RMC : Jean-Christophe Drouet évoque ses émissions à l'antenne le week-end !

Publié le par Julian STOCKY

(c) ABACA

 

Bonjour Jean Christophe,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut vous retrouver chaque week-end, sur les antennes de RMC, à l’animation de différents programmes, « Les Grandes Gueules du sport », « Les paris RMC » et « Le Blind Test RMC ». On imagine que pour le passionné de sport que vous êtes, ce doit être une joie d’animer ces émissions ?

Oui, complètement, c’est une joie d’autant plus que ce sont trois émissions totalement différentes. Il y a « Les Grandes Gueules », basées sur le débat, sur la confrontation, toujours bienveillantes j’insiste avec cela car je trouve que c’est l’essence de cette émission. C’est-à-dire qu’il faut que l’on s’engueule dans la joie et la bonne humeur, c’est le principe des « GG » que l’on a remodelé pour cette saison, avec chacun, on va dire, qui a son rôle, avec des personnalités totalement différentes, qui viennent de sports différents, collectifs, individuels, c’est ce qui donne la richesse, évidemment, de cette émission. Avec des débats où, justement, on n’est pas obligés d’être dans le purement sportif, on peut être dans le sociétal, on peut être parfois dans la politique, avec la politique des vaccins des sportifs, on ne s’interdit aucun sujet. C’est ce qui est bien, on n’est pas spécialistes du foot, on n’est pas spécialiste du rugby, du basket ou je ne sais quoi. On peut être pointus mais on ne s’interdit rien. Forcément, il y a une large palette de sujets que l’on ne ferait pas dans d’autres émissions et c’est ce qui est bien, c’est aussi ce qui fait la réussite de cette émission et sa longévité. J’ai repris le programme il y a un an mais il existe depuis de nombreuses années, avec des personnages différents et excellents.

Ensuite, il y a « Les paris RMC », qui est une émission évidemment totalement différente. Elle s’adresse bien sûr aux parieurs mais tous ceux qui nous écoutent ne sont pas des parieurs, donc il faut essayer d’intéresser un petit peu les auditeurs avec des côtes, en ne faisant pas que de la côte, mais en essayant peut-être parfois de les faire rêver, avec certaines personnes qui peuvent gagner beaucoup d’argent. C’est pour cela que l’on a le grand gagnant de la semaine. Récemment, une personne a joué 600 euros, ce qui est beaucoup d’argent, sur une côte à 25, elle a pris 15 000 € et elle était dans l’émission. Tout de suite, on se projette, on se demande ce que l’on ferait si nous aussi gagnions cette somme à un jeu. Forcément, c’est un équilibre difficile à trouver, il faut que l’on concerne les parieurs mais il faut aussi que l’on concerne tous les auditeurs de RMC. C’est toute la difficulté mais c’est ce qui rend cette émission aussi très intéressante à imaginer, il faut essayer de concerner un large public.

Enfin, il y a une émission totalement différente qu’est « Le Blind Test RMC ». On va dire que c’est mon bébé, clairement. J’ai toujours aimé tenter de créer, chercher des concepts différents, des choses différentes. Je suis très dans le divertissement, j’adore le jeu et je voulais un jeu sur RMC. Sauf que je viens de la télé et, pour moi qui avait déjà bossé sur des projets télé avec des boites de production, j’avais plus la mécanique en moi, c’était plus dans ma zone de confort. Je me suis dit que, pour la radio, il fallait que je trouve quelque chose. C’est venu assez naturellement assez bizarrement, je savais que j’avais ça en tête et, un jour, en me levant, je me suis dit : « RMC, c’est quoi ? Les auditeurs et les matchs ». Les commentaires de matchs sont une mine d’or chez nous mais on ne les utilise quasiment jamais, on ne les réécoute que très peu, à la marge. Je me suis dit que ce pourrait être bien de tenter de réunir les deux. J’ai écrit quelque chose, je l’ai proposé et ça a été mis à l’antenne l’année dernière.

Voilà, trois émissions différentes mais, au moins, je ne me répète jamais, je prends des plaisirs différents.

Bien que très différentes, ces trois émissions doivent sans doute être, pour vous, très enrichissantes journalistiquement parlant ?

