Herrade Von Meier évoque son actualité théâtrale et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

photo Lou Sarda

 

Bonjour Herrade,
 
Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour notre blog.
 
1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, au théâtre Saint-Georges, de la pièce à succès « Les Faux British ». Pour ceux qui ne la connaîtrait pas encore, comment présenter cette pièce ?
 
Ce sont des amateurs de roman noir anglais qui ont une association et qui organisent chaque année un événement s’y référant. Cette fois-ci, ils pensent avoir découvert une pièce de Conan Doyle et ils décident de la monter. 
 
Ils sont tous très différents, on retrouve notamment un pharmacien et un professeur de sport. Quant à moi, je joue le rôle d'une professeur d'anglais. On est tous très enthousiastes, très joyeux et très excités à l’idée de présenter notre spectacle. On a envie de vraiment bien faire mais, en fait, tout part en sucette. C'est un jour catastrophique, c'est une représentation catastrophique. Mais « The show must go on » donc on veut absolument finir.
 
C'est notre pauvreté qui fait beaucoup rire les gens, ils se retrouvent dans notre humanité, celle-ci les touche. En fait, ils retrouvent un peu leur cœur d'enfant. C'est très difficile à jouer car c'est une succession de gags. Il ne faut pas lasser les gens. Notre enjeu de vouloir finir malgré tout et notre façon de cacher les choses font rire. Mais il faut être très sincère sinon ça ne marche pas.
 
2/ Quelles sont les principales caractéristiques de la professeur d'anglais que vous interprétez ?
 
Elle est très enthousiaste, passionnée. Et il y a une histoire à côté de l'histoire car elle a eu une aventure avec le professeur de sport dont la femme est dans la salle … Elle se sert des scènes d’amour qu’elle a à jouer pour bien faire passer le message…
 
 
photo : patrick Bosc

 

Lui ne sait plus quoi faire pour s'en débarrasser, il est très gêné, et tout ça a des répercussions sur son jeu.
 
3/ La pièce cartonne depuis de nombreuses années maintenant. Au fil de tous ces mois de représentations, vous permettez-vous quelques adaptations et improvisations ?
 
C’est un vrai Feydeau anglais qui demande beaucoup de précision… En plus, on est tous en alternance avec des distributions changeantes. Il est donc important d’avoir les mêmes rendez-vous, d’être précis tout en sachant s’adapter au jeu de chacun …il faut être très concentré et très à l'écoute les uns des autres.
 
Chaque représentation est vraiment unique, il n'y a pas besoin de se surprendre, jouer simplement ce que l'on a à jouer est suffisant.
 
4/ Face à cette succession de gags, le rythme de la représentation est plutôt soutenu. D'un point de vue artistique, comment abordez-vous votre interprétation ?
 

 

La sincérité ! Il faut mettre beaucoup d'émotions dans tout ce que l'on joue, être un peu « Over the top », comme disent les anglais. Il faut un tout petit peu pousser le curseur pour que ce soient de grands sentiments, de la passion, du drame. Je vis cela à fond.
 
5/ En parallèle, quelles sont vos autres envies artistiques ?
 
Je tourne en parallèle de temps en temps pour la télé et le cinéma et ça ma plaît … j’aimerais tourner davantage. Tous les registres me plaisent. 
 
J'ai aussi un solo que j’aimerais beaucoup jouer… C'est un montage de textes de la grande poétesse Marie Noël partie il y a cinquante ans…  Elle a eu, de son vivant, le grand prix de l'Académie Française, pour l'ensemble de son œuvre. Aragon et Montherlant disaient que c’était le plus grand poète du Siècle…ll y a un procès en béatification qui vient de s'ouvrir la concernant.  Je me suis intéressée à sa traversée du désert mystique…Mon adaptation est principalement tirée de ses « Notes Intimes » non destinées au public qu’elle avait peur d’ effrayer, « ce livre ci a mûri dans l’ombre tourmentée du premier mauvais arbre » dira-t-elle… Elle s’est finalement laisser convaincre par l’Abbé Mugnier de le publier , il lui souffla cette dédicace « Aux âmes doublées leur sœur ».
 
Cela n'a rien à voir avec la pièce de théâtre « Les Faux British », j'aime beaucoup passer d'un registre à un autre. Je pense que, quand on sait faire rire, on sait émouvoir.
 
photo Lou Sarda

 

 
6/ En conclusion, pour revenir à la pièce, comment inciter définitivement les lecteurs à venir voir ce spectacle ?
 
On joue depuis trois ans déjà, les gens hurlent de rire dans la salle, c'est un vrai bonheur, ça fonctionne de 7 à 77 ans et même de 4 à 98 ans…Tous les jours, nous nous émerveillons de voir cela. En fait, on réveille le cœur d'enfant des êtres et, dans cette société où il faut être très raisonnable, dans cette course à la compétition qui nous fait quitter notre âme d'enfant, notre pièce titille et réveille ce cœur… Du coup, on se retrouve peut-être soi-même en riant de ce qu'il leur arrive. 
 
Ce fut un plaisir, Herrade, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Théâtre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article