Nathalie Blanc revient sur son parcours et évoque ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Nathalie,

Nous sommes ravis d'effectuer cet entretien avec vous !

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes et cordes artistiques, comme peut en témoigner votre parcours. De façon générale, qu'est-ce qui vous plaît tant dans votre métier ?

C'est le théâtre qui m’a amenée à être comédienne et non le cinéma. C'est le plaisir très personnel de l'adrénaline, de la mise en abîme lorsqu’on est sur scène, cette sensation physique qui se rapproche des sports de l’extrême. J’associe ce ressenti au saut à l’élastique, ou au parachutisme. Il y a le trac, l’énorme appréhension du vide, puis le saut.

Au delà de la sensation physique, j'aime aussi le parcours intellectuel et spirituel que l'on peut traverser au milieu de grands textes. C'est une forme de transe quand on est sur scène.

2/ Entre ces différents domaines que sont les planches et la caméra, retrouvez-vous des similarités ? Ou considérez-vous ces registres comme totalement dissociés ?

Il y a évidemment des liens puisque l'on joue. Mais la structure et les contraintes ne sont pas du tout les mêmes. Il est beaucoup plus difficile à l'écran, en tournage, surtout en télévision vu le rythme des journées de travail, de retrouver cette sensation de transe que l'on peut avoir sur scène.

Au théâtre, une fois que le metteur en scène a fait son travail et que l'on a répété, le temps du jeu nous appartient. Il est entre nos mains, nous le maîtrisons. Tandis que, sur un tournage, nous ne sommes responsables que de dix pour cent de ce qui s'y passe.

Ce ne sont clairement pas les mêmes sensations. Quand on travaille avec des réalisateurs qui aiment diriger et qui connaissent réellement la direction d'acteurs, le temps de le répétition est plus conséquent, on commence alors à retrouver le même plaisir qu’au théâtre. En particulier avec les réalisateurs amateurs de plan séquence.

 

 

3/ Au théâtre justement, quelles sensations et quels sentiments prédominent dans les derniers moments avant de rentrer sur scène ?

Dans ma vie, j'ai eu différentes sensations. Je me souviens avoir eu au conservatoire une période de doute et de remise en question, où j'ai eu un mauvais trac. C'est devenu un enfer pendant six mois, c'était une torture de rentrer sur scène. Il y avait des choses à  régler dans ma vie privée et dans mon jeu, à tel point que je me suis nouée les cordes vocales. Je ne gérais plus mon trac,  cela se traduisait physiquement et je devenais aphone.

Sinon, habituellement, j’ai plutôt un bon trac, cette belle excitation qui nous permet de sauter dans le vide. Bien sûr, il y a de la peur mais on ne peut pas s'empêcher d'y aller. Comme avant un manège, c'est une aventure. Je crois que le trac fait partie du plaisir.

4/ Sur les plateaux de tournage, face au rythme intense que vous évoquiez, avez-vous en amont une méthodologie de préparation particulière ?

Il faut savoir son texte. En télévision, à moins d'un travail en amont à la table avec le réalisateur, (ce qui est quand même assez rare vu les contraintes de temps et de budget) il vaut mieux savoir son texte parfaitement, mais ne rien fixer. Il ne faut pas trop rêver au découpage, au montage et à la réalisation en elle-même, parce qu'ils nous échappent et ne sont pas de notre ressort.

Si on s'est trop préparé à une certaine rythmique de la scène et à une certaine réalisation, on peut avoir des mauvaises surprises. Sur le plateau, on est alors presque en opposition avec le réalisateur et on se retrouve handicapé et enfermé dans quelque chose qui est devenu rigide. Il faut donc essayer de rester souple dans son apprentissage du texte et dans sa vision de la scène.

C'est évidemment nous qui apportons les couleurs du personnage, on le rêve, on le dessine mais il faut rester malléable. Et il est important, sur le plateau, de vite comprendre ce que veut le réalisateur.

5/ Dans votre parcours, retenez-vous spontanément certaines expériences plus encore que toutes les autres ?

Oui ! On a tous, je pense, des coups de cœur et des aventures particulières, pour des raisons humaines avec tous les gens qui participent au projet. Au théâtre, cela a été le cas avec Gildas Bourdet dans « Séjour pour huit à Tadécia ». Ce fut une folle aventure avec des acteurs formidables et un metteur en scène incroyable que j'adore. Mais cette préférence-là est presque du domaine du privé. Ce sont, comme je le disais, surtout les personnes avec qui on le fait qui marquent.

 

 

En télévision, ce fut vrai avec Didier Le Pêcheur dans une série qui s'appelait « La Commanderie », qui se passait au Moyen-Age. Nous sommes partis avec une équipe formidable, techniciens comme acteurs, pendant trois mois en Bourgogne. Au final, nous avons vécu une superbe aventure qui nous a laissé des souvenirs impérissables.

6/ Quels sont vos actualités et projets artistiques actuels ?

J'ai la chance de faire soit des guests, soit des récurrents pour une seule saison sur des séries. Les personnages y sont plus diversifiés. L'année dernière, j'étais sur la saison 8 de « Profilage ». Cette année, on le sait maintenant, je reviens en saison 6 de « Chérif ». Nous sommes en plein tournage, mais  je ne vous dévoilerai rien de ce que Christelle Laurent (mon personnage) va vous préparer :).

C'est un vrai plaisir de retrouver cette équipe que j'aime beaucoup. Cette série policière détonne un peu de ce qui peut être proposé en France, il y a du style, du rythme, de l'humour, avec une BO exceptionnelle. C'est beau, c'est cohérent. Tout le monde y met du cœur. C'est un vrai plaisir de jouer une rôle de méchante, il y a plein de choses à faire et je m'amuse beaucoup. Nous finirons le tournage en octobre et la diffusion proposera douze épisodes cette saison contre dix traditionnellement.

7/ Pour finir, en termes d'envies, qu'aimeriez-vous découvrir ou redécouvrir ?

J'adorerais faire de la science fiction et du fantastique. Je sais que c'est compliqué  en France, nous n'avons pas vraiment la fibre. Même si certaines séries commencent à se développer. J'ai envie que l'on sorte davantage du policier lambda, que l'on a beaucoup vu. Il faut savoir prendre des risques, comme France Télévisions a su le faire récemment. Il est important que les showrunners s'affirment davantage  dans notre pays pour que l'on puisse proposer des série aux identités fortes.

Merci Nathalie pour votre disponibilité !

Publié dans Télévision, Théâtre

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