Leilani Lemmet nous présente sa nouvelle pièce de théâtre !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Leilani,

 

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

 

Vous serez à l'affiche à partir du 26 août prochain, à l'Essaion, d'un spectacle jeune public, « Alice au pays des miroirs ». Très simplement, comment décrire cette pièce? Quels thèmes y sont abordés ?

 

C'est une adaptation libre, évidemment, de « Alice au pays des merveilles ». On y retrouve un parcours initiatique d'Alice qui découvre des choses sur elle-même et sur le monde, en traversant ce dernier.

 

Dans cette version, on se penche plus sur la question de l'image. L'image que l'on peut renvoyer aux autres, l'amour de son image, pourquoi on s'intéresse à sa propre image. Ce sont des thèmes d'actualité car, avec les réseaux sociaux, chacun calcule son image. On a tous une vitrine maintenant. D'où le titre du spectacle, dans lequel Alice traverse ce questionnement. Elle se retrouve face à des personnages qui sont soit obnubilés par leur image, soit qui ont quelque chose à résoudre avec la notion d'image de soi et d'image que l'on renvoie aux autres.

 

Vous interpréterez trois de ces personnages. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?

 

Je vais interpréter la chenille, quelqu'un de très philosophe. Elle voit la vie de manière assez contemplative, elle observe, elle est stoïque. Elle est posée, sans émotion particulière, elle observe, elle constate. Lorsqu'elle rencontre Alice, elle la voit un peu comme une curiosité, elle échange avec elle des propos presque de réflexion. C'est un personnage très intéressant à jouer parce que cette distance et ce recul sur le monde ne sont pas de la froideur mais sont assez drôles. Ce personnage peut être surprenant, en total déséquilibre par rapport à Alice qui arrive un peu affolée, dans un monde qu'elle ne connaît pas. La chenille est un peu la représentation de la réflexion.

 

Ensuite, il y a Tweedledee. Dans le livre initial, des jumeaux se regardent en miroir. Sans trop en dévoiler, je joue l'un des deux et il y a clairement le questionnement de qui est le vrai et qui est le reflet. Qui est la véritable personne et qui est l'image ? Ce qui fait poser la question de jusqu'où est-on soi-même ? Et à partir de quand est-on simplement une image et une représentation de soi-même pour les autres  ?

 

Le dernier personnage est la reine. Elle est obnubilée par son image, elle représente le manque de confiance en soi et la peur de ne pas renvoyer la bonne image.

 

Ces personnages sont variés, avec des caractéristiques bien différentes. Justement, comment allez-vous aborder le fait de jouer successivement trois rôles aux registres différents ?

 

Je ne l'appréhende pas. Il y a une progression assez cohérente dans le spectacle qui fait que ces personnages amènent Alice jusqu'au bout de son chemin. Tout est assez logique, du coup je ne serai pas perdue. Surtout, c'est amusant de passer d'un personnage à un autre. Évidemment, il faudra se changer vite, en moins de cinq minutes. Rien que le fait de mettre le costume fera sortir du précédent personnage. Ce n'est donc pas une inquiétude.

 

De façon plus générale, selon vous, qu'est-ce qui va plaire dans ce spectacle aux petits et aux grands ?

 

Les chansons, l'humour notamment. Il y aura d'ailleurs des niveaux d'humour accessibles aux enfants et d'autres allusions plus à destination des adultes. C'est aussi un spectacle poétique, d'une part visuellement et d'autre part via son propos. Il y aura également de la vidéo, la scénographie sera en grande partie faite par ce biais. Cela permettra de changer facilement d'univers et contribuera au côté poétique du spectacle.

 

 

La distribution est alternante. En termes de préparation, qu'est-ce que cela change pour vous, comparativement à un spectacle plus traditionnel où vous êtes seule sur le rôle ?

 

On ne nous a pas demandé de faire exactement la même chose que notre partenaire, ce qui est intéressant. La direction est évidemment la même mais, après, une fois que les détails sont calés, chacun se les approprie, chacun s'approprie ses moments charnières, ces choses qu'il faut que le personnage ait, ses ruptures de rythme, d'intention et d'émotion aussi.

 

Effectivement, ces traits de caractère ne sont pas interprétés de la même façon, même si la direction est la même. Je n'ai pas encore vu ma doublure jouer, ce qui n'est pas le cas des autres, parce que c'est la metteur en scène. Du coup, ce sera la surprise, deux ou trois jours avant le début. Je vais découvrir sa façon de jouer.

 

A moins d'un mois de la première, dans quel état d'esprit êtes-vous pour le moment ?

 

De l'impatience de commencer à jouer et de voir les réactions.  Évidemment du trac parce que, même si nous nous sommes beaucoup amusés à travailler cela, tant que le public n'a pas découvert la chose, on ne sait pas ce que ça va donner ni comment ça va être pris. J'ai hâte en tout cas d'y être car c'est un spectacle assez riche je pense, avec de l'humour, de la poésie, de la musique. Avec plusieurs niveaux de lecture, pour les petits et les grands.

 

En conclusion, que dire pour définitivement inciter les lecteurs à venir voir le spectacle ?

 

C'est une adaptation qui est intéressante parce qu'elle se penche sur un sujet d'actualité, l'image de soi et ce que l'on en fait. Présenter cela dans un spectacle jeune public dans lequel les parents peuvent aussi s'amuser, le tout en musique, avec de la poésie et de l'humour, est plaisant.

 

Merci Leilani pour ce bel échange !

Publié dans Théâtre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article