Mathieu Coniglio évoque son personnage dans Un Si Grand Soleil, ainsi que ses autres projets théâtraux !

Publié le par Julian STOCKY

crédit photo Simon Larvaron

 

Bonjour Mathieu,

Quel plaisir de vous revoir pour ce nouvel entretien !

On peut vous retrouver depuis peu sur lantenne de France 2 dans la série à succès « Un Si Grand Soleil ». Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, quelles sont, selon vous, les principales raisons de la belle fidélité des téléspectateurs ?

Je regardais la série de temps en temps avant de jouer dedans car mon pote Benjamin Bourgois y est récurrent. Il m’en avait parlé en de très bons termes, me disant qu’il y avait une vraie volonté de faire de la qualité. Ce que j’ai moi aussi remarqué sur le plateau, malgré un nombre de minutes utiles important à sortir chaque jour.

France Tv a beaucoup investi dans les studios de Vendargues, ça se voit en arrivant sur place, c’est assez impressionnant. Des décors sont confectionnés sur place, des intérieurs et des extérieurs sont retranscrits. A l’image, j’ai aussi vu une vraie qualité. Plusieurs réalisateurs viennent du long-métrage, j’ai eu la chance de tourner avec Julien Seri, Chris Nahon, Nicolas Capus et Benoit d’Aubert. Ils ont tous une expérience dingue et ont tous envie de qualité. Il faut savoir aussi que les studios ont été pensés avec l’aide des chefs électro, des chefs opérateurs, etc. Par exemple, il y a des pans de murs qui s’enlèvent pour mettre une caméra.

Techniquement, la série est à la hauteur de ce qu’ils veulent faire. Cela se ressent aussi chez les auteurs, chez les comédiens. Ce sont des intrigues de feuilleton, il est important que le public accroche de suite, sans avoir pris la série au début. Du coup, quand on arrive, on a cette volonté de maintenir ce niveau d’exigence pour que les choses soient qualitatives, c’est assez grisant. Cela se ressent à l’image.

Votre personnage vient datterrir de Seattle, suite au décès de sa tante. Cette arrivée est liée à l’arche autour du cercle de jeu et des dettes associées de Gary. Pour ce que vous pouvez en dévoiler, comment présenteriez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Je les ai construites un peu. Tel que l’on me l’a dit, Aurélien a une boite à Seattle qui marche plutôt bien. Il rentre de temps en temps voir sa tante Delphine, une fois par an. Là, il rentre plus tôt, suite à son décès. Il en est chamboulé, c’est quelqu’un d’émotif. J’ai essayé d’en faire quelqu’un de sentimental, quoi qu’il fasse, quels que soient ses choix.

J’aime à savoir que, quelles que soient les décisions que peuvent prendre les gens, ce n’est jamais négatif. J’aime la dualité chez un personnage, s’il est gentil, je vais chercher à savoir ce qu’il y a de mauvais chez lui et s’il est méchant, je vais essayer de savoir ce qui est bon chez lui. C’est quelque chose que je fais même au théâtre. Je n’aime pas avoir une seule couleur. Je pense que beaucoup de comédiens travaillent comme cela mais j’aime le dire, j’aime le répéter et je pense que c’est important pour le spectateur de le savoir. Parce que je trouve que c’est toujours plus grisant, en tant que public, de chercher la dualité. Quand on la cherche, généralement on la trouve.

J’ai abordé comme cela mon personnage, en me disant que rien n’est blanc, que rien n’est noir. Pour ne rien montrer, je joue une couleur principale et, de temps en temps, j’essaye de mettre autre chose. Cela m’amuse en tant que comédien.

On n’est pas du tout dans le cliché du mec prétentieux, qui vient de Seattle, qui étale son argent. C’est simplement un point de départ.

Vous évoquiez à juste titre le rythme soutenu de tournage. Avez-vous une méthodologie particulière de préparation ?

Je ne sais pas si j’ai une technique mais, en tout cas, j’appréhendais ce fort rendement. Je savais avant d’y aller qu’il n’y a pas beaucoup de prises. Un comédien a toujours peur de ne pas être à la hauteur. En arrivant, c’est déstabilisant. Mais, je tiens à le dire, les gens sont adorables. C’est un groupe de dingue et pourtant il y a quatre équipes qui tournent par jour. Tout le monde fait un super travail, avec une qualité superbe. C’est fou qu’il y ait une ambiance telle avec un objectif pareil. C’est, je pense, ce qui m’a le plus impressionné.

