Les Vilaines : Interview croisée des trois interprètes et de la metteur en scène du spectacle !

Publié le par Julian STOCKY

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Bonjour Mélina, Margaux, Elsa F et Elsa B,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site. Vous êtes respectivement les trois interprètes et la metteur en scène du show.

 

Vous êtes actuellement en pleine préparation de votre spectacle « Les Vilaines ». Pour commencer, comment le décririez-vous ?

 

Elsa  B  : C'est un spectacle sur les coulisses des grandes revues parisiennes. Les personnages principaux sont tenus par un trio de trois jeunes filles qui ont des caractères différents. On les voit dans les loges, quand elles sont en train de travailler, on les voit sur des numéros de cabaret dans l'esprit du « Moulin Rouge » et on les voit aussi sur des monologues plus personnels, pour rentrer un peu plus dans leur intimité.

 

C'est un spectacle théâtral et musical, il est chanté, dansé et joué. Très bien chanté d'ailleurs, très bien dansé et très bien joué aussi.

 

Vous évoquiez le trio. Justement, pouvez-vous chacune nous présenter votre personnage et ses spécificités ?

 

Margaux  : Le mien est assez clair, je suis Léa, je suis un peu la doyenne de ce trio, cela fait plusieurs années que j'ai cette vie de cabaret. Au fil du temps, elle m'a peut être un peu usée voire blasée de ce monde de paillettes et de plumes. Je suis un peu plus désabusée que mes deux camarades, qui sont pleines d'entrain pour ce qu'elles sont en train de faire.

 

Je suis un peu la fille qui casse, qui remet à sa place, qui cadre les deux autres.

 

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Mélina  : J'interprète Lili, je suis la plus naïve des trois, je suis un peu la médiatrice. Les deux autres filles sont tout le temps en train de se prendre le bec et je fais le lien. J'essaie d'être la plus douce, la plus gentille et la plus présente pour les autres. Je prends les choses aussi beaucoup à cœur, je m'emballe assez vite, je suis plutôt émotive. Je veux toujours que les choses soient jolies et douces, je fais un peu le liant.

 

Margaux  : Elle est un peu le cliché de la fille de cabaret, telle que l'on peut l'imaginer. Elle est dans le sucre.

 

Elsa B  : Elle prend tout avec beaucoup de philosophie mais sans méchanceté.

 

Mélina  : Je suis la plus pure des trois.

 

Elsa F  : Quant à moi, je joue Lou, la plus jeune du trio. Elle a cette naïveté de l'âge, dans le sens « c'est trop cool ce qui se passe ». Elle passe d'une extrême à l'autre, fonce un petit peu, ne réfléchit pas trop finalement, elle vit les choses. Parfois, elle peut être cassante et méchante, sans réelle volonté de l'être, juste parce que, en fait, elle ne réfléchit pas. Du coup, elle se prend pas mal le bec avec Léa, qui est exaspérée de cette fraîcheur, de la petite jeune qui est au cabaret, qui est pleine d'ambitions, qui veut faire sa place.

 

Margaux  : Effectivement, j'ai passé ce stade depuis un moment. Les petites jeunes mortes de faim, qui ont besoin de faire leurs preuves, me fatiguent.

 

C'est un spectacle assez riche, avec du chant, de la danse, du jeu. Comment parvenez-vous à gérer cette polyvalence ?

 

Elsa B  : C'est très difficile, il faut le reconnaître. Trouver le trio n'a pas été simple, trouver trois polyvalentes talentueuses dans ces domaines n'a pas été évident. Qui incarnent en même temps les caractères que je voulais. Sans oublier avec les mensurations des grandes revues parisiennes car elles ont toutes les trois 1m 80 et des mensurations pas loin des mannequins. Cela a été très compliqué mais on a trouvé et on en est très content.

 

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Elles sont toutes les trois issues de milieux très différents, elles ont toutes les trois un peu leur spécialité et c'est ce qui en fait un vrai trio. Il n'y en a pas une qui est complètement en avant car elles s'entraident sur la discipline que chacune maîtrise le plus. C'est ce qui en fait aussi un moment de partage scénique.

 

Margaux  : Je pense que l'on a procédé assez méthodiquement, nous avons appris et monté une par une les disciplines. Nous avons monté la danse à part, monté le chant à part, monté le théâtre à part. Avant, ensuite, de tout mettre ensemble.

 

Mélina  : Comme on est à vue pendant tout le spectacle, la quatrième discipline est de se costumer, de se déshabiller sur scène en faisant partie de la chorégraphie, pour que ce soit le plus fluide possible. Ce n'est pas forcément mis en lumière mais ce n'est pas la chose la plus simple.

