Romane Portail évoque son parcours et sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Romane,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous.

Vous êtes une artiste aux différentes cordes artistiques, comme en témoigne votre parcours. Votre spectre est assez large, avec également des expériences en anglais.

J’essaie de travailler de plus en plus en anglais depuis quatre à cinq années maintenant. C’est un processus qui est long et qui demande de la ténacité. J’auditionne beaucoup- je fais ce que l’on appelle des selftapes - pour les Etats-Unis ou l’Angleterre.

J’adore travailler en anglais. Rien que de parler cette langue, cela me met en joie! J’ai eu notamment beaucoup de plaisir en tournant dans la série en anglais « Fearless ». C’était une production Blackpills, une plateforme de séries digitales. Sous un format de 10x10 minutes, où j’avais le rôle principal. C’était vraiment exaltant. J’avais aussi joué dans « Urban Jungle », une production Studio +, tournée à Prague, qui était également un format de 10 épisodes de 10 minutes. J’ai aussi fait une apparition dans « Sense8 », la série Netflix. Sans oublier l’année dernière une série au Canada « Frankie Drake Mysteries », à Toronto, où je jouais le rôle de Coco Chanel. Un vrai Bonheur! J’y ai retrouvé les mêmes manières de travailler qu’aux Etats-Unis. Chaque acteur, quel que soit la grosseur de son rôle, a une petite caravane personnelle, avec tout le nécessaire. Ce que l’on ne retrouve que rarement en France. Beaucoup de monde est présent pour nous chouchouter et on ne perd pas une minute.

Quels sont justement vos prochains projets dans cette langue ?

En ce moment, je tourne dans « Spy city ». C’est une série de 6x45 minutes qui se passe à Berlin, pendant la Guerre Froide, juste avant la construction du mur. Des espions britanniques, américains, français et russes sont tous présents, dans cette ville « nid de vipères », où l’on ne peut faire confiance à personne. C’est une série qui me tient beaucoup à cœur, avec un rôle magnifique. Le scénario est superbement écrit. J’y joue une espionne française qui a une histoire passionnelle avec un espion britannique, interprété par Dominique Cooper.

Quelle est, du coup, votre méthodologie de préparation ? Vous plongez-vous dans certains documents pour bien comprendre le contexte politique de l’époque ?

Oui, bien entendu. J’adore les films d’époque, c’est d’ailleurs ce que je préfère. Et ici, dans « Spy city », c’est un contexte politique très spécifique et qui m’intéresse tout particulièrement. Se documenter fait partie de la préparation de l’acteur pour ce genre de rôle.

 

 

Si l’on revient à la genèse de ce parcours, qu’est-ce qui vous a donné l’envie de développer vos compétences au-delà de nos frontières ?

J’ai commencé par le théâtre. J’ai fait une école nationale supérieure qui s’appelle l’ENSATT. Je trouve en effet que c’est important en tant qu’acteur d’avoir une palette large et de ne pas être bon qu’à la caméra. Il faut être à l’aise aussi bien sur le plateau  de tournage que sur scène. Surtout, il n’y a pas de formation de cinéma, on apprend en travaillant. Pour me former, je me suis ainsi tournée vers les planches.

Les pièces que j’ai jouées ensuite à Paris m’ont permises de rencontrer mon premier agent puis de commencer à tourner, en parallèle du théâtre. Au bout d’une petite dizaine d’années, je travaillais régulièrement et, dans ce métier difficile, je peux dire que je n’avais pas à me plaindre. Mais je commençais à ressentir d’autres envies, avec des rêves d’étranger. Gamine, c’étaient les programmes américains qui me faisaient vibrer le plus.

Je me suis dit qu’il fallait que je me donne toutes les chances, pour essayer d’aller au bout de ce rêve d’enfant. J’ai commencé à travailler mon anglais, je continue d’ailleurs toujours à m’entraîner. Je suis allée vivre deux ans à Londres pour m’imprégner de l’ambiance et aussi pour franchir de nouveaux obstacles sur un autre marché.

En débarquant à l’étranger, on arrive en terrain vierge…on n’y est pas catalogué dans un type de rôle ou de format. J’étais complètement neuve dans le regard des autres. Ça peut donner parfois le vertige mais c’est aussi très libérateur.

 

 

Pour la suite, quelles sont vos envies artistiques ?

De poursuivre sur cette lancée. J’aimerais continuer à travailler d’autant plus sur le continent américain. L’idéal pour un profil comme le mien serait une belle série sur une plateforme telle que Netflix ou Amazon prime par exemple… Ce sont des plateformes planétaires où il n’y a pas forcément une recherche de profils typiquement américains. Ils sont beaucoup plus ouverts que la télé américaine aux étrangers, aux accents, aux profils un peu différents. C’est même souvent un avantage.

En parallèle, vous faites aussi de la peinture et de la sculpture. Quelles complémentarités y trouvez-vous ?

Le métier d’acteur, comme beaucoup d’autres métiers, n’est pas toujours facile. Psychologiquement, il faut être costaud parfois. On se remet sans cesse en question, on doute beaucoup. Il est donc important d’avoir une autre passion que notre métier, sinon on s’identifie complètement à ce dernier, ce qui peut être dangereux quand on n’a plus de travail. Je trouve important de connaitre autre chose qui donne l’envie de se lever le matin et de créer.

Pour ma part, ce sont la peinture et la sculpture. Tout particulièrement le modelage. Je m’y suis remise à fond depuis deux ans, cela m’épanouit énormément. J’avance pendant mon temps libre. Dernièrement, je travaille sur l’Homme et ses animaux totems, en lien avec le chamanisme. Je ne m’ennuie jamais :)

Merci, Romane, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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