VRAIe : Prisca Demarez évoque son nouveau spectacle, prochainement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Prisca,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous serez sur scène, à partir du 15 octobre prochain, au théâtre de l’Archipel, à 20h, les jeudis et vendredis, avec le spectacle « VRAIe ». Comment le présenteriez-vous ?

C’est l’histoire d’une fille qui a écrit un spectacle pour rencontrer Bradley Cooper. Elle est sûre que c’est l’homme de sa vie. Ou plutôt qu’elle est la femme de la vie de Bradley Cooper, c’est plutôt dans ce sens-là. En fait, elle est sûre d’être « A Star is Born » mais en vrai. Lady Gaga, c’est pour le film mais elle, c’est en vrai. Il faut donc que Bradley la voit. Pour cela, elle a fait un spectacle à destination des américains, c’est un spectacle qui tourne depuis des années, en anglais, avec uniquement des américains dans la salle. Comme il y a un message important pour elle, tout ce qu’elle va dire dans son tour de chant est important pour Bradley. Ce jour-là, pourquoi, on le découvrira dans le spectacle, il n’y a que des français dans la salle. Donc c’est le drame.

Le jour où vous allez venir est celui où, justement, elle découvre qu’il n’y a que des français. ….D’un seul coup, il faut traduire pour que les gens comprennent. Elle doit changer complètement de spectacle et tout improviser. Elle part de ce qu’elle est. Elle parle de toutes ses anecdotes de vie, de tout ce qu’elle est, de toute sa vérité, elle enlève tous les filtres, elle raconte sa vie, ses difficultés,… au travers du chant et de son rêve d’être une artiste de comédie musicale. En étant vraie, en racontant aux gens qui elle est, ce qu’elle est. Finalement, que va-t-elle découvrir au travers de tout cela ?

On est dans le mythe de la jeune femme à qui l’on a promis la rencontre d’un prince charmant mais finalement n’est-ce pas elle qui doit s’emmener dans son château par-delà les nuages ? Il y a plein de question sur la femme, sur la difficulté de la vie d’artiste. C’est tout un passage derrière le miroir, on traverse le miroir aux alouettes et on s’aperçoit que la vérité n’est pas si simple que cela. Avec un personnage qui est dans la recherche perpétuelle de la magie, qui cherche à voir le positif dans tout. Elle transforme en positif cette catastrophe qui lui arrive. Il n’y a que des français dans la salle, c’est une catastrophe, elle va le transformer en positif et ça va lui amener sans doute la plus belle soirée de sa vie.

Il y a donc une alternance de jeu et de chant tout au long de ce spectacle ?

Je viens de la comédie musicale, j’ai fait des rôles énormes dans des théâtres énormes à Paris. Je viens avec toute cette expérience-là de scène, avec deux musiciens extraordinaires qui ont une expérience dingue de scène, pour faire une comédie musicale. Ce n’est pas une succession de sketchs, du tout. Il y a un fil rouge. On entre dans une histoire, on en est tenu tout du long et on en sort différent. Il y a une résolution à cette histoire.

 

@Jeanne Degois

 

Comme dans une vraie comédie musicale, chaque chanson vient faire avancer et illustrer l’histoire. Il y a même des chansons que j’ai chantées sur scène et qui prennent un sens différent. Je savais que les gens qui me suivent avaient envie de les entendre, d’un seul coup elles vont faire rire alors que, dans la réalité, elles font pleurer. Parce qu’elles viennent habiller différemment la situation en fait. Tirées de leur contexte, d’un seul coup, elles prennent un autre sens mais elles prennent tout leur sens. C’est un vrai fil rouge, c’est une histoire qui se construit au fur et à mesure, avec du chant, de la danse, de la musique.

Il y a eu une lecture avec un public lambda que je ne maîtrisais pas. Ce qui est ressorti, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé car c’est ce que je voulais créer, c’est que c’est un grand huit d’émotions qui ne laisse pas le temps de respirer. Ça, j’adore parce que c’était mon rêve de créer cela.

Pour en revenir à la genèse de ce programme, comment vous est venue l’envie de le développer et de la proposer ?

A la base, ça s’appelait « Vrai ! ». Le « e » est rajouté parce que toute l’histoire l’amène, au fur et à mesure. Cette femme se découvre, se trouve, s’autorise à être elle-même. C’est très important pour moi. Tout est vrai dans le spectacle. D’ailleurs, les gens viennent me voir à la fin et me demandent si ce que j’ai raconté notamment sur le prince est vrai, sur les russes également. Je les ai mis en lumière, je les ai racontés, je les ai habillés. Comme toutes mes histoires d’ailleurs.

