Prime Video, Free Ligue 1, Sport en France : Maxime Gras évoque sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Maxime,

Quelle joie d’effectuer cet entretien avec vous !

On peut vous retrouver depuis le début de la saison sur Le Pass Ligue 1 de Prime Video. On imagine sans doute le plaisir et la fierté que ce doit être d’avoir rejoint cette équipe et de participer à la naissance du projet ?

Clairement ! D’autant plus, comme beaucoup de mes camarades, après avoir vécu les affres de feu « Téléfoot, la chaine ». J’ai quitté un projet qui m’avait embarqué, qui m’avait fait vibrer mais je l’ai quitté avec la fin d’un contrat de droits et, encore plus dur, en plein milieu de saison. Donc aussi courte fut l’expérience, elle est encore plus difficile à digérer quand les acteurs continuent, quand le jeu continue, quand le show continue. L’herbe a été coupée sous nos pieds, pour reprendre une métaphore qui aurait pu se retrouver sur les terrains de foot. C’était assez dur donc c’est vrai que quand Prime Video entre dans la danse à la fin du printemps, il était important de pouvoir s’imaginer dessus, d’avoir un nouveau projet foot sur lequel rebondir. Pour relancer la machine, reprendre confiance. Forcément, on était touché donc retrouver un projet qui refasse vibrer, qui permette de reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée, était très important pour moi. Que cela ait pu se faire in fine, oui, c’est formidable ! Je suis très fier d’être dans cette aventure, de retrouver des camarades et d’être sur ce qui est aujourd’hui le feuilleton le plus vu dans le sport en France. C’est vraiment sympa !

En plus de cela, ce nouveau média est différent des précédents, sous format d’application avec une couverture similaire pour toutes les rencontres, avant, pendant et après le match…

Pour moi, c’est une révolution ! On l’imaginait poindre, on voyait ces nouveaux acteurs être de plus en plus ambitieux, lorgner sur les appels d’offres. C’est désormais concrétisé en France. À l’usage, c’est vrai, j’insiste : c’est une révolution. Aujourd’hui, on a un produit qui est là pour valoriser le cœur des droits, à savoir le match, le direct et uniquement cela. Le match est événementialisé, on se concentre sur le terrain avec des effectifs denses et qui permettent d’offrir, sur le temps des rencontres, des contenus et un rythme inédits.

Cela, évidemment, change la donne, notamment en amenant davantage de justice sur certains matchs et certains clubs, lesquels ne sont plus traités par-dessus la jambe. Désormais, les afficionados des clubs non-historiques ou hors Top5, savent qu’on va parler, pendant deux heures chaque semaine, de leur actualité, de la semaine écoulée. Notre dispositif permet d’avoir les acteurs en longueur avant et après match, on a le temps de faire un traitement exhaustif. Clairement, on peut le dire, c’est inédit !

Pour les clubs et les joueurs, par ailleurs très sollicités, cela délimite assez clairement le cadre de nos demandes et besoins : « Prime Vidéo » est là le jour du match, avec quelques attentes et besoins mais, le reste de la semaine, nous n’avons pas d’antenne à nourrir. Le match est le sacrosaint évènement de la plateforme, avec « Dimanche Soir Football », le produit phare, la vitrine de ce qu’est capable de faire aujourd’hui « Prime Video », avec au-delà d’un casting de consultants XXL, une vraie envie de faire connaître les acteurs de la L1.

 

 

Vos casquettes sont nombreuses et varient en fonction des matchs : journaliste bord terrain, animateur/présentateur, commentateur. C’est très diversifié mais sans doute, en même temps, très complémentaire…

Un jour, Pedro Garcia (NDLR : le directeur de la rédaction) m’a demandé s’il pouvait m’appeler le « couteau suisse ». Pas de problème (rires). Au départ, l’idée était de me proposer de couvrir ces matchs en qualité de journaliste bord terrain. Ce qui était, peu ou prou, une découverte pour moi, j’avais fait seulement deux saisons de coupe de France dans ce registre avec Eurosport. J’avais totalement aimé l’exercice mais je ne m’attendais pas à ce qu’on me le propose dans cette nouvelle aventure. Ce fut le cas et j’en étais évidemment honoré parce que ça voulait dire renouer avec les stades, qui étaient le quotidien de mon début de ma carrière. Y retourner, être aux côtés des acteurs, les faire réagir, aller à la recherche des informations, etc, forcément, c’est un rôle qui me tentait.