Oui, totalement. C’est aussi un peu à la fois schizophrène. A un moment donné, je suis animateur de jeu, après organisateur de débat. Quand je dis schizophrène, c’est plus de l’humour qu’autre chose. C’est toujours comme cela que j’ai vu mon métier, moi qui suis passionné de sport, en fait, j’aime l’animation avant tout. Evidemment, le sport est une passion mais, demain, je peux très bien faire quelque chose de totalement différent. Ce que j’aime, c’est animer. Animer une émission de débat ou animer un jeu, évidemment la mécanique est différente mais c’est ce que j’aime. Au final, je m’y retrouve tous les week-ends.

On le retrouve dans la plupart de vos émissions et c’est aussi une des marques de fabrique de l’antenne RMC, une belle équipe de consultants d’horizons différents vous accompagne chaque week-end.

C’était le but, lorsque l’on a repris cette émission des « GG », avec Pierre Ammiche le producteur. Christophe Cessieux, qui animait cette émission, est passé éditorialiste et ce costume lui va comme un gant, je serais incapable de faire ce qu’il fait, il a une vraie opinion, il sait la retranscrire et puis il sait jouer le jeu de la radio. Il est dans un personnage parfois, il pense vraiment ce qu’il dit mais il sait le mettre en forme. En fait, on était arrivés au constat qu’il ne fallait pas que les mêmes personnalités de RMC soient partout. J’avais dit qu’il fallait refaire le casting, pour apporter autre chose. Sinon, on a toujours les mêmes personnes et, forcément, elles s’épuisent. Il n’y a plus de nouveauté pour les auditeurs. Il fallait apporter du sang neuf, c’est pour cela que l’on est allés chercher Marc Madiot, Pascal Dupraz, Henri Lecomte, David Douillet. Il était important que ces personnes s’intègrent aussi à la bande déjà constituée. Ce que je leur ai dit, pour les convaincre aussi, c’est : « Venez dans cette émission parce que vous allez vous amuser, parce que vous allez pouvoir débattre, parce que l’on va s’engueuler mais ce ne sera jamais de l’attaque personnelle pour faire mal gratuitement ». On est tous dans le même mode, on a tous envie de faire une belle émission, de rire, de s’engueuler mais tout ça dans un très bon esprit. Je pense que, aujourd’hui, on a trouvé cet équilibre d’échanges. C’est ce qui me plait, c’est de mener une troupe.

A titre plus personnel, il y a un vrai travail de coordination, de relance, de timing, qui doit être un vrai exercice, en lien avec l’équipe en régie ?

Exactement ! C’est ce que j’aime dans l’animation. L’auditeur ne se l’imagine pas, on n’est pas juste spectateur de la discussion qu’il y a, il faut pouvoir l’amener pour que les consultants se sentent bien et pour que leurs paroles soient libérées. Il faut amener une certaine chaleur pour qu’ils se sentent comme chez eux et qu’ils puissent vraiment dire ce qu’ils ont envie de dire. Ça ne marche pas toujours mais le but est celui-ci. Après, évidemment, là il faut être schizophrène, il faut toujours penser aussi à ce que le producteur vient de dire et on sait que l’on a d’autres choses à gérer que du débat pur. Voilà, il faut gérer toute cette gymnastique qui est très excitante. C’est vrai que, au début, ça peut paraitre impressionnant mais c’est comme tous les métiers, ça s’apprend, ce n’est pas inné. Il n’y a que le temps qui fait que l’on y arrive.

Avez-vous du coup une méthodologie particulière de préparation en amont de ce marathon ?

Oui, c’est pour cela que j’ai deux jours de préparation, pour ces sept heures de direct en cinq émissions différentes. Ce n’est pas toujours le même profil d’émission, la mécanique est totalement différente. C’est assez simple, le jeudi, avec Christophe et Pierre, on s’appelle, on passe beaucoup de temps à trouver les bons sujets avec le bon casting. C’est pour cela aussi que l’on veut nous gérer le casting. On sait les associations qui marchent et celles qui marchent moins bien. Il faut des profils différents. On essaie d’aborder les questions différemment. On a créé notre canevas en début de saison et, là, on rentre dans les tiroirs. Dès que l’on est sûrs tous les trois de notre programme, je l’envoie aux consultants sur notre groupe Whatsapp et je leur demande de me répondre oui ou non sur chaque débat. Parce que je veux avoir une tendance et, si tout le monde est d’accord, ce n’est pas une bonne question, en tout cas elle n’amènera pas de contradiction ou de confrontation. Dans ce cas, on la modifie. Le vendredi est jour de l’écriture, notamment de mes petites introductions, pour que ce soit clair et que les auditeurs soient bien au courant de ce que l’on va faire. On s’attache aussi à la mise en forme, sur les sons ou musiques qui seront diffusés.

