Cyril Garnier évoque sa belle et riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Cyril,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

Vous avez tourné récemment un épisode de la série de France 3 « La stagiaire », aux côtés notamment de Michèle Bernier. Sans tout en dévoiler, quel personnage y interprétez-vous ? Quelle est son interaction à l’intrigue ?

Mon personnage est masseur dans un spa, il est soupçonné d’être l’assassin. Je ne vous en dirais pas plus, par contre, sur sa culpabilité éventuelle. Il est arrêté par la Police puis interrogé par le procureur et sa stagiaire.

Pour l’interprétation de ce personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ? Peut-être avez-vous-même échangé avec des personnes qui exercent ce métier ?

Sincèrement, non. J’ai eu quelques jours de tournage et il n’y a pas d’action directement liée à son métier. Il peut arriver de se préparer à un rôle avec des gens qui exercent le métier quand c’est vraiment primordial. Là, il n’y a aucune scène de massage, c’est le costume qui fait le boulot. On est davantage sur l’intrigue policière que sur l’aspect technique du massage.

Mais, effectivement, il m’est arrivé de préparer des personnages très en amont, lorsqu’ils ont une fonction bien particulière. Et que cela a de l’importance à l’image. Car, si on ne voit jamais le personnage exercer son métier ou son art, au final, peu importe. Chaque acteur fait comme il veut, je fais les choses assez simplement. Je ne suis pas du genre à aller m’enfermer six mois en pleine montagne pour jouer un hermite.

La diffusion aura lieu lors de la prochaine saison de la série mais la date exacte n’est pas encore connue.

En parallèle, vous tournez actuellement un pilote pour France Télévisions, avec Clémentine Célarié notamment au casting. Comment présenter ce projet ?

La série s’appelle « Poquelin », ça se passe dans le Nord, à Lille, où une policière assez brute de décoffrage, avec une grande gueule, populaire, se retrouve en binôme avec un autre policier, interprété par Joffrey Platel. Qui, lui, est un châtelain, un peu désargenté, mais très classique, passionné de littérature et qui pense que l’on peut résoudre des affaires en s’intéressant à la psychologie des personnages de littérature. Ils forment un binôme assez étonnant, assez mal assorti et donc assez drôle.

J’incarne le compagnon de Clémentine, le patron du bar où le duo de policiers se retrouve à manger à midi. Ce sera un format de 90 minutes, nous tournons actuellement le pilote, nous ne savons pas encore si une série en découlera.

 

 

Selon vous, même si ce n’est pas évident de le deviner, qu’est-ce qui pourra attirer les spectateurs dans ce programme ?

Je pense que le personnage de Joffrey détonne pas mal avec les flics que l’on a l’habitude de voir. Aujourd’hui, tous sont des mecs un peu badasses, en cuir, avec beaucoup de virilité. Là, c’est quelqu’un de très précieux, de très élégant, tout en retenue, un peu vieille famille. C’est vraiment la clé, avec quelqu’un en opposition du personnage de Clémentine, haut en couleurs, avec une gouaille, très vivant, comme elle sait l’être. L’association est vraiment bien trouvée.

Nous évoquions votre méthodologie de préparation. Y voyez-vous une différence entre ce type de format ancré dans le temps et, par exemple, une série quotidienne comme « Demain Nous Appartient » où vous avez davantage la place de développer un personnage sur la durée ?

Cela dépend vraiment de la consistance du personnage, de ce que l’on sait de lui. Il y a, par exemple, des personnages récurrents de policiers mais dont on ne sait rien. Ils sont souvent les sparring-partners des acteurs principaux. Ils sont un peu là pour donner l’information, pour enquêter, mais ils ne vivent pas de drames personnels.

