Alexia Laroche-Joubert : Fort Boyard, Koh Lanta ... elle aborde de nombreux sujets !

Publié le par Julian STOCKY

T. Vollaire/ALP

 

Bonjour Alexia,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

La 29è saison de « Fort Boyard » est en diffusion chaque samedi soir de l’été, sur France 2. Plusieurs nouveautés sont à retrouver, notamment le personnage de Mégagaf, interprété par Vincent Lagaf. Comment son arrivée a-t-elle été orchestrée  ?

Si on revient à l’origine, Vincent nous avait fait le plaisir de participer au programme l’année dernière en tant que candidat, il était même capitaine de son équipe. Nous avions été bluffés par sa rage de vaincre et son entrain dans les épreuves. Lorsque nous avons commencé à préparé la nouvelle saison, Guillaume Ramain, le producteur, m’a expliqué qu’il aimerait bien travailler avec Vincent.

Vincent a cette spécificité d’être professionnel et passionné de flyboard, ce qui nous a attiré car nous avons du mal, sur « Fort Boyard », à trouver des épreuves aquatiques. 

A titre plus personnel, il me plaisait d’avoir le premier personnage qui décide d’envahir le Fort. Car, en fin de compte, tous les personnages sont un peu l’armée du Père Fouras pour protéger le trésor. Pour la première fois, nous voulions un « méchant » qui soit aux côtés des célébrités pour les aider à voler les boyards.

Quelles ont été les sources d’inspiration de l’équipe pour son développement ?

Cela s’est passé en plusieurs étapes. Il fallait déjà comprendre le sport que pratiquait Vincent et voir comment nous pouvions l’adapter au Fort, notamment par rapport aux marées. Il y a plein de contingences compliquées. Les équipes sont, du coup, aller faire une période d’entraînement avec lui, elles ont vu en fin de compte l’incroyable capacité de ce sport et, surtout, ce qu’en fait Vincent.

Le deuxième point était de définir le personnage. Là, nous avons travaillé sur la base de super héros. Le troisième élément était de capter cela. Nous avons demandé à son fils, qui est cadreur et qui filme cela avec un 5D. Lui-même était du coup sur un flyboard. Nous avions, en effet, une difficulté, à savoir que c’était compliqué pour nos équipes, à la vue du mouvement que fait Vincent et que fait la célébrité quand elle cherche à décrocher le code, de les capter avec nos propres moyens. Nous avons donc engagé aussi son fils, ce qui nous permet d’avoir des images vraiment proches. 

Par la suite, aimeriez-vous que ce personnage puisse revenir et avoir, pourquoi pas, une ampleur plus importante dans le programme ?

Oui, très clairement. J’en ai déjà parlé avec Vincent. Il faut aussi voir si son planning le lui permet car il a quand même pas mal de demandes. En tout cas, lui a adoré, ça lui permet d’exercer son sport et nous avons beaucoup apprécié aussi. En plus, c’est un vrai personnage, il joue tellement le jeu. Quand il fait son clip, il est tellement fun  J

De plus, cela lui permet de toucher un public hyper jeune, une cible qu’il affectionne. 

En parallèle, les Bodin’s font eux aussi leur apparition en animant un bal populaire. Qu’est-ce qui a guidé ce choix ? 

J’avoue que c’est complètement Guillaume Ramain qui l’a pensé. Je vais vous dire, j’étais la première surprise car je me disais qu’ils étaient intouchables. Ils ont le record de billets vendus dans les Zéniths, je les voyais inaccessibles, ils sont sur la route en permanence, ils ont une notoriété telle que je pensais que ce serait compliqué de les avoir.

Guillaume les a quand même appelés et la magie du Fort a opéré. Ce dernier est un rêve d’enfant : vous rentrez dans ce que vous-même avez regardé. Guillaume a travaillé avec eux dans une cohérence artistique par rapport à leur univers et nous nous sommes dits que l’été était aussi la période des bals. Ce qui a généré la création d’une épreuve à base de musique. 

