Ninja Warrior et Fort Boyard : Jean Tezenas du Montcel évoque ses participations à ces deux programmes emblématiques de la télévision !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Jean,

Quel plaisir d’effectuer cette interview !

Vous êtes un candidat régulier de « Ninja Warrior » sur TF1. Vous êtes même le seul français à avoir remporté le jeu. On imagine que ce doit être, à chaque fois, un plaisir, une joie mais aussi un défi d’y retourner ?

Oui, alors disons que c’est de plus en plus dur chaque année parce que, en fait, avec mon palmarès, je suis super attendu lorsque je reviens. Après trois victoires sur les trois dernières années, forcément, je savais que je ne pouvais pas gagner éternellement. Voilà, à chaque fois que je reviens, à la fois c’est sympa parce que je connais, que j’ai des copains et que j’adore ça, en même temps il y a un peu le côté « cible dans le dos » de la personne qui va être beaucoup regardée et beaucoup attendue. Cela constitue vraiment un bon défi, ça fait bien monter le stress.

Justement, quelles principales raisons et motivations vous incitent à (re)tenter l’aventure ?

Au début, quand j’ai commencé, j’avais comme objectif d’aller le plus loin possible mais je ne me disais pas que je pouvais gagner. Il s’avère que, petit à petit, j’ai vu que j’étais plutôt bien et que ça pouvait le faire. Quand j’ai fini par gagner, là, forcément, j’ai un peu attient le graal, un graal auquel je ne croyais pas vraiment. En fait, du coup, mes motivations ont un petit peu changé. Quand je suis revenu, je l’ai fait pour m’amuser, pour revoir les copains, avec l’ambition de faire au mieux mais sans jamais penser faire ce que j’ai fait, à savoir enchainer trois victoires de suite. Cela me paraissait totalement impossible. Petit à petit, je suis passé plus d’un mental de compétition à un mental un peu plus plaisir, un peu plus copain, tout en essayant de faire au mieux.

 

 

En amont de chaque nouveau tournage, vous préparez-vous d’une manière spécifique ? Peut-être tirez-vous les leçons des précédentes saisons pour continuer à vous améliorer ?

Ca déçoit souvent beaucoup les gens, ils croient que je vis pour cette émission et que je me prépare comme un dingue mais, en fait, ça n’est absolument pas le cas. Je ne me prépare pas du tout pour ce programme spécifiquement. Ca fait quelques années que je viens avec pour unique objectif de m’amuser et d’aller au plus loin, avec pour unique entrainement ce que je fais tout au long de l’année, qui n’est pas du tout orienté « Ninja Warrior ». Je fais très très peu de salles « Ninja » comme il en existe et comme font la plupart des gens qui participent au programme, passant leur vie là-bas. Moi, c’est une fois de temps en temps, peut-être trois fois par an, pas plus. Ensuite, en amont, je fais un peu plus d’escalade, un peu plus régulièrement que d’habitude mais rien de plus. Sur le moment, là, effectivement, j’ai pas mal évolué dans ma pratique, dans le sens où je suis devenu peut-être un peu plus calme avant de passer, moins stressé. En fait, comme j’ai déjà un peu battu le big boss, j’ai un peu l’impression de revenir, je suis moins stressé, je gère vachement mieux tous ces aspects de stress, grâce au fait que j’ai déjà fait le boulot. Je pense que cela me tranquillise énormément.

D’ailleurs, selon vous, avec le recul, quelles sont les principales qualités nécessaires pour être un bon candidat dans « Ninja Warrior » ?

Physiquement, il faut faire de l’escalade, il faut être agile, avoir de la force dans les bras et dans les doigts. C’est une qualité non négociable. Il faut être, je pense, polyvalent, il faut savoir un peu tout faire. Ensuite, l’autre qualité est de savoir lire les obstacles de manière assez naturelle. C’est ce que j’appelle le modjo, il y a des gens qui l’ont et d’autres qui ne l’ont pas. Ce qui ne l’ont pas, malheureusement, pourront s’entrainer et venir forts mais ils n’auront jamais la même chose que ces gens qui ont le modjo. C’est pour ça que je trouve que ceux qui disent tout devoir à leur entrainement bluffent très bien. Effectivement, il y a une partie entrainement mais il y a aussi une partie de chance, qui fait une grosse différence.

Quels sont, à l’heure actuelle, vos plus beaux souvenirs dans ce jeu ?