Quand on a un personnage plus construit, comme sur l’épisode de « Alex Hugo » qui a été récemment rediffusé, qui avait un vrai passé, un vrai background, on a des objectifs très précis et tout un parcours pour les atteindre ou pas. Il y a alors plus de préparation sur le personnage, sur sa façon de bouger, de parler, sur ses rapports avec les uns et les autres. On ne peut pas faire ce que l’on veut, c’est l’écriture qui dirige un peu le personnage. Alors que, dans d’autres formats, on amène un peu ce que l’on veut. Par exemple, dans « Poquelin », si ce n’est que c’est un patron de bar et qu’il est avec une femme qui a vingt ans de plus, on ne sait pas grand-chose d’autre sur mon personnage. J’amène du coup un peu ce que je veux. D’ailleurs, on a réécrit, j’ai apporté beaucoup de touches d’humour au moment du tournage, sur la façon de le jouer, sur la taquinerie.

Après, sur une série quotidienne comme « Demain Nous Appartient », quand on commence le tournage, les auteurs ne savent pas ce qui va arriver au personnage car l’écriture se fait au fur et à mesure. Particulièrement pour Thomas Delcourt, le personnage n’était pas très défini au départ, ils ont eu beaucoup de mal à faire un casting car c’était encore assez flou dans leurs têtes. J’ai mis, là aussi, ma touche personnelle et, petit à petit, ça a été un aller-retour entre ce que je donnais au personnage, ce que les auteurs voyaient que je donnais et ce qu’ils pouvaient rendre. Ils ont senti les deux humours que je pouvais avoir, au début, c’était surtout l’histoire d’amour avec le personnage d’Anne Caillon qui était mise en avant puis je suis arrivé au Spoon et le binôme avec Tristan a commencé à se créer. Ils ont senti que ça marchait, ils ont appuyé ce curseur de l’humour, jusqu’à cette intrigue Lazzari. Là, le travail est très différent.

 

 

Avec Tristan, j’avais surtout des scènes d’humour assez courtes, nous n’étions pas sur des choses vraiment de fond, on était davantage sur le rythme, plutôt que sur la profondeur. Quand l’intrigue Lazzari m’a été annoncée, on en a beaucoup parlé avec les producteurs, pour savoir ce qui allait se passer, pour connaitre tout le parcours du personnage pendant ces six semaines. Il y a alors un vrai travail à faire, surtout que l’on était sur le passé de Thomas, qui n’existait pas au moment de commencer la série. Il a donc fallu raccorder ce passé avec ce que j’avais déjà proposé, avec ce que j’avais déjà joué. Il a aussi fallu s’interroger sur le parcours à donner pendant l’intrigue et sur ses réactions aux différentes situations, en fonction de ce que l’on avait déjà créé autour de lui mais aussi en fonction de ce que l’on allait encore apprendre de lui, sans trop en dévoiler. Vraiment, je me suis posé avec mes feuilles, face à tous mes épisodes, pour réfléchir, scène par scène, à ce que j’allais jouer et dévoiler. Dans le but d’égrener le personnage et de laisser aux téléspectateurs le plaisir de découvrir, petit à petit, ce qui lui était arrivé.

En termes de rythme sur le plateau, avez-vous là aussi vu des différences ?

Bien sûr ! C’est très très différent. On a plus de temps sur une série de 90 minutes que sur une quotidienne. Cette dernière est le format le plus rapide, ça va très vite, les mises en place sont très courtes, on tourne constamment à deux caméras, on se met en place et on finit souvent champ contre champ. Il y a très peu de scènes avec de grands mouvements car on est conditionné par le temps. On tourne entre sept à dix scènes par jour. A peine une terminée que l’on va se changer et que l’on reprend la suivante. Il faut vraiment se préparer bien en amont, il est nécessaire de bien connaitre son texte pour ne pas perdre de temps. Parce que toute l’équipe attend et qu’elle est sous pression. 13 à 15 minutes utiles sont tournées avec une équipe chaque jour.

