Fort Boyard : Elsa Fayer évoque sa quatrième participation au programme estival de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elsa,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous partez, ce samedi 14 août, à l’assaut du fort pour la quatrième fois. On imagine, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être de participer à nouveau à cette émission emblématique et mythique de France 2 ?

C’est vrai ! C’est toujours une joie de retourner sur le fort, d’y être conviée. De mon côté, c’est la quatrième fois. A chaque fois, c’est différent, les épreuves changent, les équipes changent, les associations changent. Donc on se remet toujours un peu sur le grill. C’est vrai que c’est ce qu’il y a de plus savoureux dans cette expérience et cette aventure. On se dit que l’on ne sait pas du tout à quoi on va être confronté et que l’on va être obligé de se dépasser. On ne sait pas trop comment on va y arriver mais, voilà, c’est toujours une aventure d’être sur le fort. J’ai tendance à y retourner un peu souvent comme vous le voyezJ.

D’ailleurs, quels souvenirs aviez-vous de vos trois premières participations ?

La première fois que j’ai mis le pied sur le fort, c’est vrai que c’était incroyable. J’avais l’impression de rentrer dans l’écran de télé, j’avais l’impression d’être privilégiée, de pouvoir vivre des aventures qui sont uniques. En même temps, on est très très bien encadrés mais si vous voulez, c’est un peu le moment de la vie où on se dit que l’on peut se dépasser, tout en étant quand même hyper bien entourée, dans des conditions très sécurisantes.

Je me rappelle que, lors de la première, il y avait Cyril Hanouna avec moi. On avait dormi dans le fort et c’est vrai que c’était extraordinaire. On n’était pas du tout sortis de l’ambiance de cette aventure. Après avoir fait nos épreuves, on avait dormi sur place, avec des toiles d’araignées. On avait vraiment l’impression d’être dans un jeu géant. On avait passé un excellent moment, on s’était marrés comme des cons. Je raconte toujours à mes enfants cette première participation, où on avait couché à l’intérieur, c’est assez dingue quand toutes les équipes de production étaient parties, on avait le fort rien que pour nous. J’en garde un souvenir mémorable.

 

 

Le fait d’avoir déjà participé au programme permet-il de mieux l’appréhender ? Ou, à l’inverse, le fait d’avoir déjà connu l’impact de certaines sensations augmente-t-il l’appréhension ?

Je trouve que ça augmente un peu l’appréhension. C’est mon ressenti en tout cas. C’est vrai que la première fois que j’ai débarqué sur le fort, je m’attendais à tout et à rien en même temps. Mais je ne pensais pas que c’était aussi réaliste, je pensais que c’était de la télévision et que, finalement, les épreuves n’allaient pas être aussi sensationnelles que ça. Je pensais que l’on était un peu accompagné. Sauf que, dans la réalité, quand on arrive sur une épreuve, on n’est absolument pas accompagné, même si on est bien sûr protégé avec des équipes autour où tout est bien ficelé. On est quand même face à cette aventure et à toutes les difficultés qui se présentent à nous, à ce dépassement de soi à chaque épreuve. C’est vrai que le niveau est très très haut. Quand on l’a fait la première fois, on revient avec de vrais bleus sur les jambes, on a des courbatures parce que l’on s’est donné à fond pour une association en voulant réussir à se sortir d’une épreuve pour obtenir la clé. Une fois qu’on l’a fait, c’est vrai que, lorsque l’on y retourne, on sait que l’on va revenir avec quelques petites traces de son séjour sur le fort. Mais ce sont des bons souvenirs, honnêtement. On est tellement fier d’avoir passé cette journée sur le fort, de s’être dépassé, on est tellement fier de soi dans l’absolu, que l’on n’y arrive ou pas. On a quand même cette fierté de se dire que l’on a donné vraiment son maximum pour réussir. On est super galvanisé par les autres aussi parce que tout le monde a envie de réussir et a envie de récupérer de l’argent pour l’association, tout cela donne une très très bonne énergie. Quand on en ressort, on rentre chez soi avec énormément de souvenirs, beaucoup de ressentis, de la fierté, de l’épuisement et tout cela fait que chaque séjour dans le fort reste un peu gravé dans nos mémoires.

