beIN SPORTS : Séverine Beltrame évoque la saison 2021 de tennis !

Publié le par Julian STOCKY

crédit : PANORAMIC

 

Bonjour Séverine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Après une année 2020 compliquée, la saison 2021 de tennis prend progressivement forme dans le calendrier WTA. On imagine que la passionnée de tennis que vous êtes est ravie de revoir les joueuses sur le court et la petite balle jaune à l’antenne ?

Evidemment ! Cette année 2020 a été très difficile pour le monde de manière générale et aussi pour le circuit ainsi que les joueurs professionnels de tennis. Revoir un calendrier on va dire à peu près normal en ce début d’année, en tout cas revoir des matchs, revoir les joueurs sur le court n’a pas été sans difficulté mais c’est arrivé. On espère, on a bon espoir que cette saison va pouvoir continuer et s’adapter tant bien que mal.

Plusieurs tournois principaux se sont déjà déroulés, notamment à Abu Dhabi, à Hambourg, à Rome et à Melbourne. Peut-on déjà tirer des premiers enseignements à l’issue de ces compétitions ? Ou est-ce trop tôt pour le moment ?

C’est un peu tôt effectivement. Les premiers tournois ont été quand même bien chamboulés avec les qualifications de l’Open d’Australie aussi qui se sont jouées à Doha, à Dubaï, qui étaient donc externalisées. Pour moi, s’il y a une conclusion sur ces premiers tournois-là, c’est que tout le monde s’est adapté, des joueurs aux organisateurs. Je crois que c’est vraiment le mot-clé de cette année, au moins du début d’année. On se rend compte que, même si ce n’est pas parfait, même s’il y a encore plein de difficultés à surmonter, les joueurs peuvent faire leur métier et c’est ce qui est le plus important.

Quelles sont vos favorites du circuit pour cette nouvelle saison ?

J’ai un coup de cœur pour Aryna Sabalenka, évidemment sa fin de saison 2020 a été fulgurante. C’est une joueuse que je trouve en plus très sympathique en dehors du court, sur les réseaux notamment. J’aimerais bien la voir bien jouer sur un grand chelem, c’est ce qui lui manque encore un peu. On va voir ce que ça va donner. Naomi Osaka a beaucoup remonté dans mon estime, j’ai trouvé qu’elle avait su rebondir, qu’elle avait su prendre son statut à bras le corps. Même si mon cœur balance avec Ashleigh Barty toujours, évidemment, parce que c’est encore elle la numéro une mondiale, on va dire qu’Osaka a tout pour le faire.

Ces trois joueuses-là sont trois profils complètement différents. Ça va être une saison, je pense, très intéressante parce qu’il y a finalement beaucoup de joueuses aussi qui émergent ou qui reviennent. Je pense à Azarenka, même si, là, elle a un peu de mal à enchainer.

Evidemment, je ne peux pas ne pas parler de Fiona Ferro, qui me surprend toujours, qui continue à progresser, à passer des tours en grand chelem, qui fait son petit bonhomme de chemin, tranquillement mais surement. J’aime beaucoup sa personnalité, qui est discrète mais qui bosse. C’est un bel espoir pour le tennis français, avec notamment aussi Clara Burel qui n’est pas loin derrière.

On le sait, le contexte sanitaire actuel que l’on connait tous génère quelques doutes et incertitudes dans l’esprit des joueuses, à minima en impactant la préparation des rencontres. En quoi cela peut-il influencer la hiérarchie du tennis féminin ?

Je pense que tout cela va forcément être chamboulé. Les joueuses sont un petit peu challengées, poussées dans leur retranchement, à supporter les quarantaines qui sont très difficiles et que chacun ne vit pas de la même manière. En plus, au-delà de cela, tous ne les vivent parfois pas dans les mêmes conditions. En Australie, il y en avait qui étaient en quatorzaine stricte. Forcément, cela va créer des disparités voire des inégalités. Mais, au bout du compte, une Ashleigh Barty, qui est encore numéro un, qui n’avait pas rejoué depuis Doha 2020, gagne son tournoi de retour. Finalement, il y a une logique, dans le fond, qui est respectée. Voilà, ça va être juste passionnant. Bien souvent, on s’attend à ce que ce soit chamboulé mais, au bout du compte, c’est souvent la logique qui est respectée. A suivre parce que c’est encore difficile de se projeter sur cette saison 2021.

