Joyeuse Fin du Monde - Interview avec les comédiens de la pièce !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mélanie Gillery, Mélanie Belamy et Ismael Isma,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps !

 

 

1/ Vous êtes à l’affiche de « Joyeuse Fin du Monde » qui se joue à Paris au théâtre des Blancs manteaux, une pièce de Mickael Dion. Comment décririez-vous ce spectacle ?

 

Mélanie Belamy : Pour moi, c’est une comédie à deux personnages tout public, avec un fond socioculturel très actuel.

 

Mélanie Gillery : C’est une comédie qui fait passer des messages, on ne fait pas que rire.

 

Ismael : La question de fond qui est abordée est celle de savoir comment cohabiter ensemble. On est plongé au cœur de l’actualité.

 

 

2/ Comment décririez-vous vos personnages respectifs, quelles sont leurs principales caractéristiques ?

 

Ismael : Lamine, garçon assez pleutre, gauche, qui vit comme à la belle époque. Comme si la fin du monde n’avait pas eu lieu. Il est gentil, attachant, et c’est un garçon plein de surprises.

 

Les deux Mélanies : C’est ce que j’allais dire !

 

Ismael : Il fait avec les cartes qu’il a et finalement dans le style peu débrouillard, il se débrouille plutôt bien. C’est un bon personnage, dans lequel chaque personne peut se reconnaître.

 

Mélanie Gillery : Alex, au caractère bien trempé, qui sait ce qu’elle veut dans la vie, c’est une guerrière, une survivante, mais elle a aussi ses faiblesses, notamment par rapport à son passé.

 

Mélanie Belamy : Une femme forte, une combattante. C’est agréable de retrouver ces caractéristiques dans un personnage féminin. C’est un personnage brut mais sensible derrière sa carapace. Au fur et à mesure du développement de sa relation avec Lamine, elle va se rendre compte que la sensibilité peut être une force d’une certaine manière.

 

Ismael : On peut dire que Lamine est un « bon boulet », parce qu’il arrive à la faire changer malgré tout. C’est une force tranquille. Il parvient à l’ouvrir. Alex, c’est aussi un personnage brut, égocentrique, qui a du mal à se projeter dans l’avenir. En fait, dans la pièce, les rapports de force sont inversés. Alex est la patronne et Lamine subit.

 

Mélanie Gillery : C’est amusant par rapport au physique, parce qu’on a le cliché du grand black qui débarque sur scène face à la petite brunette, et finalement c’est la nana qui domine.

 

Mélanie Belamy : Si Lamine est un peu gauche, on ne peut pas lui enlever qu’il a une très bonne écoute des gens. Dans toute sa simplicité il sait écouter sans juger.

 

 

 

3/ C’est une pièce que vous reprenez. Qu’est-ce qui a plu au public, qu’est-ce qui en a fait son succès la première fois ?

 

Ismael : D’abord la subtilité de l’écriture. Ce n’est pas une pièce vulgaire. Ce qui plaît aussi, c’est la construction des personnages, autour de ce rapport de force inversé. Et également que c’est une pièce post-apocalyptique. Comment rire sur un sujet si dur ? Les gens ne s’attendent pas à rire. Et enfin je dirais l’énergie et le rythme.

 

Mélanie Belamy : …Et le fait que cela passe sans cesse du rire à la sensibilité. Il y a une vraie histoire, avec ses montées, descentes et virages, mais tout en cohérence.

 

Ismael : Ce qui plaît et qui change, c’est aussi la fin ouverte, inattendue.

 

 

4/ Ismael et Mélanie Gillery, cela fait deux ans maintenant que vous êtes sur cette pièce. Est-ce que des adaptations de la pièce sont proposées dans cette nouvelle mouture ?

 

Mélanie Gillery : Nous adaptons les noms de villes, selon l’endroit où nous jouons, notamment lorsqu’on évoque des noms de bleds paumés, on les personnalise.

 

Ismael : Il y a des moments où l’on peut se permettre des petites improvisations. Nous avons même rajouté une scène.