Quant au commentaire, j’avais été sollicité par « La Chaîne l’Equipe » qui a débuté l’aventure sur la Ligue 2. Les matchs sont désormais rattachés à Prime Video, il y a donc eu une continuité assez logique. Il m’est aussi arrivé d’effectuer des remplacements dans la casquette d’animateur sur les matchs de Ligue 1. Pour moi, c’est le travail ultime dans la recherche et la procuration d’adrénaline, avec la gestion des directs et des personnes autour de soi, au milieu d’un stade qui vit. C’est le gap au-dessus en termes d’intensité et de plaisir pris. C’est génial, pouvoir à chaque fois se remettre en question, picorer des choses différentes, se challenger, c’est ce que j’aime beaucoup.

En amont d’une rencontre, quelle est votre méthodologie de préparation, dans les jours avant et même au stade ?

C’est assez particulier. J’ai des approches différentes en fonction des casquettes. Concentrons-nous sur le rôle de journaliste bord terrain, qui est quand même 90% de mon activité. De par l’inexpérience qu’était la mienne, je l’ai conçu avec la même rigueur que si j’allais commenter un match. C’est-à-dire que je ne laisse rien passer sur la connaissance des acteurs. Dans la semaine qui précède le match, je crée mes fiches et les peaufine pour avoir les 40 joueurs sous la main, en tête, sur des données, informations qui peuvent apporter de la complémentarité avec le commentateur. Lui a une grosse différence avec moi, je le sais pour l’avoir vécu : il est dans cette adrénaline et peut être emporté par une certaine émotion. Je suis le froid complément (rires). Au plus près du terrain, je vis aussi l’émotion des acteurs, je dois la raconter. Colère, réprimande, joie, les tranches de vie depuis les bancs sont parfois édifiantes.

Je suis assez proactif et m’insère de moi-même entre le commentateur et le consultant. Il y a un équilibre à trouver et ce n’est pas toujours facile. Je vois ce rôle comme celui d’un troisième commentateur, capable de sortir des missions préexistantes (météo, changements, temps additionnel) C’est ce que j’essaye de faire depuis quatre mois.

A l’image d’un commentateur, au-delà des fiches des joueurs, la veille et l’avant-veille, je me plonge dans la presse pour suivre les dynamiques des clubs. Je lis ou regarde également les conférences de presse. C’est assez classique mais ça permet, dans ce rôle tampon entre les acteurs et les téléspectateurs, d’expliquer au mieux les mots et les situations. La connaissance des hommes et des dynamiques des clubs est essentielle, question de crédibilité et de petite valeur ajoutée : connaître l’actualité d’un joueur permet d’orienter une question est d’avoir peut-être une réponse plus intéressante.

Ce bord de terrain que vous retrouvez s’accompagne d’un autre retour, celui du public dans les stades. Ce doit être une joie d’être au cœur de l’arène ?

C’est juste incomparable ! Clairement, on avait vécu le Covid sur « Téléfoot », dans des stades vides, avec des choses assez étonnantes pour les commentateurs, qui étaient devenus des acteurs des huis clos, en laissant vivre finalement non pas l’ambiance mais les interjections des joueurs et coachs. Ca apportait quelque chose de différent, avec une place plus grande donnée aux questions technico-tactiques. Là, nous sommes redevenues des personnes qui travaillons au cœur d’un spectacle, on en a retrouvé l’acteur principal selon moi, à savoir le public. J’ai le souvenir d’un derby entre Strasbourg et Metz, à La Meinau, en septembre, c’était frissonnant, avec des tribunes combles, des chants de soutien, sans hostilité pendant 95 minutes, c’était assourdissant, on ne s’entendait pas parler, on laissait vivre non plus le coaching mais cette ambiance. On s’aperçoit à quel point le public est important dans le rythme qu’il donne au match et aux joueurs. Cet ingrédient est essentiel dans ce spectacle.

 

 

Après un tiers du championnat, quel regard portez-vous sur ce début de saison ?