Il y a quelques jours a été présenté le calendrier des tournois diffusés prochainement sur l’antenne de beIN SPORTS. Un calendrier riche, intense, avec notamment l’Adelaïde International du 22 au 27 février qui, on l’imagine, doit vous faire bien plaisir ?

On est tellement heureux de pouvoir retourner derrière nos écrans et même au bord du terrain pour commenter tous ces tournois. On a énormément de matchs à diffuser, énormément de tournois en même temps, c’est juste génial, même si les conditions sont difficiles aussi. Parce que nous aussi subissons les décalages horaires. Ce n’est pas toujours de tout repos mais on est juste heureux, comme les joueuses sur le terrain, de faire notre métier et de pouvoir le faire « normalement », en tout cas le plus normalement possible.

A titre plus personnel, quelle est votre méthodologie de travail en amont d’un commentaire de match, voire même entre deux tournois ?

On suit évidemment toutes les infos du monde du tennis de manière générale. On ne se focalise pas uniquement sur le match que l’on a à commenter. Il y a donc une info générale à connaitre, même du monde du sport de manière générale. On essaie de suivre le fil de tout ce qui se passe, surtout que, sur beIN SPORTS, on a aussi beaucoup d’autres sports qui sont représentés. C’est vrai que c’est toujours intéressant d’écouter, d’entendre ce qui se passe ailleurs.

Pour la préparation du match en tant que telle, évidemment je vais me focaliser sur les deux joueuses à commenter, avec leurs face-à-face, avec leurs résultats respectifs des dernières semaines. Aussi sur le tableau de manière générale, sur sa composition, pour éventuellement me projeter sur leurs futurs adversaires. On a aussi des fois la chance d’avoir des informations depuis le site. Si on est sur place, on peut également voir ou entendre des informations supplémentaires. On est toujours beaucoup aidés par nos amis et collègues journalistes, qui sont là aussi pour faire ce binôme qui donne tout son sens aux commentaires. 

Pendant une rencontre, avez-vous des petites préférences pour votre commentaire ? On peut penser notamment aux moments privilégiés pour intervenir, pendant ou après un échange ?

J’essaie de ne pas trop intervenir pendant l’échange. C’est différent d’un match de foot où, évidemment, les commentateurs parlent tout le temps. Dans un match de tennis, j’aime bien laisser la place à l’échange, à moins vraiment d’un échange de fou, où là, on peut émettre de petits commentaires très très courts. Mais c’est plus finalement une synthèse après le point, avec un focus sur le dernier coup réalisé, que ce soit un coup gagnant ou une faute directe. J’essaie aussi de m’attacher à des détails techniques, c’est aussi ce que l’on attend d’un consultant, d’une ancienne joueuse. C’est le détail technique, la position de la raquette, de la main, du pied et pourquoi la faute a été faite. Donc plus une analyse post échange qu’un commentaire de ce qui est en train d’être joué.

Pour conclure, que peut-on souhaiter au tennis féminin pour cette saison 2021 ?

De jouer, juste de jouer en fait et d’avoir une saison complète, avec des grands chelems qui se disputent le plus normalement possible. Et, cerise sur le gâteau, d’avoir du public. Je crois que les joueuses sont là aussi parce qu’il y a cette relation avec le public, cette atmosphère, cette adrénaline, générées par toute cette passion et ces émotions qui se partagent. Déjà, dans l’ordre, ce serait de jouer et si, en plus, le circuit peut se dérouler sans accros jusqu’à la fin de l’année, ce sera merveilleux. En fait, on en est vraiment là, aujourd’hui ça suffirait pour 2021.

Merci, Séverine, pour toutes vos réponses !

N'oubliez pas, le tournoi WTA d'Adelaide ainsi que l'Open de Montpellier (ATP) seront diffusés la semaine prochaine sur beIN SPORTS 3 !

Publié dans Télévision

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