 

Mélanie Gillery : On a changé de titre aussi : avant c’était « Seul au Monde » et maintenant c’est « Joyeuse Fin du Monde ».

 

 

5/ Est-ce que vous jouez différemment lorsque vous êtes à Marseille, ou à Paris, notamment dans le ton, dans le jeu ?

 

Mélanie Belamy : Moi, personnellement non.

 

Ismael : Comme c’est une pièce tout public, ouverte à tous, nous n’avons pas vraiment besoin de changer notre jeu, ce n’est pas l’idée, la pièce est assez riche comme cela, et parle à tout le monde.

 

Mélanie Belamy : C’est plutôt dans la réception que cela change, car tous les publics sont différents.

 

Ismael : Cela dit, rien n’est fermé et on peut changer des choses. Mais c’est toujours au dernier moment, au filage technique. Le reste est assez bien construit.


 

 

 

6/ Mélanie Gillery, Mélanie Belamy, vous êtes toutes deux en alternance sur le rôle féminin de la pièce, comment avez-vous travaill2 ensemble sur ce projet ? Etes-vous une copie conforme l’une de l’autre sur scène ?

 

Mélanie Belamy : De base, chaque comédien a sa singularité. Quand je suis arrivée sur ce projet en novembre dernier, je me suis basée sur la captation : pour l’atmosphère, l’ambiance de la pièce, les déplacements. J’enlevais le son, pour éviter le mimétisme dans le ton. Par la suite, c’est mon travail de lecture, comment je propose d’interpréter le personnage, comment puis-je mettre en avant ma singularité de comédienne ?

 

Et je pense que cela peut être agréable aussi pour nos partenaires de jouer avec des comédiennes différentes, parce que la pièce garde une fraicheur, évite la routine.

 

Ismael : J’adapte ma manière de jouer, selon ma partenaire. Ce n’est ni le même rythme, ni le même jeu.

 

Mélanie Gillery : Avant moi, j’ai vu deux autres interprétations. J’ai vu la pièce de nombreuses fois. Je m’en suis inspirée.

 

 

7/ Dans quel état d’esprit êtes-vous après quelques jours seulement ? Sereins ? Malgré tout, y a-t-il toujours un peu de stress ?

 

Ismael : J’ai toujours du stress, du doute, de l’angoisse, de la peur. Nous repartons à zéro. J’ai peur de décevoir. Je travaille mon personnage constamment. Je veux assurer, je m’interroge sur les critiques. Il y a Mickael Dion qui a écrit et co-signe la mise en scène de la pièce. Il suit également le projet de près. On bosse dur pour être à la hauteur des aspirations. Chaque nouvelle représentation est une remise en danger.

 

Mélanie Gillery : Je stresse. Le stress lorsque l’on monte sur scène, le stress que ça ne plaise pas, de ne pas être au top. Et l’excitation !

 

Mélanie Belamy : J’ai hâte de remonter sur le plateau, j’ai faim de scène, j'ai faim de jeu, de tout. Le stress arrive juste avant la représentation, au moment on est derrière le rideau, qu’on entend les gens se placer, que la première piste est lancée… j’ai toujours ce petit stress d’être à la hauteur, je me demande si cela va être bien reçu par le public, le metteur en scène sera-t-il content à la fin ?

 

 

8/ Que dire de plus pour inciter définitivement les lecteurs à venir vous voir sur scène ?

 

Mélanie Belamy : Venez voir une fin du monde en direct ! Venez voir une comédie où les rapports humains, et surtout homme-femme, sont remaniés intelligemment. Vous rirez avec une pièce qui a du fond.

 

Ismael : C’est une pièce qui casse les codes. Et nous, la Compagnie, avons fait du chemin depuis la recette au chapeau, et nous attendons le public. C’est une pièce fédératrice, à propos des rapports humains.

 

Quel plaisir d’avoir effectué cet entretien tous ensemble !

Publié dans Théâtre

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