Les nouveaux vous ont-ils peut-être même demandé certains conseils ?

Non, pas tellement. Parce que, d’abord, on ne sait pas trop ce que l’on va être capable de donner sur une épreuve. C’est très très difficile de jauger de notre capacité, tout est très nouveau. Evidemment, on a tous des phobies, des appréhensions, ce sont des choses que l’on sait devoir dépasser un petit peu dans cette aventure, le fort n’est pas un parcours de santé, on est là aussi pour se challenger et tout est fait pour cela. En fait, personne n’est capable, je crois, d’estimer à l’avance notre capacité de réussite. C’est ce qui donne de l’enjeu et ce qui fait de cette aventure quelque chose d’assez unique et d’hyper énergisant. On ne peut pas préjuger d’une réussite, jamais. On se demande si le courage va être là, si ça ne va pas être trop difficile, on s’accompagne tous les uns les autres et, en même temps, il y a un petit delta que l’on ne maitrise pas, on ne sait jamais trop comment on va se comporter sur une épreuve et si on va réussir ou pas. Donc c’est toujours un peu mystérieux et, en même temps, très très galvanisant.

 

 

Avez-vous certaines peurs, qui vous faisaient craindre plus particulièrement certaines épreuves ?

Oui, j’ai une vraie peur panique du vide, je crois que les équipes sont au courant. J’ai vraiment vraiment peur du vide, j’ai horreur de l’altitude, j’ai le vertige mais un vertige vraiment très très poussé, j’ai du mal à prendre l’avion, pour vous dire jusqu’où ça va. J’ai une vraie peur panique du vide et vous allez pouvoir constater que je vais y être soumise….

Sur ma précédente participation, j’avais aussi très très peur des araignées et, en fait, grâce à l’épreuve de la maison de poupées que j’avais alors faite, je me suis rendue compte, dans la cellule, que c’était possible pour moi de dépasser ma peur, de prendre sur moi et d’y aller. Donc, maintenant, j’ai moins peur des araignées grâce à « Fort Boyard ». Je m’étais dit « waouh, ce n’est pas si grave, tout ça c’est dans ma tête ». Une fois que j’avais touché une araignée, je m’étais dit « ah ok, je peux y arriver ». C’est vrai que ça a changé mon rapport aux araignées et ma phobie.

Pour le vertige, sans trop vous révéler les choses, ça ne va pas être aussi simple….

 

 

A l’inverse, en attendiez-vous d’autres avec une certaine impatience ?

Je ne sais pas, je me laisse plutôt porter dans le fort. Je suis beaucoup dans le contrôle dans ma vie mais, quand je suis dans des aventures comme ça qui me dépassent complètement, où de toute façon, on ne maitrise rien et où on ne peut pas préjuger de quelque chose, je me laisse vraiment porter, par les aventures et les propositions. Même lorsque l’on me propose quelque chose qui est infaisable pour moi, d’ultra difficile psychologiquement à dépasser, je me dis « allez, les choses arrivent pour une bonne raison, je n’aurai pas toujours l’occasion d’être confrontée à mes vraies peurs » et j’y vais. C’est un peu curieux mais c’est vrai qu’il n’y a que dans le fort où je me dis « allez, lance toi, essaie de te dépasser, fais le maximum ». Dans la vie, je ne suis pas comme ça mais, dans le fort, je me laisse porter, je me dis que ça n’arrive pas tous les jours d’être vraiment confrontée à ses phobies et d’essayer de les dépasser.

Un mot sur la « Fondation Frédéric Gaillanne » que vous défendez ? On peut penser que c’est une source supplémentaire de motivation pour vous et toute l’équipe ?

