Un Si Grand Soleil : Benjamin Bourgeois revient sur les trois premières années de la série !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Benjamin,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

La série « Un Si Grand Soleil » a récemment fêté son 3è anniversaire. Pour vous qui êtes présent depuis le début, on imagine sans doute la fierté que cela représente ?

Oui, c’est aussi un étonnement mais, vu le travail fourni par tous, auteurs, production, comédiens, ce n’est pas forcément une surprise non plus. La qualité du travail et ce qu’on y produit, oui, on est conscients que l’on fait quelque chose de bien. C’est l’engouement qui me surprend un petit peu. En festival, les gens viennent nous voir, sont bienveillants, sont plutôt très positifs. Ils ont le détail absolument incroyable, ils se souviennent de certains trucs que l’on a faits en tant que personnage que nous avons oubliés, nous qui ingurgitons énormément d’informations et devons passer à autre chose. Mais eux n’oublient rien, ils sont redoutables J et ils nous en veulent aussi pour des trucs que l’on a faits. Alors, c’est vrai, on a deux mois d’écart entre ce que l’on joue et la diffusion mais eux ont un passif d’un an et demi, c’est assez amusant, ça nous dépasse parfois. D’où la surprise et, à la fois, le côté très jouissif de tout cela. On sait que l’on apporte un peu de joie et de distraction dans le foyer, c’est important. Surtout en cette période…

A titre plus personnel, le fait de régulièrement retrouver toute l’équipe sur le tournage doit être un plaisir, tant les comédiens que les gens de l’ombre.

Oui, c’est un peu une seconde maison. C’est comme dans une grande entreprise. Je n’ai pas le même rythme de travail qu’une personne qui va au bureau de 8h à 18h chaque jour, nos jours de tournage sont dispatchés dans le mois et j’en ai quand même plutôt pas mal. Je retourne à Montpellier, je retrouve des gens que je connais, quand j’arrive au studio, c’est la famille, des gens avec qui je peux déconner, des gens avec qui on va parler plus pro et puis les affinités se créent, comme dans toute entreprise ou dans toute vie. Il y a une réelle vie sociale, que ce soit avec les collègues ou les gens, en effet, qui sont derrière la caméra. Donc c’est une vraie vie qui s’est développée au fur et à mesure des années, on commence à bien se connaitre, nos qualités, nos défauts, on commence à bien pouvoir déconner. J’ai la chance de pouvoir faire un métier où je m’amuse, je crois que ça se sent, oui, c’est très très jouissif de vivre ça comme cela. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Ce qui est marrant, c’est que pour certains tournages d’unitaires notamment, c’est très intense. Il y a toujours, quoi qu’il arrive, une intensité. On connait le début, on sait soit disant où est la fin mais on connait tout le monde. Là, on est sur une quotidienne, sur l’année je connais mon nombre de jours de représentation et, ensuite, on se laisser aller. Il y aura peut-être plus de choses, moins de choses, il y a une inconnue. Donc ce côté quotidien, on le vit aussi dans le relationnel avec les gens. C’est marrant, on garde une certaine intensité mais elle est diluée dans ce côté « allez, je vais venir mercredi, jeudi, je repars vendredi et je reviens la semaine prochaine » et ça fait trois ans que ça dure. C’est assez fou, la relation est devenue très particulière mais je pense que c’est propre à la quotidienne.

 

 

En plus, le cadre de tournage est très agréable…

Montpellier est très très chouette, la ville est super, les gens sont très accueillants, le soleil, la mer…le cadre du studio qui se développe énormément. On va avoir l’année prochaine deux gros bâtiments en plus, il va y avoir des choses folles qui sont en train de se créer petit à petit à Vendargues. Le développement de la région Occitanie, de ce que fait France Télés Studios sous le contrôle de Thomas et de ses équipes…c’est un peu fou ce qui va se passer. Ça va être dingue…je suis témoin de cela, de l’émergence d’un grand pôle de cinéma, de télé…on est déjà dedans depuis un moment, je vois se développer la chose, ça va être assez fou, vous allez avoir de belles surprises, vraiment.

