N'oubliez pas les paroles : Elodie évoque le tournoi des maestros, actuellement diffusé sur France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elodie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous participez, en ce moment, chaque samedi soir, en prime, à une nouvelle édition du tournoi des Maestros de « N’oubliez pas les paroles », sur France 2. On imagine le plaisir que ce doit être, pour vous, à chaque fois, de revenir ?

Oh oui ! Chaque année et chaque retrouvaille sont un plaisir, c’est l’occasion de retrouver les anciens et de découvrir les nouveaux. Bien que cette année ait été un peu particulière en termes de retrouvailles avec la distanciation sociale et le protocole sanitaire mis en place. Je suis quelqu’un d’ordinaire très tactile, j’aime serrer mes amis dans mes bras et, là, ça a été très très frustrant de pouvoir démontrer cette joie de les retrouver que par les yeux. Mais, voilà, c’est toujours un réel plaisir de retrouver mes camarades parce que de belles amitiés nous lient.

D’autant plus que, cette année, vous bénéficiez d’un positif concours de circonstances pour être présente…

Cette histoire est complètement inespérée. En toute honnêteté, depuis le mois de septembre, c’est-à-dire depuis mes dernières diffusions des masters, où j’étais déjà 16è sur 16, je m’étais bien préparée à ce que ce soit mes derniers. Finalement, je me suis faite doubler assez tardivement, ce n’est arrivé qu’en janvier avec Margaux. Mais je l’ai très bien vécu. Il y a eu ensuite trois nouvelles entrées dans le classement, dont la dernière étant Maureen. En étant 20è, je me faisais très très peu d’illusions sur le fait que je sois appelée pour ce tournoi.

La formule des tournois a changé, passant de 16 à 18. Deux personnes, Kevin et Aline, n’ayant pas pu venir, j’ai été appelée. Clairement, je mets vraiment des guillemets autours du mot « chance » car je sais que j’ai de la « chance » de revenir, mais leur absence m’a pennée, évidemment. J’ai notamment beaucoup communiqué avec Kevin et j’aurais aimé qu’il soit là. Mais bon, le contexte est particulier et j’ai eu la « chance » de pouvoir remonter sur ce plateau, alors que c’était inespéré.

Cette année, vous êtes en trio et jouez pour des associations. Qu’est-ce que cela change pour vous, comparativement à un tournoi en individuel, où les gains vous sont directement reversés ?

Il y a plusieurs émotions qui sont liées à ce système de jeu. Je préfère participer finalement à des tournois qu’à des masters. On a une énorme pression parce que l’on a envie de gagner pour les associations. En parallèle, on se sent plus fort parce que l’on a deux partenaires dans notre équipe qui sont très forts, on se sent surpuissant entourée de camarades avec une culture qui complète la nôtre finalement. Donc c’est un double sentiment : d’un côté, on se met moins la pression parce que l’on a des géants de la connaissance de la chanson française avec nous et, d’un autre côté, on se dit qu’il ne faut surtout pas se planter car on joue pour des associations. On s’en voudrait de ne pas réussir à décrocher 100 000 € pour ces dernières. Mais on passe vraiment de bons moments et l’ambiance équipe rend très joviale l’ambiance sur le plateau.

 

 

Pour cette nouvelle participation, comment vous êtes-vous préparée ?

Ça a été complètement à l’opposé de ma méthodologie traditionnelle. Puisque, comme je le disais précédemment, je n’étais absolument pas préparée à retourner sur le plateau. J’avais fait le deuil en fait de ce retour. Je m’étais dit que, peut-être, il y aurait un absent mais pas deux. Donc, pour moi, j’y allais en tant que remplaçante, en tant que 19è mais pas en tant que 18è. J’ai été prévenue seulement une semaine avant les tournages que j’étais de la partie. Au préalable, je savais seulement que j’allais me déplacer là-bas mais je ne savais pas que j’allais jouer. Donc je n’avais pas repris du tout les révisions. Parce que reprendre les révisions est un énorme sacrifice personnel, il faut en prendre conscience, on le fait au détriment d’autres choses dans sa vie quotidienne. J’avais sacrifié du temps de famille, justement, pour mes derniers masters afin de réviser et, là, je m’étais dit que, tant que l’on ne m’annoncerait pas officiellement que je monte sur ce plateau, je ne me lancerais pas dans des heures et des heures de révision. Sachant que ça pourrait être inutile. Et que je n’y croyais pas.

Quand j’ai été appelée, j’ai eu une semaine pour me préparer à cela, donc j’ai fait de mon mieux, mais ce n’était pas comme à mes habitudes. D’habitude, je m’organise pour pouvoir travailler, en me libérant du temps, notamment en faisant garder ma fille par la famille. Là, je travaillais à l’école car cette dernière avait repris, j’essayais de faire cours en même temps à ma fille qui, elle, n’a pas repris l’école. Du coup, c’était compliqué de réviser la journée, donc j’essayais de réviser le soir. J’ai eu une semaine vraiment de très très courtes révisions et j’y suis allée un peu avec mon bagage des révisions des années précédentes.

