Laurence Breheret met en avant sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laurence,

 

Merci de m’accorder ce moment. Je suis enchanté de pouvoir m’entretenir avec vous.

 

Nous pourrons vous retrouver, sur scène, en duo. Pour poser un peu le cadre, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

 

Il y a un an, je suis partie dans un monastère, faire un enseignement avec un moine bouddhiste, au Népal. Il y a eu un « avant « et un « après ». Je crois que l’énergie qu’il y a à Katmandou, ces gens que j’y ai rencontrés, l’enseignement dont j’ai bénéficié, m’ont permis d’accepter mes peurs et de vivre plus sereinement. J’ai été très marquée par le fait de côtoyer des gens qui n’ont pas d’ego, notamment ce moine qui avait une humilité exceptionnelle alors que c’est un véritable puits de sciences. Le vieux moine qui nous a reçus le dernier jour nous a rappelé de cultiver notre esprit, quelques soient notre vie et nos possessions matérielles.

 

De retour, j’ai eu envie d’écrire sur notre rapport au monde, à l’autre, l’ego, le manque, le personnage que l’on se créé dans la vie et auquel on finit par croire. On dit qu’il faut de l’ego sur scène, je dirais qu’il faut surtout de la confiance. J’ai eu envie d’écrire aussi sur l’humilité, j’ai eu envie de parler de l’attachement, de la relation à l’autre, de l’amour, de l’armure des hommes, de celle plus insidieuse des femmes. Le spectacle s’appelle «  Satsang! ou la femme du chevalier à l’amour rouillé  », co-écrit et joué avec Marie-Eve Dufresne.

 

L’idée était d’écrire un spectacle plutôt « drôle » sur le bonheur, qui pose la question de savoir si c’est réellement à l’autre de nous rendre heureuse ou si le bonheur est ailleurs...

 

Cela parle d’une femme qui n’est pas heureuse dans sa vie de couple et qui tente, par les méthodes types méditation, yoga, sophrologie, communication non violente etc… de trouver une issue à sa quête.

 

Cette pièce est une expérience, par rapport aux autres pièces que j’ai pu écrire. J’espère que les gens qui viendront la voir y verront un écho avec leurs propres questionnements…

 

Vous avez commencé à l’évoquer mais pourriez-vous nous en dire plus sur votre personnage ? Comment le présenteriez-vous ?

 

Hélène croit avoir trouvé les clés du bonheur. Elle pense être la meilleure version d’elle-même, et elle accuse l’autre, elle veut changer l’autre. Comme dit le second personnage : «  on ne change pas l’autre mais parfois il s’améliore à mon contact  ». On rencontre la bonne personne (ou pas)  quand on est un être complet. Le voyage est intérieur, personne à l’extérieur ne pourra faire ce chemin à notre place.

 

D’après vous, qu’est-ce qui pourra attirer le spectateur ?

 

Lorsque j’en parle autour de moi, les femmes surtout j’avoue…  disent se reconnaître dans ces propos. Elles m’avouent souvent qu’avec leur conjoint, ils n’ont plus rien à se dire... elles se mettent à détester tout ce pourquoi elles l’avaient aimé.  Ce qui n’est pas étonnant si on attend de l’autre qu’il comble ses propres failles.

 

J’essaie de transmettre ce que j’ai appris depuis 30 ans. J’essaye de réconcilier le « féminin et le masculin » Je crois que l’homme est coupé de la nature et qu’il a besoin de s’y reconnecter.

 

 

Par ailleurs, vous avez aussi des activités dans le doublage. Quelles sont vos actualités dans ce domaine ?

 

J’ai fait deux belles séries avec Ivana Coppola. Elle m’avait mise en scène au théâtre Bastille dans « Courts-circuits ».

 

«  Tin Star  » avec Tim Roth, une série plutôt  trash, sur un couple. Les deux personnages vont au bout d’eux-mêmes. Pour ce doublage, nous devons contacter nos parts obscures avec Nicolas Marié , qui doublent mon mari, et Ivana ne lâche rien…

 

Je double également une autre série : «  The man in the hight castle  », sur la deuxième guerre mondiale. Il y a également «  The Crown  » avec Helena Bonham Carter, sur la reine d’Angleterre. Je reprends «  Games of Thrones  », pour la dernière saison. Je double également Sylvanas Coursevent dans «  World of Warcraft  », une guerrière.

 

Voyez-vous des complémentarités entre ces deux métiers ?

 

Si je ne retourne pas au théâtre, j’oublie mes racines. Au doublage, nous devons être vigilant pour ne pas perdre l’écoute, chercher sans cesse la sincérité, être dans la pensée du personnage.  Du fait de la technique si présente, nous pouvons perdre cette liberté. Les contraintes du doublage (même émotion, même rythme, même ouverture de bouche, même attitude etc… que l’acteur original) n’existent pas au théâtre. Il faut sans cesse veiller à ne pas « faire de la voix ». C’est vraiment un travail d’acteur ! L’un nourrit l’autre.

 

Pour la suite, avez-vous des envies artistiques ?

 

J’aimerais peut-être plus tourner, mais je suis vraiment dans le moment présent. J’ai toujours eu des envies et c’est ce qui m’a fait me lever le matin. Il y a parfois des moments magiques, tout peut arriver dans ce métier mais aussi rien ne peut arriver.

 

C’est un vrai travail quotidien de se sentir prêt à recevoir ce que la vie a à nous offrir…

 

Merci beaucoup pour cet entretien, nous viendrons vous voir et vous écouter avec un grand plaisir !

Publié dans Théâtre, Télévision

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