 

crédit photo Simon Larvaron

 

Du coup, les névroses du départ sont très vite oubliées. A peine arrivé, on est déjà dans une famille. Je me rappelle notamment de mon premier soir, je venais à peine d’arriver à l’hôtel que j’ai croisé les comédiens récurrents, qui m’ont invité de suite à les rejoindre à table. Le tout dans une ambiance très chaleureuse et confortable.

Et cela se répercute, je me rappelle avoir échangé avec une comédienne arrivée quelques jours après moi, en essayant de lui transmettre cette bonne humeur. J’avais envie qu’elle se sente bien. Du coup, je dirais qu’il n’y a pas tellement de préparation, l’équipe fait presque le travail à notre place. Il faut simplement oublier le fait qu’il n’y ait que deux à trois prises, il faut arrêter de se poser des questions et il faut juste faire son travail. Il y a aussi des coachs qui nous accompagnent. C’est très confort. Cet exercice est très formateur en tout cas.

Si le scénario le permet, vous plairait-il de revenir sur ce programme ?

Evidemment ! Comment refuser ? C’est un petit bonbon. Revenir sur un mois ou plus serait un grand plaisir.

En parallèle, vous êtes à l’affiche au Café de la Gare de la pièce « Diner de famille ». Après le théâtre Edgar, laventure poursuit son chemin avec succès. On imagine que vous êtes toujours aussi heureux den faire partie ?

Toujours ! C’est une équipe formidable, c’est une famille, de la production, aux comédiens, aux décorateurs, au metteur en scène. Nous avons eu la chance de commencer chez Luq Hamet au théâtre Edgar, on arrive au Café de la Gare, lieu qui me tient à cœur à titre personnel. Il y a une âme dans ce théâtre. C’est là aussi une famille, c’est du caviar de jouer ici. La pièce continue de cartonner, c’est magnifique. Avignon a été un succès fou également.

J’espère que l’on ira le plus loin possible. Mes partenaires de scène sont géniaux, je vois plus souvent Carole Massana et Emmanuel Donzela, je n’oublie pas Emmanuelle Gracci ni Jean Fornerod ni Pascal Rocher, ni même mes alternants Joseph Gallet et Arnaud Laurent. On s’entend bien, ça se passe simplement, c’est du bonheur.

Pour terminer, quels sont vos autres projets artistiques en ce moment ?

Avec Dîner de famille, nous sommes au Café de la Gare jusqu’au 4 janvier au moins. « Don Juan est une femme » se joue en parallèle jusqu’au 21 septembre.

Vincent Daenen, un écrivain et auteur de théâtre très talentueux, a écrit une pièce à deux personnages, pour Thibault Sommain et moi, qui sera mise en scène par Antoine Cholet. Cela s’appelle « Le sourire du monde » et on aimerait l’emmener au festival d’Avignon. On va la monter cette année et ce projet va flirter un peu avec le subventionné.

J’ai écrit un seul en scène « Beth et les Monstres » pour Aurore Pourteyron, un polar que je vais mettre en scène également. C’est l’histoire d’une dresseuse de caniches qui va être accusée d’un meurtre dans un freak show, au début du XXè. L’inspecteur en charge de l’enquête va trouver que tout est bizarre et trop facile. Aurore sera seule sur scène, elle jouera tous les personnages. C’est un vrai projet ambitieux, nous avons déjà une belle équipe avec nous. On aimerait aussi l’amener en Avignon et, là aussi, on pense se tourner vers des subventions.

 

Aurore Pourteyron - crédit photo Raphaël Liot

 

Plusieurs lectures de pièces sont aussi à venir, dont deux prochainement. Une pièce de Jocelyn Flipo, qui avait déjà fait « Sans Valentin », dans laquelle je jouais et une autre de Julia Dorval. Enfin, je coécris une autre pièce, avec Pascal Rocher, suite à une commande du Café de la Gare. Nous aurons probablement la chance de la proposer pour février ou mars 2020.

Merci, Mathieu, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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