Au fur et à mesure des tournois, l’expérience sur le plateau  vous aide-t-elle ? Ou, à l’inverse, vous donne-t-elle une pression particulière ?

En toute honnêteté, je suis arrivée avec une énorme pression. Liée au fait que je n’avais pas révisé et aussi parce que j’avais, pour moi, tellement bien fini cette aventure avec les derniers masters 2019, en finale contre Kevin, ce qui était l’idéal. J’étais assez fière de mon dernier parcours. J’avais peur d’y aller en faisant moins bien, surtout pour des associations et j’avais peur de mal terminer l’histoire en fait. Donc c’est une pression que je m’étais mise en arrivant, qui m’a beaucoup angoissée durant toute la semaine avant que les tournages n’arrivent. Parce que j’ai ce côté perfectionniste, à toujours vouloir mieux faire qu’avant.

En même temps, cette expérience sur le plateau est un énorme point fort. Ca fait quatre ans que cette aventure dure maintenant. J’allais dire que je suis moins impressionnée par le public mais, là, nous n’en avions pas donc ça simplifie les choses. Disons que l’on prend nos habitudes physiques sur le plateau, on est moins stressé par les caméras, on se familiarise aussi avec la présence de Nagui. La première fois qu’on le voit, on est hyper impressionné puis, nos liens changeant, on se sent beaucoup plus à l’aise, d’émission en émission, à ses côtés.

J’adopte aussi certaines stratégies, en me disant : « la dernière fois, j’étais tellement concentrée sur la rythmique de la chanson qui allait vite que j’ai bafouillé, du coup maintenant, tant pis pour la rythmique, je vais bien hacher chaque mot pour m’assurer d’avoir la bonne prononciation et ne pas être coupée à ce moment-là ». Donc on adopte certaines stratégies en fonction des erreurs que l’on a faites sur ce plateau précédemment. Le stress descend aussi parce que l’on a plus l’habitude des lieux.

 

 

Vous êtes entourée de nombreux camarades, hommes et femmes. Lesquels vous impressionnent le plus ?

Tous m’impressionnent. On a vraiment des profils différents. Il y en a qui m’impressionnent de par leur culture musicale de base, je pense notamment à Denis ou Hervé, qui connaissent des musiques que l’on appelle des faces B. Voire des faces C parfois. Parce que ce sont des musiques qui sont peu connues du grand public. On sent que ce sont vraiment des amoureux de la chanson française qui vont écouter l’album en entier et peut-être préférer une chanson qui n’a pas été célèbre par rapport à des singles qui ont fait des grands tubes. Cette culture de base m’impressionne, elle est très étendue et très surprenante.

Après, effectivement, on a la nouvelle génération des maestros qui arrive en ce moment, qui font preuve d’une capacité de mémorisation incroyable. Quand on voit les quatre entrées de cette année, Margaux, Arsène, Mickael et Maureen, ce sont des bosseurs, ils ont travaillé, ils ont été très efficaces dans leurs révisions, ce sont des candidats qui sont très peu déstabilisés sur une même chanson, tant ils ont révisé et se sont concentrés pour aller jusqu’au dernier mot de chaque chanson. Donc, forcément, ils sont très redoutables par le travail qu’ils ont fourni. Ce sont des maestros aussi qui m’impressionnent.

Dans le troisième profil, il y a aussi des maestros dont j’ai suivi le parcours avant de passer à l’émission, que j’ai un peu adulés. Je pense à Lucile notamment, qui, pour beaucoup d’entre nous, a été un modèle. Lucile a été première pendant pas mal de temps, elle a passé la barre des 100 000 euros à l’époque, nous étions tous impressionnés par son parcours. La première fois que je l’ai rencontrée, j’étais impressionnée et admirative de son parcours. Donc, finalement, ils m’impressionnent tous. Kevin également, c’est un génie, il est incroyable dans sa capacité à mémoriser très vite quelque chose. C’est flatteur de se retrouver dans un groupe comme celui-ci.

Si on revient un peu à la genèse de votre participation à ce programme, comment vous en est venue l’envie ?

L’envie n’est pas venue de moi. En fait, j’ai tendance à beaucoup douter de mes capacités. J’avais conscience d’avoir une culture assez élargie de la chanson française. De par déjà ce que mes parents écoutaient. J’avais ma culture de jeunesse et puis, après, il y a eu ma culture adolescente, où j’ai été plongée dans l’univers des chanteuses françaises à voix. J’ai une culture Disney aussi assez implantée en moi. Donc j’avais tous ces domaines qui étaient déjà là mais pas forcément l’envie d’aller à cette émission. Que, en plus, je suivais peu car je regarde très peu la télé.

