Pass Ligue 1 : Julien Brun évoque les premiers mois d'antenne sur Prime Video d'Amazon !

Publié le par Julian STOCKY

© Prime Video Sport / Serge Arnal

 

 

Bonjour Julien,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Depuis le début de saison de Ligue 1 de football, nous pouvons vous retrouver sur le Pass Ligue 1 pour Prime Video. On imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être de faire partie de cette nouvelle aventure, dès son commencement ?

C’est un euphémisme que de parler de joie. Oui, il y avait un mélange de plusieurs choses, la joie, le sentiment d’être chanceux d’une certaine manière, la gratitude pour les gens qui m’ont fait travailler précédemment, pour ceux qui m’ont appelé cette fois-ci. Effectivement, j’ai fait partie de l’aventure « Téléfoot », pour laquelle j’étais ravi de bosser aussi. Ça avait bien débuté, ça s’est très mal terminé, c’est vrai qu’il y a eu une période pendant laquelle je me suis posé beaucoup de questions sur ma carrière, d’une certaine manière. Non pas que je n’avais plus envie de le faire mais on arrivait peut-être à un moment où ça s’arrêterait parce qu’il y aurait peut-être moins de sollicitations. Donc, effectivement, j’espérais bien que ça continue mais je n’avais aucune certitude. On m’a beaucoup dit de ne pas m’inquiéter, que l’on ne se faisait pas de soucis pour moi mais je m’en faisais un peu quand même. Du coup, le fait que l’on m’appelle pour rejoindre Prime Video a été comme une nouvelle tombée du ciel. D’un point de vue personnel et un peu égoïste, c’était vraiment la chose que j’attendais donc c’était super.

Arriver sur un projet qui démarre de zéro est génial. A chaque nouvelle expérience, il y a quelque chose qui nous reste. J’ai eu la chance d’en avoir quelques-unes et c’est toujours chouette. En même temps, je ne partais pas complètement de zéro, il y avait plusieurs personnes que je connaissais déjà dans le projet, que j’avais côtoyées pour certaines à beIN SPORTS, pour d’autres à Téléfoot, pour d’autres même il y a très longtemps à Eurosport. Voilà, c’est un alignement de planètes vraiment super. J’ai conscience à la fois de la chance que j’ai eue et du bonheur renouvelé sans cesse de pouvoir faire ce métier.

Au-delà de la naissance d’un nouveau projet, c’est aussi un format neuf, novateur, que l’on ne connaissait pas jusqu’à présent…

C’est vraiment l’idée que je me faisais depuis plusieurs années. Ça peut paraitre prétentieux ou, même, on pourrait penser que je veux cirer les chaussures de mes chefs J mais je pense que cet usage-là de la télé est en train de grandir depuis des années. La télé linéaire existe encore mais c’est vrai que, de plus en plus, dans l’usage de beaucoup de gens, ils se retrouvent à utiliser des services de vidéo à la demande ou le replay. C’était à se demander pourquoi ça n’arrivait pas dans le sport en général et le foot en particulier. Donc cet usage parait presque évident, d’une certaine manière. L’intérêt majeur du foot reste le live et on l’a aussi. Il y a donc un double gain.

Sur une chaine linéaire, quelle que soit la qualité du produit, il y a des tas de moments dans la semaine un petit peu en aveugle, vue la faible audience. Ici, le fait de pouvoir choisir le moment où l’on regarde est d’usage actuel, le fait de rester sur le direct est l’essence des droits sportifs et, enfin, le fait que l’on fasse tout sur place permet d’avoir quelque chose d’assez resserré. On est sur 20 ou 30 minutes d’avant match donc c’est très concentré, il y a beaucoup de choses, sans temps mort. Avec mon expérience à la fois sur le terrain mais aussi en tant que téléspectateur, moi qui regarde également les matchs des autres, on a vraiment l’impression, derrière notre écran, d’y être, d’être avec les joueurs et les supporters. On est vraiment immergé, du début à la fin avec, ensuite, les entraineurs et joueurs qui viennent sur le plateau. C’est vraiment moderne, ça correspond aux usages qui sont globalement attendus. Je pense, en plus, même pour les gens qui ne sont pas forcément habitués, qu’ils s’y font très vite, c’est assez instinctif. Ma maman, retraitée, a rapidement compris comment ça fonctionne et l’usage est devenu très aisé.

