Un Si Grand Soleil : Emma Colberti évoque la série à succès de France 2

Publié le par Julian STOCKY

© Fabien MALOT - FTV

 

Bonjour Emma,

Quel plaisir d’effectuer cet entretien avec vous !

La série de France 2 « Un Si Grand Soleil » est à l’antenne depuis un peu plus d’un an maintenant, avec le succès d’audience que l’on connait. Faire partie de cette belle aventure doit être, pour vous, source de joie et de fierté ?

Oui, évidemment. On espérait un démarrage en trombe mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi efficace tout de suite. La fierté est là, on est très contents des résultats et de faire partie du coup de cette belle aventure.

En plus, on est dans une forme de continuité vis-à-vis des autres quotidiennes, on arrive à la fin. Des gens font la boucle en terminant par nous, c’est vraiment chouette également.

Quels sont les principaux retours que peuvent vous faire les téléspectateurs ? Qu’est-ce qui leur plait dans ce programme, expliquant cette très belle fidélité ?

C’est marrant que vous me posiez cette question, j’ai justement eu récemment une discussion dans ce sens avec une autre personne, en faisant mes courses. J’ai trouvé l’analyse de la dame assez intéressante, elle me disait qu’il se passe certes énormément de choses dans la série au niveau des personnages, des histoires et des intrigues mais que l’on tente toujours de trouver des solutions, même à travers des difficultés d’ordre psychologique notamment.

Elle note que l’on parle beaucoup entre nous et que l’on ne subit pas les choses. Elle voit beaucoup d’humanité dans les personnages et dans ce qui leur arrive. Je suis assez d’accord avec cela, quelles que soient les intrigues que l’on a pu connaitre, même celles avec braquage et décès, on est toujours à fond dans l’humain et dans les émotions. On touche des choses assez profondes et je crois que la série est riche de cela. Même lorsque mon personnage est tombé amoureuse d’un bad boy, Bruno Serrat, nous sommes allés plus loin que cela, cette relation a permis de raconter la part d’humanité de ce dernier.

Tout est en place par rapport à cette action-là, les musiques sont choisies dans ce sens, la réalisation aussi. Il y a parfois de vrais partis pris, qui accompagnent notre volonté de montrer l’être humain dans ses failles, dans ses mauvais côtés mais aussi dans ses bons côtés. En fait, on y va, comme s’il n’y avait pas de tabou.

Sans vouloir m’aventurer, je crois que l’on est dans un moment singulier de notre société où, plus que jamais, on a besoin de voir cela à l’écran.

Votre personnage, Eve, a déjà vécu de nombreuses choses, tant dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle. Quel regard portez-vous à présent sur elle ?

Je pense qu’Eve nous cache beaucoup de choses, je pense que c’est une femme qui, même si elle a un côté très classique, très propre sur elle, bien en place, équilibré, n’a pas forcément connu que des moments évidents dans sa vie. J’ai ma petite idée là-dessus mais c’est moi, Emma, en tant que comédienne qui me suis construit quelque chose dans ce sens. On n’a pas encore toutes les clés de ce personnage, je sais qu’elles vont venir au fur et à mesure.

 

© Fabien MALOT - FTV

 

Je crois qu’il y a en elle une part d’ombre, une part sombre, pas forcément « dark » mais un secret un peu enfoui qui fait partie d’elle et dont on ne sait pas trop où il se situe. En tout cas, elle nous donne la possibilité de penser à cela justement en se mettant dans des situations un peu rocambolesques, pas évidentes à résoudre, notamment en tombant amoureuse d’un braqueur. On se dit qu’il y a quelque chose chez elle qui n’est pas si net ou clair que cela.

Je me pose sincèrement cette question, j’ai ma petite idée, encore une fois c’est ma cuisine personnelle mais je pense que c’est quelqu’un qui en a sous le pied et qui a des ressources. Elle a beaucoup encore à nous apprendre sur sa vie, sur ce qu’elle est, sur d’où elle vient. Elle a déjà annoncé des choses mais elle a beaucoup à raconter encore.

Avez-vous des sources particulières d’inspiration pour son interprétation ? Peut-on, parfois, retrouver de vous en elle ?

Je rejoins Eve dans son immense part d’empathie, qui la symbolise beaucoup. De façon logique, elle est du coup victime de gens manipulateurs, pervers narcissiques, notamment le père de son fils. Pour le reste, j’ai plutôt été vers un rôle de composition. Ne serait-ce que parce que je ne m’habillerai jamais comme elle, je suis peut-être un peu plus rock n roll qu’elle.  J’ai un fils de l’âge d’Elliott, j’ai la chance qu’il soit génial et qu’il n’ait pas de problème. Si cela n’avait pas été le cas, je ne suis pas sûre que j’aurais fait comme elle, je ne pense pas que je me focaliserai sur lui ainsi. Dans la vie, je n’aurais pas les mêmes réactions qu’elle.

Du coup, cela m’intéresse d’autant plus d’adopter son attitude, de voir où elle va pour comprendre un peu plus, justement, d’où elle vient. Elle est donc ma principale source d’inspiration.

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est élevé, au travers du nombre de minutes utiles à défendre chaque jour. Au fur et à mesure, affinez-vous votre propre méthodologie de préparation pour, ensuite, être toujours plus efficace et disponible sur le plateau ?

Je connaissais déjà un peu le monde de la série. Paradoxalement, je ne trouve pas que ça aille si vite que cela, je ne trouve pas que l’on soit dans les starting-blocks en permanence. Parfois, nous avons 8 à 9 séquences par jour, c’est chargé mais c’est comme une bonne journée de sport. Il faut enchainer, en étant dans l’ascenseur émotionnel toute la journée, en allant chercher en nous ce qu’il faut mais je trouve franchement que l’on prend le temps du jeu. Une vraie mise en place est faite. Je suis rarement sortie frustrée alors que j’avais pu le vivre sur d’autres séries par le passé.

En revanche, j’affute vraiment le physique. Chacun de nous qui a tourné une intrigue ou une arche qui lui ont été propres en est sorti les défenses immunitaires à plat, malade, HS. Il faut donc une bonne hygiène de vie, on ne peut pas se permettre de sortir le soir, de faire la fête et d’enquiller le lendemain une journée. La condition physique doit vraiment être au top. Comme les sportifs, il faut bien dormir, bien manger, s’entretenir sur l’endurance.

 

© Fabien MALOT - FTV

 

Pour le reste, savoir son texte en arrivant est juste la base du travail d’un comédien donc la question ne se pose même pas. Il y a une super ambiance générale, c’est vrai que parfois on se laisse aller à la rigolade, pour relâcher la pression, mais on n’a pas tellement le temps pour cela. En effet, je pense notamment à nos amis techniciens qui font un travail souvent plus physique que le nôtre, avec une amplitude horaire encore plus élevée. Ne serait-ce que pour eux, on se doit de finir à l’heure notre propre travail. Même si nous sommes de grands enfants, nous avons du respect pour cela.

Pour terminer, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Que ça continue le plus longtemps possible. J’en ai envie, j’espère pouvoir justement aller le plus loin possible à la rencontre de mon personnage que j’adore. J’aime beaucoup Eve, j’ai hâte de découvrir plus ce qu’elle est, qui elle est.

Je souhaite une longue vie à cette série qui est partie, je l’imagine, pour une longue aventure.

Merci, Emma, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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