François-David Cardonnel revient sur son parcours et évoque son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Crédit photo : Julien Carbuccia

 

Bonjour François David,

Quel plaisir d'effectuer cet entretien avec vous !

 

Vous êtes un artiste aux multiples casquettes et aux riches expériences, sur différents supports. Si l'on prend un peu de recul sur tout cela, qu'est-ce qui vous plaît dans votre quotidien artistique actuel ?

Quand j'étais petit, j'étais tête en l'air, je passais mon temps à rêvasser et à dessiner. A l'école, j'étais au fond de la classe, à côté du radiateur, à regarder ce qui se passait dehors, dans la cour. Mon métier me permet de continuer de rêver. Sur la création des personnages, sur la création de mondes différents. Il m'autorise plein de choses que je ne m'autorise pas forcément dans ma vie. Aussi d'exprimer des choses que je n'exprimerais pas dans mon quotidien personnel. Ce métier-là et les métiers artistiques me donnent cette satisfaction.

Le métier d'acteur est incroyable, il permet de découvrir plein d'univers différents, cela permet de s'enrichir, d'apprendre sur des métiers ou des parcours. A chaque fois que l'on endosse un personnage, on endosse tout ce qui va avec, sa vie, ses problèmes, son métier. Il faut donc se renseigner sur toutes ces choses-là, on apprend ainsi tout le temps, ce qui est génial.

 

Vous évoquiez ces renseignements que vous prenez. De façon plus large, quelle est votre méthodologie de préparation en amont du tournage ?

Je dirais que si cette préparation est recommandée, elle n'est pas essentielle. Je la fais car, comme je le disais, elle m'apprend plein de choses. Quand je travaille un rôle, je pars toujours de moi, je me mets à la place du personnage, je me demande comment j'aurais réagi si j'avais vécu ce qu'il vit. C'est, selon moi, la manière la plus sincère d'interpréter. Ensuite, quand je joue, j'essaie au mieux d'être moi-même mais avec tous ces éléments supplémentaires qui sont les attributs du personnage.

 

Concernant les textes, aimez-vous les apprendre peu de temps avant de tourner ? Ou, à l'inverse, avez-vous besoin de les digérer ?

En fait, j'ai toujours eu peur des textes. Quand j'étais à l'école et que je devais réciter les poésies au tableau, j'étais incapable de les apprendre. Je pense que c'est cette peur du texte qui me fait le travailler beaucoup.

En même temps, j'ai également remarqué que, parfois, il ne faut pas non plus trop travailler un texte. Sinon, on oublie l'instant présent. Mettre des intentions à chacune des répliques lorsqu'on les apprend ne tient pas compte de ce que le partenaire va faire. Trop travailler ses répliques peut nous cloisonner, nous créer des barrières qui vont nous empêcher d'être plus libres quand on va avoir un comédien en face de soi qui va nous donner quelque chose d’inattendu. Donc je travaille mes textes mais j'aime bien voir aussi ce qui se passe avec le partenaire.

 

Au-delà des échanges avec votre partenaire de jeu, concernant cette fois-ci les liens avec le réalisateur, êtes-vous plutôt dans l'attente de ses directions ? Ou aimez-vous aussi être force de proposition ?

J'adore être dirigé. C'est pour cela que j'aime quand, au casting, le réalisateur est présent. Car son but est d'essayer de voir si on va tenir le coup et si on est malléable. J'adore l'être et j'adore aussi me remettre en question.

Mais cela n’est pas incompatible avec l’envie et le plaisir de faire des propositions. J'ai ma vision du personnage que j'ai travaillé, mais j’aime également être surpris par une direction du réalisateur que je n’avais pas perçue et qui me fait sortir de mes zones de confort. C'est dommage quand un acteur joue tout seul, avec son idée toute faite du personnage ou de la situation, idem quand un metteur en scène ne pense qu'à sa vision à lui sans faire confiance aux acteurs. Je pense qu'il faut un mix de l'ensemble.

 

Nous évoquions au début de cet entretien vos diverses expériences. Spontanément, l'une d'entre elles vous aurait-elle encore plus marqué que toutes les autres ?

En fait, chaque tournage, quel qu'il soit, est une aventure. C'est ce que j'aime dans ce métier. Cela nous pousse un peu en marge de la vie de tous les jours, avec des gens avec lesquels on va être proches pendant une durée définie et ce de manière quotidienne.

