Anne Parillaud évoque son nouveau roman et nous en partage sa vision !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Anne,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On se retrouve, ici, au Festival « Des livres, des stars ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être pour vous de pouvoir échanger à nouveau de vive voix avec le public ?

Oui, oui, c’est évident ! Déjà, parce que l’on a été enfermés pendant très longtemps. On est contents de retrouver la vie. C’est vrai aussi que ce Festival est important parce qu’il lutte contre l’illettrisme. On s’aperçoit que beaucoup de problématiques sont issues d’un manque d’éducation, d’un manque de culture, d’un manque d’informations, d’un manque de connaissances. Il faut vraiment favoriser l’ouverture de la connaissance parce que c’est ça qui transmet, qui constitue un être et c’est tellement important. Donc, pour cela aussi, c’est signifiant de ma présence aujourd’hui.

En dehors de ça, c’est vrai que c’est toujours un vrai plaisir de rencontrer des gens, de signer leur livre, c’est la rencontre avec les lecteurs, avec ce que vous venez partager. Le partage s’opère aussi à ce moment-là avec les gens qui viennent vous expliquer pourquoi ils ont été bouleversés, pourquoi ils ont été même dérangés parfois, pourquoi ils se sont identifiés. C’est très important, on n’a pas ce retour-là en dehors de ces moments. Comme toute création artistique, c’est un cri personnel que l’on pousse mais notre ambition est liée à un débat universel, à une question universelle. Quand c’est ça qui s’opère, c’est ce que l’on peut espérer de mieux.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous votre ouvrage, que vous y présentez ?

Je dirais qu’il s’agit d’une passion dévorante, qui démarre comme un miracle, de manière idyllique et puis, petit à petit, le couple va être entrainé dans une spirale infernale et, en fait, on va se retrouver dans la tête de l’abusé comme de l’abuseur. D’où le titre « Les abusés » de mon livre, au masculin pluriel, parce que, effectivement, j’ai voulu parler des deux points de vue et j’ai voulu expliquer que les blessures de l’enfance peuvent entrainer des déviances parce que ce sont justement des êtes déviés au départ, le socle affectif n’ayant pas été solidement construit ni équilibré. Du coup, on n’a pas de repère, on n’a pas de référence, ce qui crée chez l’individu abimé, souillé ou perturbé dès l’enfance, un rapport à l’autre qui ne peut pas être à l’axe. Il va se retrouver dans des situations, parfois comme dans mon livre, à être une proie face à un pervers et à être un pervers qui va réduire sa victime à l’état d’abus, à l’état d’animal, qui va l’entrainer dans des situations de violence et de perversité.

 

 

Mais ce qui m’a intéressé moi, c’était d’amener un point de vue différent, qui n’était pas le jugement, parce que je pense que ce n’est pas le travail de l’artiste. Pour moi, l’artiste est quelqu’un qui cherche à comprendre et c’est ce que j’ai voulu faire, j’ai voulu faire un décorticage psychologique de la situation, de la mécanique. Je ne voulais pas non plus la plainte, c’est ce qui se passe dans la libération de paroles aujourd’hui et on n’a pas besoin d’un ouvrage supplémentaire pour appuyer là-dessus, pour appuyer sur la condamnation évidemment salutaire d’un abuseur. Mais, moi, ce qui m’intéressait, c’est de démontrer que ce sont des binômes pathologiques et qu’un abuseur, avant d’abuser, a souvent été un abusé lui-même. Donc, finalement, ce sont deux abusés, un qui fait du mal et l’autre qui le subit. Voilà, c’est toute cette atmosphère et cet itinéraire que je voulais étaler sur la page, pour qu’il y ait un regard différent sur ces situations, sur ces êtres. De la même façon que l’on ne comprend pas pourquoi une femme battue ne s’en va pas ou pourquoi un pervers abuse. Ce sont tous ces questionnements que je voulais mettre en lumière.

Pour terminer, en complément, quels sont vos autres projets à venir ?

En fait, c’est de mettre mon propre roman en scène, d’incarner mon héroïne. En tout cas, que ce livre existe, en film, au cinéma de préférence.

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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