Un Si Grand Soleil : Manuel Blanc évoque avec nous Guilhem, son personnage dans la série à succès de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : Patrice Normand

 

Bonjour Manuel,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

La série de France 2 « Un Si Grand Soleil » est à l’antenne depuis un peu plus d’un an maintenant, avec le succès d’audience que l’on connait. Vous qui vivez cette belle aventure de l’intérieur, quelles peuvent être, selon vous, les clés de cette réussite ?

Je ne peux qu’apporter le témoignage de ce que je vis au quotidien sur cette aventure-là, elle est destinée à un large public, au grand public, c’est le feuilleton image de France 2. Je loue l’ambition des producteurs d’avoir voulu faire un feuilleton populaire avec une exigence artistique élevée. Ils ont amené, à mon sens, le feuilleton à un endroit qui n’existait pas avant. Ce que je trouve très intéressant pour les artistes et pour les nombreux participants à ce projet. On a des réalisateurs qui viennent d’horizon complètement différents, la barre a été placée assez haute. Qu’il y ait un engouement du public, qu’il soit fidèle, qu’il revienne, tant mieux, c’est un très grand plaisir.

 

 

Votre personnage, Guilhem Cabestan, a vécu pas mal de choses en un an, personnellement et professionnellement. Quel regard portez-vous à présent sur lui ?

C’est vrai que, pour un acteur, évoluer dans un tel feuilleton est une aventure vraiment unique. Quand on est récurrent, c’est une aventure avec des pointillés, sans fin. Le personnage évolue et nous ne savons pas à l’avance ce qu’il va devenir, c’est ce qui fait vraiment la particularité du feuilleton, cela me fascine, c’est très intéressant d’avoir un travail sur un rôle qui est toujours en devenir. Cela laisse une porte ouverte à plein de possibilités.

Au début, mon personnage était identifié comme quelqu’un au caractère très dur, un avocat véreux, méchant. J’avais surtout cette couleur-là à jouer et à défendre les premiers mois, on n’en savait pas plus sur le personnage. Jusqu’à ce qu’il y ait, quelques mois plus tard, cette intrigue autour d’Audrey Delorme, où j’ai été suspecté d’être son assassin. Je me suis retrouvé en prison, ce qui a remis en cause la relation de mon personnage avec Élisabeth Bastide, relation passionnelle qui était cachée jusqu’alors. Cette intrigue a fait tomber Guilhem de son piédestal, et passée cette épreuve-là, cela a permis de révéler aux proches la relation amoureuse avec Élisabeth qui était dissimulée depuis une vingtaine d’années.

 

Avec Chrystelle Labaude

 

Cette intrigue a été, pour moi, très riche et intense, très belle à défendre, je me suis beaucoup amusé aussi. Il y avait plein de doubles fonds, on découvrait les failles de Guilhem, qui était tout à coup déstabilisé, apparaissait fragile, sans armure. Se retrouver en prison était quelque chose d’impensable pour lui auparavant, je ne l’imaginais pas du tout se retrouver dans cette position-là. Puis cela a débouché sur le coming out de sa relation amoureuse avec Élisabeth, avec un face à face avec Julien Bastide, qui forcément n’a pas bien vécu cette situation, allant jusqu’à dire à Guilhem qu’il ne ferait jamais partie de leur famille. Il y a eu toute cette évolution-là au cours de la première saison, suivie par une attente, un flou pendant lesquels on ne savait pas trop ce qu’il allait devenir, jusqu’à l’arrivée de sa nièce, qui travaille avec lui comme avocate associée, et à laquelle il est très attaché. N’ayant pas eu d’enfant, Guilhem a un rapport un peu paternaliste avec Johanna, qui a perdu son père très jeune, des suites d’une longue maladie. On travaille ensemble, dans les mêmes bureaux, on est associés, je la protège, je la conseille. Cela a permis aussi de découvrir une autre facette du personnage.

 

Avec Aurore Delplace

 

Puis on a vu les tensions renaître avec Élisabeth, qui malgré le coming out de leur relation, ne pouvait toujours pas s’empêcher de mettre son fils Julien au premier plan, de le faire passer en priorité. Même en essayant de bien faire, Guilhem ne se sentait toujours pas inclus dans cette famille, il était mis à l’écart au moindre problème, et cela le rendait malheureux. La rencontre avec Mireille, la soi-disant mère d’Alice, au second mariage des Bastide, a changé la donne, Guilhem est tombé fou amoureux d’elle. Venant du même milieu modeste, ils se sont trouvés énormément de points communs, cette femme l’a reconnecté à ses origines, ses racines dont il se sentait éloigné, et l’a remis en phase avec qui il était vraiment. Cette relation a donc permis de révéler aux téléspectateurs qui était, au fond, Guilhem Cabestan, d’où il venait. Cette relation a été très forte pour Guilhem, et il a rompu avec Élisabeth.

Mais Mireille est morte assassinée par sa complice, la fausse demi-sœur d’Alice, Alexandra. Mireille n’était pas, je pense, quelqu’un de foncièrement mauvaise, elle a été manipulée par Alexandra, qui était plus intéressée qu’elle par l’argent des Bastide. Elle est morte brutalement, et cela a complètement laminé Guilhem, qui a perdu beaucoup dans cette histoire.

 

Avec Christèle Tual

 

C’était donc une saison riche, qui a permis de comprendre un peu mieux le personnage de Guilhem, qui a dû se battre pour réussir, se construire, ne comptant que sur lui, d’où son côté très ambitieux, requin, et peut-être que l’on apprendra d’autres choses sur son passé par la suite. Cela m’a tenu à cœur que l’on découvre ses failles, c’était important pour moi qu’on comprenne mieux d’où il venait, qui il était.