Je pense que mon plus beau souvenir n’est pas celui où j’ai gagné « Ninja Warrior », même si, forcément, c’est un souvenir extraordinaire. Avant tout, mon plus beau souvenir serait peut-être le jour où j’ai été le dernier homme debout seul. Je me suis retrouvé tout seul à la corde, en saison 5, tout le monde était tombé avant moi, j’étais là, j’étais vraiment le dernier homme debout, je n’étais pas tombé à l’eau, ça faisait la troisième année consécutive que j’étais le meilleur. Là, je me suis dit « waouh, c’est hallucinant, c’est une consécration de dingue ». J’ai trouvé cela assez extraordinaire, oui, de vivre ça.

 

 

On peut vous penser prêt pour une nouvelle saison ?

Je ne sais pas trop déjà s’ils me reproposeront parce qu’il y a pas mal de jeunes qui arrivent et qui ont les crocs. Maintenant, je fais partie un peu des anciens. Je vais voir ce qui se passe mais je ne suis pas certain d’avoir forcément la légitimité et l’envie d’y retourner. Là, je me vois un peu comme un Platini de « Ninja Warrior » ou comme les anciens rugbymans qui étaient épiciers, qui s’entrainaient le soir et qui formaient l’équipe de France. J’aime bien, je trouve que cette idée a beaucoup de charme et je me vois plus comme cela, comme quelqu’un qui était un peu à l’origine de la chose. En revanche, maintenant, on a des jeunes qui sont professionnalisés. Je suis déjà fier, ce sont mes potes, je m’entraine avec eux, ils sont plus jeunes, plus en forme et, pourtant, on arrive à peu près à faire les mêmes choses. Cependant, je ne sais pas si je reviendrai sur l’émission. Si c’est le cas, ce sera avant tout avec l’objectif de faire le Méga Mur, la seule chose de l’émission que je n’ai pas faite. Ce serait peut-être l’occasion de faire quelque chose de sympa.

En parallèle, on pourra vous retrouver ce samedi soir sur France 2, dans le célèbre jeu d’aventure « Fort Boyard ». Regardiez-vous ce programme, peut-être même déjà enfant, en famille, le samedi soir ?

Exactement, « Fort Boyard », c’était mon enfance, j’ai passé mon enfance à regarder ce programme. Je dois reconnaitre que, quand la production m’a appelé pour m’inviter à participer, j’ai un peu halluciné. Déjà, je ne regarde absolument plus parce que je n’ai plus la télé et, quand ils m’ont dit avoir envie que je participe, je me suis « waouh, ça c’est un truc de dingue ». Après, je me suis rendu-compte qu’ils prennent des stars mais des vraies stars, pas des gens comme moi. Je me suis dit que c’est trop sympa de me proposer de faire « Fort Boyard » avec les vraies stars. J’ai trouvé cela chouette. Pour moi, c’était un peu la folie de pouvoir vivre ce truc de mon enfance, je suis vraiment content de l’avoir vécu, c’était une super expérience et quelque chose d’assez unique.

Quels souvenirs en aviez-vous ?

J’avais surtout retenu l’épreuve des barreaux, l’une des toutes premières, où il fallait glisser les barreaux pour construite une échelle en grimpant. Cet obstacle n’existe plus malheureusement. Il ressemble un peu à du Ninja, je pense que c’est peut-être pour ça que ça m’avait marqué, j’avais déjà cela dans le sang tout gamin. Les délires avec les insectes m’avaient aussi marqué. Ça, pour le coup, j’y ai gouté et j’étais content d’avoir pu le faire. Le fort est toujours là, l’ambiance est toujours là, j’ai retrouvé un gout de ce que je vivais dans mon enfance. Les épreuves sont un peu plus modernes on va dire mais cela ne m’a pas gêné. J’ai surtout trouvé que les personnages Willy Rovelli et Cyril Gossbo sont juste hilarants, je me suis tapé des barres de malade grâce à cela. Vraiment, j’ai trouvé ça trop fort.

 

 

Vous le grand sportif, attendiez-vous certaines épreuves plus particulièrement ? A l’inverse, en redoutiez-vous d’autres, en lien avec d’éventuelles peurs ou phobies ?

Je ne suis pas quelqu’un qui a trop de phobies. Il y a une chose qui me faisait flipper, c’était le saut à l’élastique. Etonnement, pour un grimpeur, je ne suis pas du tout rassuré lorsque l’on se balance dans le vide et qu’on laisse le matériel choisir si l’on vit ou si l’on meurt. J’ai un peu truandé la production, je leur ai dit que ça ne me faisait pas peur, pour ne pas qu’ils ne me l’imposent. Bon, après, j’ai une copine qui est sur le fort et qui leur a dit que ce n’était pas vrai, qu’en fait je crevais de trouille. Heureusement, ils ont préféré mettre quelqu’un d’autre sur cette épreuve. Donc je m’en suis bien sorti.

