Delphine Rollin évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Delphine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut vous retrouver, depuis plusieurs saisons, dans la série à succès de France 3 « Plus Belle La Vie ». On imagine la joie que ce doit être, pour vous, de retrouver régulièrement cette belle et historique famille télévisuelle ?

J’adore ce personnage, j’adore les personnes qui m’entourent là-bas. Me dire qu’elle est encore en vie, qu’elle perdure, qu’elle va pouvoir encore me surprendre peut-être, pouvoir faire vivre ce personnage sur la longueur est, pour moi, exceptionnel. J’avais rarement fait cela finalement, j’ai eu des récurrences mais pas tant que cela, j’en ai eues qui ont duré un an ou deux maximum. Là, ça va faire deux ans et demi, trois ans bientôt donc j’ai passé le cap. Je n’y suis pas tous les jours, j’y vais à intervalles réguliers, on m’y retrouve en gros tous les quatre à cinq mois, donc j’ai le temps de faire d’autres choses, j’ai le temps d’y penser, j’ai le temps de prendre plaisir à y revenir. C’est vrai que je ne m’en lasse pas, j’ai la chance d’avoir un personnage haut en couleurs, plein de contradictions, de contrastes, d’humanité, d’émotion. Je pense que c’est un personnage que je pourrais faire vivre comme cela éternellement, c’est sans fin. Donc je ne pouvais pas imaginer mieux. Sincèrement, il n’y a pas un autre endroit à la télé qui m’est permis de prendre autant de plaisir. En plus, il faut dire qu’ils ont une ouverture d’esprit telle que quand on fait des suggestions et que l’on propose des choses, on est écoutés.

J’y mets beaucoup de moi mais heureusement, pour mon entourage et pour moi, je ne suis pas bipolaire. Mais je connais de très près la bipolarité, j’en des amis qui sont touchés par cette maladie. C’est une maladie dont j’avais envie de parler depuis très longtemps. Il y avait eu un passage de mode il y a quatre à cinq ans où on en parlait beaucoup, j’avais même fait une proposition à France 5 pour un documentaire autours de cette maladie, qui n’avait finalement pas pu aboutir. Je suis donc très contente de pouvoir parler de la maladie mentale dans le foyer, un sujet souvent tabou. Alors que ça se traite et que l’on peut vivre avec. A partir du moment où les choses sont visibles, on vit beaucoup mieux, dans la vérité. C’est plus simple aussi alors pour les familles, ça amène de la tolérance autours, ça ouvre les esprits.

 

 

Trois ans après son arrivée, quel regard portez-vous sur l’évolution de votre personnage ?

Dans la première saison, ce qui était intéressant, c’était la prise de conscience. Elle était dans un déni de maladie et sa famille ne savait plus ce qu’elle devenait. A partir du moment où ils ont su la diagnostiquer, ça a permis de la faire évoluer dans la famille, d’y amener un peu de tolérance et de faire en sorte qu’elle soit plus acceptée. Finalement, ce n’est pas une excuse la maladie mais, quand même, ça donne des explications à ses actes déraisonnés. Elle a alors pu être traitée, elle a pu accepter son traitement, ce qui n’est jamais évident. Le problème de la maniaco dépression est l’alternance de moments up, où on a une énergie telle que l’on se sent capable de tout, et de moments down. Mais quand on doit traiter, on diminue les deux phases, notamment celle d’euphorie et, là, souvent, les malades n’en ont pas envie car ils ont le sentiment qu’on va leur retirer une part de leur personnalité. L’acceptation de revenir à quelque chose de plus normal est une vraie phase à passer. Il faut accepter l’idée d’être un peu amoindri dans certains ressentis.

La capacité ou non à pouvoir supporter le traitement est ce qui a été visité pendant la seconde saison, où on a tenté les médicaments, la chimie, qui n’étaient pas forcément une réussite. Ensuite s’en sont suivis les électrochocs. Pour certaines personnes, c’est le remède idéal, même s’il peut étonner car ressemblant à un remède ancestral. Mais ça s’est affiné, ce n’est plus ce que l’on faisait à l’époque. Ce n’est pas anodin, ça peut remettre les choses vraiment à niveau et éviter la prise de médicaments, retrouvant ainsi une vie presque normale. Une chose est sûre, en tant que pratiquante de yoga, je pense que ça peut venir, pour ces personnes, canaliser leurs émotions. Mais cela n’a pas fonctionné pour mon personnage, qui est reparti alors dans la prise de médicaments.

Il a fait son retour il y a peu, pour vivre une histoire d’amour avec Franck. J’étais hyper contente, d’autant plus que Jean-Charles est un partenaire que j’ai eu à d’autres occasions, notamment dans une série pour France 2, « Lignes de vie », tournée à Montpellier, où nous étions dans un trio amoureux. Je m’étais régalée avec lui, il est très très drôle. Etre à ses côtés est une joie.

Nos deux personnages, dans « Plus Belle La Vie », ont eu une courte histoire qui, encore une fois, a tourné au vinaigre. J’aurais aimé que ça puisse durer, un des facteurs qui peut aider à l’équilibre des personnages bipolaires étant aussi d’être dans un environnement très stable. Je sais que je reviendrai mais sous quelles conditions et avec quels partenaires, je n’en sais rien.

En parallèle, vous avez terminé il y a peu le tournage d’un autre programme, toujours pour France 3, « Prière d’enquêter ». Que pouvez-vous déjà nous dire sur le personnage que vous y interprétez ?

Je joue une maman qui perd son fils. C’est assez tragique. C’était assez intense. Mes partenaires étaient très chouettes, il y a un beau trio sur ce programme, Mathieu, Jérôme et Sabrina. J’étais super contente que l’on fasse appel à moi. J’ai eu récemment un très joli message du producteur pour me remercier. J’ai beaucoup donné, émotionnellement notamment.

 

 

Dans un autre registre, vous avez finalisé l’écriture d’un long-métrage, suite à un premier format plus court qui était déjà sorti.

 « Womaniser », le court, était autour du plaisir féminin, de la frustration, de l’abstinence sexuelle et de la révélation suite à l’utilisation d’un objet. Je me suis inspirée de ce personnage mais pour un sujet beaucoup plus large, la place de la femme et du plaisir féminin dans la société. On a développé le sujet, on traite du plaisir, de la peur de l’autre, de l’engagement, aussi de la place de la femme et comment elle se situe amoureusement. On y aborde également l’amour désintéressé.

Je suis très fière de ce travail. J’ai travaillé avec Zoltan Mayer, on s’est parfaitement complété, je n’aurais jamais d’ailleurs pensé trouver un binôme comme lui. Notre rendez-vous quotidien était un réel plaisir, les moments étaient joyeux et hyper nourrissants. On a réussi, avec nos expériences respectives, à faire grandir le projet. Les sujets sont profonds mais traités avec de la poésie et de l’humour. Ce sera très moderne. Le casting est complété, je recherche actuellement un producteur. A chaque lecture, un réel enthousiasme se dégage.

Merci, Delphine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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