C’est une Ligue 1 qui, je trouve, sort vraiment par le haut de la crise Covid. Qui l’eût cru après les déboires de l’année écoulée, les difficultés au sommet de la Ligue, avec des détenteurs de droits qui s’avèrent ne pas être de bons payeurs. Avec, par-dessus tout, la crise sanitaire en elle-même évidemment. On a vu des clubs essayer de trouver des solutions, quelque part se réinventer, aidés par l’Etat, avec cette capacité à activer un peu plus le levier des jeunes joueurs, à trouver des solutions dans les financements de transferts. Avec, aussi, cette capacité à se réinventer par le jeu, issue d’une nouvelle génération de coachs et d’une envie aussi peut-être de compenser une baisse d’expérience dans les effectifs. La bascule s’opère vers une qualité et une intensité supérieures, on va vers un football total qui accepte plus volontiers l’erreur individuelle et la prise de risques. On n’a eu que six 0 à 0, le taux de « spectacularité » des matchs est en hausse. De plus en plus d’équipes veulent s’en sortir par le jeu et c’est quelque chose de nouveau. Mon regard est donc assez positif par rapport au contenu des rencontres et à la volonté d’aller de l’avant.

En parallèle, on vous retrouve hebdomadairement en plateau et ponctuellement sur les sites dans le cadre de l’accompagnement aux fédérations, en lien avec l’Olympisme.

Je l’aborde vraiment différemment, j’ai une passion assez globale pour le sport. Mon biberonnage au sport a commencé sur les genoux de mon grand-père, à regarder le Tour de France. Cela m’a amené à être toujours curieux de plein de disciplines, d’avoir une lecture de « L’Equipe » de la page 2 à la page 44 (rires). Cet aspect-là m’a construit et est toujours présent en moi. Ce projet de chaine du Mouvement Olympique, qui a été lancée en 2019, est quelque chose que je trouve assez fort. A l’inverse d’un football qui phagocyte l’attention des médias et des ayant-droits, on se retrouve avec de plus en plus de sports qui sont moins voire plus diffusés. Certaines disciplines n’ont plus voix au chapitre. En complément de ce que les fédérations elles-mêmes tentent de mettre en place, avec du streaming ou des contacts pour des diffusions classiques, le CNOSF a donc décidé, par lui-même, de proposer un canal de diffusion pour toutes ces disciplines qu’elle chaperonne, à savoir plus de 100 fédérations sportives olympiques. « Sport en France » est là pour eux, pour leur proposer un canal de diffusion standard et gratuit, accessible dans tous les foyers. Cela va dans le sens du sport pour tous et avec tous. Dans ma conception des choses, j’aime beaucoup l’idée, j’y suis très sensible.

Je vais à la rencontre de fédérations, pour faire connaitre leur discipline, leurs athlètes, leurs dirigeants, leurs bénévoles. On fait un tour d’horizon. Cette émission est diffusée tous les jeudis à 19h et s’appelle le « Club Sport en France ». Pendant 26 minutes, on décline l’actualité de fédérations. En marge de cela, je fais des commentaires en direct, essentiellement l’escrime, le tennis ou le volley-ball. C’est top, on est avec des gens demandeurs, qui ont un abord simple, avec le souci de l’exposition et non pas de méfiance sur la communication autour de leur sport. C’est un peu différent du ballon rond où, je l’entends, les clubs doivent se protéger d’une sur-sollicitation et faire en sorte que les joueurs et acteurs puissent se concentrer sur le terrain. La démarche n’est pas la même mais le plaisir est réel.

Pour terminer, ponctuellement, vous commentez, en cabine, des matchs pour l’appli Free Ligue 1. Etre en cabine doit être une approche encore différente de la rencontre ?

L’appli Free me ramène à des choses que j’avais aussi faites en début de carrière, avec Orange. Clairement, oui, c’est une autre approche, on est complètement dépendant de la réalisation, on suit véritablement ce qui nous est visible à l’écran. On se sert des réseaux sociaux et des médias pour rapporter les informations qui nous échappent. Il faut faire avec et, en même temps, il faut se dire que l’on est sur du quasi-direct, on doit avant tout être concis, précis. En connaissant ce cahier des charges, on sait que des informations que l’on va chercher en bord de terrain et que l’on va narrer dans l’intégrale d’une rencontre ne sont pas forcément nécessaires sur un quasi-direct, où les gens viennent picorer des infos essentielles. C’est une autre manière, un peu plus mobile, de consommer la Ligue 1. C’est une volonté de la LFP de mettre également en avant le « nomade ». C’est quelque chose qui trouve son public aussi, plus jeune peut-être.

Merci, Maxime, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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