Koh Lanta : Samuel évoque son aventure aux Fidji !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : Laurent Vu/ ALP /TF1

 

Bonjour Samuel,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

L’épisode de « Koh Lanta » diffusé vendredi dernier a été le théâtre de votre départ, pour raisons médicales. A titre personnel, comment avez-vous vécu la diffusion de ces images ? Ont-elles ravivé en vous certains souvenirs ?

Oui, oui, évidemment, même si ça fait dix à onze mois que l’on avait fini de tourner. J’avais, on va dire, digéré un petit peu ce qui m’est arrivé mais c’est vrai que le fait de le revoir en live a été extrêmement compliqué, je ne vais pas mentir. Beaucoup de frustration, en fait, est revenue. Quand tu te blesses de l’intérieur comme ça et que tu ne vois pas trop l’avancée des autres équipes, ce qui va se passer juste après,… tu n’arrives pas vraiment à contextualiser l’ensemble. Donc c’est douloureux, c’est difficile mais, de toute façon, je ne pouvais pas aller plus loin. Je n’ai malheureusement pas eu trop le choix. C’est vrai que quand tu replaces les choses dans le contexte, au fur et à mesure des épisodes, que tu voies l’avant et que tu voies l’après, notamment dans la fin du troisième épisode, dans le quatrième et dans ce qui va se passer là dans le prochain, c’est toujours très rageant. Au fond de moi, je ne peux pas  m’empêcher de me dire qu’il y avait de la place.

J’ai eu une carrière quand même assez riche dans l’armée, une carrière sportive aussi très intense, je n’ai jamais eu de blessure de ce type, qui m’a contraint à l’abandon. C’est un mot que je ne connais pas. A 40 ans, je me suis relancé avec cette aventure : j’avais fait beaucoup d’autres aventures et ça me relançait après quatre à cinq ans de vie parisienne un peu plus calme et une vie de papa, donc oui, c’est très très frustrant.

Quelques mois plus tard, physiquement parlant, comment allez-vous ?

C’est encore un peu, on va dire, fragile. Pour être honnête, j’arrive à recourir normalement mais calmement. Je ne fais pas de séance de vitesse,  je ne peux pas faire ni de sprint, ni de côté appuyée, j’arrive à refaire de petits footings depuis un bon mois et demi. Donc, finalement, c’est quand même très récent.

Sur le camp violet, on a vu, au travers des images, que vous aviez repoussé autant que possible l’échéance de l’appel au médecin. Tout comme d’ailleurs à l’infirmerie, comme l’a rappelé Denis.

C’est vrai que je n’ai pas vraiment de notion, pour être honnête, de combien de temps je suis resté à l’infirmerie. Le fait que l’on soit dans une espèce de cabane, à l’abri des regards, à l’abri aussi de nos regards, ne pouvant pas voir ce qui se passe dehors, me donne du mal à savoir combien de temps exactement je suis resté. C’était un peu long, ça je le sais, mais je n’ai aucune idée du temps exact.

Quand tu es sportif, tu te connais vraiment par cœur et tu sais les douleurs qui sont musculaires, presque normales, et qui passeront vites. Et tu sais faire la différence avec une douleur qui est grave. Pour le coup, quand je me suis blessé sous l’eau, au jeu des pierres, c’est là où j’ai vraiment ressenti l’arc au niveau du tendon qui se déchirait. Je savais que ça allait être une blessure grave. J’ai décidé, du coup, de repousser l’échéance pour deux raisons. La première étant que je n’avais pas envie de partir, il faut être honnête. On se dit toujours que ça va peut-être passer, que l’on se trompe peut-être. Au fur et à mesure, j’ai bien vu que je ne me trompais pas. La deuxième étant pour mon équipe, parce que, déjà que l’on n’était pas super brillants quand j’étais là, sans vouloir être présomptueux, j’avais tout pour croire qu’ils seraient encore moins brillants si je n’étais plus là. Parce que, physiquement, c’est un peu moi qui donnais l’impulsion. Même s’il y a des gens de qualité dedans, c’est vrai que le physique m’appartenait un petit peu. J’étais un peu devenu, sans me la raconter, le leader naturel de cette équipe.

Plus généralement, comment se sont passés vos premiers jours d’aventure ?

Honnêtement, ça s’est plutôt bien passé, mis à part le phénomène météo mais qui est valable pour tout le monde. Où, vraiment, il a fait un temps de « merde ». Moi qui connais bien ce genre d’aventure, ce genre de choses, moi qui dors presque mieux dehors que dedans, c’est vrai que ça me touche généralement peu. Là, honnêtement, sous ce genre de climat, s’attendre à ce qu’il pleuve, à ce qu’il fasse froid comme il a fait froid, c’est compliqué quand même.

L’arrivée n’a pas été géniale géniale. Je pense que, comme beaucoup de gens, je ne connaissais pas le jeu face aux caméras, le fait d’être filmé sans arrêt, c’est vrai qu’il y a une certaine appréhension de cela, une certaine pression que l’on se met peut-être. Donc j’étais plutôt en round d’observation, d’ailleurs ça se voit, je suis plutôt observateur qu’acteur, on va dire que je suis plutôt discret.

