Roland Garros sur France Télévisions : Inès Lagdiri évoque son premier tournoi en direct à la télévision !

Publié le par Julian STOCKY

@ Nathalie Guyon / France Télévisions

 

Bonjour Inès,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le tournoi de Roland-Garros est actuellement diffusé sur les antennes de France Télévisions. On imagine  votre plaisir et votre joie de voir cette édition se dérouler, malgré le contexte du moment ?

Tout à fait, je pense que les spectateurs sont heureux de revenir sur les courts, même si la jauge est encore très très limitée. Il y a un petit peu d’ambiance la journée sur les courts et je pense que ça fait plaisir à tout le monde, autant aux spectateurs qu’aux joueurs. D’autant que l’on voit la différence avec les night sessions à huis clos. Même s’il n’y a pas encore beaucoup de monde, un peu de monde c’est déjà mieux que rien.

A titre plus personnel, quelles sensations vous procure votre premier tournoi en direct à la télévision ?

Beaucoup de plaisir ! Un peu de stress aussi, forcément parce que, comme toute première, c’est toujours un peu stressant. Mais, voilà, je fais de mon mieux, je prends du plaisir. C’est vrai que j’avais commenté, l’année dernière, le tournoi sur les antennes numériques, j’avais donc une mini-expérience aux commentaires, quand même assez restreinte. Là, cette année, en direct à la télévision, c’est le grand bain on va dire mais beaucoup de plaisir principalement. J’essaie de profiter au maximum et de prendre de l’expérience aussi avec les consultants et les autres journalistes. J’essaie d’avoir les oreilles bien ouvertes.

Justement, en amont des matchs, quelle est votre méthodologie de préparation ?

Ca dépend. Dès fois, je sais quels matchs je vais faire et, dès fois, comme samedi dernier, en fin d’après-midi, certains commentaires n’étaient pas prévus à mon programme. Alors là, c’est vite vite vite quelques infos…on a des sites de prédilection, ceux de la WTA et de l’ATP, qui sont assez bien faits, avec tous les matchs de la saison de chaque joueuse et chaque joueur, les face-à-face, toutes les infos sur les profils. On a aussi des documents qui sont préparés par le tournoi exprès pour les journalistes. J’utilise tout cela, j’essaie de travailler au maximum pour avoir le plus d’infos et aider les téléspectateurs à comprendre un petit peu les profils de chaque joueuse et chaque joueur, ainsi que les enjeux aussi. Il y en a pas mal que je connais déjà et, pour ceux que je ne connais pas, j’essaie de regarder des images de matchs précédents, sur Youtube notamment.

En plus, on le sait, pendant la quinzaine, le rythme est soutenu pour tout le monde….

Oui, oui, ce sont de longues journées. Samedi dernier par exemple, j’ai commencé à commenter à 11h mais j’étais déjà à Roland-Garros à 9h. A 18h 30, je m’apprêtais à commenter mon dernier match de la journée, mon troisième. Voilà, c’est un rythme intense mais, en même temps, c’est beaucoup de bonheur de pouvoir vivre un tournoi comme cela de l’intérieur, qui me faisait rêver quand j’étais plus petite.

Pendant une rencontre, quelles sont vos préférences personnelles, notamment pour les moments d’intervention ? Aimez-vous privilégier les commentaires entre les échanges ? Ou même pendant ceux-ci ?

Pendant les échanges, j’essaie de ne pas trop parler. Je suis une passionnée de tennis, j’ai beaucoup regardé le tennis à la télé et c’est vrai que je préfère quand on ne parle pas pendant l’échange. Voilà, j’essaie de ne pas trop le faire, sauf si vraiment je suis emballée par quelque chose. J’essaie de plutôt parler entre les échanges. Ca dépend aussi du consultant avec qui je suis, j’essaie de m’adapter, il y en a qui aiment parler tout de suite après le point, d’autres plus tard. Il faut trouver un peu son rythme, ne pas se marcher dessus et laisser la place au consultant qui est quand même la personne la plus habilitée à commenter et à analyser la rencontre.

Cela fait partie de la force de France Télévisions, vous partagez l’antenne avec des consultants de renom.

C’est sûr ! Quand j’ai commenté mon premier match avec Justine Henin, ça m’a fait tout drôle, elle a gagné quatre fois ici, je la regardais, j’avais des posters d’elle dans ma chambre quand j’étais petite. Pareil pour Mary Pierce. C’est vrai que c’est toujours un peu impressionnant. Je pense que je l’étais au début. Ce n’est pas forcément évident de faire de l’antenne la première fois, en plus avec des joueurs et joueuses que l’on admire beaucoup. Dès fois, on a un petit peu peur de ne pas être à la hauteur mais, bon, il faut faire le job quand même, je fais de mon mieux.

