Fanny Valette évoque sa belle actualité, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

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Bonjour Fanny,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous avez une belle actualité, à la fois à l’image et au théâtre. Avant d’y revenir plus en détails, on imagine sans doute, dans le contexte actuel, le plaisir et la joie que ce doit être de pouvoir retrouver le public sur scène et par le petit écran ?

Oui, c’est une immense joie parce que c’est vrai que, dans le contexte actuel, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. J’ai vraiment trouvé que le gouvernement avait mal traité la culture donc ça me touche énormément et ça donne énormément de baume au cœur de voir que le public est présent, que le public continue de soutenir les projets. Parce que, en vrai, c’est pour les gens que l’on fait ce métier. Sur scène, c’est une récompense magnifique de les entendre rire, d’avoir les applaudissements. J’aime, en tout cas, entendre les retours du public. Je les écoute, leurs réactions sont justes, il faut savoir écouter les spectateurs et s’adapter à eux. On ne joue pas pour soi, on joue pour eux.

Le mardi 1er février, vous jouerez le personnage de Chris dans l’épisode « La fille de l’hiver » pour la série « Alex Hugo ». Quelle sera l’intrigue de cet épisode-ci ?

Ce qui est formidable dans cet épisode, c’est que ça se passe à la neige. C’est la première fois qu’Alex Hugo n’est pas dans les montagnes en été. On le voit vraiment, les conditions étaient réelles, les plans sont absolument magnifiques. On a l’impression d’assister à un film de cinéma. Aujourd’hui, en télé, on fait des projets qui sont tout aussi bien que beaucoup de projets de cinéma.

On a aussi un très beau rôle féminin au cœur de l’intrigue, qui est très fort. C’est en huis-clos, on est très peu donc on est vraiment au cœur de l’enquête et des personnages.

Pour l’anecdote, lorsque j’ai passé le casting, je n’avais pas encore mon permis alors que mon personnage devait conduire pendant cet épisode. Donc j’ai dit au réalisateur et au producteur que je l’aurai, alors que tournage était à peine deux semaines plus tard. Ils étaient un peu dubitatifs mais je leur ai demandé de me faire confiance, quand je donne ma parole je la tiens. Je suis très fière au final parce que je l’ai eu.

J’adore ce personnage, il est profond, il est fort, j’avais beaucoup de choses à défendre. C’était un vrai vrai bonheur d’être sur ce tournage, Pierre Isoard est un super réalisateur, j’ai eu un vrai coup de cœur pour lui, il sait super bien diriger une équipe, en plus de cela il a un vrai point de vue. Il sait ce qu’il veut, il est hyper dans l’écoute, dans le partage, c’est une très belle rencontre.

Pour ce rôle de guest, avez-vous, en amont, regardé les précédents épisodes du programme pour vous ré-imprégner de l’atmosphère ? Ou, à l’inverse, avez-vous préféré rester plus neutre ?

Comme il n’y avait pas vraiment de continuité, j’ai regardé simplement quelques épisodes pour voir quels étaient les personnages principaux. Aussi parce que je suis curieuse et que ça m’intéresse. J’avais quelques copains qui avaient eu la chance de faire des guests et j’aime bien voir leur travail. Donc, oui, j’ai regardé, bien sûr, pour savoir ce dont ça parlait. C’était pareil du temps de « Engrenages » pour Canal+, j’avais visionné des épisodes avant d’y aller mais pas toutes les saisons.

Avez-vous déjà eu l’occasion de voir le rendu final qui sera proposé le 1er février ?

Oui, je l’ai vu et je suis super fière. On a eu la chance d’avoir une projection et, visiblement, ils ne le font pas souvent. Le réalisateur s’est battu, je crois que lui aussi était fier de cet épisode, il avait envie de nous le montrer dans de belles conditions. On était dans une salle, j’étais hyper heureuse. Je le trouve formidable, je suis hyper fière, tout est super, l’image est magnifique, mes camarades sont super, j’adore la musique, je trouve que l’intrigue marche du tonnerre. J’ai senti, dans la salle, une vraie sincérité.

