Demain Nous Appartient : Christiane Ludot évoque son personnage et en profite pour aborder ses autres actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Christiane,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

On peut vous retrouver depuis quelques mois dans la série à succès de TF1 « Demain Nous Appartient ». Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

C’est un personnage plutôt riche. Au départ, elle apparait comme une grand-mère jeune, dynamique, qui ne se laisse pas faire et qui a l’habitude de tout réglementer. Elle ne fait pas confiance à sa fille.  Petit à petit, au fil du temps, on voit le lien avec sa fille s’enrichir et devenir plus complexe. Elle est alors en empathie avec cette dernière et va jusqu’à aller s’accuser à sa place.

Le personnage était, au début, plutôt léger et, petit à petit, il devient un peu plus dramatique, un peu plus lourd, un peu plus grave. Avec plus d’émotions et de sentiments. Cette évolution est, je trouve, intéressante. La palette de jeu est large, en un mois et demi de diffusion.

En plus, on ne sait pas ce qui va arriver au personnage. C’est aussi plaisant d’être dans un certain inconfort. Quand je suis arrivée sur la série, j’avais peu d’indications sur le passé du personnage. Ce qui m’a permis de proposer des choses.

Justement, quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour l’appropriation du personnage ?

J’ai pensé avant tout que sa petite fille était quelqu’un de très important pour elle. Evidemment, elle aime sa fille mais, au début, elle est dévouée à sa petite fille. Elle s’est donnée comme une mission. C’est quelqu’un qui a une certaine expérience de la vie, qui est assez sure d’elle. Ce qui peut avoir aussi un côté rassurant.

Ce qu’elle va vivre au travers de Justine va la bousculer, la déstabiliser et remettre en cause ses certitudes mais elle va rebondir pour aider sa fille et sa petite fille.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles sont les principales raisons du succès de ce programme ?

Je crois que les téléspectateurs arrivent à se projeter dans les personnages. Ces derniers sont assez proches des gens, qui peuvent donc s’identifier : il y a un éventail très large de personnages, de toutes les générations et ces derniers sont ancrés dans une réalité sociale (dans un bar, un lycée, par exemple. Il y a un souci sur TF1 de réalisme : on est dans des situations de tous les jours, on aborde des problèmes de société et ce sont des choses qui touchent les gens.

 

 

On le sait, le rythme de tournage sur un programme quotidien est soutenu. Vos précédentes expériences vous ont-elles aidée dans ce sens ? Avez-vous même peut-être des petites astuces ?

Je pense qu’un comédien qui arrive pour la première fois sur ce programme peut effectivement avoir quelques difficultés car il y quand même beaucoup de textes. On les a un peu à l’avance mais il faut les apprendre très vite. Il est important d’avoir une grande souplesse, avec les réalisateurs et les coachs, il faut être ouvert. Mon parcours en télévision notamment m’a aidé, du coup, sur ce tournage.

La clé est vraiment d’apprendre son texte au cordeau. Même si on peut ensuite être appelé à changer des choses en plateau. Le but est d’en être libéré. Je travaille souvent au crayon pour l’articulation, pour me débarrasser de ce souci-là, pour me libérer des mots, ne pas buter dessus et, ainsi, être plus disponible pour le jeu.

Pour la suite, à titre plus personnel, aimeriez-vous pouvoir développer certains thèmes en particulier au travers de votre personnage ?

L’arche vient de se finir, du coup la suite dépend beaucoup de ma fille. Je suis un personnage satellite, je suis donc au service de l’arche de Justine. Mais je sais qu’il a été évoqué de former une famille à trois, avec Tristan, ma petite fille et moi-même. Une sorte de famille atypique. Cela pourrait être, je pense, intéressant. Cela pourrait donner lieu à des situations aussi un peu comiques et à des quiproquos, notamment parce que Tristan n’a pas de lien direct avec nous. Il y a, je pense, quelque chose à exploiter dans ce sens.

En parallèle, dans un autre registre, vous avez joué pendant près de deux ans la pièce « Le Jardin d’Alphonse ». Une tournée devrait être programmée prochainement. Quels souvenirs gardez-vous de cette belle aventure ?

