Le Switch : Alexandre Pesle évoque sa belle actualité sur scène, au théâtre Edgar !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Alexandre,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement à l’affiche, au théâtre Edgar, de la pièce « Le switch ». Dans le contexte actuel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être de retrouver le public ?

Exactement ! Un premier mois de confinement que l’on a tous vécu ensemble, c’était la première fois mais les beaux jours arrivaient. On s’est retrouvés au final sept mois confinés, on a eu ensuite le pass sanitaire, ça a été très compliqué pour les artistes et tous les acteurs de l’intermittence du spectacle dans sa globalité. Mais aussi pour les gens, il y a eu de nouvelles habitudes, sept mois ce n’est pas rien. Il faut que les gens reviennent. Donc on a vécu cette pièce comme un cadeau…

Elle est extrêmement bien écrite, on a une distribution de dingue. Le fait que nous n’étions pas sur scène pendant sept mois a démultiplié l’envie et le plaisir. C’est aussi vrai pour mon one-man show, que j’avais eu la chance de jouer juste avant la fermeture des théâtres il y a un an et j’avais alors eu l’impression de jouer comme si c’était la dernière fois sur scène. Il y avait un côté un peu d’immédiateté, de tout donner, c’était un peu le match de gala tous les soirs, on ne savait pas si ça allait fermer ou pas.

Là, c’est vrai que l’on se retrouve avec beaucoup de joie, d’envie, de bienveillance les uns avec les autres. Je trouve que c’est très agréable de retrouver toutes ces sensations sur scène, avec le public dans la salle. Ma famille est venue me voir récemment et la première chose qu’ils m’ont dite a été : « ça fait du bien de se marrer tous ensemble dans une salle ». C’est vrai…Que ce soit une salle de théâtre ou de cinéma.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, comment pitcheriez-vous ce spectacle ?

C’est l’histoire de deux femmes qui se rencontrent, l’épouse s’est aperçue que son mari avait une maitresse, elle a réussi à avoir son numéro et une rivalité s’installe très rapidement…puis une complicité. Et elles décident de virer ce malotru…et bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, à la fois pour elles et pour le mari, que je joue. Je ne les reconnais pas, je ne sais pas ce qui se passe. Elles se dévoilent et, petit à petit, veulent la vie de l’autre : la maitresse veut le rôle de l’épouse, l’épouse veut le rôle de la maitresse et, bien entendu, tout ça ne sera qu’une suite d’une longue dégringolade de tout le monde. C’est assez drôle, le public découvre cette descente aux enfers et de ma part et de la part de celles qui sont trompées. C’est assez jouissif….

 

 

C’est un Feydeau moderne, sans les portes qui claquent mais avec les claques qui se perdent. C’est drôle, c’est enlevé, la mise en scène de Luq Hamett est très alerte. C’est un sujet battu et rebattu mais qui a à nouveau ses lettres de noblesse, Marc Fayet, moliérisé en 2015, a rebattu les cartes et a apporté quelque chose de nouveau dans ce triangle amoureux.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, celui du mari ?

En fait, elles le décrivent comme il est. Mais on va s’apercevoir qu’il est beaucoup plus intelligent et malin qu’il ne semble l’être au premier abord. Je ne peux pas en dire plus, ça fait partie du charme de la pièce et de sa découverte. Mais, voilà, elles ont brossé un portrait qui n’est pas tout à fait le portrait imaginé par le public. C’est ce qui est très intéressant et qui crée du décalage.

C’est un très beau cadeau artistique, on m’avait cantonné, pour mon plus grand plaisir, à des rôles d’abrutis, Sylvain, dans « Caméra Café » en est largement responsable et moi aussi. Et puis j’adore la bêtise, la crétinerie. Là, ce qui est bien, c’est que je suis face à un personnage beaucoup plus pervers, beaucoup plus malicieux, beaucoup plus tendancieux, beaucoup plus narcissique que tout ce que l’on m’a demandé de faire jusqu’à présent. C’est Luq qui m’a demandé d’aller dans cette direction, pour mon plus grand bonheur. C’est comme si je découvrais un nouveau territoire, c’est très agréable, j’ai l’impression à la fois d’être dans un territoire inconnu et dans quelque chose que je connaissais mais que je ne m’étais jamais autorisé à jouer. C’est vraiment le plaisir de la comédie, de faire des choses vraiment différentes. Je ne sais même pas si je m’en sentais capable, on ne m’avait jamais proposé de le faire, là on me le propose et je m’y amuse comme un petit fou.

Avez-vous eu ou avez-vous encore certaines sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de votre personnage ?

C’est très facile de travailler avec Luq, les choses se sont faites naturellement et facilement. Très sincèrement, j’ai été le premier surpris que tout se passe aussi bien. Avec les filles, ça se passe vraiment bien aussi, il y a une complicité réelle et nécessaire dans une comédie. On a beaucoup de plaisir à se retrouver et à faire les cons sur scène.

 

 

Quels sont les principaux retours du public suite aux représentations ?

On a de très bons retours, avec un panel assez grand, de « on ne s’est pas ennuyés, on s’est marrés, qu’est-ce que c’est frais, c’est drôle, c’est bien écrit, c’est percutant, c’est ciselé ». On a des compliments de tous types et c’est très marrant car on n’a pas souvent les mêmes, ça s’enrichit à chaque fois, c’est très étonnant. Tous les soirs, on ajoute une perle au collier, c’est très agréable. On a aussi de très bonnes critiques, en plus d’excellents retours. C’est chouette, ça fait du bien, ça met du baume au cœur.

Après ces premiers jours sur scène, le plaisir prend-il déjà le pas sur l’appréhension des débuts ? Les deux sont-ils encore liés ?

On est, aujourd’hui, un peu plus sûrs de nous-mêmes. Après un mois de répétition à quatre, on a entendu enfin vraiment les rires et on a eu besoin de quelques jours pour se mettre en symbiose avec ces rires. Ce calage se fait généralement en une petite semaine et, après, chacun prend son envol. A cette date, c’est très agréable, on n’est plus à la première, j’ai certes encore la petite appréhension et je l’aurai toujours mais il y a beaucoup plus de plaisir, moins de peur des débuts. C’est un puits sans fond, on redécouvre des choses chaque jour, c’est très agréable. Chaque soir, le texte est certes le même mais ce n’est pas ni le même public ni la même humeur. 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?

Un immense succès ! Ça nous fera du bienJ. On a beaucoup bossés, avoir du monde et partir ensuite en tournée est le plus beau des cadeaux parce que tout est plus simple quand on a du succès. Ça donne aussi du sens à ce que l’on fait.

 

 

En complément, quels sont vos autres projets du moment ?

On vit une année très particulière, pleine de reports, il y a une sorte d’embouteillage. J’ai toujours mon spectacle, « Le Pesletâcle », sur la liberté d’expression, sur la question de peut-on rire de tout ? C’est un spectacle sincère, honnête, où on rigole. J’ai eu de très bons retours, ça fait partie de mes fiertés. Je pense que l’on peut rire de tout avec un peu de discernement, de retour et de second degré. Je vais avoir la joie de le jouer en 2022 et j’espère en 2023 également. Sans oublier d’autres projets….

Merci, Alexandre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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