Floriane Chappe nous présente sa belle et riche actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Floriane,

 

C’est un plaisir de vous retrouver pour ce nouvel échange.

 

Vous commencez la rentrée théâtrale sur les chapeaux de roues. Vous participez à une nouvelle pièce, qui a démarré le 10 octobre au Splendid : « La Très jolie trilogie de Laurent Baffie ». Vous qui vivez ce projet de l’intérieur, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

 

C’est une trilogie qui retrace les trois pires histoires qu’une chambre d’hôtel a connues. La première s’intitule « Ma sœur est une pute », titre choisi avec toute la délicatesse que l’on connaît à Laurent Baffie. La deuxième est « Ma femme a une grosse bite », toujours dans la poésie. Quant à la troisième pièce, c’est « J’ai baisé ma mère ». C’était un scénario difficile à lire dans le métro (rires) ! C’est du vrai Laurent Baffie.

 

 

Quel rôle interprétez-vous dans cette trilogie ?

 

Je joue trois rôles. Dans la première pièce, j’interprète la sœur, qui est donc une pute. Dans la deuxième, la femme, qui a une grosse bite… Quant à la troisième, je suis intervenante : je suis un policier, Martine, en uniforme. Elle est très masculine et directive.

 

 

Vous allez peut-être me dire que c’est la nature-même de l’acteur mais comment, à l’intérieur d’une même pièce, faites-vous pour passer d’un rôle à l’autre, surtout lorsqu’ils sont un peu saugrenus ? Quelles sont vos inspirations pour composer ces personnages ?

 

En fait, je ne pense pas le faire facilement. Les répétitions ont été très intenses. Je dois faire preuve de beaucoup de concentration : jouer trois personnages et trois pièces en une heure quarante, ça me demande beaucoup d’écoute de mes partenaires.

 

Pour le premier rôle de « Ma sœur est une pute » je ne trouve pas cela très difficile parce que c’est juste une jeune femme un peu perdue qui veut se faire de l’argent. Je ne suis pas très loin de ce que j’avais présenté dans « Sexe, magouilles et culture générale » toujours de Laurent Baffie.

 

 

Pour la deuxième, « Ma femme a une grosse bite », c’est un personnage qui est assez proche de moi, si ce n’est qu’elle a un membre masculin entre les jambes. Elle est amoureuse, à l’écoute, tendre, elle n’est absolument pas grossière.

 

Pour le policier de la troisième pièce, mon personnage est un cliché. Alors j’allume ma télévision ou je regarde ce qu’il se passe dans la rue et je le grossis. Je me suis rendue compte que je me suis beaucoup inspirée de la policière de Florence Foresti dans « Dikkenek ». Elle a un truc très masculin, un peu flic-bonhomme que j’ai un peu reproduit.

 

C’est plutôt le passage de la femme douce et amoureuse au policier un peu bourru qui est délicat, car entre les pièces il n’y a que quelques secondes.

 

 

Vous avez le temps de vous changer ?

 

Les changements de costumes sont effectivement assez délicats : il faut s’entraîner pour passer d’une jeune mariée « qui a une grosse bite » à une policière assez masculine ! Cependant, c’est effectivement un exercice lambda d’acteur.

 

C’est rare pour un comédien de vivre trois rôles, trois personnages, trois caractères, trois émotions différentes, en une seule pièce. C’est vraiment une chance et un chouette challenge.

 

 

Au-delà du nom de Laurent Baffie, d’après vous, qu’est-ce qui va plaire dans ce spectacle ?

 

Je compte beaucoup sur le bouche à oreille, car le scénario peut faire peur et le monde de Laurent Baffie également.

 

D’après moi, ce qui va plaire, c’est le côté Feydeau de cette pièce. Parce que la force de ce spectacle, c’est le rythme. Laurent signe toujours ses pièces par un rythme effréné et plaisant, des portes qui claquent et beaucoup d’humour.

 

 

Comment se sont passées les répétitions ? Quelle liberté de partage avez-vous eu entre partenaires et avec Laurent Baffie ?

 

Dans la création, Laurent est très à l’écoute de ce qu’on propose. Il a des idées bien précises sur certaines répliques et sur les couleurs des personnages, mais il est très ouvert à ce que nous allons pouvoir apporter. Il va même nous pousser à lui faire des propositions et si quelque chose lui plaît, il le valide. Outre ce qu’il propose, il nous encourage à toujours en faire plus, à tirer le maximum de ce qu’il a écrit. Tout cela nous permet de tester beaucoup, jusqu’à ce qu’on sente qu’on est allé trop loin. Les répétitions sont là pour ça ! Elles sont là pour en faire trop.

 

 

Nous sommes en alternance, parce qu’il aime que ses comédiens puissent avoir des tournages ou d’autres pièces, il sait que ça nous nourrit et il y est favorable. Il monte donc toujours deux équipes. C’est une chance pour nous comédiens. Et cela nous permet d’apporter dans sa pièce des éléments inspirés de nos autres expériences.