Ce fut vraiment une belle aventure, une vraie rencontre avec Didier Caron, un auteur que je connaissais peu. Le rôle est très intéressant, c’est une pièce chorale, à neuf sur scène. Dans l’histoire, une famille recomposée se réunit pour l’enterrement du grand-père, des secrets de famille remontent alors à la surface et des règlements de compte en découlent.

Chaque personnage a une trajectoire et une couleur différentes, il faut être à l’unisson dans la partition, comme un orchestre. Mon personnage est, au départ, assez doux et veut arrondir les angles. Petit à petit, on découvre que cette femme a aussi une histoire, une vie amoureuse. Elle est en contre point des autres, c’est intéressant de garder cette retenue.

 

 

C’est une belle aventure humaine, c’est une pièce qui touche tout le monde, toutes les générations, mêmes les enfants. Ce mélange de comédie et d’émotion est plaisant. Le jeu est proche du cinéma, on cherche toujours une vérité chez les personnages.

A titre plus personnel, considérez-vous les planches et l’image comme un seul et même métier ? Ou la variation du support en fait-elle deux entités différentes ?

Pour moi, c’est le même métier, ça fait appel aux mêmes qualités et au même travail. Sauf que, effectivement, le support est différent donc l’approche l’est aussi. Au théâtre, le public renvoie la balle, chaque soir est différent et on peut aussi changer des choses. Sur un tournage, on a deux à trois essais puis, après, ça ne nous appartient plus. Les deux nourrissent en tout cas, même si les techniques et les plaisirs différent. Quoi qu’il arrive, c’est le même métier et je ne conçois pas l’un sans l’autre.

En parallèle, vous développez actuellement des projets d’écriture et de réalisation, pour un court et un long métrages. Pour ce que vous pouvez en dire, comment les présenteriez-vous ?

Je suis venue à l’écriture il y a sept à huit ans. Comédienne, j’ai toujours aimé regarder la technique. J’aime beaucoup aussi la photo, j’aime donc cadrer. En venant à l’écriture, je me suis aperçue que j’écrivais plutôt en images. J’imagine déjà le film à ce moment-là.

J’ai, précédemment, tourné deux courts métrages. Un au travers d’un stage de réalisation, « Il va faire jour mon amour », d’une durée de cinq minutes. Un autre qui s’appelle « Viens regarder la mer », plus ambitieux, d’une durée de vingt-minutes, avec les aides de la région Poitou Charentes notamment. Il est allé dans quelques Festivals.

 

 

Je continue sur cette lancée, j’adore cela et mon expérience de comédienne m’aide dans la direction d’acteurs. Là, j’ai écrit un scénario qui s’appelle « Le voyage de Jeanne », d’une durée de vingt minutes, qui a été sélectionné dans le cadre d’une résidence musicale, « Trio », où chaque réalisateur rencontre des compositeurs. J’ai terminé l’accompagnement au scénario, le bébé est prêt, je n’ai plus qu’à le présenter aux producteurs, ce que je suis en train de faire actuellement.

Ça se passe dans une petite île, où une femme d’une cinquantaine d’années vient rechercher sa fille qu’elle avait abandonnée il y a longtemps. Le film interroge le lien maternel, qu’est-ce que réellement aimer son enfant ? 

Parallèlement, j’écris « Hanami – Ou contempler la beauté des fleurs », un long métrage, littéralement « La fête du printemps », une fête du renouveau et de la renaissance au Japon, pendant laquelle toutes les familles vont pique-niquer. C’est l’histoire d’une femme, de plus de cinquante ans, qui va renaitre à elle-même d’une manière pas voulue, plutôt inconsciente. Un jour, elle s’évanouit devant un tableau, ce qui déclenche plein de choses chez elle. Elle va alors redécouvrir un secret de famille et surtout reprendre sa vie en main. C’est en développement, je finalise le scénario actuellement.

Ce fut un plaisir, Christiane, d’échanger avec vous !

Publié dans Théâtre, Télévision

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