Un Si Grand Soleil, Fake News, Le diner de cons, TRAC : Pascal Miralles évoque ses nombreuses et belles actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pascal,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver depuis quelques mois dans « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. Très simplement, on peut imaginer la joie et le plaisir que ce doit être pour vous de faire partie de cette belle famille artistique ?

Oui, oui, effectivement. J’avais été casté avant le début de la série pour le rôle d’Enric, qui est joué merveilleusement bien par Julien Masdoua, un autre comédien de la région. Je n’avais pas eu de nouvelles jusqu’à à peu près huit mois plus tard, où j’ai été recontacté par l’équipe de casting, cette fois-ci pour le rôle d’Humeau et j’ai été très heureux d’avoir une réponse positive.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous justement votre personnage d’Humeau ?

Il est un policier intègre, qui fait son boulot avec le plus possible de questionnement sur le sens et le rapport aux autres. C’est quelqu’un de très fidèle à son équipe. Depuis le début de la série, on ne connait pas bien sa vie, on sait qu’il a un bateau, on sait qu’il a essayé de draguer Elise mais, malheureusement, il n’est pas tombé sur la bonne personne. C’est à peu près tout ce que l’on sait mais on va en savoir beaucoup plus très bientôt…

Avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour l’interpréter ?

Je dirais que les inspirations viennent plus des policiers tels qu’on les voyait dans le début du cinéma, vraiment très éloignées de ce que l’on propose pour la police dans les longs métrages actuels, où les flics sont souvent très nerveux. C’est quelqu’un auquel les gens pourraient s’identifier, c’est juste un brigadier qui fait son boulot correctement. Les inspirations me viendraient plus de la lenteur et du jeu des comédiens qui interprétaient des policiers dans les années 60-70 ou le Gilou de Thierry Godart dans les premiers épisodes d'Engrenages que j'ai beaucoup aimé...

Face au rythme soutenu sur le tournage d’une quotidienne, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont ?

Je dirais que j’ai été obligé parce que j’ai aussi une vie sur scène et des projets personnels qui me prennent beaucoup de temps. Après, on est très aidés aussi par la méthodologie mise en place par France TV. On reçoit les textes longtemps en avance, on a une version 1, une version 2 puis une version définitive. On a aussi des plans de tournage très précis qui nous permettent de bien organiser notre travail. Donc la méthodologie est tout d’abord de m’imprégner de ce que les auteurs ont commencé à écrire pour moi, d’y réfléchir longtemps à l’avance et, ensuite, d’être le plus sincère possible dans l’interprétation. D’être dans un jeu assez sobre qui corresponde à Humeau. Ce personnage n’est pas quelqu’un d’extraverti, c’est quelqu’un de profondément calme, dans la lignée des gens qui vont faire leur travail avec passion mais sans débordement. Du coup, quand j’arrive sur le plateau, j’ai cette concentration-là, après j’aime bien rigoler avec les copains et copines mais dès que le moteur est donné et que l’on va rentrer dans la scène, j’essaie d’en faire un personnage attachant.

 

 

Vous avez commencé à l’évoquer, les tournages actuels et à venir vont permettre d’en savoir un peu plus sur votre personnage. Sans rien en dévoiler, que pouvez-vous nous dire ?

Sur le plan professionnel, il va se passer beaucoup de choses au commissariat sur cette saison donc, forcément, Humeau va être impacté par ce qui se passe. Il sera omniprésent. Dans sa vie personnelle, on va découvrir son prénom, on va découvrir qu’il a une vie amoureuse, d’une manière très romantique et très poétique, qui correspond complètement à ce personnage qui, à mon avis, va surprendre beaucoup de gens. Voilà, ça fait partie de l’intrigue de Noel, celle qui va arriver fin novembre, début décembre. A l’heure actuelle, on est en plein tournage, je viens de passer une semaine formidable avec le réalisateur et la personne que je rencontre. C’était vraiment une semaine fabuleuse, tant sur le rapport que l’on a eu entre comédiens qu’avec l’équipe, qui s’est vraiment donnée pour proposer une couleur très spéciale. Qui, je pense, va faire plaisir aux téléspectateurs. Quand je vois à l’heure actuelle les sujets un peu anxiogènes diffusés dans la série mais qui sont grandement nécessaires pour venir compléter les psychologies de tous les personnages dans les intrigues, je pense que ce moment-là va faire énormément de bien et j’espère que les téléspectateurs prendront autant de plaisir que j’en ai pris à le faire.

Alors que l’arrière-saison est encore très belle, vous tournez donc actuellement dans une ambiance et une atmosphère de Noel ?

On commence à mettre les vestes à l’extérieur, les chemises longues, les chaussures un peu plus chaudes, on est obligés…C’est aussi le succès de cette série, on colle à l’actualité, autant dans ce qui peut se passer que dans la temporalité des choses. Oui, on est en train de fermer les vitres en voiture et d’être un peu plus habillés.

Nombreux sont les comédiens et comédiennes à l’avoir dit, l’ambiance de tournage est très familiale, ce qui participe sans doute au succès de ce programme.

Oui, oui. D’abord, dans la relation travail, on est en communion. C’est vraiment une famille. Il y a une bienveillance partagée par tout le monde. On se voit aussi beaucoup à l’extérieur, on passe des soirées ensemble, on échange sur un groupe WhatsApp. On parle souvent aussi de vous qui nous suivez, on est très attachés aux bloggeurs, aux gens qui sont dans les groupes de fans, c’est important, c’est aussi un baromètre de notre travail.