Sincèrement, ils sont vraiment sympas et je crois qu’ils se sont bien amusés.

Depuis plusieurs années maintenant, le Fort intègre des personnalités dans l’équipe. Vincent des Bodin’s nous disait que leur arrivée s’était faite naturellement et avec facilité. C’est aussi cela l’esprit du Fort ?

Oui, je pense qu’il y a un esprit de famille qui est dingue. Je crois que, comme je vous le disais, les Bodin’s sont d’une grande spontanéité et générosité. Vraiment, ils abordent les gens, on sent que ce sont des artistes artisans. Ils sont au contact de la technique, ils sont à l’écoute et je pense qu’ils se sont très vite pris à l'esprit du groupe.

Comme chaque année, de nouvelles cellules sont aussi proposées. On peut notamment penser à Car Wars, dans laquelle Passe-Muraille tente de faire barrage au candidat dans un duel passionné d’auto-tamponneuses Made In « Fort Boyard ». Comment parvenez-vous à inventer toujours et encore des nouveautés qui surprennent les candidats et les téléspectateurs ?

Beaucoup par la curiosité. Les équipes, à la fois de développement, celles du Fort ainsi que celles de créateurs et de constructeurs de jeux sont très attentives à tout ce qui se passe. Par exemple, nous avons contacté des jeunes sur le surf. Nous avions vu cela sur internet et nous avons signé un contrat avec eux. Ils ont développé cette épreuve où il faut se redresser sur la planche, que vous avez pu voir avec Clémence. 

La catapulte a été vue sur Youtube, aussi au travers de jeunes qui avaient créé cela. « Car Wars », pour le coup, est vraiment l’univers de « Mad Max », d’où le côté un peu métal. Il y a énormément de sources. Le Willimix est un petit hommage au film « Les sous doués  ».

La magie de la captation rend le fort plus grand qu’il n’est. Toute la prouesse du lieu, peu de gens s’en rendent compte, est de réussir à mettre dans des espaces extrêmement réduits ces aventures. Il faut rendre hommage aux différents corps de métier qui travaillent sur ce Fort, ils arrivent à faire rentrer dans une sorte de boite à chaussures ces épreuves. 

Un petit mot aussi sur le quizz du Willimix, animé par le chef Willy, l’occasion d’une belle tranche de rire mais aussi de se cultiver sur l’histoire du lieu et du programme ?

On a la chance d’approcher les 30 ans du programme, près de 400 émissions ont été tournées. Nous avons donc énormément d’archives, nous avons tout digitalisé, ce qui nous permet de surfer avec les informations. 

Le fait d’avoir cet historique est aussi l'occasion de donner le nombre de records, les pourcentages de réussite, les plus gros gains notamment. Plein d’informations sont injectées en infographie. 

Malgré une concurrence forte, notamment la Coupe du Monde de football, les audiences sont au rendez-vous depuis le 23 juin dernier. Avec régulièrement plus de 2 millions de téléspectateurs. Pensiez-vous maintenir d’aussi bons scores en cette période sportivement chargée  ?

Sincèrement, j’avais un peu peur. Arriver à faire 2,5 millions est juste génial. Cela prouve la puissance du format. D’autant plus que les 4-14 ans sont notre cible privilégiée. Un enfant sur deux regarde le programme. Hors, il s’avère que, comme certains matchs sont à 16h, les enfants de cet âge ont pris goût à regarder le ballon rond. Ils aiment bien cela. Cela renforce nos scores d’audience, on arrive à se maintenir sur notre cœur de cible alors qu’ils pourraient regarder les matchs en famille.

Comment expliquez-vous cette fidélité sans faille ?

Vraiment, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Il y a la puissance du Fort, un concept à l’origine de Jacques Antoine. Il y a aussi la remise en cause constante des équipes qui y travaillent. On tourne quinze jours environ, le reste du temps est un vrai travail de curiosité, notamment sur Youtube, sur des clips, sur des émissions,… pour se nourrir. A cela s’ajoute leur propre inventivité. 

Sans tout dévoiler, certains candidats de cette saison vous ont-ils particulièrement marquée ?