De temps en temps, quand on tombait dessus par hasard, je voyais les candidats qui hésitaient sur des chansons, alors que les réponses me semblaient plutôt évidentes. J’étais surprise que les candidats qui allaient se présenter à cette émission ne sachent pas y répondre. Je me disais : « c’est quand même « N’oubliez pas les paroles », elle est assez connue cette chanson, comment se fait-il que la candidate ne connaisse pas la réponse ? ». Mon mari me disait que, non, ce n’est pas si facile que cela. Et que je ne me rendais pas compte que je connaissais pas mal de choses. M’incitant à tenter ma chance, plutôt que de commenter devant mon écran. Mais je ne voulais pas, ça ne m’intéressait pas de passer à la télé, je ne me voyais pas prétendre connaitre des paroles, je doutais beaucoup de moi.

D’année en année, ça continuait, mon mari me voyait, de temps en temps, donner les réponses à la place des candidats. Un jour, il en a eu marre de me voir parler devant mon écran et m’a appelé en me disant : « bon, ben, je t’ai inscrite, alors prépares toi à recevoir un coup de fil, tu vas devoir chanter dans le téléphone. Si tu chantes bien et si t’es assez joviale, naturellement, tu pourras participer au casting ». J’ai eu une pression monumentale quand il a franchi le pas pour moi.

L’appel téléphonique s’est très bien passé, je suis allée au casting. J’étais impressionnée, j’ai pu aller jusqu’à la dernière étape, celle en vidéo. J’ai eu, quelques semaines plus tard, une réponse négative. J’avais déjà commencé à réviser des choses et, maintenant que l’aventure avait commencé, je ne pouvais pas abandonner. Donc j’ai prévenu mon mari, je lui ai dit  « attention, tu m’as lancée dans une sacrée aventure, maintenant je vais réviser comme une malade ». L’année suivante, j’ai retenté le casting et je n’ai toujours pas été prise à la troisième étape. J’ai re-révisé encore une fois, pendant un an et, la troisième année, j’y suis retournée et j’ai été prise, me permettant de faire mes premiers tournages.

 

 

Lorsque la situation sanitaire et les règles gouvernementales le permettront, auriez-vous l’envie de revenir sur une scène, pour un événement particulier, entourée de vos amis de l’émission ?

Oui, c’est en projet. On avait quelques dates prévues de mars dernier à juin. Trois concerts étaient calés. Certains ont été annulés, certains ont été reportés et, effectivement, on a déjà un concert en projet sur Argelès-sur-Mer, en septembre. Il y en aura un autre prévu fin septembre sur Brest. Un nouveau est en projet à Leuville, en région parisienne. Là, en fait, on enchaînera trois voire quatre dates début octobre. Donc on a quelques dates qui sont déjà fixées mais on verra l’évolution du protocole et des permissions que l’on aura pour faire ces spectacles. On publie, au fur et à mesure, les affiches sur nos réseaux sociaux respectifs, pour pouvoir accéder à la vente des billets.

Après, j’ai bien conscience que je suis 20è et que, même si mes amis aiment chanter avec moi, que j’aime chanter avec eux, ils ne peuvent pas prendre les trente premiers maestros non plus. Parce qu’il faut que les associations caritatives gagnent un maximum. J’ai bien conscience que ces concerts auront une durée éphémère, même si ça fait maintenant deux ans que j’ai la chance d’en faire. Je sais bien qu’un jour, ça s’arrêtera. Le but est de pouvoir continuer la scène après, pourquoi pas pour moi, si j’y arrive. En attendant, je continue l’aventure avec les maestros, tant qu’ils sont d’accord pour que je sois de la partie. Si, un jour, je ne le suis plus, je comprendrais tout à fait, il y a des choix à faire, le but est de remplir la salle, c’est normal.

Justement, quelles seraient vos envies artistiques pour la suite ?

Lié à cette aventure, comme je le disais, j’ai tissé de très belles amitiés avec des maestros. L’un des anciens, Dorian Bedel, est auteur compositeur et, pendant le confinement, à la suite justement de la rediffusion des Masters 2019, il m’a écrit et composé une chanson, à mon sujet et pour moi. Ça s’est fait très vite, l’enregistrement a déjà eu lieu et j’ai tourné le clip la semaine dernière. La chanson, qui est donc mon premier titre, sera publiée le 14 juin prochain. C’est un peu une autre aventure qui commence à se dessiner pour moi, grâce à cet énorme tremplin qu’est « N’oubliez pas les paroles ».

Merci, Elodie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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