Koh Lanta : Aurélien revient sur son aventure et son rôle de capitaine !

Publié le par Julian STOCKY

@ Alain ISSOCK / ALP / TF1

 

Bonjour Aurélien,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vendredi dernier a été le théâtre de votre élimination de « Koh Lanta », actuellement en diffusion sur TF1. Personnellement, comment avez-vous vécu la diffusion des images ? Ont-elles ravivé en vous certains souvenirs de ce qui s’était passé en Polynésie ?

Non, c’était plus l’occasion d’une remise en question. J’avais vraiment plus regardé comme une analyse, en me demandant où est ce que ça a « merdé », qu’est-ce que je n’ai pas fait comme il fallait, à quel moment je n’ai pas été bon parce que pas assez à l’écoute de ce qui pouvait se passer sur le camp. J’en ai plus profité pour faire mon autocritique que pour remuer le couteau dans la plaie ou autre, ce n’est pas du tout comme cela que je fonctionne. Mon élimination était déjà digérée depuis un petit moment, forcément. Ça n’a pas ravivé de souvenirs désagréables, je l’ai intégrée, je l’ai acceptée, ça fait partie du jeu. Mais, voilà, j’ai plus essayé de me dire : regarde bien à quel moment tu as laissé échapper ta continuité d’aventure.

Au moment de rejoindre le conseil, dans quel état d’esprit étiez-vous ? Sentiez-vous un risque d’être éliminé ? Ou étiez-vous totalement confiant ?

Je pense que je ne connais personne, ou alors c’est qu’il est totalement fou, qui peut dire qu’il est allé à un conseil les mains dans les poches, sans avoir amené son sac parce qu’il savait qu’il ne partirait pas. Ça reste « Koh Lanta » et, en ça, c’est génial aussi à vivre et à regarder, tout peut arriver. Donc, évidemment, que je n’étais pas serein à 200%. Par contre, je pense que je paie un excès de confiance, je sentais bien qu’avec Shanice, le vent commençait un peu à tourner mais je ne pensais pas qu’elle réussirait. Dans mes calculs, elle ne pouvait pas aller chercher autant de personnes. Après, ce n’est pas non plus une élimination écrasante, ça reste un 5 contre 4. Mais, là où ça m’a le plus surpris, c’est vrai, c’est le vote de Thomas. C’est celui sur lequel je n’avais absolument pas tablé et c’est celui qui fait la différence. Je m’étais dit que 3 votes seraient envisageables, Vincent peut-être, Myriam potentiellement et Shanice je comptais dessus. Je m’étais fixé aux alentours de 3 mais, en aucun cas, je ne pensais que je pourrais en avoir 5 contre moi.

Selon vous, quelles principales raisons sont à l’origine de votre départ ?

Je pense qu’il y a une chose qui, à mon avis, mais une fois de plus ce n’est que mon ressenti, est primordiale, c’est le fait que l’on se rapprochait quand même dangereusement de la réunification. Certains se sont dit que, de toute façon, ce n’est pas trop grave de retirer l’élément central de la nourriture parce que, d’un autre côté, il est aussi très fort sur les épreuves, il est assez fort sur la logique, il a l’équilibre, il a le mental. Je l’avais montré sur l’épreuve juste avant, du paresseux, où l’on tient, Flavio et moi, vraiment au mental parce que, à partir de dix minutes, ça devient insupportable. Donc je pense qu’il y avait aussi une idée de se dire que ce serait peut-être le moment de tenter un putsch et d’enlever Aurélie de l’équation.

Après, je ne peux pas nier que, en effet, j’avais tendance à être un peu, je ne dirais pas directif, mais dynamique sur le camp. C’est en tout cas comme cela que je le voyais. Je voulais vraiment que l’on vive le mieux possible sur le camp, que toute l’équipe se sente bien, que l’on soit dans la meilleure forme possible avec ce qui nous était possible de chasser ou de pêcher. Certains l’ont vu comme une volonté de se mettre en avant alors que absolument pas, c’était juste la volonté de faire vivre mon équipe de la meilleure façon qui soit.

On l’a vu vendredi soir, l’épreuve d’immunité du paresseux a été particulièrement compliquée, avec des conditions climatiques dantesques. Racontez-nous ces instants de résistance sans doute extrême…

Ce n’est pas compliqué, au bout de dix minutes, mon corps a commencé à me signifier que la douleur était tellement insupportable dans les bras qu’il fallait lâcher. J’ai eu cette chance, c’est que mon cerveau a pris le relai et m’a dit « mais non, c’est impossible que tu lâches à ce moment-là, ce n’est pas même envisageable donc tu tiens ». Le sang a commencé à quitter progressivement les jambes et les bras, de façon à ce que, au moment, où vous lâchez, vous ne sentez plus vos membres. Il faut savoir qu’il y a un petit moment, quand je descends, où je ne sens quasiment plus mes mains. C’est assez désagréable d’ailleurs comme sensation.

