Un Si Grand Soleil : Mathéo Capelli nous parle du retour de son personnage et en profite pour évoquer ses autres projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mathéo,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

Nous pourrons vous retrouver, en novembre, à nouveau dans la série à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». Vous aviez fait une première apparition, dans un contexte plus hospitalier. Sans tout en dévoiler, dans quel cadre et dans quel registre s’inscrit votre retour ?

C’est vrai, vous l’avez dit, cette série est un succès, par le nombre de téléspectateurs, on frise les quatre millions quotidiennement. C’est aussi, je trouve, un succès économique et artistique. Economique parce que ça fait vivre la région d’une manière exceptionnelle. Il y a quand même trois plateaux par jours, où 250 personnes sont impactées directement. Je dis chapeau bas à Thomas de Matteis, le producteur, et à France Télévisions d’avoir suivi. Artistiquement, je trouve que le niveau est ++. Cela se voit dans la réalisation, la direction artistique, le jeu d’acteur…. Et bien sur les scénarios qui maintiennent en haleine chaque soir.

Pour la petite anecdote, ma première journée de tournage correspondait au moment où Marc, mon personnage, se fait poignarder dans la rue. C’est une séquence où je me bagarre, où je me prends trois coups de couteau, où on se retrouve au sol, où le type veut vraiment me tuer. A mon arrivée sur le plateau, je m’étais demandé qui serait la personne qui retranscrirait à l’image ce que les téléspectateurs allaient voir. On m’avait alors simplement rassuré. Et là, j’ai rencontré Chris Nahon, une référence. C’est le réalisateur de films au succès international tel que « L’empire des loups » ou bien « Le baiser mortel du dragon ».

Autant dire que, au niveau cinéma d’action, il s’y connaît et c’était un bonheur de tourner avec lui.

Mon personnage est Marc. Il est conseiller en gestion de patrimoine de la ville de Montpellier et alentours. C’est un homme qui  aime les femmes, qui aime le fun, qui aime la drogue, qui aime l’argent …. Il est arrivé en février dans la série. Avec son côté atypique, rentre dedans, son coté « j’ai tous les droits », il a eu un très bon retour du public.

Il revient pour mettre en avant une facette qui le rendra, je l’espère touchant. Je vais essayer de montrer que c’est un être humain. Des hommes comme ça, on en connait tous, ce ne sont pas les femmes qui diront le contraire mais, en même temps, peut-être qu’il y a une sincérité intérieure chez lui.

La diffusion de novembre est une petite virgule mais qui est un moment charnière. Elle permettra de voir si le personnage va perdurer ou pas.

 

 

Vous évoquiez la richesse de ses traits de caractère. Justement, pour son interprétation et pour vous l’approprier, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

Pour un acteur, c’est aussi important de savoir se nourrir. Je vais peut-être démonter un mythe mais on joue toujours des choses qui nous sont propres. Il y a toujours une part de nous. On est toujours aussi un peu prisonnier de son physique et de son énergie.

Pour Marc, je me suis inspiré de quelqu’un que je connais, qui est dans les affaires, qui est beaucoup plus âgé que moi, assez flambeur et macho. Sa personnalité m’a guidé. Après, c’est un jeu. Un Marc Burel qui est comme ça, qui va draguer tout ce qui bouge, c’est succulent à jouer.

Je cherche autant que possible des rôles fun. Le rôle du « Le papa qui passe le sel à table avec ses beau parents » est moins excitant que « le flic ripoux qui braque des collèges », référence à mon personnage dans la série « 2 flics sur les docks ».

On le sait, le rythme de tournage est soutenu sur une quotidienne. Avez-vous une méthodologie particulière de préparation pour, ensuite, sur le plateau, être aussi disponible et efficace que possible ?

Déjà, je considère ce genre de série comme de la musculation pour les artistes interprètes. Ce n’est pas pour rien que, quand on regarde les carrières des grands acteurs américains, on s’aperçoit que beaucoup sont passés par le format de la série.

Parce qu’on est, sans arrêt, en train de travailler son art et d’effacer tous les mauvais réflexes que l’on peut avoir.

Je l’avais déjà remarqué lorsque j’avais fait la série « Cinq sœurs » pour France 2, il y a eu une dizaine d’années. Avant de jouer, j’avais ce que j’appelle les pattes de lapin. UN truc porte bonheur, que l’on s’oblige à faire, pour ne pas se planter. Comme, par exemple, faire cinq grands gestes avec les bras avant d’entendre « action ». Sur une quotidienne, on ne peut pas se le permettre, parce que le rythme est effréné. On prend extrêmement soin de nous, on est bien coiffés, habillés, maquillés, avec tout un staff autours de nous….. Mais, quand on entend le fameux « action », il faut de suite assurer.

La méthodologie, c’est déjà de connaitre son texte au rasoir afin de pour pouvoir être à l’aise. J’apprends mes textes le plus tôt possible, dès que je les ai, je me mets dedans. Je prends la liberté de changer des choses, pour le rendre plus malléable en bouche. Evidemment, je ne change pas le sens mais je peux changer certains mots, que je trouve un peu trop écrits.