Tout cela participe à une très bonne ambiance, y compris avec les équipes techniques. Quand je parle de relations, c’est vraiment avec tout le monde : les comédiens, les réalisateurs, les techniciens, les chauffeurs… Tout le monde est merveilleux et je me demande même si ce n’est pas un critère de recrutement pour France Télévisions de cocher la case « merveilleux » pour que ça fonctionne bien.

Dans un autre registre, vous allez partir en tournée avec « Fake News ». De quoi parle ce spectacle ?

C’est une pièce à trois personnages, que j'ai écrite avec mon frère Jean Chris. C’est l’histoire du présentateur du journal de 20h sur TF1 qui rentre chez lui et tombe sur un cambrioleur dans son salon, personnage que j’interprète. Ce dernier est un François Pignon du cambriolage : il est dans un appartement rempli d’œuvres d’art et de choses de valeur et lui n’a pris que des choses à manger dans le frigo et dans le placard de la cuisine. Il ne connait pas le présentateur car il n’a pas la télé, du coup le présentateur est très intrigué, lui qui est abordé tous les jours dans la rue par des gens. De fait, au lieu d’appeler la police, il sympathise avec lui. On découvre alors que sa fille, qui a 21 ans, passe le Bac pour la troisième fois et qu’elle est censée dormir à côté. Mais, finalement, elle va rentrer à trois heures du matin, après avoir été boire des coups avec des copines parce qu’elle avait lu une fake news un peu dérangeante sur son père. Petit à petit, on va passer la nuit avec eux et on va découvrir que le présentateur a des lacunes, que c’est un papa pas très assumé, alors que le fils du cambrioleur, lui, à 16 ans, vient d'avoir le Bac avec mention. On va se poser des questions : lorsque l’on semble posséder tout dans la vie, est-ce que cela suffit à être heureux et à élever ses enfants correctement ?

 

 

Je partage la scène avec Laura Charpentier et Didier Lagana. C’est une pièce sociale mais très drôle, qui a été créée il y a un petit peu plus d’un an et que l’on avait jouée au Festival d’Avignon en 2019. Derrière, on a pris une tournée incroyable mais toutes les dates étaient situées entre le 4 mars et le 11 mai 2020, donc autant vous dire que l’on a annulé quarante dates. Je suis très heureux de retourner sur scène à partir du 24 septembre, à Pont Saint Esprit. Il y aura aussi deux semaines fin novembre à Nantes et on va même faire un réveillon le 31 décembre à Montpellier. On devait partir sur l’ile de la Réunion en Festival aussi, heureusement, celui-ci est reporté au mois d’avril 2021.

Quels ont été les principaux retours que vous aviez pu avoir des spectateurs ?

Ce qui leur a plu, c’est d’abord la manière d’aborder l’humour. On est vraiment dans le comique de situation, avec une pièce très familiale. Les gens peuvent s’identifier à ces papas qui sont, finalement, perdus tous les deux et aussi à cette fille adolescente qui va les bousculer. En fait, ils vont chacun révéler à l’autre un peu leur identité et leur personnalité, ce qui fait que, à la fin de la pièce, tout le monde a changé sa vision des choses. Vraiment, les spectateurs s’amusent avec nous, ils sont parfois aussi émus par les situations. Les gens traversent cette nuit avec ces personnages et passent vraiment un très bon moment.

Toujours sur les planches, vous allez aussi prochainement jouer dans « Le diner de cons » ?

Oui, à partir de début octobre, au Kawa Théâtre, à Montpellier, où je jouerai juste le rôle de Leblanc... (rire) interprété à l’écran par Francis Huster, celui du copain qui arrive un peu plus tard. Je suis très heureux aussi de jouer ce spectacle avec une bande de comédiens de Montpellier que j'ai hâte de retrouver !

 

 

En parallèle, vous avez lancé, début septembre, une école d’artistes sur Montpellier avec votre compagne Laura. Comment vous est venue cette envie ?

Laura est responsable d'une école d'art LA PETITE ACADEMIE qui dispensait des cours amateurs de théâtre depuis dix ans à Montpellier et j’avais envie de mon côté de créer une école professionnelle. On s’est dit qu’il pourrait être intéressant d’associer les deux, de créer un lieu où les gens viendraient prendre des cours, amateurs et professionnels, et qui soit également un lieu de diffusion, avec une programmation théâtrale qui permettrait de venir voir des spectacles et aussi de rencontrer les artistes. TRAC est né comme ça. Ce sont des auteurs, des comédiens, des metteurs en scène de la région qui interviennent à l'école. On est ancrés dans la région, à Castelnau-le-Lez sur la métropole de Montpellier et on profite de cette énergie des tournages qui se multiplient dans le coin pour dire qu’il peut y avoir de la place pour des gens de Montpellier et qu'ils ne sont plus obligés de monter à Paris pour se former. Nous ne sommes pas la première école à Montpellier mais la première du genre...

 

 

A notre échelle, on a ouvert une salle très intimiste de 50 places avec plus de 20 spectacles programmés cette saison. En plus de quelques artistes très connus qui viendront cette première année, on donne la place à toutes ces compagnies émergentes qui montent des spectacles à deux ou trois personnages sur des thématiques particulières. Je suis heureux, on a monté cela en sortie du confinement et ça y est, on a notre classe pro, avec huit élèves pour le moment que nous allons chouchouter pendant deux ans. Pour nous, c’est vraiment très très bien. Les cours amateurs se remplissent aussi. On a déjà vendu des places de spectacle. La saison démarre fort !

Merci, Pascal, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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