 

@ Nathalie Guyon / France Télévisions

 

Quel regard portez-vous sur ce début de tournoi ? On voit notamment de nombreuses surprises pour les têtes de série dans le tableau féminin…

Beaucoup de surprises, oui. On en a l’habitude dans le tennis féminin, c’est vrai que ça fait quelques années que l’on a du mal à avoir des joueuses qui performent régulièrement, comme ça peut être le cas dans le tennis masculin. On a quand même eu Osaka qui a gagné quatre Grands Chelems très récemment mais qui a eu quelques difficultés en dehors du terrain sur ce tournoi. C’est vrai qu’on a l’habitude, à Roland Garros, d’avoir des vainqueurs qui sortent un peu de nulle part, avec Swiatek l’année dernière, avec Ostapenko aussi. On est un petit peu habitué à cela mais les joueuses encore présentes dans le tournoi sont plutôt des joueuses qui ont performé ces dernières semaines ou ces derniers mois. On le sait aussi, c’est une surface très différente des trois autres tournois du Grand Chelem. Les joueuses qui performent sur dur ont souvent plus de difficultés ici, ce n’est pas forcément les mêmes que l’on a l’habitude de voir tout au long de l’année performer sur les autres tournois qui le font ici, ce n’est pas plus mal aussi, ça donne un petit peu l’occasion à d’autres joueuses d’évoluer et d’aller loin dans un tournoi du Grand Chelem.

Je trouve que Swiatek a toute ses chances, vraiment, d’aller loin encore dans le tournoi cette année, elle a gagné l’année dernière, ce serait la première fois depuis longtemps qu’une joueuse, ici, arrive à garder son titre. Voilà, elle m’a fait forte impression pour l’instant sur ce début de tournoi, on verra la suite.

Pensez-vous d’ailleurs que la jauge réduite des spectateurs rebatte certaines cartes ?

Je pense que oui, dans le sens où notamment il y a des français qui ont joué tard, sans public. C’est sûr que le fait qu’il n’y ait pas forcément le soutien habituel peut jouer. Après, ils commencent à être un petit peu habitués, ça fait un peu plus d’un an maintenant que l’on joue la plupart des tournois à huis clos ou avec très peu de spectateurs. Ce n’est pas une bonne chose forcément pour le sport, on a hâte de voir le public revenir.

Du coup, selon vous, à quoi peut-on s’attendre pour la deuxième semaine ?

A voir Rafael Nadal gagnerJ. On verra…mais bon, il est encore impressionnant. Dans le tableau féminin, je vous le dis, j’ai l’impression qu’Iga Swiatek a vraiment de bonnes chances, elle n’a pas perdu un set depuis l’année dernière et c’est toujours le cas depuis le début de ce tournoi. On verra si elle a la maturité nécessaire pour performer. Dans le tableau masculin, on a aussi une nouvelle génération qui arrive, avec des joueurs très talentueux, à l’image de Musetti ou de Berrettini, ou encore de Sinner. Tsitsipas a un tableau ouvert, à voir s’il arrive en finale comme il est supposé le faire, à la vue du tirage au sort. J’ai hâte, en tout cas, de voir ce que ça va donner.

En parallèle, à l’issue du tournoi, où et quand pourra-t-on vous retrouver à l’antenne ?

Très bonne question, je ne sais pas. Pour l’instant, ce qui est prévu, c’est que je retourne à France 3 Lorraine, là où je travaille en CDI tout au long de l’année. Je m’y occupe des sports, c’est mon job à plein temps, là j’ai été détachée pour ces trois semaines à Roland-Garros. C’est mon sport de prédilection et, au service des sports, à Paris, ils le savent. Donc ils ont fait appel à moi cette année pour le linéaire, après avoir fait appel à moi l’année dernière sur le numérique. Donc, voilà, j’espère qu’il y en aura d’autres, j’espère qu’il y aura d’autres occasions, d’autres opportunités pour moi au service des sports. C’est un service que j’aimerais rejoindre à temps plein mais on verra quelles opportunités j’aurai après.

En conclusion, pour boucler la boucle, que peut-on vous souhaiter pour la suite du tournoi ?

De prendre toujours autant de plaisir, de ne pas faire de bourde, ce qui est le cas pour l’instant mais on ne sait jamais donc je reste sur mes gardesJ. Voilà, ce sera déjà pas mal.

Merci, Inès, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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