Mon enterrement de vie de jeune fille, au théâtre le Passage vers les étoiles : interview croisée des comédiennes et de l'une des auteurs de la pièce !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marie-Cécile, bonjour Audrey, bonjour Sheraze,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Marie-Cécile, vous êtes co-auteure de la pièce « Mon enterrement de vie de jeune fille », qui débute ce dimanche 27 au théâtre le Passage vers les étoiles. Vous êtes aussi la co-metteuse en scène des deux comédiennes, Audrey et Sheraze. Très simplement, sans tout en dévoiler, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Marie-Cécile : Le pitch est très simple : un enterrement de vie de jeune fille sert à passer une super soirée avec ses copines, sauf quand on n’en a pas. C’est la situation dans laquelle va se retrouver le personnage de Caroline, jouée par Audrey Rousseau. En fait, c’est un peu la loseuse, la fille toujours un peu à côté de la plaque, toujours un peu fofolle. Elle se retrouve, le soir de son enterrement de vie de jeune fille, à avoir tout organisé, personne n’ayant voulu le faire pour elle, et à être toute seule. Personne ne vient, sauf le personnage joué par Sheraze Saïd, Constance, mais elle est la plus éloignée finalement des copines de Caroline. Elles se connaissent à peine, elles se sont rencontrées deux fois seulement par l’intermédiaire de la cousine de Caroline.

Il va, en fait, se passer plein de choses et de temps pendant cette soirée qu’elles vont devoir passer ensemble. Constance va se retrouver clairement un peu bloquée à cette soirée et prise au piège. L’une et l’autre sont très différentes et elles vont devoir surpasser plein d’évènements inattendus.

Comment caractérisez-vous chacune, avec vos propres mots, votre personnage ?

Audrey : De base, on a un équilibre assez répandu, l’auguste et le clown blanc. Caroline est tout le temps un peu à la limite de l’hystérie. C’est la soirée de sa vie, elle n’a pas d’amie et, ce soir-là, elle va en avoir une, il est donc hors de question qu’elle parte en fait. Ça va être sa meilleure amie pour toujours et ça va être trop bien.

Sheraze : Je me retrouve face à cette tornade. Je débarque chez elle, je suis la première et la seule à arriver. Je ne la connais pas en fait, on ne s’est vues que deux fois, je suis même très étonnée qu’elle m’ait invitée à son enterrement de vie de jeune fille à une semaine de son mariage. Finalement, le but de mon personnage est de partir, à tous les moments possibles et l’objectif de Caroline est que je reste. Il va se passer tout plein de choses car elle a préparé plein d’activités, que l’on va devoir faire à deux au lieu de les faire à plus.

Marie-Cécile : S’en suivront moultes rebondissements et des révélations en veux-tu en voilà.

Quelles ont été vos différentes sources d’inspiration, pour le développement de la pièce et pour l’interprétation des personnages ?

Marie-Cécile : Je pense que l’on a peut-être un peu les mêmes. Parce c’est un peu le monument de notre génération pour le clown blanc et l’auguste, on a été inspirés, pendant l’écriture, par les personnages du « Diner de cons ». Jacques Villeret est là, il s’impose, l’autre est un peu bloqué. C’est un peu dans cet esprit-là qu’est notre pièce.

Audrey : La construction de Caroline en elle-même fait appel à des choses assez naturelles. Je fais ressortir mon côté hystérique, je m’amuse à la faire borderline assez souvent.

Sheraze : Il y a beaucoup de naïveté aussi dans ton personnage, elle est candide.

Marie-Cécile : C’est une femme enfant qui est toujours sur le fil.

Audrey : Il y a du premier degré, elle est parfois très très sérieuse et très sincère dans d’énormes conneries, c’est ce qui, au final, la rend attachante. Elle est insupportable, elle est « attachiante », j’ai horreur de ce mot mais là, pour le coup, c’est le cas.

Sheraze : Si elle n’était pas comme ça, si elle était juste chiante, mon personnage ne resterait pas. Il y a quand même quelque chose qui fait que je reste et que mon personnage va être touché, au bout d’un moment. Pour le coup, au début, je ne sais pas ce que je fais là, je n’ai pas envie de rester, elle m’envahit, je ne comprends rien. Je suis plus carrée, agent immobilier parisienne, je suis en hallucination tout le temps.