Une équipe, c’est rare, ne va malheureusement pas arriver à lever la grille. J’ai pu assister à certains tournages et je pense que les gens qui ont assumé la catapulte sont quand même bien «  couillus ». 

Pour la suite, qui aimeriez-vous voir ou revoir participer à ce chouette programme familial ?

C’est marrant, j’étais avec Tony Parker il y a peu à la radio, je lui ai envoyé l’invitation pour les 30 ans de l’émission. Il a déjà participé deux fois à ce programme et je crois d’ailleurs qu’il a l’un des Top 5 de record de gains. Il a accepté, sauf si son emploi du temps l’en empêche d'ici là. Il sera donc présent aux 30 ans l’année prochaine.

En parallèle, revenons, si vous le voulez bien, au tournage interrompu de ce qui aurait dû être la 19è saison de « Koh Lanta ». A froid, plusieurs semaines après l’arrêt de l’enregistrement, quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé ?

Le choix s’est imposé à nous en raison de l’impossibilité de poursuivre le tournage. Pour des raisons humaines, il n’était pas question de poursuivre comme si de rien n’était en l’état de choc de Candide, des autres concurrents et du manque du sérénité pour nos équipes. Mais aussi pour des raisons techniques, comment gérer les deux premiers épisodes qui avaient déjà été tournés ? Cette décision a été largement mûrie. Aussi du point de vue de notre responsabilité morale de producteur, comment poursuivre un jeu familial de divertissement dans un tel contexte ? Pour les conséquences financières, j’ai déjà eu l’occasion d’indiquer dans une récente interview qu’à ce stade l’assurance refuse la prise en charge.

Quelles leçons faut-il en tirer pour les futures et, on l’espère, encore nombreuses saisons à venir ?

Je pense que c’est compliqué d’en tirer des leçons parce que je ne considère pas qu’il y ait eu une faute de la part de la production. De plus, on a un devoir de réserve sur ce qui s’est passé, c’est parole contre parole, je m’étais exprimée dans un communiqué de presse de façon assez claire. Je ne vais pas changer ma position, je ne vais pas m’exprimer sur les faits, la justice s’en chargera.

C’est un événement exceptionnel qui ne s’est pas passé dans le cadre du jeu, qui était en dehors de toute caméra et indépendant de la ligne éditoriale du programme. Donc j’avoue ne pas voir quelles conclusions nous pourrions en tirer. Nous avions accès au volet 3 des casiers des candidats, tous étaient vierges. Ce sont quand même des mois et des mois de castings, encadrés par des professionnels respectant la réglementation et la vie privée . Les potentiels concurrents sont vus par des psychologues, par le corps médical habitués à des sélections de cette nature dans le cadre d’un programme TV. Nous en avons parlé avec les équipes car c’est très important de se remettre en cause mais je ne vois pas en quoi ni comment nous pourrions changer le process. 

A l’image de « Fort Boyard », ce programme de télé-réalité cartonne depuis très longtemps, la première ayant eu lieu en 2001. Quels sont les secrets de cette belle longévité ?

C’est pareil, je pense que c’est le renouveau. Ce programme touche des valeurs qui sont importantes et qui peuvent être partagées en famille. Des valeurs de dépassement de soi, de sortie de sa zone de confort, de travail collectif, de retour à l’essentiel, de déconnexion de tous les réseaux. Quand on est parent et que l’on regarde cela avec des enfants, c’est important de montrer des gens qui, justement, acceptent de se déconnecter et qui vivent d’autres émotions. 

Un autre élément est essentiel, nous sommes uniques en France au travers de la qualité des jeux mis en place. Ils sont réalisés par une équipe incroyable de professionnels et inventé par Yann Le Gac, qui joue aussi le Père Fouras. Un travail dingue d’orfèvrerie est réalisé, nous sommes la seule émission à pouvoir le faire car cela demande des moyens gigantesques et une expertise que nous sommes les seuls à détenir. 

Ce fut un plaisir, Alexia, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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