A l’image, 8 des 10 rencontres sont proposées lors de chaque journée et vous en commentez deux d’entre elles, principalement le vendredi soir, le samedi après-midi, le dimanche midi ou le dimanche soir, en alternance avec Smail.

Franchement, je vis un rêve éveillé. Si on me dit que ça dure comme cela jusqu’à ma retraite, je signe tout de suiteJ. Je suis ravi de faire ce métier, j’ai la chance effectivement de faire deux matchs tous les week-ends, matchs qui sont au minimum sympas voire même parfois géniaux. Quoi qu’il arrive, c’est super ! En plus, il s’avère que Smail est un pote. Quand j’ai su que ça serait avec lui, je me doutais que ça se passerait bien. C’est agréable aussi pour cela. Je l’avoue, c’est assez idéal comme situation.

A titre plus personnel, quelle est votre méthodologie de préparation en amont, dans les jours qui précèdent la rencontre mais aussi à votre arrivée au stade ?

Il y a déjà une sorte de préparation invisible. Pour les joueurs, c’est du repos mais pour nous aussi, d’une certaine manière, il faut être en forme physiquement. Bien se reposer pendant la semaine compte. Mais la préparation invisible, pour moi, est aussi de regarder beaucoup de foot, ce n’est pas la pire des préparationsJ. Quand je commente le match du dimanche à 13 heures, je fais ensuite le maximum pour être chez moi à 20h 45, afin de regarder l’affiche du soir. J’ai vraiment cette volonté de regarder un maximum de rencontres. Sans oublier la lecture des journaux, au quotidien. Le premier réflexe le matin, à peine réveillé, est de télécharger L’Equipe et autant que possible la presse quotidienne régionale des clubs que je vais commenter le week-end. Je me nourris beaucoup de cela ainsi que de ce que je peux lire notamment sur les sites des clubs.

En fonction des interlocuteurs que l’on connait, on peut passer des coups de fil, soit à des journalistes locaux, soit à des entraineurs, soit à des joueurs parfois. Même si je minore un peu cela dans le sens où je préfère avoir les contacts avec les acteurs du terrain le jour même du match, quand j’arrive au stade.

J’ai aussi une sorte de routine, je m’astreins à une préparation sur deux feuilles au maximum par équipe. J’en avais davantage par le passé mais je me suis rendu compte que c’était illisible, je me limite à quatre pages au total à présent. J’ai la chance d’avoir une très bonne vue, la police est donc très très petite, en taille 7J. J’y mets des statistiques sur les équipes, sur les confrontations, sur chacun des joueurs. Après, il y a des choses qui paraissent un peu bête mais je sais que, le jour du match, je réécris le classement à la main sur ma fiche, pour me le mettre bien en tête. J’écris aussi tous les résultats de la journée, je réécris également le meilleur buteur et le meilleur passeur. Au stade, effectivement, il y a le contact direct avec les interlocuteurs que l’on connait, pour prendre le pouls réel. Il y a aussi un petit brief avec le chef d’édition, le consultant et le journaliste terrain. Quand je connais bien le consultant, on s’appelle dans la semaine mais plus pour des détails logistiques. Quand je le connais moins, on fait un point plus global.

Cette année, le retour du public et l’ambiance retrouvée apportent beaucoup d’élan, de chaleur et de dynamisme. D’ailleurs, vous en servez-vous dans votre commentaire ?

C’est une évidence, ça fait partie des sources de son notamment qui sont importantissimes pour moi. Quand ça chante fort, quand ça chante bien, j’ai envie de kiffer au stade, j’arrête souvent de parler, je coupe le micro, j’enlève le casque, juste pour pouvoir écouter et profiter. Quand je suis devant ma télé, j’ai envie un peu de la même chose donc c’est quelque chose qui compte beaucoup. Ça me plait aussi de « jouer » avec le speaker, ce n’est pas toujours évident, il faut se caler mais, récemment encore, à Brest, sur un des buts, je savais ce qu’il allait crier et, à l’antenne, j’ai dit « le but de qui déjà ? », le speaker a hurlé au même moment « Romain Faivre » et j’ai complété par « ah oui, c’est ça ». Je profite du fait d’être au stade pour en jouer.

On se rend encore plus compte depuis les huis clos, on est très attachés à l’ambiance du stade. Je me dis que les gens qui nous regardent ont aussi le droit d’en profiter. Je partage donc cela avec nos téléspectateurs.