Mais l’expérience qui a été la plus marquante est la série western que j'ai créée avec mes frères Pierre et Jonathan, « Templeton ». Nous étions créateurs, co auteurs avec Dave Cohen et, en même temps, j'étais avec mon frère Jonathan l'un des acteurs principaux. Je faisais aussi les costumes et j'étais directeur artistique… beaucoup de casquettes ! J'ai perdu, je crois, quatre kilos, tellement c'était difficile. Il fallait continuer à avancer dans une direction, tout en prenant en compte le fait que je ne travaillais pas tout seul. Le producteur et le réalisateur avaient aussi des envies à exprimer et c'était difficile pour moi de lâcher du lest. De toutes mes expériences, elle a été, du coup, la plus enrichissante et en même temps, la plus difficile.

 

Crédit photo : Julien Carbuccia

 

La plupart de vos expériences ont eu lieu devant la caméra mais vous avez aussi, notamment, écrit, on vient d'en parler. Quels liens faites-vous entre ces différents métiers ? Vos expériences de comédiens vous aident-elles à l'écriture, et inversement ?

C'est vrai que le fait d'être acteur m'a aidé lors de l'écriture de « Templeton ». Je me rappelle très bien que, avec mes frères, on jouait les scènes que l'on écrivait. On voyait donc ce qui allait en bouche et ce qui était crédible comme réactions. Du coup, forcément, lorsque l'on a casté les comédiens, je les ai incités à se les approprier pour que le naturel soit plus présent.  Je pense que cette recherche du naturel est importante.

 

Cette expérience d'écriture vous a-t-elle donné l'envie de retenter l'aventure ?

Cette expérience m'a énormément appris sur le métier d'acteur, notamment que nous sommes quand même largement privilégiés dans la chaîne de l'industrie de la création d'une fiction. Parce que, finalement, les comédiens sont ceux qui arrivent en bout de chaîne et qui sont mis en avant. Ils sont essentiels dans cette partition. Mais voir tout le travail qu'il y a derrière m'a permis d'être beaucoup plus proche de l'équipe technique. J'ai compris que tous sont là à fond, peut-être depuis plus longtemps que les comédiens.

Je crois que, pour l'instant, je vais me concentrer plus sur mes prétentions d'acteur car c'est ce qui me fait vibrer en premier lieu. J'ai beaucoup de choses à accomplir avant de me remettre à l'écriture. Cette dernière nécessite aussi énormément de temps, pendant lequel on est moins disponible pour d'autres projets. Même si j'ai déjà des idées de scenarii de courts-métrages.

 

Début 2019, vous allez démarrer le tournage en région parisienne de la série « Le bazar de charité », un huit fois cinquante-deux minutes pour TF1. Comment présenteriez-vous à la fois ce projet et votre rôle ?

C'est une série historique, qui se passe à la fin du XIXè siècle, qui met en lumière un événement, un drame qui s'est produit en 1897. Lors d'un bazar de charité, une sorte de brocante géante dans un grand hall pour des œuvres caritatives où toute l'aristocratie parisienne se rendait, le lieu a pris feu. Parmi les 120 victimes, il y a eu une majorité de femmes.

La série va se baser sur cet événement historique avant de suivre la vie de trois femmes qui seront liées à ce drame. Je serai un journaliste qui enquête sur l'incendie. Il ira sur le terrain pour essayer de comprendre l'origine de celui-ci. Je suis très content car j'ai un beau rôle, avec de belles choses à défendre, entouré notamment d'Audrey Fleurot et Gilbert Melki.

 

Pour faire le lien avec une question précédente, on peut déjà constater, à deux mois de votre tournage, votre belle connaissance de ce fait historique. Cela veut-il dire que vous vous êtes déjà plongé dans les archives de l'époque ?

Déjà, je suis passionné par l'histoire en règle générale. Plus jeune, j'ai fait pendant quinze ans du théâtre de rue dans lequel je proposais des reconstitutions historiques du Moyen-âge. J'ai toujours été fasciné par l'histoire, je trouve que c'est hyper intéressant. Pour vous dire, c'était la seule matière dans laquelle j'étais bon à l'école.

Forcément, j'ai acheté plein de livres pour mieux connaître l'époque. Je regarde aussi plein de photos du Paris d'alors, j'essaie de voir quels étaient aussi les parcours journalistiques. J'ai appris que, au début du XIXè, c'étaient plutôt des hommes à prétentions politiques qui l'étaient avant que cela ne se démocratise à partir des années 80. Je me suis même acheté le journal de l'époque. Cette recherche est passionnante.

 

Au-delà de ce beau projet, quelles sont vos envies artistiques pour la suite de votre parcours ?

Chaque aventure serait très enrichissante. Mes prétentions seraient de faire plus de cinéma. D'autant que, aujourd'hui, le pont entre le septième art et la télé est moins long, on peut le franchir plus facilement. Les projets actuels en télé sont aussi plus qualitatifs, on peut donc aussi y exprimer plein de choses. Les chaînes se bougent pour proposer des choses très intéressantes. Cela me tente beaucoup également.

 

Merci François David pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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