C’est vraiment la tête qui a pris le relai. Toutes les deux à trois minutes, je jetais un petit coup d’œil sur les rouges qui restaient encore en place et je me disais que je devais me débrouiller, trouver une solution pour pousser un peu plus loin. Malheureusement, ça ne l’a pas fait. Je crois que l’on a tenu, de mémoire, quelque chose comme 45 minutes. Les 35 dernières minutes n’ont été que souffrance.

 

@ Alain ISSOCK / ALP / TF1

 

Au premier jour de l’aventure, vous devenez co-capitaine des jaunes. Comment avez-vous appréhendé ce rôle ? Cela vous a-t-il fait plaisir de l’endosser ?

Pas du tout ! Absolument pas ! En fait, dans mon idée, je m’étais dit que, en arrivant sur « Koh Lanta », il faudra quand même réfléchir au fait de ne pas être chef, faire en sorte de ne pas endosser ce rôle-là. Qui est trop compliqué, trop exposant. Si vous n’êtes pas assez directif, on va vous le reprocher parce que certains ont besoin que vous leur donniez des directives. Si, au final, on est trop directif, certains vont dire « pour qui il se prend à me donner des ordres comme cela ? » donc ça ne va pas le faire. Au fur et à mesure de l’aventure, on le voit bien d’ailleurs. Parce que, au départ, ils sont très très contents d’apprendre plein de choses avec moi, de discuter de tout ce qui fait la vie d’un aventurier, d’avoir de petites astuces,… Au fur et à mesure, je continue sur cette idée-là mais eux, finalement, ça finit par les saouler, par les gaver. On voit bien donc que c’est un rôle hyper compliqué. Moi, en arrivant, je m’étais dit « surtout, surtout, pas de chef de tribu, on sera un peu plus en sous-marin et on verra ce qui se passe ».

Voilà, je deviens chef par la force des choses parce que l’on remporte la première épreuve avec Laetitia. En fait, ce qui se passe, c’est que cette victoire-là est presque maudite, à plusieurs aspects. Je deviens chef alors que j’avais prévu de ne surtout pas l’être. Je deviens chef avec Laetitia, en discutant avec elle je me rends compte qu’elle n’est pas vraiment portée sur la stratégie et le fait de voir loin, ce n’est pas vraiment son domaine de prédilection. On le voit bien d’ailleurs avec ma sortie où elle ne se dit pas que, au final, elle perd aussi la puissance du talisman contre les rouges. En outre, je me retrouve avec un talisman qui, en plus de pouvoir servir en tant que collier, peut aussi servir en tant qu’attaque, c’est-à-dire un double pouvoir. Il faut imaginer un peu dans ma tête comment ça part dans tous les sens en me demandant un peu quels sont les différents chemins possibles. C’est un peu comme ce livre dont vous êtes le héros où, en fait, vous prenez les décisions au fur et à mesure. C’est exactement la même chose, je tournais de page en page, j’essayais de voir un peu loin mais j’avais un peu l’impression d’avancer seul dans ce domaine.

On vous voit particulièrement actif sur le camp et lors des épreuves, en plus d’être bon conseiller pour vos camarades. D’ailleurs, quelles étaient les activités sur le camp que vous adoriez tout particulièrement faire ?

Très franchement, je n’avais pas d’activité qui me déplaisaient. Aller chasser les crabes, aller pêcher au harpon, aller chercher du bois, aller chercher à manger aussi dans la forêt, aller chercher de la canne à sucres, c’est vraiment des trucs qui me passionnaient. De toute façon, j’étais là pour ça, j’étais là pour vraiment vivre l’aventure à 200%. Je m’étais dit, entre le moment où je mets le pied sur l’ile et celui où je la quitte, il faut que chaque minute soit la plus remplie possible. C’est un peu comme cela que je fonctionne d’ailleurs dans la vie, je fais en sorte de toujours être très actif, à toujours lancer 10 000 dossiers en même temps. J’ai besoin de cela pour me sentir vivant. Donc j’ai vraiment appliqué cela sur l’ile aussi. Je n’ai du coup pas franchement eu d’activités qui me déplaisaient. Par contre, c’est vrai que j’avais une forme de fierté de nourrir mon équipe. Quand on s’est mis en tête, avec Flavio, de ramener un poisson par personne, c’était vraiment quelque chose d’hyper agréable.