Pour en revenir à votre personnage, pendant ses trois ans, il a vécu beaucoup de choses, tant professionnellement que personnellement. Justement, quel regard portez-vous sur tout cela ?

C’est un personnage qui s’est un peu aguerri, qui s’est un petit peu extériorisé, sans être extraverti, il s’est assumé un petit peu. Il a commencé aussi à développer d’autres qualités professionnelles, je pense de par l’expérience des affaires et de celle qu’il a réussie à avoir de son partenaire, Manu Léoni, qui, lui, est un flic redoutable, avec ses défauts et ses qualités. Voilà, il a grandi et, là, je le transforme un petit peu, de par la relation qu’il a avec sa nouvelle copine, Julie. De par aussi ses expériences acquises et moi aussi, Benjamin, qui ai envie de changer un peu de tête et plein de choses. J’essaie d’apporter cela au personnage d’Alexandre, évidemment toujours en adéquation avec la production et les auteurs. J’ai l’impression que ce garçon est plus mature, il grandit, c’est assez plaisant.

 

 

Alors on peut imaginer qu’il aille peut-être dans des choses plus âpres, des épreuves de vie, pour l’instant j’aimerais que ce soient des épreuves de vie rigolotes, j’ai envie de faire de la comédie, j’ai envie d’être dans des choses légères parce que ça me plait plus. J’ai cette envie-là dans cette période. Après, s’il y a des choses dramatiques à faire, je laisse les auteurs me diriger.

Vous avez évoqué ce vrai binôme avec Manu. On sent une vraie complicité entre eux deux et donc entre vous.

C’est la même chose dans la vie, Moise a énormément de qualité, on n’est pas d’accord sur plein de choses, on est différents sur plein d’autres trucs mais c’est mon poto. C’est quelqu’un qui est diablement intelligent sur plein de trucs. Surtout, je n’ai pas peur de lui dire ce qui irait ou ce qui n’ira pas et c’est pareil pour lui. On est dans une sorte de transparence, évidemment on est des comédiens, comme dirait l’autre on est une sale race de comédiens, on a des égos, des amours propres, des sensibilités, c’est chiant un comédien, ne nous le cachons pas, c’est relou, c’est très très relou. Mais l’avantage avec lui est que l’on évite ce genre-là, les égos mal placés, on essaie de ne pas tirer la couverture à soi ou, si ça arrive, on se le dit. Si, inconsciemment, l’un essaie, sur une situation, de tirer la couverture, si on sent que la scène ne le mérite pas, qu’il faut l’équilibrer, on se le dit. Il n’y pas d’animosité aucune, c’est plutôt un gros partage. Comme on aime bien déconner, on ne dirait pas, sous ses airs de Spartacus, c’est un gros déconneur, il adore ça, il adore jouer sur le second degré ce trouffionJ, au final comme c’est un peu ma came aussi, on s’amuse beaucoup et on se dit tout. C’est plaisant. Encore une fois, en ayant nos différences, c’est ça qui est génial, vraiment.

C’est pareil un peu d’une certaine manière avec Yvon, que j’aime particulièrement, qui est un homme brillant, drôlissime, c’est un clown…un clown proche de la retraite mais un clown, un clown incroyable mais proche de la retraite…oui, il me fait marrer, on se marre bien. Encore une fois, c’est toujours le désir de faire en sorte que la situation soit la meilleure possible, de rendre un maximum service à cela, quitte à ce que ça passe par à un moment ne plus dire telle ou telle chose, se mettre en arrière, effacer les mots…je trouve que c’est important et c’est pour cela aussi que ça réussit sur les scènes de commissariat, sur l’évolution des personnages, sur la complicité que l’on peut voir : c’est lié vachement à cela, l’envie de faire et d’être au service de la série, de la situation.