Pour ses différentes couleurs que vous venez d’évoquer, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour leur interprétation ?

J’en avais d’ailleurs discuté avec la production : quand on s’est retrouvé à table, au dîner d’Élisabeth, au moment de rencontrer la famille après la révélation de leur relation, Guilhem propose tout de suite aux enfants de Julien de venir en vacances chez lui, à Marrakech. Je n’ai pas d’enfant dans la vie, et cette maladresse de Guilhem m’avait parlé, touché, je trouvais cela très juste et intéressant, puisqu’étant en couple avec Élisabeth qui avait déjà eu des enfants de son premier mari, Guilhem, avait fait une croix sur les enfants, s’était résigné. Puis ma nièce, Johanna Lemeur, est arrivée dans l’aventure du feuilleton. J’aime avoir ce rôle un petit peu paternaliste avec elle, mais pas seulement, puisque nous sommes associés dans le travail. Un feuilleton est forcément une aventure humaine parce que c’est une aventure de fiction particulière, sans fin, en pointillés, comme je le disais. Par moment, il y a des croisements et des correspondances avec qui on est au quotidien. Et même si je suis très loin du personnage de Guilhem dans la vie, cette thématique des enfants m’intéressait, me parlait intimement.

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est soutenu. A titre personnel, affinez-vous toujours un peu plus votre méthodologie, au fur et à mesure ?

Ma méthodologie ne change pas, que ce soit pour un feuilleton, pour un unitaire, un court ou un long métrage de cinéma. Il y a du travail de préparation en amont, de réflexion sur la scène, de connaissance des enjeux. C’est vrai que ça va plus vite sur un feuilleton, ceci-dit mon personnage ne tourne pas autant en studio que les flics par exemple, qui peuvent enchainer dix séquences dans la même journée, ce qui est là, effectivement, un rythme incroyable. Me concernant, mon décor de bureau est en dehors des studios, dans la ville. La majorité des autres décors dans lesquels je tourne sont naturels, et quand on tourne en extérieurs, le minutage est moins important, et j’ai rarement plus de six scènes par jour. En décors naturels, on retrouve un temps de travail qui, finalement, même si ça va vite, est quand même très agréable. Ça ne me gêne pas d’aller vite, j’aime ça, à partir du moment où le travail de préparation a été fait en amont.

 

Avec Chrystelle Labaude

 

J’ai toujours aimé travailler vite, cela me plaît, et mon métier est de m’adapter à chaque façon de travailler de chaque réalisateur. On a beau être sur un feuilleton où les choses sont très cadrées, on a la chance d’avoir des réalisateurs très talentueux avec des méthodologies très différentes, c’est donc pour nous un formidable training d’acteur. A chaque session de dix épisodes qui se tournent sur deux semaines, on va travailler avec deux à trois réalisateurs, et chacun aura une façon d’aborder le tournage et une mise en conditions différentes. Donc la méthodologie du comédien est toujours de devoir se préparer au mieux et le moment venu sur le plateau, d’être disponible, à l’écoute du réalisateur et de ses partenaires. C’est très enrichissant et stimulant d’avoir à faire à autant de réalisateurs talentueux aussi différents, ils ont des façons de travailler tellement éloignées parfois, et à l’arrivée, quand je découvre les épisodes, je vois une homogénéité, une fluidité qui me bluffe et m’épate toujours. Il y a une vraie cohérence.

Par la suite, aimeriez-vous pouvoir approfondir certaines couleurs du personnage ? A l’inverse, souhaiteriez-vous pouvoir en proposer d’autres encore ?

Je suis ouvert à ce qui va se passer. On a un peu plus eu accès au fond du personnage, à ce qu’il est, je pense qu’il ne changera pas fondamentalement mais tout est possible en même temps. Je suis assez heureux d’avoir eu cette intrigue qui a donné du corps à Guilhem, et à partir de là je suis à l’écoute de ce qui va lui arriver. J’aimerai bien qu’on le voit davantage exercer son métier d’avocat. J’aime bien ce mystère-là aussi, si on savait tout à l’avance, ce ne serait pas pareil, j’aime la surprise et ne pas trop avoir d’attentes.

Nombreux sont les comédiens à l’avoir dit, c’est une vraie et belle famille. Ce qui se ressent à l’image et aide à la qualité du programme.

C’est vrai qu’il y a une très bonne ambiance et un esprit de famille, de troupe, qui est assez stimulant. C’est très appréciable, il y a une effervescence, ça compte, c’est très important, le public le sent et me le fait souvent remarquer.

 

Crédits photo : Lisa Lesourd

 

En parallèle, dans un autre registre, une autre de vos passions est l’écriture. Un mot peut-être sur cette casquette artistique-ci ?

J’ai déjà écrit deux romans qui sont sortis et, là, je termine une première version du troisième, que je vais retravailler avec un éditeur. C’est vrai que le fait de tourner sur un feuilleton me permet d’avoir du temps à côté pour continuer l’écriture et développer d’autres projets aussi. C’est un cadre qui est très agréable. L’écriture de romans est ma bulle, mon monde à moi, ma voix intérieure, j’ai besoin d’avoir cet espace-là en complément de mon métier d’acteur que j’aime énormément, dont je ne pourrais jamais me passer. Ces deux activités se complètent et s’équilibrent au fil des années.

Ce fut un plaisir, Manuel, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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J
Merci pour cet article et cet entretien en compagnie du comédien Manuel Blanc qui interprète avec brio le personnage de Guilhem que je suis dans "Un si grand soleil" depuis 1 an . Je vais parcourir votre blog passionnant .
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V
tres bon acteur
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