image, sur France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Emma,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

La série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil » a fêté il y a quelques jours sa 3è bougie d’anniversaire, avec une fidélité du public qui ne se dément pas. On imagine que cela doit vous faire particulièrement plaisir ?

Evidemment, on est contents, ça veut dire que les auteurs continuent à écrire des histoires qui sont truculentes et que nous continuons à les interpréter du mieux que l’on puisse faire. Donc, oui, c’est une grosse satisfaction et d’ailleurs je crois que les audiences de cet été ont été assez magistrales. Pourquoi ? Je ne sais pas, généralement, l’été, les gens sont plutôt dehors donc c’est chouette, ça veut dire qu’il y avait peut-être moins d’enfants au lit pour aller à l’école mais davantage devant leur poste de télé. Non, non, vraiment, c’est une grande satisfaction évidemment, ça nous fait très plaisir !

Quels sont les principaux retours que vous font les fidèles téléspectateurs du programme ?

Qu’ils adorent la série ! C’est ce qu’ils nous ont dit, là, pendant que l’on faisait les dédicaces : « on adore la série, on adore tout ce que vous vivez, on adore vos personnages ». Ils sont à fond dedans. Les enfants sont plus timides, c’est normal mais même des personnes entre 40 et 60 font partie du public de la série, nous suivent. Quand ils manquent un épisode, soit ils l’enregistrent, soit ils regardent le replay.

A titre plus personnel, le fait de retrouver régulièrement toute l’équipe, les comédiens comme les personnes de l’ombre, doit être à chaque fois une grande joie ?

Oui, oui, on s’adore, on s’apprécie énormément. Il y a beaucoup de nouveaux comédiens qui arrivent et, avec les anciens, on a grand plaisir à se retrouver. En plus, je connaissais Fabrice d’avant, on avait tournés ensemble. Non, on s’entend tous très bien, on s’aime beaucoup et on a une belle complicité entre nous, on aime être ensemble et on est tous au service de la série.

 

 

En plus de cela, le cadre de tournage, à Montpellier, aide sans doute beaucoup…

Oui, c’est vrai que le cadre est beau, qu’il est photogénique. Mais, après, on a quand même des réalisateurs qui font des efforts vraiment poussés que pour l’image soit un peu particulière et sorte un peu des chemins habituels. On le voit sur le plateau, on donne le temps à ce travail d’ailleurs. C’est vrai que ça ajoute beaucoup. Les décors sont choisis aussi en fonction, il y a un œil, un vrai regard, une vraie direction artistique.

Concernant le personnage d’Eve, elle a vécu beaucoup de choses, personnellement notamment. Quel regard portez-vous justement sur ses trois premières années ?

J’ai l’impression qu’Eve, sur ses trois premières années, a vécu beaucoup de choses très complexes. Elle a eu un parcours assez douloureux, très difficile, dans le rapport avec son fils, dans ceux avec les différents hommes de sa vie, notamment Virgile et Bruno Serra. Et les pertes successives qu’il y a eues, celle de Serra qui était un début d’amour assez important pour elle et Léa, la fille de Virgile. Donc il y a eu des difficultés amoureuses, deux pertes humaines et pas des moindres et son rapport compliqué avec son fils. Elle a aussi perdu son ex-mari, même s’il n’y avait plus d’amour et je pense que même elle le détestait. Donc il y a eu beaucoup de morts autour d’elle et son rapport avec son fils est venu en plus, plomber tout cela. Effectivement, bon, elle s’est autorisée quelques moments d’oxygène, avec sa petite histoire avec Justine, qui était un petit peu improbable, ainsi que celle avec Jonathan qui était aussi, je pense, une fantaisie, il n’y avait pas d’ancrage à avoir ni d’engagement particulier, juste un amusement pour elle et une façon de décompresser. Et elle le dit très justement à Mo ou à Sabine, je ne sais plus : « on s’amuse, je m’amuse, il n’y a rien de formel ». Je trouve que ce n’est même pratiquement pas assez, compte tenu de tout ce qu’elle a vécu. En fait, si je devais faire un bilan, toutes ses histoires vont lui permettre de lâcher des choses, elle s’est peut-être trop mise elle-même dans un carcan depuis de longues années. Tout ce qui lui est tombé sur la tête va peut-être lui faire tomber les barrières qu’elle s’est mises, faire éclater un peu tout cela en l’air, pour se rendre compte que, peut-être en approchant sa vraie nature, ça allait alléger aussi sa vie. A un moment donné, il y a quelque chose qui va s’alléger, qui va aller de mieux en mieux.