En revanche, après, honnêtement, oui ok, je suis du Sud mais j’habite à Paris depuis quatre ans, donc c’est vrai que, au départ, j’étais un peu perturbé, sur le moment, par le fait d’être dans l’équipe du Nord, plutôt que dans l’équipe du Sud. Mais cela est anecdotique. A l’instar de tous les footballeurs ou tous les sportifs pros qui jouent dans des sports co, à partir du moment où l’on te dit que tu appartiens à cette équipe-là, voilà, le but est de défendre ses couleurs. Donc ça ne me posait aucun problème. En revanche, ce qui m’a un peu plus perturbé, c’est le fait que je pensais vraiment que, au départ, on allait créer un groupe très solide, avec une cohésion très forte. C’est vrai que je me suis appliqué justement à essayer de créer cette cohésion parce que je pense que l’on ne peut aller au combat qu’en étant dans cet état-là. Si on n’a pas peur les uns pour les autres et que l’on ne se défend pas les uns les autres, malheureusement, on ne se donne pas à 100% et on a vu ce que ça fait. Même si je pense que l’on était moins forts… Ce qui m’a un tout petit peu gêné au début, c’est de voir qu’Adrien commençait à faire des stratégies d’entrée de jeu. Malheureusement, je savais que ça allait nous puiser d’entrée de jeu et le problème était que, en plus de se battre contre les autres pendant les épreuves, il fallait limite que l’on commence à gérer des batailles aussi chez nous. Ce n’était pas le début d’aventure auquel je m’attendais.

Comment occupiez-vous vos journées sur le camp ? Quelles étaient vos principales activités ?

Pour être honnête, j’étais un peu le Robinson Crusoé, c’est-à-dire que mon job était d’apporter du confort à mon équipe. Sur le premier jeu d’immunité, où je prends la responsabilité de prendre la dernière partie, qui est la plus dure (mais c’est moi qui me plante car je pars deuxième et que je finis dernier), je m’excuse auprès de mes camarades de ma performance. On sait que l’on va au conseil, pour être honnête encore une fois, je pense que je savais que je n’étais pas en danger mais j’ai refusé d’aller chercher un collier d’immunité. Tout le monde a passé sa journée à aller en chercher un et je trouve cela très normal, il n’y a pas de jugement à ce sujet. En revanche, mon but était plutôt d’apporter du confort à mon groupe. Mon truc était plutôt de construire la cabane. C’est vrai que l’on prenait tellement d’eau sur la tête tous les soirs que, du coup, il fallait absolument que l’on arrive à dormir presque convenablement. Du coup, j’ai passé mes journées, pendant mes sept jours, à construire la cabane, à essayer de l’améliorer. Aussi à essayer de trouver à manger. On n’a pas eu trop de chance dans notre coin, on n’a pas trouvé autre chose que de la coco et de la canne à sucre. Mes journées étaient rythmées par cela, en sachant que, chaque jour, il y a un jeu, qui prend déjà une bonne partie du temps. Vu que l’on ne dormait pas la nuit, il fallait bien aussi que l’on se repose le jour. Ce que l’on faisait un petit peu.

Quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?

Déjà, le fait d’arriver le premier jour, d’aller rejoindre Denis avec les trois autres équipes. On arrive sur la plage, on comprend que l’aventure commence, on arrive dans ce décor de rêve. Il y a tout un mur de caméras devant nous. C’est vrai que c’est un moment hyper fort, en termes d’émotions. Je vie pour cela, je vie pour des émotions et c’est vrai que, pour le coup, ce sont vraiment des émotions fortes. Après, je ne sais pas s’il y a un moment particulier… J’adorais mes moments à moi, qui me permettaient de me ressourcer un peu, de justement relativiser, de rester un peu zen, dans un contexte qui n’était pas forcément très favorable pour nous. C’étaient les couchers de soleil sur l’eau et c’est vrai que c’était top. Autant, la nuit, il faisait un temps pourri, autant on a eu quand même beaucoup de chance avec les couchers de soleil qui étaient sublimes. Je suis quelqu’un de la nature, j’adore cela et me retrouver au milieu de nulle part, au milieu de la jungle était parfait. Quand on cherchait à manger et que l’on partait avec les uns ou les autres, que l’on discutait, en avançant, avec une machette à la main, au milieu de la jungle, ce sont des moments qui sont pour moi hyper importants et hyper forts. C’est ce que j’aime.

Etes-vous resté en contact avec certains camarades d’aventure, de votre équipe ou des autres ?

Oui, oui, bien sûr. Pour être honnête, il m’a fallu un peu de temps pour me remettre en contact avec eux. Parce que j’avais besoin de digérer, parce que j’étais aussi dans une période de ma vie, même quand je suis parti à « Koh Lanta », qui était complexe (ceci peut-être explique aussi la blessure, je n’en sais rien et je ne le saurai jamais). Depuis, je suis en contact effectivement avec d’autres aventuriers. De mon équipe, beaucoup avec Lola parce que c’est une fille que j’ai appréciée sur le camp, tout comme j’ai apprécié Angélique, on était souvent ensemble tous les trois. On est très en contact.

Après, je suis aussi très en contact avec Mathieu, avec Dorian, les compétiteurs. C’est vrai que, finalement, quand on arrive sur les épreuves, et que l’on a fait beaucoup de compétitions, on sait en fait plus ou moins qui est qui dans les équipes. Du coup, c’est vrai que, même si on n’avait pas le droit de se parler, on s’est reconnus un peu comme compétiteurs. Je pense que l’on avait tous hâte de se retrouver ensuite. Parce que « Koh Lanta », c’est « Koh Lanta » mais, dans la vie, on est quand même les mêmes. On reste quand même des compétiteurs, on a pas mal d’atomes crochus donc, oui, je passe pas mal de temps avec eux par téléphone. Avec Alix aussi, pour les mêmes raisons.

Malheureusement, on a dû aussi être là les uns pour les autres et surtout moi pour les autres car je le connaissais moins, suite au décès de Beka. C’est forcément quelque chose qui rapproche puisque l’on avait besoin d’être solidaires. Certains de mes camarades étaient extrêmement proches de Beka et, du coup, je pense que mon rôle était aussi d’être là pour eux.

Merci, Samuel, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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