En 2000, à La Réunion, je fais de la radio et je suis psychomotricienne dans les hôpitaux. Je n’imagine pas une seconde avoir la possibilité de faire ce métier-là. Je fais de l’improvisation théâtrale pour le plaisir, en dehors de mon métier. J’y rencontre Papy, qui était formateur. Qui m’incite à monter à Paris. Je n’étais pas prête du tout, je fais tout un détour et, en 2012, je le retrouve. Je suis en scène avec un premier rôle à Bobino et il me félicite à l’issue de la représentation. La formule me gêne mais ce sont ces mots, il m’a dit : «  ne nous prive pas de ce que tu peux nous donner ». On s’est revus plusieurs fois alors pour me donner des clés d’écriture. Mais je n’étais pas prête.

En 2017 et 2018, j’étais dans un trou, je n’avais pas la force d’écrire. En même temps, un ami producteur m’avait dit que je réussirais le jour où je serai vraie, le jour où je donnerai ce que je suis vraiment.

Il y a un an, mon pianiste préféré m’appelle pour me dire qu’il a envie de retravailler avec moi. On s’est mis à faire un tour de chant ensemble pour les gens qui me connaissent. On a établi une liste de chansons que l’on avait envie de proposer et, après tout, je me suis dit que je pourrais raconter des anecdotes autours. On a présenté le tout devant Papy qui nous avait dit que les idées étaient bonnes mais pas le texte. Par contre, c’était dingue au niveau musical. On s’est mis à bosser et j’ai eu besoin d’un an pour m’autoriser à vraiment raconter mon parcours, de galères artistiques, d’une chanson à une autre. Avec, finalement, un message positif pour la vie dans tout le final, qui parle à tout le monde.

 

@ Jeanne Degois

 

Comment se sont faits les choix de chansons ?

Ça a été terrible. Mais on va faire le CD du spectacle, comme je viens de l’école de la comédie musicale. Dans celui-ci, on s’est dit que l’on allait y mettre toutes les chansons que l’on a dû retirer.

On a refait tous les arrangements comme on les aime. On est dans un spectacle français, en français mais j’y tiens, c’est à l’école américaine. C’est tout ce que j’aime, folie, énergie, dynamisme, création, mélange de chant et de théâtre.

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

C’est vraiment mon bébé que je présente. C’est vraiment moi qui l’ai écrit. Il y a plusieurs choses. Il y a retrouver la scène, c’est certain. Ça fait longtemps que je n’ai pas eu régulièrement de la scène. La dernière comédie musicale remonte à très loin, il y a un bonheur de retrouver le musical. J’ai besoin de chanter tout le temps mais j’aime le théâtre aussi. Ici, il y a une galerie de 20 personnages et tout ce que j’aime chanter. D’anciennes chansons françaises, de bons gros délires, des tubes de comédies musicales,… c’est un bonheur. Ce ne sont que des chansons originales mais dans un contexte parfois différent de celui que l’a connu à l’origine. La situation et la pensée d’un personnage donnent un sens tout autre à un texte.

Des gens m’attendant dans « Memory », ma chanson de « Cats », je la fais en français, j’y retrouve mon personnage. Je suis obligée parce qu’il est trop beau. Je me fais un grand kiff.

 

@ Jeanne Degois

 

Je retrouve la scène en tant que chanteuse et comédienne, je danse aussi un peu. C’est tout ce que j’aime, dans un spectacle que j’ai écrit et que je peaufine au millimètre depuis un an. J’ai une rencontre d’amour avec mon public, je l’attends avec impatience, j’ai hâte de lui donner à la fois mille personnages et moi, en vraie. C’est hyper important pour moi. Je fais une galerie de personnages, on s’amuse mais, en même temps, j’ouvre un peu la boite à outils. Ce n’est plus du cousu sur mesure, c’est du tatoué à même la peau.

En conclusion, à l’aube de cette nouvelle aventure artistique, que peut-on vous souhaiter ?

Qu’il y ait un maximum de personnes qui puissent venir voir ce spectacle et que ça fasse du bien à un maximum de personnes. J’espère et je souhaite qu’il puisse toucher les gens.

Merci, Prisca, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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