Je la trouve très forte, elle a une forte résilience, je pense qu’Eve est une grande résiliente.

Au lycée, elle a l’occasion de défendre de vrais sujets de société et cela doit être sans doute une fierté pour vous de l’évoquer dans une quotidienne à 20h 45 ?

Oui, c’est un peu grâce au service public aussi, qui nous permet de traiter des affaires de société. Je ne vais pas vous mentir, mon personnage, celui de Sabine et celui de Mo, sommes un peu moins dans les rapports avec les élèves, avec le lycée, dans les cours que l’on pouvait faire aussi. Cela me manque un petit peu, j’espère pouvoir revenir à des cours en présentiel, être avec les élèves, pour qu’il y ait quelque chose de plus professoral à ce niveau-là.

En dehors du lycée, on traite aussi plein d’autres sujets, de nombreux thèmes de société ont été abordés, c’est vraiment bien ! C’est un peu la mission du service public aussi, je pense.

 

 

Au fur et à mesure, avez-vous peaufiné votre approche du rythme et du jeu ?

Non, ça n’a pas bougé d’un iota. J’ai une méthode de travail qui est très liée à mon enseignement du théâtre parce que je viens de là. Par conséquent, j’ai une méthode de travail assez scolaire, j’écris mon texte, je ne demande pas forcément les photocopies, cela m’aide à l’enregistrer, moi qui ai aussi une mémoire visuelle. Donc c’est une première étape, où je le décortique, j’essaie de voir quels sont les enjeux de la scène, je fais un vrai travail de fond, au-delà du simple apprentissage du texte. Ce n’est pas intéressant de juste l’apprendre et le dire, j’essaie d’aller plus loin que cela. Donc c’est là que je rejoins un peu ce travail que l’on peut faire au théâtre, où il y a une forme de méthodologie : il y a un travail d’abord sur le texte puis on essaie de l’incarner. Evidemment, je ne vais pas jouer toute seule dans ma pièce, je peux m’imaginer des choses mais le réalisateur peut en changer. Je me l’imagine quand même en conscience, c’est-à-dire que je vais fermer les yeux, je vais essayer de m’imaginer la scène, moi ce qui m’intéresse c’est de pouvoir jouer ce qui n’est pas dit, ce qui n’est pas écrit, je vais chercher le sous-texte. Il y a une préparation qui n’a pas dérogé depuis le début, je n’ai pas envie d’en déroger, même j’ai envie de continuer à la fortifier, à l’améliorer. Je n’ai pas envie d’alléger les choses, sous prétexte que j’ai pris une forme « d’habitude ».

Pour terminer, avez-vous l’envie de développer d’autres projets, pourquoi pas au théâtre ?

C’est vrai que c’est compliqué, on donne un peu la gageur à USGS, aussi dans notre contrat. On n’a pas envie de les mettre en porte à faux. J’ai tendance à dire que je ne m’ennuie pas sur « Un Si Grand Soleil », j’adore mon personnage, j’adore être sur la série, je suis incarnée dans le personnage d’Eve, j’ai envie de continuer à l’incarner, ça me ferait bizarre de devoir le lâcher pour aller incarner un autre personnage. Je ne sais pas si j’en ai très envie pour l’instant, ou alors il faudrait que ce soit pour un travail de longue durée donc, effectivement, je vous rejoins sur l’idée du théâtre. C’est peut-être ce qui me manque un peu à l’heure actuelle. M’est venu à l’idée de commencer à travailler sur un projet pour moi mettre en scène au théâtre. C’était avant la crise sanitaire, j’ai un petit peu mis ce projet entre parenthèses avec l’arrêt du théâtre mais là, ça repart donc je vais me remettre un peu dessus. J’aimerais bien mettre en scène…

Merci, Emma, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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