Fragments de Femmes : Interview croisée des comédiennes et de l'auteur !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Solène, Alix, Cécile et Fabien,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps  !

 

Vous êtes respectivement les trois interprètes et l'auteur du spectacle «  Fragments de femmes  », actuellement à l'affiche au théâtre de la Contrescarpe. A titre personnel, comment le présenteriez-vous  ?

 

Fabien  : Ce sont 3 comédiennes sur scène qui interprètent 25 monologues. Certains en solo, d'autres en duo mais aussi en trio. On a également inclus, avec François le metteur en scène, beaucoup de musique ainsi que du chant et de la danse .

 

Nous parlons de plein de thématiques, beaucoup d'histoires d'amour, qui commencent, qui se terminent mais on parle aussi de nos peurs profondes, de relations conflictuelles avec les parents, de jalousie, de toutes ces émotions qui font de nous des êtres humains.

 

Copyright : Francis Thery

 

Comment présenteriez-vous vos rôles respectifs, au travers de ces 25 textes?

 

Cécile  : Ce sont à chaque fois des personnages différents, qui sont très variables d'un monologue à l'autre, pour chacune de nous. Ce sont des femmes toutes différentes, dans leur style, dans leur vécu, dans leurs blessures, dans leur façon d'appréhender la vie, dans leur âge aussi même si on est globalement sur des femmes d'une trentaine d'années.

 

Cela nous permet justement de passer d'un personnage à l'autre, d'avoir une palette de jeu différente. C'est agréable de pouvoir changer de registre, en tant que comédienne.

 

Justement, comment passez-vous facilement d'un registre à un autre  ?

 

Solène  : Facilement, je ne sais pas. Peut-être parce que l'on a beaucoup travaillé :)

 

Copyright : Candice Nechitch

 

Cécile  : Il y a une petite astuce de mise en scène, quelque chose de symbolique dans cette pièce. A chaque fois que l'on change de personnage, on change de chaussures. Du coup, c'est pour nous aussi une façon de déposer le personnage, le rôle, comme un costume, sur le bord de la scène avant d'en aborder un autre.

 

Fabien  : Effectivement, c'est un exercice difficile mais qu'elles réussissent avec brio. En un noir ou quelques secondes, elles réussissent à quitter une énergie et venir avec une autre. Elles ont énormément travaillé pour être capable de passer d’un personnage à l’autre aussi rapidement.

 

Solène  : La musique et les changements de lumières nous aident aussi. Les personnage, souvent, ont leur mélodie qui les accompagnent, cela aide à la transition, je trouve.

 

Le spectacle fonctionne très bien, il est à l'affiche depuis de nombreux mois. Selon vous et selon les retours que vous avez pu avoir, qu'est-ce qui explique cette réussite  ?

 

Alix  : Les personnes que je connais qui sont venues voir le spectacle, m’ont dit avoir pris comme un wagon d'émotions en plein cœur. Pour celles qui sont revenues, elles ont été motivées par l’envie de mieux cerner certaines scènes ou de s’y plonger à nouveau car vu la densité et la diversité de nos 25 témoignages, il est difficile la première fois, je pense, de tout saisir et retenir. On interprète tellement de femmes différentes, tellement de morceaux de vie variés, qu'une seule représentation ne suffit peut-être pas pour s’imprégner de toutes ces scènes. Il faut un peu de temps au spectateur pour intégrer et digérer tout ce qu’il a vécu et ressenti.
 

Copyright : François Berthier

 

Ce n'est pas comme une pièce de théâtre classique avec des personnages clairement identifiés que l’on suit tout au long d’une intrigue. Fabien appelle d’ailleurs « Fragments de Femmes » un spectacle et non pas une pièce de théâtre car il y a aussi des parties chantées et dansées et je trouve que le mot qu’il a choisi est juste. Si le public apprécie ce spectacle, c’est sûrement que ces témoignages doivent les toucher et résonner en eux.