 

 

Concernant Chris, qui est-elle ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Elle est extrêmement ambiguë, elle a plusieurs facettes mais je pense qu’on en a tous plusieurs. Après, en fonction de notre éducation, de notre vécu, des angoisses, des peurs, de plein de choses, on développe plus ou moins certaines facettes. Chris est une fille qui a dû apprendre à se débrouiller toute seule, qui n’a pas forcément toujours été aidée, pas forcément toujours été aimée et qui s’est créé une carapace, elle a un instinct de survie hyper développé. Ce n’est pas du tout un personnage qui me ressemble, je suis vraiment très différente d’elle mais j’arrive à la comprendre. De toute façon, il faut toujours trouver une part d’humanité et de touchant dans les personnages que l’on interprète, en tout cas j’en ai besoin. Mais, oui, je trouve que c’est une fille qui, tout au long du film, se révèle, elle révèle ses failles, ses blessures, elle en devient touchante je crois. Je ne pourrais pas dire que c’est une femme forte car toutes les femmes sont fortes, à leur manière.

En complément, dans un registre différent, vous êtes sur scène, dans « L’avare », au théâtre des Variétés. Peut-on dire que c’est une version un peu modernisée ?

Oui, c’est plus moderne. « L’avare » a été faite par d’immenses metteurs en scène, d’immenses acteurs donc c’est vrai que ça n’a aucun intérêt de simplement reproduire. Je l’avais déjà jouée en télé mais pour un autre personnage, avec notamment Michel Serrault, un immense comédien. Donc c’est rigolo pour moi de reprendre la pièce mais cette fois-ci pour le rôle de Marianne. C’est intéressant d’aborder un autre personnage.

On essaie d’y mettre beaucoup d’humour, un peu de modernité, tout en respectant le texte, en respectant l’époque, les costumes mais disons que c’est plus facile pour les gens peut-être. On peut avoir l’impression, au premier abord, qu’une pièce de Molière est très simple mais il y a beaucoup de profondeur derrière ce qu’il dit. Il se raconte d’ailleurs souvent lui.

C’est chouette, on a eu des jeunes qui sont venus voir et qui ont beaucoup aimé. Donc ça veut dire que c’est vraiment pour n’importe quel public, les petits, les grands, les jeunes, les moins jeunes. Le pari a l’air de fonctionner.

 

 

Après ces premières représentations, quels sont les principaux retours qu’a pu vous faire le public ?

Le public est vraiment notre baromètre. Si on fait les choses, c’est pour les gens et c’est à eux de décider. On a une chance folle, les retours sont très bons. Pour l’instant, je touche du bois, on n’a que des merveilleuses critiques, les gens ont vraiment aimé et, grâce à cela, ça fait un vrai bouche-à-oreille, on est complet pour le moment. Donc j’ai l’impression que, pour l’instant, c’est chouette, que ça plait. On va continuer à trouver des choses pour rendre les gens encore plus heureux. On se donne au maximum tous les soirs, les gens sont vraiment très contents, c’est chouette, ça fait du bien. D’avoir une si belle salle qui est remplie, avec les gens heureux à la fin, ça donne envie d’y aller tous les soirs. En plus, on est une chouette troupe, on est contents de se retrouver, je suis très heureuse de travailler avec eux, l’osmose joue aussi.

Dans ce spectacle, qui est Marianne, le personnage que vous interprétez ?

Dans ce spectacle, le metteur en scène est parti du principe de ne pas en faire une ingénue comme souvent ça a pu être le cas. En fait, à la fin, Marianne dit qu’ils ont eu un naufrage, que les corsaires l’ont recueillie avec sa mère, qu’elle y a perdu son père et son frère. Recueillies sur leur vaisseau, après dix ans d’esclavage, elles ont réussi à rejoindre Naples. Mais, là, elles ont trouvé tous leurs biens vendus, les obligeant à vivre dans une certaine forme de pauvreté.

Sauf que l’esclavage à cette époque-là, pour les femmes, s’apparentait à une forme de prostitution et d’exploitation. Donc le metteur en scène a imaginé que cette femme avait vécu ces choses terribles donc il en a fait une Marianne très forte, très digne et pas du tout crédule. Elle est très moderne, ce qui n’était pas le cas des Mariannes précédentes.

La scène de fin, je n’en dis pas plus, est du théâtre dans le théâtre, c’est au douzième degré. On s’amuse avec mes deux partenaires de jeu, Bruno Andrieux et Mathieu Métral, à aller vraiment dans une forme de comédie. Ça fait beaucoup rire les gens, je sais qu’ils adorent cette scène. C’est une vraie surprise, on ne s’attend pas du tout à ce que ces personnages aillent là-dedans. C’est une interprétation, là-aussi, qui n’avait pas forcément été faite de cette manière-là avant, c’est aussi surprenant. C’est chouette, il y a plein de petites choses comme cela qui permettent de voir le texte et cette pièce différemment.

Merci Fanny pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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