Gaëlle Millon évoque cette période de confinement et nous parle de ses différents projets !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit Richard De Hullessen

 

Bonjour Gaëlle,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Comment vivez-vous, à titre personnel, ce moment singulier, avec le confinement imposé par l’Etat ?

Je le subis véritablement. Je ne le vis pas mal dans le sens où je suis en famille, chez moi, et surtout on n’est pas malades. Donc, dans l’absolu, ça va. Je respecte les règles, je m’occupe de mes enfants. J’attends que ça aille mieux et j’espère que ce sera bientôt le cas. Ce moment génère forcément un peu de stress, notamment au niveau de mon activité professionnelle. Parce que, là, je suis totalement à l’arrêt depuis le 10 mars à peu près. Ce n’est pas évident à gérer.

Est-ce l’occasion, pour vous, de faire des choses que vous n’aviez pas ou peu le temps de faire jusqu’alors ?

Je dis à mes enfants que je pense qu’ils ne m’ont jamais autant vue que depuis un mois ! Parce qu’être 24h/24 en famille depuis quatre semaines - et au moins huit à la fin du confinement - ne nous est jamais arrivé, sauf quand ils étaient bébés. Donc, oui, on fait forcément plus de choses en famille, avec eux. On prend du temps que l’on n’a pas en semaine normalement. Rien de bien original, on cuisine, on fait du sport, on joue, on lit. Je réfléchis aussi bien sûr à la suite, en gardant le contact avec les gens avec lesquels je travaille, pour essayer de redémarrer assez vite.

Indépendamment de la situation sanitaire du moment, on peut vous retrouver notamment sur Eurosport lors de la coupe de France de football. Pensez-vous que la finale Psg v Saint Etienne se déroulera de façon traditionnelle ?

Sincèrement, j’aimerais bien mais je ne suis pas dans le secret des dieux pour savoir ce qui se trame sur ce plan-là. Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est qu’il n’est pas question pour le moment de remplir un Stade de France et encore moins de faire jouer des footballeurs samedi prochain. Clairement, il y a des priorités. C’est vrai que l’on a hâte de voir des stades où l’on joue au foot mais surtout des stades pleins, pour partager ces moments. Pour l’instant, je crois que l’on en est assez loin quand même. Je suis une grande fan de sport, une grande fan du spectacle sportif et des émotions qu’il procure. Pour moi, une finale à huis clos n’a pas d’intérêt, pour personne en fait. Il faut du public, il faut de l’émotion. Quand on se souvient de celle de l’an dernier avec ce Stade Rennais qui a été poussé jusqu’au bout, je n’imagine pas un scénario dans un stade totalement vide cette année. Selon moi, il faut attendre de pouvoir remettre les gens dans les stades avant de reprendre les compétitions. Mais je comprends aussi les enjeux de chacun…

Plus généralement, on imagine votre impatience de retrouver l’antenne bien sûr pour ce match-ci mais aussi dès la saison prochaine pour cette belle compétition ?

J’espère, évidemment. J’ai un statut un peu particulier avec Eurosport, je suis pigiste, j’interviens uniquement sur la Coupe de France depuis quatre ans. Je n’avais pas encore l’assurance de couvrir la finale, même si je l’espérais fortement. Il est un peu tôt pour parler de la saison suivante, même si, évidemment, j’adorerais rempiler avec les équipes. C’est vraiment un moment que j’aime beaucoup depuis que j’ai quitté « L’Equipe 21 » en 2016. C’est une vraie belle compétition et j’apprécie vraiment l’équipe de journalistes avec laquelle je travaille, j’ai l’impression de retrouver une famille quelques jours par an. Donc, oui, il y a de l’impatience mais, pour le moment, c’est trop tôt pour en parler.

 

 

Quel regard portez-vous sur la fin à donner au championnat de France ? Faut-il aller au bout et décaler le calendrier de la saison prochaine ?

C’est vraiment compliqué de se positionner quand on est un acteur-spectateur, même si je connais ce milieu. Je ne suis pas au cœur des décisions. Je pense que, aujourd’hui, ce qui va décider, c’est, au final, le paiement ou non des droits-télé. Ils sont le nerf de la guerre aujourd’hui, notamment pour le foot. C’est sûr que s’arrêter là, figer la saison, peut générer pas mal de frustrations. Faire une saison blanche fera aussi des déçus. Franchement, je ne voudrais pas être celle qui devra prendre la décision dans les jours qui viennent !

En parallèle, vos autres activités, notamment l’animation d’évènements, sont, elles-aussi, en stand-by actuellement. En profitez-vous peut-être pour compléter et enrichir vos connaissances et relations dans ce domaine ?