C’est vrai ! Vous avez raison, c’est LA clé, LA vraie clé du fort. Tous les participants ont cette générosité de se dire « ok, on va en baver, ok ça va être difficile, on sait que l’on va être soumis à des épreuves auxquelles on ne s’attend pas, que l’on ne va pas gérer, on sait que tout ne va pas être simple » mais on a dans un petit coin de notre tête l’association que l’on défend. A chaque fois que l’on a envie de baisser les bras, à chaque fois que l’on se dit que l’on ne va pas y arriver, à chaque fois que l’on a envie de laisser tomber, on pense à l’association. Là, en l’occurrence, cette association propose des chiens pour aider les enfants malvoyants ou aveugles. Dans ces moments où on a envie de baisser les bras, on se dit qu’il y a des enfants qui sont derrière, qui comptent sur nous, qu’il y a une association. On n’est pas là pour se faire plaisir ou pour faire de la promo, on est là pour une bonne raison. C’est vraiment la clé de la motivation, je pense, de chaque participant de « Fort Boyard » et c’est pour cela qu’on voit des choses un peu insensées. On a ça en nous, on se dit que l’on ne va pas lâcher, qu’il faut y aller, qu’il faut se motiver, qu’il faut prendre sur soi. En tout cas, personnellement, c’est ce qui me permet de tout donner en fait.

Une fois que les caméras ont commencé à tourner, quelles sensations ont prédominé en vous ?

Honnêtement, je ne vois pas les caméras. Je ne sais pas pour les autres, je n’ai pas posé la question aux autres membres de l’équipe mais c’est tellement éprouvant, c’est tellement compliqué psychologiquement à gérer que, je pense, les caméras sont le dernier de nos soucis.

Je suis tellement concentrée sur l’épreuve et les sensations, sur la difficulté que j’ai face à moi, que je ne vois pas les caméras. Je ne sais pas pour les autres mais je crois qu’ils sont tous un peu dans mon cas. On ne les voit pas, on est trop focus sur ce qui nous arrive. On a une foule de sensations assez incroyables qui nous envahit, c’est très difficile de maitriser ses émotions dans le fort parce que ça va très vite. Sur les épreuves, il y a des sollicitations visuelles, des sollicitations physiques, il y a de la vitesse, il y a de la peur, du coup on n’a pas l’impression, honnêtement, de tourner une émission de télé, on n’est pas concentré sur ça en tout cas.

 

 

On peut penser, à la vue des partenaires qui vous accompagnent, que l’ambiance était, malgré les craintes et les peurs de certaines cellules, plutôt joyeuse ?

Oui, carrément ! Mais, de toute façon, Dave est tellement drôle…on avait un chef d’équipe extraordinaire. Dave a un sens de l’humour assez incroyable. Quand on a très très peur, il dit le mot qui fait que l’on a peur mais que l’on rit quand même. Il désacralise un peu les choses, il nous motive, il nous fait rire et il n’y a pas mieux en fait, quand la peur nous prend le ventre, que quelqu’un qui a un peu d’humour et de recul par rapport à ce que l’on vit. Dave était nécessaire dans cette équipe. C’est vrai que l’on était tous très très différents, Jérémy Frérot est très sportif, je ne savais pas qu’il était aussi sportif que cela, c’est un bon sportif qui a l’habitude vraiment de se donner dans l’effort donc il va être assez bon, vous allez voir. Tout le monde a donné à sa manière, avec ses capacités, face aux épreuves. En tout cas, on est tous hyper solidaires parce que, quand il y en a un qui passe sur une épreuve, on est derrière et, en même temps, on se dit que ça aurait pu être nous. On vit un peu les choses par procuration, on se motive, il y a un très très bel esprit d’équipe dans le fort.

Sans rien en dévoiler, quel principal souvenir gardez-vous du tournage ?

