Un Si Grand Soleil : Fred Bianconi nous parle de Virgile, son personnage et évoque ses autres projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Fred,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous faites partie de la belle aventure de France 2 « Un Si Grand Soleil », programme qui cartonne depuis un an maintenant. Vous qui vivez cela de l’intérieur, quelles sont les principales raisons de ce beau succès ?

C’est toujours très compliqué de savoir pourquoi les choses ont du succès. Si on avait la solution, on ne ferait que des choses qui marchent. J’imagine qu’il y a une sincérité dans la démarche, avec l’énergie que chacun apporte à ce projet. Pour être dedans depuis un an, on se rend compte qu’il y a une très bonne ambiance, un très bon état d’esprit, une envie de bien faire. Les auteurs, acteurs, réalisateurs, chefs opérateurs, techniciens apportent chacun une touche différente.

Je crois que les choses sont bien jouées, avec des personnages sincères, bien éclairés et filmés de manière pas complètement académique. Cela a peut-être titillé la curiosité de chacun au début et les gens se sont fait prendre par les histoires, qui sont riches. Avec les rebondissements, il y a peut-être un phénomène addictif qui se met en place, avec un rapprochement aux personnages, que l’on aime ou que l’on aime détester.

Vous y interprétez Virgile, un personnage qui, en un an, a déjà connu et vécu pas mal de choses, dans sa vie personnelle mais aussi dans le cadre professionnel. Quel regard portez-vous à présent sur lui ?

Dès le départ, j’ai aimé ce personnage qui avait quelque chose de double, un secret qui l’a amené à agir de manière parfois étonnante, en étant extrêmement protecteur de sa fille, tout en étant dans des coups pas forcément très nets. Avec aussi un mystère autour de la mort de sa femme, la mère de Léa. Finalement, ce mystère qui a été trainé sans en donner les clés pendant pratiquement un an a, je pense, un peu interrogé le spectateur sur ce personnage sympathique mais qui cache quelque chose et qui a peut-être un passé plus trouble qu’il en a l’air.

 

 

Un an plus tard, après différents petits ingrédients qui ont été placés, avec Eliott d’un côté, Bruno Serrat de l’autre, on va entrer petit à petit dans son histoire, dans le passé de ce personnage, comprendre pourquoi il en est là et qui il est vraiment. C’est ce que nous sommes en train de tourner en ce moment, en août, pour une diffusion qui démarrera en octobre.

Le fait de découvrir, pour vous et pour les téléspectateurs, son secret après coup est-il quelque chose qui vous plait ? Ce mystère et cette découverte progressive vous attirent-ils ?

Oh oui, c’est toujours agréable. C’est bien de ne pas savoir les choses à l’avance, cela permet aussi à chacun de laisser aller l’imaginaire. Cela permet d’accrocher aussi les gens sur quelque chose qui les intriguent. Quand on intrigue les téléspectateurs, on les intéresse et quand on les intéresse, c’est plutôt bon signe.

Avez-vous des sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de votre personnage ? Vous retrouvez-vous parfois en lui ?

Comme on découvre les histoires au fur et à mesure et que les situations sont toujours assez fortes et assez claires, c’est de cette manière aussi que le personnage se construit petit à petit. On lui donne une couleur au départ et, en fonction des situations dans lesquelles ce personnage est plongé, on lui donne son caractère, par petites touches à droite et à gauche. Sur ce type de programme où les choses vont vite, on utilise toujours un bout de soi, forcément, d’une manière ou d’une autre, sur des colères, des tristesses. On va puiser forcément dans des choses qui nous appartiennent. Mais même si cela reste avant tout de la fiction et une construction d’un personnage. Ma vie n’a pas grand-chose à voir avec celle de Virgile !

Vous évoquiez ce rythme soutenu de tournage. Avez-vous une méthodologie particulière de préparation que vous affinez au fur et à mesure, pour être toujours plus disponible et plus efficace ?

Non, je me laisse vraiment porter par un seul moteur, l’amusement, la liberté et la sincérité. C’est le point de départ de tout. Sur chaque situation, je suis à l’écoute des demandes du réalisateur, je fais le lien avec le moment de l’histoire (avec l’aide des coachs qui sont là pour nous la rappeler), pour me rendre intérieurement disponible, afin de donner les émotions et les sentiments nécessaires à la situation.