 

La mise en scène y est aussi pour beaucoup: elle est simple et sobre, sans artifice, François ayant juste voulu trois cubes avec lesquels nous jouons. Ces cubes symbolisent beaucoup de choses en fonction de nos scènes: ils peuvent représenter tout simplement des sièges, mais aussi des cartons de déménagement, un lit, un pupitre et même une tombe. Selon les moments, ils s’illuminent aussi. Tout cela est très bien pensé.

 

Solène  : C'est un peu un parc d'attractions, un grand huit émotionnel.

 

Cécile  : Ça va très vite. Sur une pièce de théâtre, on suit l'évolution du personnage du début à la fin. Donc, forcément, pour que ça soit intéressant, il faut qu'il y ait une vraie évolution réelle de tout le monde, qui se fait sur une heure et demie. Là, en fait, l'évolution d'un personnage dans le monologue se fait sur quelques minutes. Du coup, c'est un condensé d'émotions, ça va très vite.

 

Justement, parmi ces 25 textes, certains vous touchent-ils plus que d'autres  ?

 

Solène  : Forcément  !

 

Cécile  : Ce ne sont pas des écrits autobiographiques mais, d'un seul coup, on retrouve des bribes dans certains textes qui font écho en nous. Qui, donc, nous touchent et desquels on va se sentir plus proches. C'est ce qui fait que l'on va aimer plus certains textes ou personnages que d'autres. Même, parfois, certains auxquels on n'aurait pas pensé au départ, à la lecture. En les incarnant, on les aime finalement bien et on chérit ces personnages.

 

Copyright : Steve Wells

 

Solène  : C'est très intéressant, c'est un peu comme dans la vie. Contrairement à une pièce de théâtre où on cohabite avec un personnage pendant tout le temps des représentations, là c'est un peu comme une relation amicale avec chacun de nos personnages. Parfois, ça change. Je sais qu'il y en a certains que j'aimais bien au début et, au fur et à mesure, d'autres chouchous sont apparus. C'est un peu comme avec des vrais gens. Comme dans un groupe d'amis, les affinités changent en fonction de l'évolution des relations.

 

Fabien  : Vous êtes beaucoup sur scène en fait ! Vous avez beaucoup de copines avec vous !

 

Alix : Oui. Il y a des textes qui me remémorent des situations que j’ai moi-même vécues et d’autres, dont je sais que des amis les ont déjà vécues. Alors, oui, je me sens forcément impliquée quand je les joue.

 

Si l'on revient un peu à l'origine de cette aventure, quelles ont été vos sources d'inspiration pour son développement  ?

 

Fabien  : A la base, sûrement ma mère et ma grand-mère qui m'ont élevé. Le fait aussi d'être entouré de beaucoup de femmes. Beaucoup d’histoires sont autobiographiques ou appartiennent à des proches

 

Cécile  : Du coup, le fait de le transposer sur des filles permet d'en parler plus facilement  ?

 

Fabien  : Peut-être... Il y a de la distanciation et on peut plus se lâcher. Je suis d'accord avec Solène pour les textes. En tant qu'auteur, il y avait des récits que j'aimais moins, ce qu'elles en font me réconcilie avec mon travail. Je les attends avec impatience.

 

Au-delà des dates de juillet, une suite est-elle envisagée  ?

 

Fabien  : Il y a une suite, effectivement, qui est en préparation pour la rentrée…

 

En conclusion, que dire pour définitivement nous inciter à venir vous voir  ?

 

Alix  : Si vous n’assistez pas au festival d’Avignon cette année, n’ayez pas de regret et venez nous voir pour vivre une soirée remplie d’émotions et de rires. En plus, la salle de La Contrescarpe est très agréable et le théâtre est très bien placé pour aller boire un verre avant ou après le spectacle, avec nous.

 

Ce fut un plaisir d'échanger avec vous quatre  !

 

Publié dans Théâtre

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