Un Si Grand Soleil : Bertrand Farge évoque avec passion la série à succès de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Bertrand,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil » souffle actuellement sa deuxième bougie. Vous êtes présent depuis le début de cette belle aventure et on peut imaginer la fierté, la joie que vous procure la fidélité des téléspectateurs ?

Oui, surtout que depuis le déconfinement, on a constaté que l’on avait vraiment manqué au public parce que les audiences sont assez incroyables. Même au cœur de l’été, même un 15 août, plus de 3 millions de spectateurs, sans compter ceux qui regardent la série en Replay, c’est tout à fait étonnant.  Je crois aussi que USGS a réussi à convaincre pas mal de gens qui ne regardaient pas forcément les quotidiennes, avant, et qui sont séduits par sa qualité, jour après jour… (j’ai pas mal d’amis qui ont commencé à la regarder - parce que j’y étais au début… ! -  et qui sont aujourd’hui devenus accros à USGS parce qu’ils apprécient la qualité des intrigues, celle de la réalisation, de l’interprétation etc…. avec des séquences, une atmosphère qui se rapprochent plus du cinéma que  d’une ‘quotidienne’). Et je pense notamment à l’épisode récent du jour du confinement, et de la mort d’Hugues où j’avais l’impression d’être dans un pur thriller, même s’il ne durait que 20 minutes.

D’une manière générale, il y a dans USGS, une attention particulière portée à chaque plan, à l’image, à la lumière….. Il n’y a pas de compromis là-dessus, bien qu’il faille tourner vite. Les ‘préparations’ des équipes permettent sans doute ce résultat à l’écran assez unique dans ce genre.

Bien sûr, je suis heureux et très fier d’être dans cette aventure depuis le début et d’autant plus aujourd’hui, dans cette période si particulière où notre milieu professionnel a aussi pris de plein fouet  la crise sanitaire (annulation des festivals, tournées). J’étais sur des projets de théâtre que je pouvais mener de front avec mon rôle de Victor, tout a été annulé ou reporté… Jusqu’à quand ? On ne sait pas encore. Donc non seulement je suis fier d’être dans cette série, mais, par ces temps si étranges et incertains, c’est aussi un vrai privilège de tourner, de travailler, et on le sait tous.

Après ces deux premières années, quel regard portez-vous à présent sur Victor, votre personnage ?

Mon personnage a été pas mal secoué, par le départ de sa femme, par celui de son petit-fils, auquel mon personnage était très attaché. On s’est retrouvés avec Mélanie (ma ‘fille’, Claire), à se serrer les coudes, dans un univers familial un peu éclaté….Mais les scénaristes avaient eu la bonne idée de me faire rencontrer ‘Adèle’ et de développer notre histoire jusqu’à la naissance d’un petit Olivier... Et il y a quelques mois, j’ai eu l’agréable surprise de lire que mon personnage, un peu solitaire dans son oliveraie, allait reprendre la paillote, abandonnée par ‘Virgile’ et se retrouver dans un nouveau lien social avec d’autres personnages, de nouveaux partenaires avec qui je n’avais jamais joué, dans une toute nouvelle ambiance, et c’est un plaisir…. Les auteurs ont fait ‘bouger’ le personnage et j’en suis très heureux. (Il y a plus désagréable comme décor et comme travail que celui de tenir une paillote sur une plage méditerranéenne…)

Il y a toujours eu une très bonne ‘atmosphère’ sur les plateaux, une vraie attention humaine, et une bienveillance particulière entre nous tous (comédiens, réalisateurs, techniciens) et je suis vraiment très sensible à ce climat de confiance qui se confirme mois après mois.

On vient d’horizons très différents, tout le monde arrive à travailler ensemble, on fait attention les uns aux autres. A ce niveau-là, sur cette durée-là, c’est plutôt rare. Et ces qualités persévèrent et se consolident….

Maintenant, que va-t-il se passer à la paillote ? Peut-être quelque chose dans les jours qui viennent ? Mon personnage va peut-être se retrouver au centre d’une problématique liée à ce que l’on vit aussi dans la vraie vie…. mais je ne peux pas en dire plus….