 

Crédit photo : Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

Je suis assez instinctif en fait, plus ça va et plus j’aime utiliser cette formule, en ayant lu les textes, les épisodes et les histoires, pour, à partir de là, me rendre disponible pour jouer la scène à tourner. Je passe à la suivante seulement après.

Par la suite, à moyen terme, aimeriez-vous défendre certains thèmes en particulier ?

Ce que je trouve intéressant aussi dans ce type de programme, c’est que l’on ne sait pas vers quoi on va aller. Les auteurs travaillent d’arrachepied pour inventer des histoires qui, même si elles sont parfois improbables, finissent par se reconnecter les unes les autres. C’est d’une telle richesse que, franchement, je leur fais entièrement confiance. Je salue le travail qu’ils fournissent au quotidien pour imaginer, inventer, structurer les histoires d’une telle quantité de personnages. C’est impressionnant.

Je n’ai donc pas spécialement d’attente par rapport à ce personnage. Je fais confiance aux auteurs. Simplement, on va bientôt connaitre son secret, on sait qu’il a eu une histoire d’amour avec la mère de Léa, qu’elle est morte il y a maintenant plus de dix ans, on a vu qu’il a eu une petite histoire avec Eve, qui n’aura duré que quelques mois.  Je pense qu’il va avoir des besoins physiologiques ce garçon !! Il va falloir qu’il rencontre quelqu’un.

En parallèle, toujours à l’image, on peut vous retrouver depuis plusieurs années dans la série « Engrenages » sur Canal +. Y voyez-vous, artistiquement parlant, certaines complémentarités entre ces deux interprétations ?

Non, du tout. « Engrenages » a été, j’en parle au passé car la saison 8 est en tournage et que je n’y suis pas. Ça a été une aventure absolument incroyable pendant 14 ans. Elle n’était pas prévisible, elle connait un succès énorme en France et à l’étranger, elle a même traversé l’Atlantique pour être récompensée d’un Emmy Award comme meilleure série étrangère. Le succès en Angleterre est dingue aussi, le programme est même vendu dans 75 pays dans le Monde. C’est une aventure magique.

S’il doit y avoir des choses communes avec France 2, je dirais l’aventure humaine. Il y a des ressemblances avec ce qui est en train de se passer en ce moment.

« Engrenages » m’a appris le réalisme, la confrontation et la simplicité des rapports entre acteurs dans le jeu. On apprend à simplifier pour que ce soit d’autant plus fort, crédible et réaliste. Cette période de 14 ans est en cela un vrai cadeau aussi. J’ai y découvert aussi la création d’un personnage sur la longueur. Dans ce sens-là aussi, il peut peut-être y avoir des ressemblances avec le développement sur la longueur d’un personnage Virgile.

Simplement, ça va beaucoup plus vite sur France 2, il s’est passé déjà pas mal de choses en un an. C’est en tout cas assez marrant de prendre un personnage à un instant T et de le faire évoluer sur plusieurs années.

 

Crédit photo : Martin Lagardère

 

Pour terminer, un petit mot sur une autre aventure, dans un autre registre, « Les Darons », qui vous tient également beaucoup à cœur ?

C’est une aventure théâtrale, une création artistique d’un spectacle complètement décalé et déjanté, avec une bande de copains. Nous nous sommes connus il y a 25 ans, sur une scène ouverte que nous avons créée, à côté de Dany Boon, Jamel, Eric et Ramzy. Cette bande aujourd’hui de cinq mecs est composée de Frédéric Bouraly, le José de « Scènes de ménages », d’Olivier Mag, le Jean-Pierre de « En famille », d’Emmanuel Donzella, qui était le guitariste de la chanson de l’invité sur « The ou café ? » et de Luc Sonzogni, qui est notre gourou à tous et qui nous a tous entrainés dans cette aventure.

On a tous fait notre parcours en télé mais on se connait depuis tant années. Notre complicité est jouissive tant pour nous que pour le public. On fait un spectacle qui mélange sketchs et chansons pendant une heure vingt. Nous l’avons déjà joué au théâtre du Splendid, au Café de la Gare et un peu partout en tournée. On espère le reprendre prochainement sur Paris. Cette aventure continue de vivre et c’est un pur bonheur.

Merci, Fred, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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