Les premiers jours ont été vécus sans le feu pour les jaunes. Comment se sont-ils passés ?

On le voit bien, on est quand même dans des conditions qui sont beaucoup beaucoup plus dures que celles des rouges. Ils sont dans une forme qui est forcément meilleure que la nôtre. C’est vrai que ça nous a quand même, malgré tout, soudés tous parce qu’on avait vraiment vécu des phases très très difficiles. Tant mentalement que physiquement. On le voit bien avec mon passage à l’infirmerie après la rencontre avec Gabin, c’est bien représentatif de la difficulté que l’on avait à se nourrir sur le camp et à être dans de bonnes conditions physiques.

Donc c’est sûr que quand on a vu les deux allumettes brandies par Denis au moment de l’épreuve de l’élastique et de la visée, ça nous a redonné une énergie phénoménale. On savait qu’il nous fallait absolument ce feu pour pouvoir changer un peu notre façon de vivre dans l’aventure.

Plus globalement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?

Je pense que mon meilleur souvenir est mon tout premier poisson, au harpon. Dans l’aventure, ça a une saveur vraiment particulière d’être le premier, d’être celui qui avait réussi à attraper le premier poisson, même si je savais qu’on allait en avoir beaucoup d’autres. A titre personnel, ce que j’avais potassé là-dessus a payé, les différentes choses que j’ai pu lire sur comment bien pêcher au harpon, comment bien se positionner ont payé. C’est vraiment mon plus beau souvenir on va dire. Après, pareil, le moment de l’annonce d’une victoire sur une épreuve est quelque chose d’incroyable à vivre.

A l’inverse, qu’est-ce qui aura été particulièrement difficile à appréhender et/ou à supporter ?

Je dirais que, globalement, la vie en communauté, lorsque vous avez faim, lorsque vous ne dormez pas très très bien, lorsque vous sentez que votre organisme est loin d’être au top, est quelque chose d’un peu plus compliquée à vivre. C’est vrai que, mine de rien, dans mon éviction, il y a certaines choses qui ont pu être dites ou faites qui me restent un peu en travers de la gorge. Je n’ai pas de véhémence, je ne garde pas de griefs envers mes petits camarades mais c’est vrai que mon éviction me laisse un gout amer.

Pour en revenir à la genèse de votre aventure, qu’est-ce qui vous a motivé à candidater ?

En fait, je me suis dit, de façon un peu présomptueuse, que je peux y aller parce que je représente un peu tous les éléments qui pourraient faire de moi un bon aventurier. Le côté sportif, le côté logique, le côté stratégique / tactique. Pour le côté survie, je me disais que c’était quelque chose d’appréhendable, en tout cas je comptais aussi un petit peu sur un retour de la jugeote que l’on peut avoir dans la vie de tous les jours qui peut nous être utile en mode survie. C’est ce qui m’a fait dire que c’était peut-être le bon moment pour aller se frotter à cette expérience incroyable qu’est « Koh Lanta ».

Vous êtes-vous préparé d’une façon particulière ?

Oui, physiquement, je me suis vraiment entrainé sur ce que je pensais être mes lacunes. J’ai beaucoup beaucoup bossé sur l’équilibre, la force statique et puis j’ai essayé de travailler aussi un peu le mental pour supporter des moments désagréables. C’est-à-dire de tenir par exemple avec un haltère de 10 à 15 kilos au-dessus de la tête le plus longtemps possible. Après, d’un point de vue survie, c’était essentiellement beaucoup de lecture, aussi des tutos sur internet, pour essayer d’avoir des premiers éléments une fois arrivé sur l’ile.

A ce stade-là du jeu, comment voyez-vous l’horizon pour vos anciens camarades jaunes ?

Au moment où je sors, je n’ai aucune idée de l’instant exact où arrivera la réunification. Mais je me dis « quelle hérésie, quelle bêtise, quelle connerie de me sortir à ce moment-là ». Dans la logique de « Koh Lanta », qui n’était pas forcément la leur, on ne vire surtout pas un élément « fort » (sur les épreuves, le camp, l’esprit de groupe, la nourriture,….) avant la réunification. Après la réunification, ça devient en mode solo, à la limite j’aurais pu être un fusible pour les ambassadeurs. Mais, au moment où je sors, je me dis que ça va être galère pour eux. Je me dis aussi que, comme ce n’est pas une sortie à 8 votes contre 1, ça peut peut-être générer chez eux une distension et ne pas permettre à l’unité de se maintenir.

Merci, Aurélien, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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