 

Elsa B  : Les filles sont en huit clos pendant tout le spectacle, il faut donc cohabiter mais cela se passe bien.

 

Selon vous, qu'est-ce qui fait l'originalité de ce spectacle ? Qu'est-ce qui va attirer les spectateurs ?

 

Elsa F : Selon moi, c'est le mélange. Toutes nos chorégraphies sont là pour sublimer mais ce ne sont pas que des chorégraphies, il y a toujours un jeu derrière.

 

Margaux  : Pour moi, c'est la définition même d'une comédie musicale. Il n'y a pas une histoire avec un début, un milieu et une fin, ce sont des tableaux, des moments de vie. Mais on passe de scènes de théâtre aux chansons, où ces dernières illustrent ce qui vient de se jouer. C'est vraiment très lié.

 

Mélina  : Les personnages s'expriment vraiment, ils parlent de leurs sentiments, ça personnalise les danseuses de cabaret.

 

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Elsa F  : Finalement, revue théâtrale définit bien ce spectacle.

 

Si l'on revient à la genèse de cette aventure, quelles ont été vos sources inspiration pour son développement ?

 

Elsa B  : A la base, pas mal de textes viennent de mon père, Guy Bontempelli, qui a écrit des chansons géniales, qui est un vrai auteur de théâtre, de comédies musicales. Je ne fais donc pas cela pour mon propre discours ni pour ma propre écriture. Il est décédé il y a trois ans et j'ai retrouvé des choses tellement belles.

 

Il y a une double écriture. D'abord certains textes écrits il y a quelques années de la main de mon père, dont l'écriture se prêtait très bien aux femmes. Il a écrit pour Françoise Hardy et Juliette Greco notamment. Il aimait prêter ses mots aux femmes. Puis j'ai rajouté un monde, un décor, des anecdotes quotidiennes du monde de la revue au travers de mes années de travail au Lido.  Plusieurs de ces scènes sont du copier coller de ce que j'ai vu dans les coulisses à l'époque.

 

Vous venez d'achever une belle et longue résidence. Comment vous sentez-vous vis à vis du démarrage du spectacle ? Plutôt impatientes de rencontrer le public ? Plutôt stressées car c'est une création ?

 

Elsa B  : Malheureusement, j'aimerais être bien plus ancrée pour pouvoir les rassurer un peu plus encore. Je pense qu'il y a encore beaucoup de travail mais on va y arriver.

 

Margaux  : On a travaillé, la résidence nous a aidé à la mise en place. Comme le disait Mélina, on a un deuxième spectacle parallèle que sont justement tous ces costumes et ces techniques à penser, autre que notre jeu. C'est un challenge que l'on va relever. Ce sera réussi si ça se voit le moins possible pour les spectateurs.

 

Elsa B  : Les premiers filages ont montré que ça s'articule vraiment bien. Le déroulé prend forme.

 

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette préparation et de ce spectacle ?

 

Margaux  : Un maximum de dates !

 

Elsa B  : C'est l'année de lancement. En 2019/20, on espère faire tourner à fond ce spectacle. On a d'abord besoin de se rôder avant de se lancer sur le terrain parisien qui est très exigeant. Mais, en tout cas, c'est un spectacle que l'on va faire vivre, c'est sur !

 

Margaux  : Je rêverais d'être dans une salle parisienne. C'est dit, c'est lancé, c'est jeté.

 

En conclusion, comment définitivement inciter les lecteurs à venir voir le spectacle ?

 

Margaux  : Nous sommes toutes les trois à poil tout le long du show. C'est une raison suffisante ou pas ? Les gens vont en prendre plein les yeux, ça danse, ça chante, ça joue.

 

Mélina  : Il y en a pour tous les goûts, chacun peut y trouver son compte. Il y a de toutes les disciplines, c'est vraiment une heure et quart de fraîcheur.

 

crédit photo: Frédéric Ponroy, Objectif & Motion

 

Margaux  : Les costumes sont incroyables.

 

Elsa F  : Je viens de la comédie musicale, j'ai fait du cabaret et je vois vraiment le fossé. Là, c'est vraiment hyper cool d'avoir du cabaret qui raconte quelque chose. C'est un format que vous ne verrez nulle part ailleurs.

 

Mélina: C'est aussi une vraie opportunité pour nous. Quand on fait 1m 80, on n'a pas toujours des rôles qui nous correspondent. On en a toutes conscience et on fait en sorte que ça soit très chouette.

 

Ce fut un plaisir d'échanger avec vous toutes !

 

Le teaser du spectacle est à retrouver sur le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=IzN_flD8ksY&feature=youtu.be

Publié dans Théâtre

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