Sur « Poquelin », on est toujours avec le même réalisateur, contrairement à DNA, on a plus le temps de construire, les choses se font au fur et à mesure, sur le plateau, avec le réalisateur (Gabriel Aghion dans ce cas précis). C’est un travail commun, qui prend plus de temps mais qui nous permet plus de liberté pour tenter des choses. Sur d’autres tournages, notamment au cinéma, on est à 3 minutes utiles par jour, ce n’est pas du tout le même rythme de travail, il y a énormément de temps prévu pour la lumière, pour les cadres, afin de vraiment travailler l’esthétisme. Ce n’est vraiment pas la même concentration, ni la même préparation. On peut presque découvrir le texte entre deux scènes, ce qui permet davantage de fraicheur.

En parallèle, vos précédentes expériences vous ont amené sur les planches. Y voyez-vous là un métier différent d’avec les caméras ?

On utilise les mêmes outils, notre corps, le travail que l’on a fait sur nos émotions, sur la diction, sur un rythme, sur un phrasé, sur l’analyse d’un personnage et de son caractère. En revanche, comme ce n’est pas du tout le même média, ce n’est pas du tout la même façon de les exprimer. A la caméra, il faut que les choses soient très rentrées, très petites, très intimes. Alors que, au théâtre, tout est très exacerbé. Il y a une autre grosse différence, en tournage, une scène peut être jouée jusqu’à dix fois, entre les différentes prises, les différents axes sans que l’on connaisse forcément son partenaire, alors que, au théâtre, une intimité se crée en amont avec les répétitions.

Ce n’est donc pas le même rapport au partenaire, ni même au texte d’ailleurs. Sur les planches, on le connait sur le bout des doigts, là où les différentes prises sur un plateau impliquent des variations. Seulement ensuite, au théâtre, on peaufine, c’est proche de l’artisanat, où l’on passe et repasse sur un objet pour en faire un petit bijou. A l’image, on va plus être sur une création spontanée et instinctive, plus brute.

 

 

Aimeriez-vous d’ailleurs remonter sur les planches ?

J’ai très envie de revenir au théâtre, où je n’ai pas joué depuis un an et demi. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, j’ai besoin du contact avec le public, de sentir la salle, de voir se créer ces relations d’intimité avec mes partenaires. Ce sont à chaque fois des petites familles. Je suis très attaché au théâtre, c’est là que j’ai commencé et j’ai très envie d’y retourner. On a vraiment les sensations du live, avec une petite dose de stress et d’adrénaline. C’est hyper grisant.

Pour terminer, vous avez animé le 14 octobre dernier une soirée d’humour, au Grand Point Virgule, à but caritatif. Quelques mots pour nous parler de ce beau projet ?

Oui, pour la seconde fois l’association Skin m’a confié la mise en scène de sa soirée humour. Cette association aide les personnes qui sortent de leur traitement contre le cancer à reprendre pied. Pendant les traitements, leur vie est très rythmée par les soins et l’entourage qui se rapproche. Puis soudain, lorsqu’on estime que la personne est guérie, tout s’arrête, et les patients sont à la merci du « cancer blues » induit par une grande solitude et une vie à reconstruire. C’est pour beaucoup encore plus dur que le combat contre la maladie, car il n’y a plus d’ennemi à vaincre.

Skin leur redonne des objectifs de dépassement de soi, à travers le sport ou de nombreuses formes d’art. Et, à chaque fois, les patients sont accompagnés, personnellement, par des professionnels. Beaucoup d’amis ont répondus à l’appel pour cette édition 2019, Isabelle Vitari, Booder, Matthieu Madenian… même Ariane Seguillon, qui n’est pourtant pas une humoriste, a pris le temps de travailler pour écrire et monter un sketch avec une patiente, en plus des tournages, ça m’a beaucoup touché. C’était une soirée riche en rires et en émotions, tout ce que j’aime.

Ce fut un plaisir, Cyril, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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