Mélanie Belamy nous présente sa belle actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mélanie,

 

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

 

1/ Vous êtes en pleine préparation de la première représentation, au format court, d'un tout nouveau projet théâtral, « Nous autres », que vous menez, que vous avez écrit, que vous mettez en scène. Très simplement, quels en sont les thèmes et le contenu ?

 

«  Nous autres  » se base sur la thématique des jeunes adultes dans la société actuelle. Ce sont quatre jeunes amis qui se retrouvent pour organiser un anniversaire surprise dans une maison familiale. Malheureusement pour eux, le système de sécurité se déclenche et ils se retrouvent coincés. C’est ainsi qu’un huit clos s'instaure.

 

L'enfermement échauffe les esprits, puis des secrets et des histoires éclatent. C'est au travers de cette épopée, de leurs histoires personnelles à chacun qu'on aborde des sujets très universels de notre époque. Comme, par exemple, les différences homme/femme, l'avortement, la fête, le chômage. Il y a parfois des sujets un peu gênants, un peu lourds, mais notre travail a été de rendre l’ensemble supportable et plus léger pour éviter de tomber dans le mélodrame pur et dur. L’idée est d’éviter d’assommer le spectateur, afin qu'il puisse passer un bon moment, tout en sortant en ayant l’esprit débordant de questions et de réflexions.

 

2/ Pour les thématiques que vous venez de citer, quelles ont été vos sources d'inspiration, de leur développement  ? Pourquoi avez-vous voulu mettre en avant précisément ces sujets-là ?

 

Il y a eu plusieurs histoires. C'est un projet qui me trotte dans la tête depuis plus d'un an maintenant. Dû à l'actualité, à ce que l'on peut voir dans la rue, à l'inondation d'images, au fait que parfois on ne laisse pas la parole aux jeunes adultes comme il le faudrait, je pense. J'ai donc fait tout un travail autour de cela.

 

J'avais préalablement fait un autre projet, je jouais dans une pièce qui traitait de la question de la femme, un autre sujet très sensible et très actuel. Je me suis alors rendue compte que je me sentais très concernée par tout ce qui m'entourait ; j'avais du coup envie de parler de ces sujets-là.

 

Ensuite, la recherche s'est faite surtout au plateau, avec les comédiens. Plusieurs thèmes ont été lancés, sur lesquels les comédiens ont ensuite improvisés. Je les dirigeais et les guidais, il fallait trouver un juste milieu. Il y a eu aussi beaucoup de recherches, de mon côté et du leur. Ils avaient un peu comme des devoirs à faire, afin de constituer eux-mêmes une bibliothèque de renseignements, de ce qui leur parle, des sujets etc… Cette bibliothèque-là leur a servie ensuite de base de données pour leurs personnages et leurs propositions au plateau.

 

3/ Vous avez différentes casquettes sur ce projet-ci. Comment parvenez-vous à gérer tout cela et à greffer les uns aux autres ces différents points artistiques ?

 

En trouvant du temps déjà, c'est important. Justement, ce dernier a été divisé en deux. Les répétitions ont commencé au mois de septembre avec de la recherche au plateau. Ce n’est seulement qu’en début d’année qu’une première version du texte a été livrée. Depuis, nous sommes davantage sur l'écriture dramatique. Actuellement, nous sommes à la septième version du texte, qui risque encore de changer dans sa version courte. Le travail autour de la version longue s’effectuera après la première présentation publique. Ensuite avoir plusieurs casquettes et être sur tous les fronts est passionnant, instructif, et il y a aussi une certaine fierté.

 

4/ A quelques semaines de la version courte, comment appréhendez-vous les dernières tâches à réaliser ?

 

Certes, je ne le montre pas mais il y a quand même un grand stress. Quand on est sur plusieurs fronts d'un projet qui, en plus, est le premier de la jeune compagnie, il y a forcément une certaine pression. Mais celle-ci est canalisée car je me suis entourée d'une bonne équipe. J'ai confiance en mes comédiens, en la costumière, en mes compositeurs etc... J'ai également fait un partenariat avec une école parisienne pour la construction des décors, par envie de partager une passion.

 

La résidence du mois de mars dans une friche artistique rémoise m'a rassurée, a soudé une équipe qui marchait déjà bien et a permis d’approfondir un peu plus les choses. Ce fut un grand bond à un mois de la représentation finale.

 

5/ Justement, quel est le but de la représentation en version courte du 4 mai prochain ? De façon plus générale, pourquoi celle-ci plaira aux gens qui viendront voir le spectacle ?

 

Ce projet-là est présenté dans sa version courte au Centre Dramatique National de la Commune à Aubervilliers, dans le cadre d'un jeune festival de création de jeunes artistes du 93, « Les effervescentes #1 ». Cela nous permettra de prendre la température auprès du public et d'avoir des retours. J’espère également faire venir des professionnels, dans le but d'exporter la pièce et de la diffuser. On aimerait la jouer en région parisienne mais aussi en région Champagne, où est basée la compagnie. Pour aller ensuite un peu partout en France, à la rencontre des publics.

 

Surtout, nous espérons faire venir, le 4 mai, des gens d'Aubervilliers, des jeunes aussi. Cette pièce s'adresse aux jeunes mais aussi, c'est une volonté, au plus large public possible. Pour que l'on puisse en discuter, et même en débattre. La langue est très quotidienne dans ce projet, cela vise à essayer de mettre le moins de personnes à l'écart.

 

6/ En parallèle de cette pièce, quels sont, à titre plus personnel, vos autres projets du moment ?

 

En fin d'année dernière, j'ai repris en alternance un rôle dans la comédie « Joyeuse fin du monde », qui s'est jouée au théâtre Darius Milhaud de Paris et au Contrepoint d'Agen. Nous allons reprendre dès le 28 avril au théâtre des Blancs Manteaux de Paris, tous les samedis soirs, pour une programmation de plusieurs mois. J'y serai toujours en alternance avec ma compère de plateau Mélanie Gillery. Le rôle d’Alex me tient à cœur et c'est une pièce que j'apprécie. « Joyeuse Fin du Monde » est une comédie familiale qui a du fond, avec une véritable histoire et une portée très actuelle. Donc, j'ai hâte de rechausser mes rangers et mon treillis pour porter cette pièce à Paris, et je l’espère le plus loin possible.

 

7/ Pour terminer, que dire de plus aux lecteurs pour les inciter à venir voir ces deux spectacles ?

 

Si vous voulez être surpris, ressortir avec le sourire ou/et des questions plein la tête, si vous voulez découvrir une jeune équipe artistique complètement délurée et passionnée, c'est l'occasion. Je vous donne rendez-vous le 4 mai, à 15h 20, au Centre Dramatique National de La Commune à Aubervilliers, c’est GRATUIT. Ou, pour les friands de comédie, « Joyeuse fin du monde », prochainement au théâtre des Blancs Manteaux de Paris.

 

Merci Mélanie pour votre disponibilité  !

Publié dans Théâtre

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