Dominique Grimault évoque "L'Equipe d'Estelle" et fait un tour d'horizon du début du championnat de Ligue 1 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Dominique,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut vous retrouver régulièrement, sur la chaine L’Equipe, dans « L’Equipe d’Estelle ». On imagine le plaisir et la joie pour vous d’être entouré de cette belle bande ?

Oui, bien sûr. Ça vient comme une continuité de la carrière que j’ai entamée il y a bientôt cinquante ans. Surtout, si je réponds à l’invitation, c’est parce qu’Estelle est présentatrice de l’émission. Avec elle, au fil du temps, j’ai tissé des liens d’amitié très forts, depuis quinze ans maintenant, quand on a débuté « 100% Foot » sur M6.

En amont du programme, avez-vous une méthodologie particulière de préparation, en fonction des thèmes et thématiques prévus à l’image ?

Oui, dès lors que le rédacteur en chef établit un programme, avec des questions qui sont soulevées au grès de l’actualité, je fais en sorte de répondre en fonction de mes humeurs, de mes « connaissances », de mon expérience. L’émission est en direct mais nous la préparons évidemment un peu en amont.

La fidélité des téléspectateurs ne se dément pas et ne cesse de grandir. Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles sont les principales clés du succès de ce programme ?

Je crois que c’est une question de fidélité. Je crois qu’une émission de télévision réussie, comme une émission de radio, c’est un casting. Dès lors qu’il est réussi, dès lors que l’on sent un fil d’amitié et d’affection entre les participants, je pense que le téléspectateur, quel qu’il soit, le ressent et revient quasi systématiquement devant le programme, dès lors qu’il peut regarder l’émission qui commence à la fois tardivement et de manière un peu précoce dans la soirée. Puisque, à 17h 30, chacun travaille encore. Notre courbe monte progressivement, on peut commencer parfois à 30 000 téléspectateurs, pour finir à 500 000, en fonction aussi des heures. Le téléspectateur est forcément plus réceptif à 19h, puisqu’il est disponible, qu’il ne l’est à 17h 30. Donc ce qui est intéressant, ce sont aussi les courbes. On ne part pas à 300 000 pour finir à 50 000, on fait le contraire.

Plus généralement, le championnat de France de Ligue 1 a redémarré depuis un mois maintenant, avec les perturbations que l’on connait. Quel regard portez-vous sur ce début de saison ? Les performances rennaise et stéphanoise peuvent-elles durer ?

Je pense que les performances rennaises dureront plus que celles des stéphanois. Mais ce qui est indéniable, c’est que les deux défaites initiales du Psg ont « relancé » notre championnat. On a l’impression, en ce début de saison, que le championnat est un peu plus équilibré, encore que l’on a vu, avec le match du Psg face à Nice, que l’issue était déjà dores et déjà connue et que les parisiens seront à nouveau champions.

Il est toujours très sympa de voir des équipes émerger ou ré émerger, comme Saint-Etienne. Rennes et Lille sont des clubs qui se sont stabilisés et qui travaillent bien. On voit effectivement des résultats qui sont prometteurs. Pour le reste, on ne va pas faire semblant de croire que le Psg peut être battu au final, non, le Psg sera champion et, après, on s’intéressera comme d’habitude aux places d’honneur, en sachant qu’il faudra attendre les coupes européennes pour savoir exactement où en sont les meilleurs clubs français. Ce sera un test de vérité, il viendra très vite avec la Ligue des Champions et la Ligue Europa.

 

 

Les deux Olympiques, Lyonnais et Marseillais, quant à eux, démarrent poussivement, avec des hauts et de bas. A quoi peut-on s’attendre pour leurs saisons respectives ?

Je pense que l’OL, à condition de gérer son effectif d’ici au 5 octobre, date de fin du mercato, à condition de garder quelques-uns de ses meilleurs joueurs, finira par se stabiliser dans le haut du classement. Pour viser ce qui est l’objectif de l’année, c’est-à-dire une place sur le podium, une qualification pour la Ligue des Champions la saison prochaine. Je le crois vraiment, bien que Rudi Garcia n’ait pas montré par le passé que la deuxième saison qu’il effectue avec ces clubs soit la plus bénéfique.

Quant à l’OM, je suis personnellement un peu inquiet. Je trouve qu’il y a une profondeur de banc qui n’est pas suffisante, je trouve qu’il y a des joueurs qui sont en deçà de leur valeur intrinsèque, je pense au milieu de terrain notamment, Rongier et Sanson. L’attaque ne vaut que par Payet et surtout Thauvin. Ils recherchent un numéro 9 qu’ils n’ont toujours pas trouvé. Par ailleurs, l’OM est engagée en Ligue des Champions et on sait que, sur la durée, cette compétition use les organismes, les gomme et que l’OM peut perdre des points en route. Un peu comme Lyon la saison dernière, quand bien même le club est arrivé en demi-finale.

Donc je suis plus optimiste pour l’OL que pour l’OM, à moins que l’OM, d’ici le 5, ne se renforce avec deux à trois éléments forts derrière et devant, voire au milieu. Pour le moment, je me pose des questions, beaucoup, sur l’OM.

A quelques jours de la fin du mercato, vous attendez-vous à une fin très agitée ?

En règle générale, ça s’accélère beaucoup dans les derniers jours. Le problème est que les prix grimpent, qu’ils montent. Quand on n’a pas fait de bonne affaire au début du mercato, c’est toujours très difficile de la faire dans les derniers jours. Il y a une surenchère, il y a une compétition entre tous les clubs et les meilleurs joueurs sont déjà en place. On peut avoir de bonnes mais surtout de très mauvaises surprises. On parlait de l’OM juste avant, souvenez-vous de Mitroglou il y a deux ou trois ans. Il a été une très mauvaise surprise pour l’OM et il y en a d’autres dans ce cas. On joue un peu à pile ou face sur les derniers jours et c’est toujours un peu dangereux pour les clubs.

Pour terminer, pensez-vous que l’absence totale ou partielle de supporters impacte réellement certains clubs, à domicile notamment ?

Oui, cela va impacter en priorité l’Olympique de Marseille. Il est clair que si l’OM avait joué ses derniers matchs dans un Vélodrome plein, quand bien même un public n’a jamais marqué un but, l’équipe aurait eu un atout évident et très fort en plus. Pour le reste, oui, c’est forcément un peu impactant. Une fois de plus, quand on est une équipe solide, bien structurée, qui maitrise son sujet, ce n’est pas le public qui fait les résultats.

Donc, à mon avis, ça va impacter davantage des clubs comme l’OM que des clubs comme le Psg, comme Rennes, comme Lille, qui me paraissent être mieux en place que la plupart. Mais bon, c’est vrai que c’est gênant aussi pour le spectacle en général, c’est une évidence. Il y a des astuces pour que l’ambiance puisse être maintenue avec des enregistrements, des audios, mais ce n’est pas du tout le même sel que lorsque les stades sont pleins. D’un autre côté, on a aussi vu en Ligue des Champions, avec le tour final, que l’on peut jouer également sans public sans que ça n’affecte les grosses équipes. En fait, ce sont celles sur un fil, qui ne sont pas parfaitement structurées, maitrisées ou équilibrées, que le manque de public affecte en priorité.

Merci, Dominique, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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