Enduro, Dakar, Fort Boyard : Audrey Rossat évoque son parcours de championne moto, son palmarès et sa participation à la célèbre émission de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Audrey,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes un visage connu des passionnés d’enduro, avec un palmarès national et international très élogieux. D’où vous vient cette passion ?

En fait, cette passion me vient de mon père qui, lui, pratiquait la moto de route, sur circuit. Il a eu l’occasion d’avoir une petite moto de cross quand j’avais à peine 5 ans. Je suis montée dessus, ça m’a tout de suite plu et j’ai été repérée par un moto-club de la région parisienne à cette époque-là…ça a commencé comme cela en fait, tout simplement.

On imagine que la pratique à haut niveau de votre discipline implique une rigueur d’entrainement assez poussée. Tant sportive que mécanique ou de navigation. Quelle est votre fréquence d’entrainement ?

Disons que c’est un entrainement régulier, que c’est une hygiène de vie de tous les jours. Ensuite, l’entrainement va varier selon la période de course, si j’enchaîne plusieurs courses d’affilée ou si c’est une période plus ou moins creuse. Quand j’ai fait la grosse préparation pour le Dakar, j’étais entre 3 à 4 heures par jour. Donc, en fait, j’adapte en fonction du calendrier, je ne fais jamais la même chose, ni au même rythme. Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours une activité physique régulière.

 

 

Vous avez participé, en début d’année, au Dakar et vous êtes d’ailleurs la seule française à avoir franchi la ligne d’arrivée. C’est un exploit d’autant plus marquant que vous avez fait la moitié de la course avec une côte cassée…

Oui, tout à fait. Il n’y avait pas eu de française depuis 15 ans sur cette épreuve donc l’enjeu était important. Finir était déjà une grande victoire, surtout que j’ai très peu d’expérience en rallye, je n’avais fait que celui du Maroc, un an avant. Mais c’était l’équivalent, en termes de kilomètres, de même pas deux jours sur le Dakar. Derrière, le Dakar, c’est quand même 12 étapes avec 7 800 kilomètres au total. C’était un sacré grand écart qui a été bien négocié, je suis plutôt contente, oui, avec, en plus, une belle performance à l’arrivée puisque je finis quand même 3è féminine, derrière deux habituées du rallye et, surtout, avec une belle 59è place au général. C’est une belle performanceJ.

Justement, selon vous, qu’est-ce qui a été le plus compliqué à appréhender sur ce Dakar ?

Clairement, c’est la navigation. Sur l’enduro, on suit des petits fanions qui sont accrochés à droite, à gauche, on ne se casse pas la tête. Sur le Dakar, la navigation est la moitié, voire plus, de la course parce qu’il ne faut pas se tromper ni se perdre. Dès que l’on se perd, on perd du temps. Si on se perd de trop, on peut avoir des problèmes d’autonomie au niveau de l’essence. C’est une grosse grosse pression. La navigation n’est pas évidente à travailler, pour le faire, il faut partir à l’étranger ou organiser des stages, ce qui est vite un petit peu couteux.

 

 

Jusqu’à présent, quels resteront, en complément, les autres moments les plus forts que vous ayez pu connaitre ?

Il y en a beaucoup, notamment les titres de championnes du monde par équipe. Quand on finit six jours de course en équipe, quand on entend la Marseillaise à l’arrivée, c’est top. Aussi mon titre de championne d’Europe que j’ai eu une course avant la fin, c’était assez énorme, j’avais tout remporté avant et pas facilement, comme on pourrait le croire. J’avais bataillé à chaque course mais je les avais remportées. C’était en 2014 et c’était génial.

J’ai de très bons souvenirs aussi sur le Trophée Andros, quand j’ai fait la finale au Stade de France. D’une manière générale, à chaque fois que j’entends la Marseillaise sur le podium, c’est toujours un moment unique, oui.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Pour 2021, mon objectif est d’essayer déjà de maintenir ma place au championnat d’Europe. Là, je suis actuellement troisième exæquo avec une pilote anglaise. Puis entamer, j’ai déjà commencé, une grosse préparation pour le Dakar 2022 puisque je repars. Un beau programme en perspective, assez chargé.

 

 

En parallèle, on pourra vous retrouver cet été dans la mythique émission de France 2 « Fort Boyard ». Justement, on imagine le plaisir et la joie que ce doit être de participer à ce programme ?

Oui, c’est une émission que tout le monde connait, que moi-même j’ai regardé quand j’étais plus jeune. Mes neveux et nièces la regardent encore actuellement. Voilà, c’est mythique. Le fort, ça fait très longtemps que j’avais envie de le voir d’un peu plus près, là, je ne pouvais pas faire plus près que ça J. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai sauté partout, j’étais vraiment heureuse. En plus, j’ai eu la chance d’avoir une super équipe, c’est top.