Au commissariat, l’équipe grandit de plus en plus et cela vous permet d’être présent dans d’autres décors, sur d’autres registres.

Alors, il y a pas mal de situations qui découlent de cela. J’étais très content, j’en avais parlé avec le producteur qui était venu nous voir en nous disant qu’il voulait, avec les auteurs, étoffer un peu le commissariat, ajouter plusieurs personnalités. Ça reste une série majoritairement policière, si on doit faire un ratio sur tout ce qui s’est passé cette année, il y a quand même beaucoup de commissariat, il y a même des expériences humaines dans le commissariat. Le commissariat est un pôle important, où sont relatées beaucoup de choses. Le producteur nous prévenait qu’il voulait rajouter des personnalités, je pense qu’il faisait ça, un pour nous prévenir et, deux, pour prendre un peu la température de ça. J’étais très heureux, je pense que c’est nécessaire, ça va créer beaucoup plus d’interactivité, peut-être même à titre plus personnel, en tant que comédien, que ça va me laisser plus de liberté. Alors ce n’est pas trop le cas pour l’instant, ça viendra peut-être à un moment…ceci dit, je suis content de travailler. L’avantage est que ça crée des choses, si pour moi, à un moment, ça crée des fenêtres où je pourrais faire d’autres projets à côté, si ça génère par des ellipses des aventures passées, qu’Alexandre Levy ait vécu des choses et qu’il revienne avec une autre histoire à raconter, pourquoi pas. Mais quoi qu’il arrive, je pense que l’important est la richesse et la mixité de cela, des divers nouveaux flics qui viennent, avec vraiment des tempéraments différents, on le voit en ce moment. Il y en aura sans doute d’autres et tant mieux, il faut que ce soit comme cela. En plus, très bêtement, pour qu’il y ait des aventures, des histoires, il faut qu’il y ait une multiplication des protagonistes. Si on ne reste que sur nous, on va très vite s’épuiser. Donc, pour que l’on puisse perdurer, pour que l’on puisse raconter des choses, il faut qu’il y en ait plus. Je trouve cela plutôt positif.

 

 

Au fur et à mesure de ces trois années, votre approche du tournage et votre méthodologie de travail ont-elles évolué ?

Il y a un truc, c’est que ce que l’on fait sur la quotidienne est propre à la quotidienne. Je suis un petit récurrent sur une autre série, qui s’appelle « Police de caractères », avec notamment Clémentine Célarié et, grosso modo, j’arrive ici avec un personnage que j’ai proposé dans les castings, c’est un légiste plutôt fantasque, avec le verbe facile, un peu la déconne. Ce n’est pas un Alexandre Levy, c’est plus encore une fois un Benjamin Bourgeois qui s’amuse avec un personnage comme cela. C’est un déconneur, il prend les choses avec ironie et légèreté. C’est ma personnalité aussi, j’aime bien, je m’amuse. La méthodologie, c’est sûr que le fait d’avoir fait de la quotidienne, d’avoir ingurgité des tonnes et des tonnes de texte, à partir du moment où je suis dans un élément un peu comme un poisson dans l’eau, elle va rapidement se faire, je connais les choses très rapidement, je n’ai pas d’appréhension, je peux m’adapter très très vite. C’est sûr que ça m’a appris à travailler très vite, à pouvoir ingurgiter les choses très très rapidement. Maintenant, je n’ai jamais été trop loin de moi dans la composition d’un personnage pour voir si ça peut s’adapter à tout format ou toute autre chose. Là, je suis dans des choses que je peux plus ou moins maitriser et dans lesquelles je peux m’amuser. Quand il s’agira peut-être d’aborder quelque chose de plus âpre, sombre, un autre trait de personnalité que le mien, une autre composition, je ne sais pas si cette méthode ne sera pas contreproductive. Je suis curieux…Ça viendra et, là, je verrai sur une partition plus sombre si la quotidienne m’a apporté énormément de choses ou si ça peut être parfois contreproductif d’aller trop vite.

Merci, Benjamin, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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