Marie-Cécile : C’est « Rendez-vous en terre inconnue ».

Sheraze : Je ne suis pas forcément à l’aise avec elle, la parisienne un peu speed. Elles sont aux antipodes et elle finit quand même par me toucher et je reste.

Audrey : Constance est très dans le contrôle de sa vie alors que Caroline est sans filtre. C’est ce qui fait qu’il y a un énorme décalage.

 

 

Même si ce n’est pas évident à dire avant d’avoir rencontré le public, selon vous, qu’est-ce qui, dans ce spectacle, pourra attirer les spectateurs ?

Marie-Cécile : ToutJ. C’est une comédie dans laquelle nous avons mis beaucoup de cœur. Nous sommes trois auteurs et metteurs en scène, Sanaka, Audrey Boulay et moi-même. On a eu cette idée il y a quatre ans, alors que l’on travaillait sur d’autres projets ensemble. Entre temps, chacun a continué ses activités mais l’idée est toujours restée dans nos têtes. Il y a un an et demi, on s’est retrouvés et on s’est dit que c’était le moment de se lancer. On a beaucoup rit en l’écrivant, on a beaucoup ri avec les comédiennes aussi en répétitions, elles sont très drôles et très douées. C’est une pièce légère, comique, je pense que tout le monde a besoin de cela en ce moment. Raison de plus pour venir, on ne sait pas combien de temps ça va durer donc il faut venir maintenant. Venez au théâtre, vraiment, c’est très très important. Les règles sanitaires sont très bien respectées, c’est important pour nous que vous vous sentiez bien.

Les gens de cinquante ans pourraient se dire qu’un enterrement de vie de jeune fille ne les touchera pas forcément. Mais, en fait, c’est vraiment un prétexte à tout ce qui va se passer. Il y a un rapport humain, une histoire d’amitié et tout ce qui se passe d’autre, que l’on ne peut pas révéler.

Audrey : L’enterrement de vie de jeune fille est le point de départ d’une belle histoire d’amitié. On verra ce qui va changer dans chacune de leurs vies suite à cette rencontre.

Sheraze : Finalement, on a tous connu, à un moment donné, un rapprochement totalement inattendu de deux personnes à l’antipode l’une de l’autre. Même si ce n’était pas du tout une Caroline ou une Constance. On a tous croisés des gens sur lesquels on n’aurait pas du tout pariés au début. Finalement, quelques années après, ces personnes sont devenues nos meilleurs potes.

Au final, dans cette pièce, leur rencontre a eu lieu. Il y a d’abord l’exposition et le contraste qui sont intéressants et étonnants. Puis on voit comment la bascule se crée, avec un réel point de rencontre entre les deux. Même si on est dans du théâtre léger, dans de la comédie, que l’on est des stéréotypes, j’insiste bien, pas des caricatures mais des stéréotypes de deux personnalités, on a tous vécu cela plus ou moins.

 

 

Marie-Cécile : C’est comme pour les histoires de couple, qui démarrent sur un accident de voiture. Au départ, les deux se détestent, font un constat et, trois ans après, sont mariés et ont des enfants.

Sheraze : C’est en cela que les gens aussi peuvent s’identifier. Ils ont tous rencontré une Caroline, ils en connaissent. Ils peuvent aussi s’identifier à une Constance, plus terre-à-terre. Ça peut être sympa pour les spectateurs.

Marie-Cécile : Ça se passe lors d’une soirée d’enterrement de vie de jeune fille mais ce n’est qu’un contexte qui amène beaucoup de situations et le comique de cette pièce. En effet, il y a le côté festif qui rajoute du contraste entre les deux mais, surtout, qui ajoute plein de situations, de jeu, de musique. Ce n’est qu’un prétexte à ce qui va se passer entre elles et à toutes les situations qu’elles vont devoir vivre et affronter ensemble.

A quelques heures de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? On peut imaginer l’impatience de retrouver le public après la période que l’on vient de traverser ?