 

 

Concernant le personnage de Victor, quelles sont vos sources d’inspiration pour son interprétation ?

Je crois que j’ai déjà vécu et traversé tous les ‘sentiments’ de mon personnage dans des pièces de théâtre ou à la télévision, mais jamais dans la durée et la continuité comme maintenant… Victor s’est construit semaines après semaines… je commence à bien le connaître, et j’essaie de le faire évoluer par petites touches, en gardant ses grands traits de caractères (qui sont aussi un repère pour le public) sans routine, et là, ’l’écriture’ m’aide bien. Pour ‘nourrir’ mon personnage, plutôt droit, et aujourd’hui apaisé, qui n’est pas – en ce moment – au cœur d’intrigues policières,  les scénaristes ont creusé autour de la vie privée de cet homme (la séparation d’avec sa femme, les retrouvailles avec sa fille ‘perdue’, la rencontre avec son amante, l’arrivée d’un enfant imprévu,  ses doutes et ses désirs….) tout cela sur des semaines et des mois. Certains événements que peut-être un homme de mon âge a sans doute déjà traversés 😊….Et qui nourrissent aujourd’hui Victor.

C’est mon 1e rôle de grand-père….Des médecins, juges, flics, et des pères, j’en ai faits,  mais des grands-pères, des oléiculteurs, des directeurs de paillote jamais. Donc, là aussi, c’est nouveau….( à défaut de tout connaître sur les olives, il faut au moins apprendre les gestes…).

Victor a pu tromper sa femme, ou se tromper, refuser la grossesse d’Adèle, puis l’accepter, mentir un peu pour ‘arranger’ sa vie, c’est un homme qui, je crois, finit toujours par assumer ses actes, c’est un peu, je pense, la couleur de mon personnage, et il est fondamentalement honnête, jusqu’à preuve du contraire !

Sur une quotidienne, le rythme de tournage est soutenu, avec un épisode par jour. Vos nombreuses expériences précédentes vous aident sans doute à appréhender cela ?

Oui, oui, bien sûr. Je ne suis pas un lapin de six semaines….J’avais déjà fait pas mal de séries, de fictions, et je connaissais un peu ce type de travail. J’essaie d’apprendre les textes bien en amont, puis je les laisse maturer. Si je sens que l’on peut trouver un enjeu au-delà de l’écriture, je le défends ou le propose pour ‘booster’ un peu plus encore la scène. Aujourd’hui l’écriture est de plus en plus proche de nous, les scénaristes commencent vraiment à bien nous connaître.

Et puis c’est ce que je disais tout à l’heure,  il faut se faire confiance, faire confiance aux réalisateurs, à nos partenaires, et aussi confiance aux coachs qui sont là pour nous aider à trouver certaines couleurs, des variations, des précisions aux enjeux que nous n’avons peut-être pas toujours en tête, lorsque nous tournons en ‘cross boarding’ (dans le désordre, en fonction des décors)

C’est un travail d’équipe, et je le connais bien parce que je viens du théâtre. Je me suis fait à cette rapidité, en interaction constante avec toutes les personnes qui sont sur le plateau… Je retrouve un peu le côté tribal du théâtre, son plaisir, sa discipline aussi, et ça j’apprécie vraiment.  

 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle et grande aventure de « Un Si Grand Soleil » ?

La suite est encore un secret, détenu par les auteurs. Et je suis comme un enfant, j’attends avec impatience d’ouvrir les cadeaux….de découvrir les textes. J’espère, comme tous les comédiens de la série, les inspirer suffisamment pour que mon personnage continue d’évoluer…Mais ça, c’est vraiment la surprise des ‘chefs’ (Les auteurs). J’ai aussi quelques idées, sont-elles celles des auteurs ? Peut-être … C’est leur travail, ne mélangeons pas tout, nous devons nous concentrer sur nos textes à apprendre, nos personnages à défendre. Gabin disait qu’un comédien devait arriver sur un plateau : « Tête faite, texte su », et c’est ce que je m’applique à faire….

Merci, Bertrand, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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