Anaïs Gilbert évoque son parcours et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anaïs,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

 

Vous êtes une artiste aux multiples cordes, comme en témoigne votre parcours. De l’écriture, du jeu en comédie, du jeu sur des publicités notamment. De façon générale, qu'est-ce qui vous plaît dans votre quotidien artistique ?

J'aime jouer, tout simplement. Que ce soit devant la caméra ou au théâtre. Je n'ai pas l'occasion de souvent jouer sur les planches car je ne fais pas partie de cette famille-là. J'ai commencé par les publicités et le cinéma donc c'est très dur d'intégrer le théâtre, mais j'adorerais.

J'aime cet instant où je m'oublie. C'est comme la méditation, je ne suis plus là moi-même, je suis quelqu'un d'autre.

 

Estimez-vous faire le même métier, quelque que soit le domaine artistique ? Ou y voyez-vous de vraies différences ?

J'y vois une grande différence mais je mets toujours autant d'implication. Quand je fais une pub et qu'il n'y a pas grand-chose, à défendre j'essaie de jouer comme si c’était du Audiard, je vis l'instant à fond. En revanche, quand on défend un rôle dans un film, on a un personnage et un passif, on est quelqu'un d'autre.

Alors que la publicité s'apparente plus à du mannequinat. Les expressions me viennent alors naturellement, je n'ai pas de préparation particulière, pour être tout à fait honnête. Je viens avec ce que je suis. Souvent, on est choisi pour ce que l'on est, on correspond à l'image voulue, à l'inverse du cinéma où l'on incarne un personnage.

 

 

A l'image, en amont du tournage, aimez-vous apprendre votre texte tôt pour réfléchir à quelques propositions ?

Je suis une très grosse traqueuse donc j'apprends le texte à fond, sur le bout des doigts, dès le début. Quand je suis ensuite dans le personnage, comme je vous le disais, je m'oublie et n'ai pas envie d'être bloquée par le texte. J'essaie de m'approprier les mots et, parfois, en accord avec le réalisateur, j'en change quelques-uns.

Je répète, parfois seule, parfois avec des amis. J'aime aussi échanger avec le réalisateur, quand le temps le permet. Dans le cas contraire, c'est parfois un peu compliqué. C'est vraiment au feeling, selon le réalisateur et le projet. Il faut s'adapter.

 

Êtes-vous attirée par un domaine en particulier ? Ou est-ce l'ensemble et les complémentarités qui vous plaisent ?

Je ne refuse jamais rien car on a toujours à apprendre. Même un court métrage étudiant. C'est d'ailleurs dans les projets les plus compliqués que j'ai le plus appris. Il faut parfois gérer plein de choses, la technique, jouer avec des comédiens qu’on découvre le jour même parfois, s’adapter au réalisateur, car ils dirigent tous différemment les comédiens.

Je préfère les longs métrages et même une bonne série, j'aime incarner et défendre un personnage, surtout s'il peut évoluer. Contrairement à une pub où l'évolution se fait sur trente secondes seulement.

 

Parmi vos différentes expériences, l'une plus que les autres vous aurait-elle davantage marquée ?

La série télé « Camping Paradis » m'a marquée, j'ai beaucoup appris. Le rythme soutenu, intégrer une équipe de récurrents qui est là depuis longtemps. C’était une bonne expérience.

Je retiens qu'il faut arriver quand même avec une certaine confiance en soi pour ne pas faire douter les autres. Il faut être gonflé à bloc mais sans prétention. Tout le monde a besoin d'être soudé pour aller de l'avant.

 

 

Pour la suite, quels sont vos projets artistiques ?

J'ai coécrit, depuis un an et demi, un scénario de long métrage, avec Martin Valente, réalisateur et scénariste. Ce fut extraordinaire d'écrire à deux. Au départ, j'avais rédigé en solo un court métrage, un peu autobiographique. Martin, en le lisant, a été séduit par l'histoire et y voyait l'opportunité de l'étendre en un long.

L'écriture est à présent terminée, nous sommes à la recherche de producteurs, nous avons déjà quelques pistes. C'est en cours, en tout cas.

C'est l'histoire d'une femme de 40 ans, qui se rend compte qu'elle est passée un peu à côté de sa vie. Elle a une vie confortable, des enfants et une famille très présente. Du jour au lendemain, elle va annoncer qu’elle veut devenir comédienne. Elle ne va pas être comprise ni de son entourage qui prend sa passion pour une lubie, ni du milieu des comédiens dans lequel elle va débarquer. C'est un personnage assez maladroit, un peu perdu mais toujours volontaire.

On a souvent traité les rêves de jeunes filles qui veulent devenir comédiennes et qui n’ont rien à perdre. Ici, on parle d’une femme qui est prête à renoncer à beaucoup de choses, à tout perdre presque pour suivre ses rêves. On y parle donc des choix d’une femme, de son émancipation, et surtout de sortir des cases dans lesquelles l’entourage a tendance à vous enfermer car cela rassure. Martin et moi connaissons le milieu des comédiens, on a pu rajouter pas mal de comédie.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies artistiques ?

De jouer, au théâtre, au cinéma, dans des séries, … de jouer ! C’est une telle chance.

 

Ce fut un plaisir, Anaïs, d'échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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