 

 

Ensuite, le plut tôt possible, j’essaie d’aller voir le décor où je joue. Pour ma première apparition, 80% de mes séquences étaient dans un lit, blessé au ventre par le coup de couteaux. Je me suis donc mis une sorte de carcan autour de la taille, sous le costume, on ne le voit pas. Cela avait deux avantages. Le premier était que j’avais vraiment le sentiment d’avoir des points de sutures…. Cela modifiait ma façon de bouger, de respirer, le son de ma voix, ma manière de parler et de respirer. Le deuxième était de me maintenir le dos, j’étais moins affalé dans le lit, ce qui me donnait plus de présence physique (Truc d’acteur !).

Vous savez, le travail d’un acteur est quotidien et ne commence pas au « action ».  Par exemple, si je ne faisais pas régulièrement de la gym et bien dans la séquence de poignardage, j’aurais peut-être été moins à l’aise, on aurait perdu plus de temps, le réalisateur aurait eu moins d’opportunités de cadrage….

A titre plus personnel, on imagine que vous seriez ravi de poursuivre l’aventure, entouré de cette équipe si familiale et si soudée ?

Je le disais au producteur récemment, c’est quand il veutJ. Autant, il y aurait une mauvaise ambiance, une qualité moyenne, je ne voudrais pas entendre parler de cela. Si « Un Si Grand Soleil » n’était pas une série de cette qualité, je passerais mon chemin. C’est crevant vous savez, tout ces textes à apprendre, les levées aux aurores pour se rendre aux studios, les allers et venue dans le Sud (je suis Parisien)…

Maintenant c’est au public et aux scénaristes de se dire qu’il serait intéressant d’imaginer l’avenir de Marc Burel. Il pourrait, j’ai l’idée là maintenant, être le frère caché de Julien Bastide, ou son demi-frère.

On aurait tout d’un coup un homme d’affaires un peu limite qui intègre réellement la famille Bastide (face à Julien, quelqu’un de bien, de juste) et qui aurait le droit de réclamer sa part légitime de la société. Pourquoi pas ?

En parallèle, toujours à l’image, vous allez tourner pour France 3 un épisode de « Commissaire Magellan ». Que dire sur cette autre aventure ?

C’est un programme à succès qui se tourne à Lille. Le rôle du commissaire est tenu par Jacques Spiesser.  La série est diffusée aussi sur une chaine aux USA. C’est très rare pour une série « Made in France ». J’ai lu que les Américains la trouvent « So Frenchy ».

J’avais déjà fait un épisode il y a quelques années  avec Mélanie Maudran et Jean-Marie Bigard. Là, je repars avec plaisir.

J’interpréterai un personnage très masculin, très chic, très moderne, qui organise des mariages, mais d’une manière pas du tout traditionnelle. Plutôt que de faire venir les mariés en calèche ou en limousine, il sera plutôt d’avis de les faire arriver en parachutes ou en hélicoptère. Je tournerai cela au mois de novembre.

Dans un autre registre, après un nouvel Avignon, vous lancez une nouvelle tournée de la pièce « Ladies night ». C’est, on peut le deviner, un réel plaisir pour vous de participer à cette belle aventure ?

C’est une pièce qui avait été adaptée au cinéma, dans les années 90, grâce au film « The Full Monty ».

L’histoire est celle de chômeurs du Nord de la France, qui sont au bout du rouleau et qui décident de monter un groupe de chippendales pour s’en sortir. Dans cette comédie, je joue le rôle de Manu, le leader du groupe, celui qui a l’idée. Il ne peut pas faire autrement que de gagner de l’argent, sinon il va perdre la garde de son fils.

Il va motiver ses copains, moitié machos, moitié piliers de comptoir, pour en faire des bêtes de scène dans le strip-tease masculin. On imagine facilement les difficultés auquelles il va se heurter. C’est une comédie où on se marre vraiment. Le public en redemande et certain soirs c’est la folie dans la salle !!

 

 

On avait fait un premier Avignon en 2018, qui avait très bien fonctionné, et qui avait été suivi d’une tournée. On a participé à un second Avignon cette année, qui a tout autant cartonné. On repartira en tournée en 2020.

Pour terminer et pour faire le lien entre tout ce qui a été évoqué, à titre personnel, considérez-vous les planches et l’image comme un seul et même métier ? Ou sont-ils, dans votre esprit, deux domaines bien différents ?

On parlait de la manière de tourner en quotidienne. On pourrait très bien partir sur la manière de tourner pour un téléfilm unitaire, qui serait différente. On pourrait très bien parler de la manière de tourner au cinéma, qui serait encore différente. On pourrait arriver sur les planches et la manière de jouer une comédie ou alors la manière de jouer une pièce en alexandrins, ou alors la manière de jouer une comédie potache où les portes claquent, ou alors la manière de jouer un one man show, ou alors la manière de jouer dans un bistrot…. C’est déclinable presque à l’infini.

Toutes ces façons de jouer sont différentes, elles ont toutes un rythme, une respiration distinctes. Par contre, elles se rejoignent toutes sur le fait que l’on joue avec les émotions et le corps. Il y a des fondamentaux qui doivent être là, comme l’emploi de la voix, les ruptures vocales, l’aspect physique, le rapport avec l’espace.

Donc c’est le même métier mais pratiqué sous des météos variables. Si quelqu’un se balade dans la rue, il le fera de façon différente selon qu’il fait chaud, qu’il pleut, qu’il fait froid…

Ce fut un plaisir, Mathéo, d’échanger avec vous !

Retrouvez Mathéo sur sa page Instagram : https://www.instagram.com/matheocapelli/

Publié dans Théâtre, Télévision

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