Audrey : On avait déjà fait un showcase début mars, quinze jours avant le confinement. On avait pu goûter un peu, une fois, à la rencontre avec le public, ça s’était super bien passé. Tout le monde rigolait, on avait passé un super moment. J’ai hâte que l’on y retourne et que l’on se marre avec les gens.

Marie-Cécile : On a envie d’une parenthèse sympathique, d’un bon moment.

Sheraze : Comme dit Audrey, on a créé les personnages avec l’équipe, ils nous ont dirigés, la pièce est née en répétitions, on a accouché en faisant le showcase début mars et puis…plus rien. En tant que comédiennes, on n’est pas montées sur scène depuis six mois. Il y a une double excitation, de cette pièce, de la présenter, qu’elle vive enfin, qu’elle existe, qu’elle se joue et aussi, pour nous, de refouler le plateau, de rencontrer le public. C’est une excitation mais, personnellement, j’avoue que j’appréhende aussi un peu. Ça fait longtemps que l’on n’a pas joué…

Marie-Cécile : C’est un retour à l’adrénaline des débuts. On est comédiennes, on a la chance de jouer très régulièrement à Paris, on n’a jamais connu une telle trêve…Une pause comme cela rappelle les débuts mais c’est du bon stress. On est comme un lion en cage, on n’a qu’une envie, c’est d’y aller, avec un peu les chocottes quand même.

Sheraze : Lorsque l’on a été recontactées pour nous annoncer que le théâtre du Passage vers les étoiles était intéressé par la pièce, je disais aux filles, en rigolant, sur le groupe WhatsApp, que j’avais oublié que je suis comédienne. On avait vraiment l’impression que l’on n’allait plus remonter sur scène, que notre métier n’existait plus.

Marie-Cécile : Ça fait un mois que l’on répète et que l’on en profite pour modifier des choses suite au showcase. Rien que de revenir dans un théâtre, de rejouer, d’être en répétition, de retrouver la scène, c’est déjà quelque chose de fou pour nous. Donc on n’a plus qu’une hâte, c’est que la salle soit remplie pour pouvoir partager cela avec tout le monde.

 

 

Justement, peut-on rappeler les jours et horaires des représentations ?

Marie-Cécile : C’est tous les vendredis, samedis et dimanches, au théâtre le Passage vers les étoiles, aux horaires suivants : 20h le vendredi, 18h le samedi, 16h 15 le dimanche. Toutes les informations et dates sont disponibles sur les sites habituels de réservation.

J’insiste, on l’a dit, nous respectons pleinement les règles sanitaires imposées.

Audrey : Il y a la distanciation dans le public mais on a même dû réadapter la mise en scène pour respecter les mesures avec le premier rang. Les interactions que l’on pouvait avoir avec le public sont différentes maintenant, tout a été adapté pour que chacun se sente en sécurité.

Marie-Cécile : Avec les filles, on a dû adapter, en effet, des passages où on prenait quelqu’un à partie. Comme on ne peut plus approcher les gens, on a fait des modifications mais qui n’enlèvent rien à l’interaction avec le public, c’est juste que, pour eux et pour nous, il faut respecter la sécurité. Il y a des pots de gel à l’entrée, tout le monde est masqué et les groupes sont séparés dans la salle.

Sheraze : C’est plus distancié que dans un avion et un train, ça dure moins longtemps et, en plus, on se marreJ. On rigole pendant une heure dix, sans être collé à son voisin.

En conclusion, que peut-on vous souhaiter à l’aube de cette nouvelle aventure théâtrale ?

Sheraze : Que ça marche !

Audrey : Pour l’instant, on commence dans la petite salle. Que l’on aille dans la grande…

Marie-Cécile : Oui, c’est ça. Ils ont deux salles en fait, suivant le nombre de réservations. La nôtre a 80 places et une autre de 200 existe aussi. J’ai joué ici il y a six ans, j’avais commencé dans cette salle et, très rapidement, on était descendus dans la grande salle. C’est ce que l’on souhaite : qu’il y ait un maximum de gens qui puissent venir rire avec nous, découvrir ce spectacle et que le public s’éclate autant que les comédiennes sur scène.

Merci à toutes les trois pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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