Quels souvenirs en aviez-vous ?

Tout simplement les animaux qui sont sur place. J’ai toujours aimé les animaux et ils sont quand même assez impressionnants sur le fort. De la manière dont c’est filmé, il y a toujours un petit peu d’angoisse, de suspense, j’avais hâte de voir ça et, vraiment, ça fait partie intégrante de l’émission, ils sont partout. D’ailleurs, on a une petite formation le matin sur comment manipuler certains insectes, c’est quelque chose !

 

 

Avez-vous justement certaines peurs, qui vous font craindre plus particulièrement certaines épreuves ?

Oui, je n’en avais qu’une seule, les araignées ! C’était compliqué pour moi. Après, je n’avais aucun soucis avec tout ce qui est sensations fortes. Notamment le vide. Mais les insectes et particulièrement les araignées me posent un peu problème.

A l’inverse, du coup, en attendez-vous d’autres avec une certaine impatience ?

C’est sûr ! Il y en avait certaines que j’avais vraiment envie de faire. Principalement celles à sensations fortes, comme la catapulte ou le saut à l’élastique, ou encore la cloche. N’importe laquelle de ce genre-là…je ne dirai pas laquelle mais j’en ai eu une et j’ai été vraiment ravie, ça va me laisser de sacrés souvenirs.

Après, c’est la production qui a décidé. Jusqu’au jour J, on ne savait même pas ce que l’on allait faire dans la journée, on le savait au fur et à mesure. Toute la journée de tournage était une surprise.

 

 

Le fait d’être entourée notamment de grands champions aide sans doute à appréhender l’aventure ?

C’était une équipe vraiment sympa, dans le sens où ils m’ont tout de suite mise à l’aise, ils se sont aussi intéressés à moi et mon parcours. Je n’ai pas leur envergure médiatique, ils ont vraiment été adorables, très intéressés par mon parcours sportif. On a même échangé, que ce soit avec Sébastien Chabal ou Laure Boulleau, sur les antécédents de blessure ou de carrière, c’était très très intéressant.

Un mot sur l’association « OrphéoPolis » que vous défendez ? On peut penser que c’est une source supplémentaire de motivation pour vous et toute l’équipe ?

Oui, surtout une association qui est propre à mon métier, la Police Nationale. C’était vraiment sympa. Là, j’étais vraiment fière d’être sélectionnée, depuis le temps que j’entends parler de cette association, pour œuvrer et donner le maximum.

Sans dévoiler de grand secret, quel reste votre meilleur souvenir de votre premier passage sur le fort?

Ce n’est pas évident…Déjà, il y a aussi la veille, une journée de cohésion avec l’équipe. C’était sympa. Nous étions logés dans un hôtel restaurant, on a eu un super moment, en toute simplicité, entre membres de l’équipe, dans un super cadre. La vue sur la mer était complètement magique et profiter du coucher de soleil en buvant un petit verre en terrasse avec autant de célébrités est déjà un sacré souvenir. Ensuite, le moment qui m’a quand même bien marquée est l’arrivée sur le fort, au moment où l’on passe la porte. En plus, j’étais juste derrière Sébastien Chabal, qui est déjà assez grand…C’était magique. Quand on est rentrés à l’intérieur, c’est un moment qui va me rester. Comme un gamin, on regarde partout, on regarde tout ce qui se passe, comment c’est fait, c’était vraiment un super moment. Enfin, pendant les épreuves, sans dire ce que j’ai gagné ou pas gagné, il y a eu quand même des moments de réussite et ça reste un super bon souvenir. Parce que l’on a toujours un peu la pression de se louper et de ne pas ramener la fameuse clé.

 

 

Avec le recul, selon vous, quelles sont les principales caractéristiques nécessaires pour être une bonne candidate sur « Fort Boyard » ?

Je pense qu’il faut déjà oublier la caméra. Quand on est sur le fort, pendant les épreuves, dès fois on traine par terre, on doit se rouler, on se fait des bleus, on est trempés quand on va dans l’eau, l’eau de mer nous pique les yeux, on ne ressemble plus à rien donc il faut oublier tout ça, la caméra et le cadre. Il faut se donner à fond comme sur les épreuves sportives, regarder devant et puis il faut aussi savoir se poser quelques instants mais pas trop, car le sablier défile, pour réfléchir afin d’avoir la meilleure stratégie. Même si, en règle générale, il ne faut pas trop se poser de question, il faut y aller franchement et vraiment se donner à fond, en oubliant ce qu’il y a autour.

Si l’occasion se présente à nouveau, on vous imagine prête à repartir sur le fort ?

Oh oui, avec grand plaisir ! Ah oui, oui, c’était génial, une superbe expérience. S’il faut y retourner, j’y vais. S’il faut aller faire « Koh Lanta » aussi, pourquoi pas.

Merci, Audrey, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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