Dîner de famille : Interview croisée de trois des comédiens de la pièce !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Carole, Emmanuel et Mathieu,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

 

Vous êtes actuellement à l'affiche, en alternance, au théâtre Edgar, de la pièce «  Dîner de famille  ». Pour commencer, comment présenteriez-vous ce spectacle  ?

 

Emmanuel  : C'est une comédie de famille, comme son nom l'indique, qui présente trois portraits de personnages qui vont de surprise en surprise. C'est une pièce que nous avons vraiment du plaisir à jouer, ce n'est pas une pièce à vannes comme on dit, c'est une pièce de situations où l'on rit grâce à ces dernières et grâce aux parcours qu'ont les personnages dans la pièce.

 

Sans tout dévoiler, quelle histoire y est racontée  ? Quels thèmes y sont abordés  ?

 

Mathieu  : Le thème principal est la relation d'un fils de 30 ans avec ses parents de 50 ans, qu'il n'a pas vus depuis un moment. Il voit davantage sa mère mais ce n'est pas non plus régulier. Quant à son père, il ne l'a pas vu depuis dix ans. Donc, pour ses 30 ans, il décide de les convoquer pour leur annoncer une nouvelle, ce que l'on découvre à la moitié de la pièce.

 

Pour les faire venir, il a raconté à sa mère qu'il avait une entorse et à son père qu'il allait mourir dans trois mois. Cela pose un peu la situation et annonce un repas catastrophique, on se doute que cela ne va pas être un dîner familial comme les autres.

 

Comment décririez-vous vos personnages respectifs  ? Quelles sont leurs principales caractéristiques  ?

 

Mathieu  : Alexandre s'est construit tout seul. Même si c'est une comédie, j'aime bien aborder mon personnage de façon dramatique. En me demandant quel est l'impact dramaturgique chez lui et qu'est-ce qui fait que  ? C'est cela qui fait justement rire dans les pièces de situations.

 

Je pense qu'il ne s'en est pas trop mal sorti vu le schéma familial, il n'a pas été élevé par son père et sa maman a vite refait sa vie. Il a un boulot, on apprend qu'il a même quelqu'un dans sa vie. Il a quand même des petites névroses mais que je trouve relativement maîtrisées.

 

 

Emmanuel  : Je ne peux pas tout décrire du père car on a aussi à découvrir sur lui mais on est dans un personnage qui est un peu parti, qui a pris la fuite. Alors que celui de la mère est plus dans l'hystérie d'une femme qui a consacré sa vie aux autres et qui se rend compte qu'elle ne s'est pas beaucoup occupée d'elle.

 

Carole  : Béatrice est une femme généreuse, pleine d'envies. Elle s'est très rapidement séparée de son premier compagnon, n'a pas forcément élevé son fils, s'est remariée et a, à présent, trois enfants. C'est une femme qui vit pour ces derniers, qui s'est sacrifiée. Au bout du compte, c'est une femme malheureuse, qui fait un constat de sa vie en se disant qu'elle a raté pas mal de choses. En même temps, elle est hyper attachante parce qu'elle y croit encore, parce qu'elle donne de l'amour. Elle reparle de son passé avec tendresse car elle a vécu de bons moments avec son mari mais, en même temps, elle lui en veut terriblement.

 

Selon vous mais aussi selon les retours des spectateurs à la sortie, qu'est-ce qui plaît dans cette pièce  ?

 

Emmanuel  : Il y a déjà l'écriture de Pascal Rocher et Joseph Gallet. C'est vraiment bien, c'est fluide. En plus, les gens se reconnaissent dans ces trois personnages. La pièce est construite de manière vraiment très intéressante, on va de surprise en surprise avec une super fin. Les gens sont vraiment très contents d'avoir été témoins de cette histoire et d'avoir vu cette pièce.

 

Mathieu  : Les dialogues sont vraiment ciselés, c'est très agréable pour des comédiens de jouer des textes aussi rythmiques.

 

Carole  : Je pense que cela fait écho avec énormément de vies de familles, de couples séparés. Les femmes de 50 ans viennent souvent me voir en me disant que la pièce leur parle quand j'évoque les enfants notamment. On touche les gens au plus profond d'eux mêmes. Souvent le public nous le dit.

 

 

On le disait, la distribution est alternante. Vous inspirez-vous les uns des autres dans ce cadre  ?

 

Emmanuel  : Oui, certainement.  Nous sommes la deuxième équipe, nous avons appris le texte et la mise en scène en regardant les autres. D'autant que ce qu'ils font est très bien. Il y a forcément des différences de nature.

 

Carole  : On s'en inspire, c'est la même histoire, ce sont les mêmes situations mais c'est incarné très différemment. En tout cas pour ma part, je suis beaucoup plus sèche et autoritaire, du fait de ma nature. Nous avons du coup deux propositions différentes. J'invite alors les gens à venir voir la pièce avec les deux distributions. On se nourrit des autres mais on s'approprie aussi les rôles, en fonction de ce que l'on a vécu mais aussi de ce que l'on ressent à l'instant présent avec nos partenaires. C'est agréable.

 

Mathieu  : Même Pascal Rocher, en tant que metteur en scène, va dans ce sens. C'est une pièce très carrée mais, à l'intérieur, on sent que l'on n'est pas bridé. On peut proposer, vivre en fonction de ce que l'on est. Pour le coup, j'ai joué avec les deux mamans et les deux papas, j'ai beaucoup appris de chacun. Mais, quelque soit la situation, ça marche, il faut juste faire une italienne avant de monter sur scène. L'écoute et le regard sont importants, on ne rebondit pas de la même manière selon les partenaires.

 

Carole  : Mais on vit les choses différemment, quoi qu'il arrive. Le spectateur, du coup, reçoit les choses différemment, quoi qu'il arrive, même s'il s'agit de la même situation.

 

Mathieu  : C'est donc enrichissant d'avoir deux équipes, forcément on se remet en cause et on mécanise moins les choses. On se renouvelle.

 

Emmanuel  : Il arrive aussi évidemment qu'entre acteurs, on se partage les bonnes idées.

 

Pour terminer, que dire pour définitivement inciter les lecteurs à venir voir la pièce  ?

 

Carole  : C'est une pièce dans laquelle on rit beaucoup, c'est un réel divertissement et, en même temps, on raconte des choses profondes. Nos trois personnages vivent intensément, on raconte vraiment une histoire, on est dans cette sincérité là. C'est très bien écrit, merci aux auteurs. En tant que comédien, on peut servir les deux, on est à la fois dans ce registre de comédie où on est généreux, avec une belle connivence vis à vis du public et, en même temps, plein de passages sont centrés sur notre histoire profonde et notre sincérité. C'est génial au théâtre.

 

 

Emmanuel  : Hier soir, une professeur à la retraite du cours Florent était venue à reculons mais a trouvé cela génial. Elle a vu du vrai théâtre.

 

Carole  : On rit beaucoup, on est un divertissement mais pas que. Des choses profondes sont évoquées, qui touchent et bouleversent les gens.

 

Mathieu  : On prend vraiment beaucoup de plaisir sur scène, ce qui est communicatif pour le public. Je le dis en toute sincérité, c'est une joie de faire partie de cette belle famille. Tout le monde vient en prenant du plaisir, ce qui est le plus important.

 

Ce fut une réelle joie d'échanger avec vous trois  !

Publié dans Théâtre

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