Laure Azan revient sur son parcours et évoque ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laure,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

 

 

Vous êtes une jeune artiste aux expériences déjà nombreuses et variées. Justement, qu'est-ce qui vous attire tant dans ce métier  ?

 

C'est vraiment un métier qui, selon moi, est exceptionnel. C’est la seule profession dans laquelle on peut, un jour, être médecin et sauver des vies, le lendemain être en train de réparer une fusée dans l'espace et, le surlendemain incarner une femme battue. On met sa personne au service d'une histoire et d'un message. Le métier d’acteur permet de se dépasser, de découvrir plein de choses sur la vie et sur les gens car, souvent, les rôles sont très différents de soi.

 

On doit préparer ses rôles, s’entraîner à être quelqu’un d’autre, parfois même côtoyer des personnes qui ressemblent aux personnages que l'on va incarner afin de s’imprégner de leur univers. Plus précisément, il faut s'approprier leur histoire et un vécu qui ne sont pas les nôtres. Le travail est de faire vivre le personnage au service de l’histoire. Il nous arrive de sortir de nous-même, d’incarner le personnage au point qu’il prenne possession de nous, et le monde extérieur n'existe plus. On peut parler alors de dépassement de soi.

 

Vous parlez d'un métier. Vos expériences sont variées, à l'image et en radio notamment. Justement, voyez-vous cela comme un seul ensemble, comme un tout  ? Ou les considérez-vous comme différents quand même  ?

 

Selon moi, ce sont des métiers différents. Il y a même une nuance entre théâtre et cinéma, le jeu n'est pas identique. Même dans les différents théâtres et dans les différents cinémas. Mais également au sein d'une scène, on peut être plus en retenue si on est filmé en plan serré, on va davantage projeter lors d'un plan large. Sur scène, il y a aussi la complexité d'être en direct devant un public. Si on se loupe, on doit quand même continuer et essayer de se rattraper. Tandis que, sur un tournage, on a parfois la possibilité de refaire la scène. Ce ne sera alors pas le même exercice car on rentre encore plus dans le détail et on est encore plus pointilleux.

 

Je vois donc une différence entre ces divers métiers d'acteurs mais je la vois encore plus avec le métier de chroniqueur radio. Ou même de chanteur. Bien que l'on soit en présentation, en chant, en général on raconte une histoire et on n’est pas obligé d’interpréter un personnage. Il en va de même en radio, où on est en représentation, on est là pour animer, pour parler d'un sujet mais on ne joue pas quelqu'un d'autre, on reste soi-même.

 

 

A titre plus personnel, parmi les différents domaines que vous venez d'évoquer, l'un d'entre eux vous attire-t-il davantage encore que les autres  ?

 

Le cinéma est le domaine qui m'attire le plus. En effet, la manière de traiter les sujets est souvent plus percutante que dans un téléfilm ou dans une série. Le septième art a un plus grand enjeu, de par le coût du projet, le nombre de personnes investies et la qualité artistique souvent plus recherchée. Lorsque l’on va au cinéma, toute notre attention est dirigée vers le film, on est assis dans le noir et on se laisse transporter.

 

Vous évoquiez précédemment l'importance de préparer ses rôles. Justement, lors de vos premières expériences, comment avez-vous abordé l'avant plateau  ?

 

C'est un métier pour lequel nous nous devons de faire un maximum de recherches afin d’incarner au mieux le rôle demandé. Mais, par ailleurs, le travail de préparation des comédiens est également beaucoup dans l'observation dans le but de développer son imaginaire.

 

Lorsque l'on incarne un rôle qui, par définition, n'est pas nous, on doit imaginer le caractère, la manière d’être et la vie du personnage. Si celui-ci nous ressemble, il y a peut être moins de complexité sur sa création et donc plus de facilité à le jouer. A l'inverse, si l’on doit incarner quelqu'un qui est ne nous ressemble pas, on doit vivre des choses pour pouvoir s'imprégner de sa vie, de son quotidien, de son milieu, de son nid social, de son métier et créer le personnage.

 

 

On ne va évidemment pas pouvoir faire l'expérience de tout. Je pense notamment à l'incarnation d'un tueur en série, on ne va pas se mettre à tuer des gens pour préparer le rôle, on est bien d'accord. Mais on va essayer quand même de s'approcher au mieux des conditions quotidiennes de ce personnage. Ainsi, il y a une grande partie d'imaginaire et de créativité afin de développer son rôle.

 

Par ailleurs, l’imagination sert aussi à inventer le passé du personnage qui n'est pas toujours défini dans le scénario. Et c’est alors au comédien de créer toute l'histoire qu'il y a derrière, afin de donner plus de consistance à son personnage.

 

Spontanément, parmi toutes vos expériences, en retenez-vous une plus que toutes les autres  ?

 

Oui, il y a une expérience pour un casting que je retiens. J'avais été prise pour le personnage principal dans ce court métrage mais, finalement, le projet ne s'est pas fait. Je devais jouer le rôle d’une sculptrice dont la création à l’image d’un homme à taille humaine prenait vie. Une relation amoureuse, étrange et ambiguë se créait alors entre les deux protagonistes. Je l'ai beaucoup regretté car c'est un projet qui m'intéressait énormément, que j'aurais fait avec plaisir. Le rôle était fort, dur et complexe. J'aurais été heureuse de continuer à le travailler, de développer les relations et nuances dans les rapports de domination qui se créent et s’inversent entre les personnages. Tant pis, j'espère que, peut être, un jour, il refera surface.

 

Le long métrage «  De l'amour sous la haine  ?  » est en compétition, en Festival, aux États-Unis, en ce mois de décembre. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage  ?

 

 

Si je devais le définir en un seul mot, je dirais que cela a été une véritable aventure. Le film était auto-produit, avec un budget restreint mais finalement, malgré toutes les péripéties, les contre-temps, les difficultés, les soucis financiers, nous avons fait un film, nous avons été au cinéma, nous sommes allés en festivals et nous avons reçu un prix cet été à Los Angeles. Nous venons tout juste de rentrer de New-York pour un autre festival et nous espérons que ce ne sera pas le dernier...

 

 

Ce fut un plaisir, Laure, d'échanger avec vous  !

Publié dans Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article