Demain Nous Appartient : Franck Monsigny évoque Martin, son personnage et en profite pour aborder ses autres projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Franck,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La série de TF1 « Demain Nous Appartient » est un véritable carton d’audience depuis plusieurs années maintenant. Justement, comment expliquez-vous cette belle fidélité des téléspectateurs ?

A la volée, il y a, pour moi, plusieurs raisons. La série a réussi à captiver un public assez large, cela démultiplie les téléspectateurs dans leur genre et leur âge. Les fans vont de 10 à 65 ans à peu près, de ce que je vois. Dans le programme, nous avons à la fois des très jeunes rôles et d’autres, plus aguerris. Il y en a pour tout le monde.

Nous traversons des enjeux très variés où, à nouveau, chacun peut y trouver son compte. Ces enjeux sont profonds, des choses délicates et importantes sont abordées, qui plantent des graines. Les gens se sentent, je pense, concernés. Je crois aussi que les personnages sont identitaires, le public peut se reconnaitre.

Vous y interprétez le personnage de Martin Constant, qui a vécu pas mal de choses, personnellement et professionnellement. Quel regard portez-vous à présent sur lui ?

Un regard bienveillant ! Au début de la série, quand je suis arrivé, je découvrais le personnage en même temps qu’il était écrit. Il avait un passé obscur, donc on pouvait y mettre dedans tout ce que l’on voulait. Je faisais donc connaissance avec lui à cette période.

Même si c’est quelqu’un qui a l’air un peu d’une savonnette car on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui, il est droit et fidèle à ses principes, avec de jolies valeurs. Aujourd’hui, quand je le regarde, il m’amuse un peu. Lorsqu’il est revenu en août l’année dernière, pour reprendre en main le commissariat, il avait pour mission de s’en prendre à tout le monde et à tout ce qui n’allait pas, ce qui me faisait plutôt rire. Je passais mon temps à avoir la légitimité de gueuler sur tout le monde, c’était assez drôle à jouer.

Là, avec tout ce qu’il traverse, avec ses amours contrariés, c’est quelqu’un à qui l’on souhaite du bien. Il ne réussit pas non plus tout ce qu’il entreprend, ce qui lui donne un côté humain. Mais c’est quelqu’un de solide, ce que j’aime bien.

De près ou de loin, sur certains aspects de sa personnalité ou sur certains de ses traits de caractère, vous retrouvez-vous en lui ?

Forcément, il y a des tiroirs émotionnels qui nous appartiennent. Nous n’avons pas le temps de faire de la grande composition parce que, dans la méthode de travail, il faut aller vite. Donc sortent de nous, instinctivement, pas mal de choses que l’on offre au personnage. Je peux lui trouver communément un côté autoritaire mais, en même temps, un côté centré et solide. C’est quelqu’un sur qui les gens peuvent s’appuyer, il saura faire quelques écarts s’il trouve que c’est important pour une personne. C’est quelqu’un que l’on peut venir trouver si ça ne va pas. C’est quelqu’un d’efficace, j’aime bien l’être moi aussi.

 

 

Pour la suite, aimeriez-vous défendre certains thèmes en particulier, au travers de Martin ?

Dans mon personnage de policier, cela reste une idée, j’aimerais bien qu’il soit impliqué dans ce qui pourrait être une tentative terroriste qu’il réussirait à déjouer. C’est une idée que j’ai proposée, on verra si on a le temps de la développer ou si elle intéresse les auteurs. Je trouve que ça fait partie de notre quotidien, on vit avec depuis quelques années, de manière plus intense même. Je ne sais pas si on peut tout faire vivre à Sète car il s’en passe des choses ! Mais c’est un sujet que j’aimerais bien creuser.

Vous l’évoquiez, le rythme de tournage d’une quotidienne est très intense. A titre personnel, au fur et à mesure des plateaux, arrivez-vous à affiner votre propre méthodologie, pour être encore plus efficace et encore plus disponible ?

Oui, absolument ! La mémoire est quelque chose d’assez complexe à comprendre mais, au bout de deux ans, elle connait parfaitement son job. De ce fait, on peut un peu se libérer du stress de l’apprentissage du texte pour se concentrer sur ce qu’il défend. On en oublie un peu les mots au profit des idées. Avec le temps, je deviens plus libre, plus audacieux, plus confiant pour proposer des nuances à mon personnage.

C’est ma première expérience de  tournage avec un tel rythme et j’ai réussi à me débarrasser de la technique, des placements, des choses qu’il fallait très vite retenir, Ce sont des choses désormais que je digère très vite, il y a plus de place à présent pour la créativité.

Nombreux sont les comédiens à l’avoir dit, vous avez la chance d’être dans un cadre de tournage très agréable, à Sète, avec une équipe où l’ambiance est très chaleureuse.

Oh oui, oui. De manière homogène, tout le monde a la grande intelligence de bien s’entendre au travail. Il y a, en plus, la magie d’avoir fait des belles rencontres et d’avoir créé de belles affinités, à tous les postes. Nous ne sommes pas qu’entre comédiens, on est ami avec des techniciens et des gens de la production. Il y a beaucoup de bienveillance. Je le dis souvent, si, dans trente ans, on se retrouve sur un plateau télé pour chacun un projet différent, on se tombera dans les bras.

En parallèle, dans un autre registre, on pourra prochainement vous retrouver sur scène dans « Le Roi Arthur ». Que dire sur cet autre projet artistique ?

C’est un projet ambitieux, qui a été monté, écrit, mis en scène par Jean-Philippe Bèche, librement inspiré du mythe du Roi Arthur. Il l’avait monté déjà l’année dernière, pour six semaines, à la Cartoucherie à Vincennes. Nous avions été éligibles aux Molières et nous nous retrouverons en octobre pour une nouvelle résidence. Afin de retravailler la pièce, de la retraverser avec d’autres idées. Nous aurons une représentation à l’issue de cette résidence le 23 octobre à Sarcelles. Deux jours après, nous serons sur scène à Orange, dans le cadre d’une semaine culturelle historique.

Cette pièce nécessite pas mal de moyens, nous sommes douze au plateau, onze comédiens et un percussionniste. C’est une grosse machine que je suis ravi de réintégrer.

 

 

Pour terminer, voyez-vous certaines complémentarités de jeu entre ces deux registres, que sont l’image et la scène ?

Complètement ! Je suis content d’avoir commencé ma carrière dans cet ordre-là, j’ai appris, chemin faisant, au théâtre, sur les planches. J’ai eu la chance d’intégrer certaines familles théâtrales importantes, qui m’ont permis d’apprendre mon métier. Le théâtre, je crois, permet d’aller à la télé. La réciprocité n’est pas forcément vraie. En tout cas, l’enseignement des deux est complètement complémentaire. On y apprend des choses différentes mais les ponts sont là, un domaine sert à l’autre, je ne pourrai jamais me passer ni de l’un, ni de l’autre. Ils sont vraiment des enseignements et des plaisirs différents.

Les impacts sont différents aussi. Aujourd’hui, dans notre société évolutive, on a besoin d’une image, d’une popularité, on a besoin d’exister dans la tête des gens. La télé bat le théâtre en termes de fréquentation. Il faut évoluer avec son temps, et là où autrefois on avait du public parce que l'on travaillait, aujourd'hui c'est bien d’avoir des followers pour avoir du travail… C'est comme ça.

Merci, Franck, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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