France Télévisions : Thomas Voeckler dresse le bilan des deux premières semaines du Tour de France !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Thomas,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le Tour vient de boucler en beauté sa deuxième semaine. En tant qu’ancien coureur, que passionné de vélo et que suiveur du tour, on peut imaginer la joie et peut-être le soulagement de voir que l’épreuve se déroule, pour le moment, normalement, malgré le contexte sanitaire que l’on connait tous ?

C’est clair. Je crois que l’on peut même enlever dans la question « en tant qu’ancien coureur et passionné de vélo ». Je crois que le Tour de France est un événement universel, qui rassemble tout le monde, pas seulement les amateurs de sport, ça fait partie du patrimoine français. Donc, oui, on est tous soulagés, vraiment, que tout se passe bien.

Il faut bien rappeler que c’est le seul événement d’envergure organisé cette année. On le sait, dans l’ordre, il y a les JO puis la Coupe du Monde de foot et, ensuite, le Tour de France.

En tant que consultant dans la roue généralement des échappés, peut-on dire, du coup, que, sur la route, votre travail est le même que traditionnellement ?

Pour moi, ça ne change rien, très franchement. Sauf qu’il y a des mesures de distanciation, qui sont bien compréhensibles, au départ. Je dois rejoindre ma moto avec, en même temps, pour ma casquette de manager de l’équipe de France, la possibilité de parler avec les coureurs, les entraîneurs, les managers. C’est là la seule chose qui change pour moi. De ce que je vois sur la route, il y a dès fois moins de public, quoi que certains jours ont été de vraies journées de Tour de France.

Ça ne change rien, c’est le Tour, je vous avoue même que ça me fait tout bizarre de me dire que, quand le Tour sera fini, il n’y aura pas un mois de vacances après ni la rentrée des enfants ensuite. Tout cela est déjà fait, c’est particulier mais, sinon, ça ne change rien du tout.

A titre plus personnel, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont de l’étape du jour ?

Très franchement, je travaille très peu, je n’ai pas honte de le dire. C’est aussi parce que je suis sur la moto. Je rappelle que je n’ai pas d’image. Mon travail n’est pas de reconnaître les coureurs à la seconde, je sais que je peux compter sur Marion, Laurent et Alexandre. C’est plus de ressentir la course à l’instant T. Donc je fais très peu de travail en amont. Il est clair que, lorsque l’on est en cabine, qu’il faut reconnaître les coureurs et que l’on a la parole 90% du temps, le travail est différent. Ce n’est pas que je suis fainéant, j’ai pris le parti de ne pas trop calculer et justement de laisser parler mon naturel.

Quel regard portez-vous justement sur ces deux premières semaines ?

Il y a deux façons de les voir. La première, on va commencer par la mauvaise nouvelle, est liée aux français. Entre Thibaut Pinot et Romain Bardet, tout le monde est déçu et dégouté. N’oublions pas que les français ont gagné, notamment Julian, qui a porté le maillot jaune, Nans Peters qui a gagné une magnifique étape. On en parle moins parce qu’il y a de la bagarre pour le général. Sinon, la deuxième, d’un point du vue global, on s’attendait à un duel Jumbo Visma vs Ineos Grenadier, force est de constater qu’il n’y a pas de duel. Il y a une équipe au-dessus du lot avec un coureur peut-être au-dessus du lot aussi, mais avec une concurrence de Pogacar, son rival le plus sérieux. Après, attention, en vélo, il peut y avoir des chutes, des méformes, des maladies, des stratégies. Mais, contrairement à ce que l’on pensait, il n’y a pas deux équipes au-dessus du lot, il y en a une.

En tant qu’amoureux du vélo, un moment en particulier vous a-t-il marqué lors de ces deux premières semaines ?

Très franchement, la victoire de Marc Hirschi. J’ai trouvé cela très beau. Il avait essayé plusieurs fois depuis le début du Tour et, pour avoir la chance d’être au plus près des coureurs notamment après la course, au niveau du protocole, avec France Télévisions, que ce soit Nicolas Geay ou Rodolphe Gaudin, son émotion ce jour-là a été communicative. Ça m’a vraiment touché la façon dont il était heureux et dont il appréciait cette victoire.

A quoi peut-on s’attendre pour la dernière semaine ?

Que la domination des Jumbo Visma continue. Après, on peut s’attendre aussi à un sursaut d’orgueil de Thibaut parce qu’il en a, il a les moyens physiques, il est handicapé au dos mais, si ça se règle, il peut aller chercher une étape. On peut voir un maillot à pois avec Pierre Rolland ou avec Guillaume Martin qui, maintenant, est plus loin au général. On peut voir un Pogacar surclasser son ainé et compatriote.

Merci, Thomas, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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