Les Petits Meurtres d'Agatha Christie : Entretien avec Blandine Bellavoir, qui revient sur cette belle aventure !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Blandine,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

L’aventure « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » a encore réalisé de très belles audiences en cette rentrée. Même si ce n’est pas forcément facile à définir, selon vous, qu’est ce qui fait le succès de ce programme ?

Ce n’est pas moi qui ai le secret, ce sont les téléspectateurs entre eux. Nous sommes arrivés pour reprendre une série qui existait déjà et qui marchait déjà, il y avait donc une très grosse pression. On ne pensait pas partir pour sept saisons au moins. Je pense que les gens sont venus pour Agatha Christie et qu’ils sont restés pour les personnages. Ce sont les retours que nous avons eus après coup.

D’ailleurs, comme quoi on communique vraiment avec les envies du public, on peut se rendre compte que le genre comédie policière a été poussé presque à l’extrême. L’intrigue est à présent un prétexte à voir les personnages vivre des histoires. Je suis convaincue, en tout cas, que c’est notre empathie, en tant que téléspectateur, pour les personnages qui nous fait aimer une série. C’est l’essence même de la vie.

La série est devenue de plus en plus chorale, on était un duo, on est devenus un trio avec Marlène, qui a pris de plus en plus d’envergure. Ce qui nous permet encore plus de possibilités scénaristiques, d’intrigues, de folies. Je trouve cela vraiment génial, cela nous permet d’avoir une palette encore plus large et de ne pas nous ennuyer. On a fait 27 films de 90 minutes en 7 années, c’est énorme, c’est considérable.

Cette saison, certains épisodes se sont encore plus concentrés aussi sur les autres personnages que ceux du trio. Je trouve que c’est l’apogée de notre genre et de notre univers. C’était de la BD, là on est presque devenus un dessin animé.

C’est un programme original, en plus c’est tout un charme français, ce sont les années 60, l’époque des trente glorieuses, c’est tout un style, c’est une ligne esthétique. Je sais qu’il y a une nostalgie et un profond respect pour cette époque, ce qui amène aussi la qualité de cette série. Je pense à tous les gens qui travaillent derrière, dans les coulisses, que l’on ne voit pas à l’écran et qui font aussi ce succès. Les équipes sont hyper investies et sont heureuses de faire partie de cette aventure.

On fait aussi ce métier pour mener à bien des projets fous comme celui-ci, 7 années est une durée considérable dans la vie d’un acteur. C’est une aventure incroyable et familiale. On se retrouve avec la même passion et le même plaisir, on vit des choses ensemble sur le plateau, on partage des grands moments de vie. Cet amour de notre métier participe aussi au succès du programme.

 

 

Après toutes ces années que vous évoquiez, quel regard portez-vous sur l’évolution de votre personnage ?

On ne feuilletonne pas, nos personnages ne sont pas censés évoluer. Mon personnage, en tout cas, a évolué, ne serait-ce que dans sa carrière. Elle a commencé avec une petite rubrique, les courriers du cœur, qui l’insupportait mais, au moins, elle avait réussi à rentrer dans un journal. Elle et moi sommes depuis chargées de 27 intrigues, de tout ce qui nous est arrivé. Elle est devenue une vraie mille-feuille.

J’ai beaucoup d’affection pour elle, c’est une mise en abime incroyable en tant qu’acteur, elle se transforme dans pratiquement tous les épisodes. C’est difficile de se lasser.

Les scénaristes sont à l’affut de nos envies et de nos désirs d’acteurs. J’affectionne particulièrement de chanter, cela m’a été proposé dans plusieurs épisodes. Le dernier de l’année sera d’ailleurs une comédie musicale. On fait les choses jusqu’au bout et à la française. Je trouve que ce programme est une vitrine pour la série française. La famille d’Agatha Christie veille à notre travail et apprécie beaucoup la série. Notamment par son style particulier Made In France. Je suis hyper heureuse de faire partie de ce projet. Ce personnage m’accompagne, m’a fait changer mon point de vue sur plein de combats, notamment le féminisme. Puisque je me suis intéressée, j’ai beaucoup lu sur la cause.

Mes partenaires de jeu m’ont aussi beaucoup apporté, j’ai été un peu le bébé en arrivant et ils m’ont guidé. Quand je joue, je garde à l’esprit également un œil de téléspectatrice. J’ai toujours eu beaucoup d’ambition pour la télé, elle lie les gens qui sont tous seuls, elle a pouvoir d’éducation, c’est un média incroyable et, quel que soit le projet, je le fais avec un grand devoir de rigueur et de professionnalisme. Je crois que la télé commence à comprendre son pouvoir, la fiction est en train de changer et nous sommes là pour élever le débat. Il y a d’ailleurs de plus en plus de gens de cinéma qui viennent mener des projets. Je suis contente de faire partie de ce changement vers la nouvelle fiction française.

Ce fut un plaisir, Blandine, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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J
Merci pour cette entretien avec la comédienne Blandine Bellavoir que je regarde dans "Les petits meurtres d'Agatha Christie" et que j'avais vu débuter dans "Plus belle la vie " il y a quelques années déjà .J'aime son jeu, son naturel , son culot, son charme , elle est incroyable ! Et cette série également pour le coté vintage et l’écriture des intrigues .
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