Notamment pour les émissions du dimanche, on peut penser que la forte actualité de la veille impacte aussi et nécessite une vraie mise à jour et une vraie actualisation du programme ?

C’est sûr ! Il n’y a pas de débat évident, parfois on se laisse une case vide où l’on sait qu’il y aura forcément quelque chose le week-end qui la remplira. Mais, et c’est déjà arrivé, on sait parfois que l’on traitera un club le dimanche qui joue le samedi, du coup on sait que le débat est totalement différent selon le résultat du match. Il faut donc se réadapter à l’actualité. Celle-ci change parfois tout, balaie tout. Du coup, le samedi, après les émissions, on réécrit au besoin. Parfois, notamment lors d’un match du tournoi des six nations à 21h le samedi, on échange jusqu’à minuit avec le producteur, par texto, pour finaliser la question du débat du lendemain matin. C’est ce qui fait aussi le charme de ce métier, il faut s’adapter aux résultats.

Sur les paris, comment vous organisez-vous ?

C’est Arthur Perrot, le producteur, qui s’occupe vraiment de tout cela. En début de semaine, il prévient l’équipe des paris des matchs qui seront abordés et demande à chacun de réfléchir à ses pronostics et ses arguments. Tout au long de la semaine, il est en communication avec eux pour connaitre leurs sensations aussi. Quand j’arrive, je sais du coup qui pense quoi et qui va faire quoi. On s’adapte, si tout le monde est d’accord sur un match, on traite d’une ou deux bonnes côtes puis on passe, pour prendre le temps de débattre sur d’autres rencontres divergentes. C’est l’ADN de RMC, « Info, Talk, Sport », il y a Talk, donc débat…

Concernant l’émission du « Blind Test », quels premiers retours avez-vous pu avoir des auditeurs sur cette émission différente de ce que l’on connaissait précédemment à cette heure-là ?

Là, pour le coup, c’est l’ADN de RMC, sans l’être. C’est l’ADN parce que ça intègre les commentateurs et les auditeurs. Mais ce n’est pas l’ADN car c’est un jeu à part entière. On connait le jeu dans une émission mais pas un jeu à proprement parler qui occupe une case, qui plus est, le week-end. Mais il y a des cases dans la journée plus propices pour cela, notamment celle de 14h le samedi après-midi. Il y a alors moins d’évènements sportifs à ce moment-là et rien n’empêche, dans ce jeu, de faire des allers retours avec des directs.

Franchement, j’ai constaté que les auditeurs avaient très envie de jouer, je pense qu’ils sont très heureux de pouvoir jouer sur des choses qui leur rappellent des souvenirs. En plus, je ne pense pas qu’aux joueurs, je pense à tous les auditeurs. Je me dis que, dans ma voiture, ou ailleurs, si j’écoute un son, ça me rappelle un évènement, je sais où j’étais, du coup j’ai envie de jouer, de deviner. C’est comme cela que je vois le jeu. Je trouvais que c’était ludique pour jouer, notamment dans sa voiture, sans obligatoirement participer. Après, tous ceux qui participent sont à fond, évidemment parce qu’il y a séjour à l’ile Maurice à gagner mais je suis persuadé quand même qu’ils joueraient même pour un cadeau de moindre importance parce qu’ils ont envie d’être sur RMC, la radio du sport, pour se confronter à eux-même. Je pense que le retour est très bon, je le vois par l’enthousiasme des joueurs. Il y a énormément d’auditeurs aussi qui envoient des SMS pour participer, c’est un très bon retour.

A l’approche d’un été particulier chargé, dans quels programmes pourrons-nous vous retrouver à l’antenne de RMC ?

Pendant l’Euro, je reste sur « Les Grandes Gueules du sport », il y aura beaucoup de sujets sur l’actualité de la compétition mais beaucoup d’autres choses se joueront aussi en parallèle, dans d’autres sports. Je pense qu’il faut des repères, je fais les « GG » toute l’année, il est important que l’on reste sur ce programme avec beaucoup d’actualités et notamment l’Euro. Pour les Jeux Olympiques, la grille va évidemment être bouleversée, les « GG » seront toujours là mais je ferai aussi des tranches de direct, le matin, tout au long de la semaine, pendant les 15 jours.

Merci, Jean-Christophe, pour toutes vos réponses !

Publié dans Radio

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article