Aujourd’hui, l’animation d’événements est mon activité principale. Je suis journaliste de métier et je le resterai. Mais je suis surtout aujourd’hui chef d’entreprise, dans l’événementiel et la communication. J’ai pris un virage forcé après le plan social qui nous a touchés à L’Equipe en 2016. J’ai décidé de prendre le plan de départ volontaire et je n’ai jamais regretté cette décision. Mais c’est vrai qu’avec cette crise que l’on traverse, je suis impactée de plein fouet. Il n’y a plus d’événements, ni dans le sport ni ailleurs. C’est assez compliqué à vivre. J’ai deux solutions : soit j’attends, et ça peut durer longtemps soit j’essaie d’être un peu proactive et de faire marcher mon cerveau ! J’essaie de garder le lien avec mon réseau, mais ce n’est pas évident, parce que je suis à la maison, que mes enfants sont demandeurs et que l’on n’est pas dans un contexte de travail habituel. Je suis en relation avec mes clients, j’essaie de leur proposer des choses, on essaie de réfléchir aux formats qu’on pourrait proposer à la rentrée. Après, sincèrement, c’est très compliqué aujourd’hui parce que les gens n’ont pas la tête à cela, en fait. Et que, hormis quelques webinaires sur la situation actuelle auxquels je participe, que je regarde ou peut-être que j’animerais dans les semaines qui vont venir, il y a très peu de choses qui se mettent en place. C’est beaucoup trop tôt. Parce que l’on ne sait pas quand ça va redémarrer, que l’on ne sait pas comment, ni dans quel contexte on aura le droit de rassembler du public, ni à quelle échéance. Et surtout on ne sait pas si les gens viendront dans des endroits où il y aura beaucoup de monde. Il y a tellement d’inconnues que c’est hyper compliqué, pour le moment, de se projeter.

 

Crédit Viuz

 

Quels sont, ou seront, en parallèle, vos autres projets à venir ?

Je suis encore en phase de développement dans ma nouvelle vie, même si cela fera quatre ans au mois d’aout que j’ai quitté L’Equipe. Le temps de monter ma structure et de commencer à vraiment bien m’implanter, je vais dire que je tourne à plein régime depuis trois ans maintenant. J’étais sur une belle dynamique… Il va falloir la retrouver.  Pour le moment, je veux consolider les bases et étendre mon réseau, en allant voir un peu au-delà du sport ce que je pourrais apporter en termes d’animation et de construction d’événements. Je veux aider les différentes structures, que ce soient les clubs, les associations, les collectivités locales, les marques avec lesquels je travaille aujourd’hui, afin de les conseiller dans la construction de leurs événements, de A à Z. Je travaille un peu là-dessus. A terme, j’aimerais aussi me rapprocher de structures complémentaires à la mienne, qui peuvent faire de la photo, de la vidéo afin de proposer un package beaucoup plus complet au niveau des événements. C’est dans un coin de ma tête mais non formalisé pour le moment. J’essaie surtout d’élargir mon « portefeuille » de clients, plutôt que d’aller trop vite en besogne. La situation actuelle montre qu’il vaut mieux être un peu prudent en ce moment. De toute façon, il va falloir reconstruire à partir du mois de septembre et y aller petit à petit.

 

Crédit Alea/JM Liot

 

En conclusion, pensez-vous, ou peut-être même espérez-vous, que la situation que nous connaissons actuellement aura des impacts sur la suite, notamment sur la façon de voir et de considérer le sport ?

Oui, j’espère que cette crise peut donner un élan au sport et à sa pratique.  Je suis fière de faire partie d’un collectif très récent, « Les colibris du sport ». Ce collectif a publié une tribune dans « Le Parisien », le lundi de Pâques, sur la façon d‘imaginer le sport d’après. En se disant que le sport pouvait être l’un des vecteurs de reconstruction de la société. Avec les Colibris, on veut simplement relayer les belles actions, mettre en lumière ce qui se fait déjà en matière de sport : des actions qui sont faites par des Fédérations, des clubs, par des associations, et de façon aussi un peu anonyme. Le but, c’est de recenser & de donner des idées, à d’autres. Je crois beaucoup en la puissance du sport dans plein de domaines, notamment à l’école. Aujourd’hui, les enfants font au minimum trente minutes d’activité physique par jour. Je ne sais pas si c’est suffisant ou si c’est la bonne manière de le faire. En tous cas, avec les Colibris on se dit que petites actions par petites actions, on peut faire bouger les lignes. Et donner au sport la place qu’il mérite.

Merci, Gaëlle, pour cet échange très agréable !

Publié dans Télévision

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