En fonction de l’intensité de ce qui se passe sur le terrain, adaptez-vous aussi vos mots, votre intonation, votre dynamisme pour vous mettre en phase ?

Je trouve que nous sommes vraiment des intermédiaires. A la télé, on ne peut pas mentir, on peut un peu embellir les choses, on peut en rajouter un peu mais l’essentiel est quand même sur le terrain. Si le match est super, il n’y a pas besoin de mots, s’il est nul, on peut faire tout ce que l’on veut, le match ne sera pas vu comme super et c’est normal. On a un rôle important, en télé, mais pas le rôle principal. On doit coller au rythme du match mais coller aussi à celui de tout ce qui se passe autour. Justement, s’il y a des moments un peu faibles dans le jeu mais que ça chante très fort en tribunes, autant, plutôt que de donner une litanie de noms de ceux qui touchent le ballon, profiter de l’ambiance des supporters.

Quoi qu’il arrive, quel que soit le rythme du match, il faut réussir à coller à ce qui se passe autour et à profiter des choses hors terrain qui peuvent apporter un plus. Par contre, quand le jeu redevient fort, je reprends la main dans les vingt derniers mètres, même si le chant n’est pas terminé. C’est un petit travail d’équilibriste, c’est hyper agréable d’essayer de sentir où l’on est pour sentir ce qui se passe et ne pas tomber dans une routine. Cette dernière n’est, pour moi, que lors de la préparation. Pendant le match, il ne faut pas avoir toujours les mêmes expressions ni les mêmes punchlines sur les buts. Justement, toute la routine de la semaine permet d’être libre pendant la rencontre, elle nous apporte l’essentiel, la base technique et c’est le côté un peu artiste, en impro, qui doit prédominer à l’antenne. Il faut alors profiter de tous ses sens, profiter de tout ce que l’on peut ressentir pour essayer de le faire partager.

Après un peu plus de trois mois d’antenne, quels premiers retours avez-vous pu avoir sur cette nouvelle aventure ?

Sincèrement, jusqu’ici, les retours des gens du foot sont très bons, vraiment. A la fois sur la manière dont fonctionne le service, sur la façon dont le foot est traité, … Franchement, je n’ai rien entendu de négatif. Ni même de la part des gens avec lesquels j’échange en privé. Autant, ça m’était déjà arrivé par le passé, autant, là, tous les retours sont vraiment bons. Sur Twitter aussi, c’est très positif. J’ai l’impression que l’on a vite fait notre trou dans le milieu du foot et que, globalement, les gens sont contents de ce qu’ils voient à l’antenne.

Nous sommes au premier tiers environ du championnat. Quel regard portez-vous sur ce début de saison ?

Vis-à-vis du très grand public et même de l’étranger, on parle beaucoup des incidents qu’il y a eu dans les stades et des matchs arrêtés, ce qui est totalement normal et légitime. Ça fait passer le niveau du championnat un peu à l’as. En revanche, pour les gens qui s’y intéressent vraiment, c’est un championnat avec des idées de jeu. Il y a des coachs qui tentent des choses tactiquement, ils ont cette volonté d’attaquer, il y a très peu de 0 à 0. Les équipes du bas de classement sont élégantes et méritent d’être vues. Au niveau du jeu, il y a vraiment une amélioration assez impressionnante. Le fait qu’il n’y a pas eu de public dans les stades a, je crois, créé un manque chez les joueurs et les entraineurs, je pense qu’ils ont maintenant l’envie de jouer, l’envie d’avoir du monde autour. A côté des débordements dramatiques, il y a une ambiance souvent géniale dans les stades. La vision des non passionnés de foot est un peu paradoxale, comparativement à ce que nous avons la chance de voir chaque week-end. En tout cas, en termes de jeu et de plaisir pour les amateurs de foot, c’est rare qu’il y ait des saisons aussi kiffantes. On est vraiment gâtés par cela et c’est malheureusement gâché par certains « imbéciles » qui empêchent que ce soit parfait. Ca ne l’est pas mais ça pourrait l’être.

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Pourvu que ça dure ! J’aime beaucoup les gens avec lesquels je travaille donc je leur souhaite également. Que quelque chose se crée, au milieu d’une période difficile, avec des moyens, des ambitions, c’est vrai que c’est un peu « inespéré ». Ce nouveau projet me permet de continuer mon métier que j’aime tant !

Merci, Julien, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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