J’ai un souvenir qui n’est pas encore passé parce que je suis encore un peu traumatisée de ce qui m’est arrivé. Je vous ai dit que j’ai une peur panique du vide et je vais être soumise à une épreuve de voltige, tout en haut du fort. Je ne saurais même pas vous dire à combien de mètres je suis du sol mais, pour moi, c’était plus que bloquant. Ça s’appelle « La chaise instable ».

 

 

C’est une horreur…pour moi, ça a été mon pire cauchemar. C’est vraiment ce qui me fait le plus peur au monde, d’être dans le vide. En plus, avec une chaise qui est instable, pour ceux qui ont une peur panique du vide, la sensation, alors que l’on est soi-même instable et dans le vide, est à peu près la pire sensation. Pour moi, ça a été une véritable épreuve, j’ai mis beaucoup de jours à m’en remettre. Cette épreuve est encore gravée dans mon corps. J’ai presque fait une crise de panique tellement c’était compliqué pour moi à gérer. En même temps, j’ai cette petite fierté de me dire que j’y suis allée. Est-ce que j’ai réussi ou pas, ça je ne vous le dirai pas mais, en tout cas, j’y suis allée, j’ai tenté de faire cette épreuve jusqu’au bout et je peux vous assurer que ça a été très très très compliqué pour moi.

 

 

Avec le recul, selon vous, quelles sont les principales caractéristiques nécessaires pour être une bonne candidate sur « Fort Boyard » ?

Je pense qu’il faut être assez courageux, un peu tête brulée. Pour ouvrir la porte, il faut quand même une certaine dose de courage. Il faut être tenace parce que, quand on arrive sur une épreuve, la plupart du temps on ne l’a jamais faite. En tout cas, je n’ai jamais refait une épreuve. Donc, en fait, à chaque fois, c’est le grand mystère. Oui, il faut être tenace, il faut y croire, il ne faut pas lâcher, il faut avoir le courage de se dire « ok, c’est atroce ce que je suis en train de vivre mais je vais tout faire pour réussir à récupérer une clé ou, du moins, pour me donner les moyens de la récupérer ». Après, évidemment, ce n’est pas toujours très simple mais il y a quand même des épreuves qui vous saisissent de par leur difficulté, de par les sensations. Je ne sais pas si on se rend bien compte, en regardent les épreuves, de la sensation que nous avons à l’intérieur. Par exemple, j’ai fait l’épreuve de « Tata Fouras », où j’étais sur une espèce de plateforme qui tournait hyper vite, où il fallait que je remplisse une théière avec un bol, avant de verser le liquide dans un cylindre. Je peux vous dire que la vitesse de ce jeu est absolument incroyable. J’étais collée sur mon siège, la force centrifuge était telle que je n’arrivais même pas à décoller mon dos de la chaise, tellement c’était puissant. Forcément, ce sont des sensations qui vous saisissent. On ne se rend peut-être pas compte de la difficulté des épreuves mais, à vivre, je peux vous dire que c’est renversant.

Si l’occasion se présente à nouveau, on vous imagine prête à repartir sur le fort ?

Alors…pour être tout à fait franche, je l’ai quand même fait souvent donc je me dis qu’il faut laisser la place aux autres, même si je suis quand même extrêmement touchée qu’on me demande de reparticiper à cette super aventure. Mais c’est vrai que, pour la quatrième saison, je m’étais déjà dit que je l’avais fait trois fois, qu’il fallait laisser la place aux autres et, comme je vous disais, qu’il faut quand même quelques jours pour s’en remettre. J’avais un peu la flemme d’y retourner et d’être soumise à autant de difficultés. Et là, une de mes deux petites jumelles m’a dit : « mais, maman, ton travail c’est bien d’être animatrice ? », j’ai dit oui et elle m’a répondu « ça ne sert à rien d’être animatrice si on ne fait pas Fort Boyard »…voilà, la messe était dite…C’est vrai que j’y suis allée beaucoup pour mes filles. Elles adorent ce programme et voir leur maman dans une aventure comme cela les fait marrer et, en même temps, elles ont une petite fierté de se dire que leur maman y est allée.

Merci, Elsa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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