 

Pour créer ces personnages, nous partons de la base, à savoir ce que nous sommes. Mon alternance va proposer autre chose que ce que j’ai à disposition pour créer mon personnage, c’est-à-dire ma posture, ma démarche etc… Mais, dans tous les cas, si ça fonctionne, Laurent achètera, il n’y aura pas de problème.

 

 

Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce début de représentations ? Ressentez-vous plutôt de la hâte, du stress, de l’appréhension ?

 

Je crois que je suis aussi impatiente, qu’inquiète et angoissée. Je suis effectivement un peu inquiète parce que c’est de Laurent Baffie, et que les titres et propos des trois pièces peuvent être mal reçus.

 

Mais, en réalité, le propos est la liberté de l’humour, sans aucune censure. C’est ce côté un peu fou qui me plaît autant.

 

Je crois que toute l’équipe est entre ce questionnement quant à la réception par le grand public de la Trilogie, et l’excitation de faire partie d’un projet aussi libre et délirant.

 

 

Vous participez également d’une nouvelle manière à cet autre spectacle de Laurent Baffie intitulé « Toc Toc ». Êtes-vous heureuse de vous lancer dans cette reprise du rôle de Lili ?

 

Je suis absolument ravie, très, très heureuse. Ça fait un an que je joue le rôle de l’assistante, avec cette équipe et ce spectacle que j’adore. Il se trouve qu’une comédienne arrête le rôle de Lili pour d’autres aventures. Laurent m’a alors proposée de le reprendre, me disant que j’avais la pièce à l’oreille et le potentiel pour jouer ce rôle. J’en suis très contente parce que j’ai envie de jouer ce rôle, que j’ai effectivement beaucoup entendu et adoré.

 

 

Toujours dans les projets théâtraux, on peut vous retrouver le dimanche à 17h45 au Théâtre Le Marais pour une reprise de la pièce « En apesanteur ». Pourquoi cette aventure vous tient-elle particulièrement à cœur ?

 

Ce projet artistique et humain me tient effectivement particulièrement à cœur parce que, lorsque Leah Marciano et Thibaut Marchand ont écrit cette pièce, ils se sont inspirés de ce que je suis dans la vie et m’ont ensuite appelée pour me proposer le rôle. J’avoue ne pas avoir su comment interpréter ça lorsque j’ai lu le texte et découvert un personnage complètement déjanté, coloré et sanguin (rires) !

 

Il faut savoir que cette Compagnie de théâtre m’a vu naître, en termes de comédie. Jusqu'alors, je ne portais de l'intérêt qu'aux tragédies et je vivais de spectacles pour enfants. La troupe qui m’a proposée « En apesanteur » est celle qui m’a initiée à la comédie. C’est d’ailleurs à ce sujet qu’elle m’est si chère car ce sont les premiers rôles comiques qui m’ont été confiés. J’ai joué ce texte une première fois à sa création et c’est de l’or pour une jeune comédienne : un rôle haut en couleurs.

 

De plus, toute l’équipe artistique est devenue une sorte de famille et des amis dans la vie personnelle.

 

 

De quoi traite cette pièce et quel y est votre rôle ?

 

Le 31 décembre, deux jeunes gens se rendent au réveillon. L’une est apprêtée, un peu « pépette », elle a attendu ce soir toute l’année. L’autre est avocat, il vient de finir sa journée de boulot, rentre chez lui se préparer pour son propre réveillon. Et l’ascenseur tombe en panne… Ils vont vitre être rejoints par un voisin maladroit qui voulait les aider.

 

Au travers de la pièce et de ce voyage en ascenseur, nous traversons une vie de couple dans son intégralité : de la rencontre, au mariage, jusqu’au divorce.

 

 

Si nous faisons le bilan de votre actualité : 3 pièces, 5 rôles, des choses assez variées… Nous pouvons dire que votre rentrée 2018 est heureuse ?

 

Je crois que comblée est le mot le plus juste !

 

Le fait qu’« En Apesanteur » reprenne au théâtre du Marais était déjà une excellente nouvelle pour moi, parce que c’est une pièce que je ne voulais pas voir s’arrêter : je suis donc très heureuse qu’elle soit programmée à nouveau. C’est aussi une pièce éligible aux Petits Molières, ce dont nous sommes très fiers. Pour moi, c’est aussi une tout autre approche parce ce que je ne jouis pas du confort dont je peux profiter dans d’autres théâtres, comme au Splendid par exemple, qui met à notre disposition sa régie. C’est une façon de revenir à l’essentiel que de tracter dans la rue le dimanche ou de placer les décors, et je suis fière que nous mettions tous la main à la pâte.
 

 

Je suis absolument comblée parce que je vais vivre énormément d’émotions, grâce à ces différents projets. Ce n’est que du positif et c’est ce qu’on espère en tant que comédien.

 

 

Merci Floriane Chappe de nous avoir consacré ce précieux moment. Nous vous souhaitons le meilleur et vous retrouverons sur vos projets avec grand plaisir.

 

Publié dans Théâtre

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