Je pense que c’est la seule épreuve qui me gênait vraiment. Je n’aurais pas aimé les mygales mais je pense que je les aurais faites sans trop de problème. Pour tout le reste, ça avait l’air drôle, ça m’aurait fait marrer de le faire mais ça ne me faisait pas spécialement peur. Après, c’est aussi à la production de chercher la peur des gens et je pense que je n’étais pas le meilleur candidat pour cela.

Contrairement au programme de TF1, l’aventure, ici, est collective. Qu’est-ce que cela change dans la façon notamment d’aborder le tournage ?

Ce n’est pas vraiment un jeu d’équipe, on est en équipe mais ce sont des épreuves individuelles. Pour moi, il n’y a pas vraiment de différence, si ce n’est que l’on espère que les autres ne vont pas faire de bêtises, ni soi-même d’ailleurs. En revanche, là où j’ai trouvé que c’était très différent, c’est que « Fort Boyard » est un jeu alors que, pour moi, « Ninja Warrior » n’est pas un jeu, c’est une compétition. Sur TF1, on a les meilleurs athlètes qui sont parmi les meilleures du monde dans certains domaines, ils vont se « mettre sur la gueule » pour aller le plus loin possible, avec cette espèce d’ambiance qui est une compétition sans en être une car on est tous à vouloir battre le parcours. Voilà, il y a une vraie ambiance pour aller le plus loin possible. Alors que « Fort boyard », ce n’est pas du tout cela, c’est plus une émission de divertissement, on y va pour s’amuser, on y va sans pression, si on n’y arrive pas, on n‘y arrive pas, c’est un jeu. On sent que c’est un peu plus relax. Quand on ne suit pas tout à fait une règle, en fait ce n’est pas grave. J’ai fait des choses dont je ne sais pas trop si elles sont écrites dans le règlement. Ça se verra samedi à la télé mais, sur un des parcours, on aurait pu se demander s’ils ne m’auraient pas disqualifié si ça avait été une compétition. C’est un jeu, c’est sympa, au contraire c’est drôle.

Selon vous, les qualités requises pour être un bon candidat sur le fort se rapprochent-elles de celles nécessaires sur « Ninja Warrior » ?

Je dirais que, forcément, il y a des qualités pour être bon sur le fort qui vont se retrouver dans « Ninja Warrior » et vice versa. Parce que, de toute façon, les qualités physiques sont forcément là, on va forcément en avoir besoin pour réussir. Après, j’ai envie de dire que c’est commun à tout. Mentalement, je pense qu’un bon Ninja pourra être plutôt bien sur le fort. Au fort, ce qui est très perturbant, c’est que, quand on rentre dans une cellule, on ne sait pas trop dans quoi on met les pieds. Il ne faut pas avoir d’appréhension de l’inconnu, il faut y aller et se dire que l’on verra bien, que l’on trouvera sur le moment. On n’a pas de lecture des obstacles, on les découvre au fur et à mesure que l’on avance. Pour ça, je pense qu’il y a un peu de points communs.

 

 

Une fois les caméras en route, quelles principales sensations ont prédominé en vous ?

Il y a eu un paquet de sensations parce que c’était quand même super long ! Le tournage commence à 7h du matin et finit à minuit, avec une demi-heure de pause pour déjeuner. C’est un tournage qui est plutôt bien long. Ce que je retiendrais, c’est que c’était vraiment de l’émerveillement quand je suis rentré sur le fort. Du début à la fin, j’étais comme un gamin, je découvrais tout, j’étais fou de voir tout ça. Un peu comme sur « Ninja » mais avec le stress en moins, ce n’était que du plaisir. J’étais un gamin qui découvrait ce monde créé et qui allait vivre toutes ces choses. Voilà, du début à la fin, c’était majoritairement cela que je vivais.

Sans dévoiler de grand secret, quel restera votre moment le plus marquant sur le fort ?

Je pense que c’est un tout, il n’y a pas vraiment eu de moment plus marquant que les autres. Les moments qui m’ont beaucoup faire rire sont ceux où on se marrait à faire n’importe quoi. Il y a vraiment des moments où j’étais mort de rire, on faisait n’importe quoi, on ne respectait pas le fort, c’était très drôle. Quand on a vu Cyril et Willy, ils m’ont beaucoup fait rire, j’avais l’impression d’être au théâtre, à voir un Vaudeville, j’ai trouvé cela super sympa. Donc, oui, il y a eu des moments vraiment coolJ.

Merci, Jean, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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