Déborah Krey évoque son parcours et nous présente son actualité ainsi que ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Déborah,

 

C'est une joie d'effectuer cet entretien avec vous !

 

 

 

Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, aux différentes cordes. Notamment sur scène et sur un plateau. Justement, parmi vos différentes expériences, en retenez-vous certaines plus encore que les autres ?

 

Oui, mon premier téléfilm, « Altitudes », sur France 3, réalisé par Pierre Antoine Hiroz. Parce que c'était le premier, parce que ça se tournait en Suisse, pays de naissance de ma maman, parce que j'étais championne d'escalade, discipline que pratique beaucoup mon papa. C'était donc un rôle pour moi. J'étais aux côtés notamment de Claire Borotra et Sagamore Stevenin, en haute montagne, en équipe réduite. Ce fut un tournage très intime du coup.

 

On tournait jusqu’à 3 000 mètres d'altitude, pas loin du Mont Blanc. C'était dur de respirer en haut, mais j’en garde de merveilleux souvenirs.

 

 

Le réalisateur voulait que je sois la plus proche possible de moi, ce qui pourrait paraître facile. Mais, en fait, c'est ce qu'il y a de plus difficile parce que, du coup, on croit que l'on ne joue rien, que l'on ne propose rien. Il m'a fallu rester la plus naturelle possible dans mes réactions. J'étais très impliquée.

 

Je pense aussi à la pièce de Laurence Jyl, « Les voisins du dessus », à la Comédie Bastille. Je suis restée du début à la fin, j'étais un peu la doyenne. Nous devions jouer trois mois mais nous avons finalement fait 300 dates. Nous étions à l'affiche sept fois par semaine. Ce fut très éprouvant, avoir le trac tous les jours est très contraignant. C'est là que j'ai compris que ce métier est un travail. Il faut avoir la forme, l'énergie, la patience pour être au top de sa forme chaque soir, pendant un an et demi.

 

 

J'ai adoré cette pièce, mon personnage évoluait énormément. De bonne famille, elle avait une petite voix et des petites nattes. Très stricte, elle avait des tenues BCBG, catho coincé et homophobe. Au fur et à mesure, on voyait l'évolution. Petit à petit, elle se lâchait les cheveux, petit à petit elle avait des tenues plus légères, petit à petit elle avait du caractère avec une voix roque. C'était génial, je me suis régalée. Nous avons aussi joué en tournée, en France, en Suisse et même au Liban.

 

Je terminerais par « Quadras », pour M6. Ce fut l'expérience la plus enrichissante en terme de rencontres. J'avais une liberté de jeu appréciable. J'ai pris confiance en moi au travers de ce personnage de cagole, avec beaucoup de droits à l'improvisation. C'était vraiment génial, j'ai surkiffé mon personnage, au milieu de 19 autres comédiens tous excellents. Le scénario était top aussi.

 

 

Vous avez évoqué des expériences à l'image et d'autres sur scène. En tant que comédienne, estimez-vous qu'il s'agit du même métier ? Ou voyez-vous des différences dans la façon de les aborder ?

 

C'est le même métier dans le sens où on est là pour aller toucher l'autre, pour l'émouvoir, le faire réagir, le faire rire. Il faut être généreux, le plus juste et le plus précis possible pour que cela vienne atteindre le spectateur. C'est vrai au théâtre comme à la télé.

 

A la différence, le théâtre est en live, il n'y a pas de montage, on ne coupe pas. C'est plus éprouvant. En télévision, quand une prise est faite, on ne revient pas dessus, il peut donc y avoir une certaine frustration que l'on a un peu moins sur les planches car on peut essayer autre chose le lendemain. Le théâtre est davantage dans la continuité, ce qui est presque rassurant.

 

 

A titre plus personnel, êtes-vous malgré tout plus attirée par un domaine en particulier ? Ou est-ce la complémentarité des deux qui vous plaît ?

 

Les deux me plaisent. Ce qui m'attirent, ce sont l'auteur, le projet, le personnage. Ce que j’aime à l'image, c’est d'aller chercher les petites choses, un clignement d’œil, un petit rictus, un silence, quelque chose que l'on va capter très fort en télé. C'est plus intime. Mais je n'ai pas vraiment de préférence. Je crois que je serais triste si je ne faisais plus de théâtre et que je serais triste si je ne faisais pas de télévision.

 

 

Pour la suite, on pourra vous retrouver prochainement dans la série «  L'art du crime  » pour France Télévisions. Quel personnage allez-vous y interpréter ?

 

J'ai adoré jouer ce personnage, loin de moi physiquement, elle est tatouée de partout, elle est tatoueuse, elle fait de la moto. Mais proche de moi dans sa sensibilité. J'interviens dans l’épisode qui sort prochainement sur France 2 . Mais je ne vous en dis pas plus  :) Ce fut en tout cas une superbe expérience.

 

 

Vous avez également fini le tournage d'un épisode de « Joséphine Ange Gardien ». Que pouvez-vous déjà nous en dire ?

 

C'est l'épisode pour Noël. C'était super. J'avais déjà eu la chance de jouer avec Mimi Mathy dans le cross-over de la série avec « Camping Paradis ». C'était vraiment une bonne ambiance, j'ai fait de très belles rencontres.

 

 

Le rythme de tournage est souvent très soutenu sur ces programmes-ci. Justement, quelle est votre méthodologie de préparation pour ensuite être aussi efficace et disponible que possible sur le plateau ?

 

Je parle le plus possible avec le réalisateur, dès qu'il y a une petite pause ou à table. Histoire d'assurer que l'on est sur la même partition, pour accorder nos violons aux mêmes endroits.

 

Les deux séries pour TF1 que j'ai évoquées sont des comédies, il faut réussir à être juste, tout en étant léger, dans une visée grand public. Il ne faut pas choquer et, vue mon fort caractère, c’est là où je dois rester là plus vigilante !

 

Pour tous mes rôles, je relis beaucoup le scénario avant, je me pose seule à une terrasse de café, j'aime quand il y a du bruit autour. Sans les apprendre, je relis plusieurs fois les pliques, pour voir ce qu'elles me renvoient. J'essaie de comprendre et d'imaginer au maximum les enjeux, les tensions, la légèreté qu'il peut y avoir dans chaque scène, pour en connaître le ton. Le but étant de voir ce qui vient en moi, sans parler du personnage.

 

Le jour J, j'essaie de rester la plus à l'écoute possible, la plus instinctive et spontanée possible. Je fais confiance au réalisateur et je me “connecte” avec mes partenaires . Et je prends du plaisir, surtout, c’est ce qui est le plus important .

 

 

Si l'on se projette un peu plus loin, quelles seraient vos envies artistiques ?

 

De travailler avec des réalisateurs dont on ne connaît pas encore les noms. Pour faire partie de nouveaux projets, d'une nouvelle ère d'auteurs qui soient novateurs par rapport à ce que l'on a l'habitude de voir.

 

J'adorerais rencontrer une nouvelle troupe de théâtre ou un nouveau réalisateur qui me fassent confiance et avec lesquels nous créerions quelque chose d'un peu farfelu, qui surprenne.

 

J'ai aussi réalisé un court-métrage, j'adorerais retenter l'aventure. Peut-être aussi la mise en scène car j’aime beaucoup diriger les acteurs. Éventuellement aussi être professeur car j'ai envie d'être maintenant un peu de l'autre côté.

 

 

J'aimerais que ça ne s'arrête jamais, que je sois sur des projets qui me plaisent. Bref, on peut me souhaiter d'être heureuse, tout simplement.

 

 

Merci, Déborah, pour toutes vos réponses !

 

Publié dans Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article